Idéologie Death Note

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Linkan
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Idéologie Death Note

Messagepar Linkan » 15 janv. 2009 6:58

Une certaine vision de la société réelle

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La première chose que Raito déclare à Ryûk, c'est que si tout le monde fait semblant de respecter la vie, tous en réalité souhaitent quelqu'un qui puisse punir les criminels. Raito tente ainsi de se présenter comme celui qui dit tout haut ce que chacun pense tout bas. D'une part, le système judiciaire apparaît bien souvent trop lent, ou bien fait trop d'erreurs et ne juge pas tout le monde équitablement. D'autre part, comme tout le monde le sait, les gens sont égoïstes et méprisants. C'est ce qui pousse Raito à vouloir créer une utopie, un âge d'or, où les criminels seraient jugés très vite - par lui surtout, et de façon expéditive. S'il n'y a plus de criminels, alors il n'y a plus de crime. Le raisonnement que Raito expose en se posant comme arbitre semble d'une simplicité redoutable, et beaucoup pensent de la même façon. À tort ou à raison ?
D'ailleurs, peut-être est-ce l'une des raisons pour laquelle ce manga plait aux lecteurs. Comme souvent dans les bandes dessinées, mangas et autres, il s'agit d'un bon moyen pour assister à la concrétisation de ce à quoi l'on pense mais que l'on ne peut faire. Death Note pousserait ainsi la satyre assez fortement, puisque la société présentée dans le manga est parfaitement comparable à la nôtre. Qui ferait comme eux ? Comme Ryûk l'évoque, combien jetteraient le carnet par peur, incapable d'en assumer le poids ?

Death Note et la peine de mort

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Le premier élément social sur lequel porte le manga Death Note est bien sûr la peine de mort. Faut-il ou ne faut-il pas exécuter les criminels ? À partir de quel moment, ou jusqu'à quel point, les meurtres en masse commis par Kira peuvent-ils être comparés à l'exécution des grands criminels par la police ? Les notions de bien et de mal sont très fortement discutées entre les pages du manga. Lorsque Interpol et L jugent aussi vite les actes de Kira comme criminels, la raison mise en avant est tout simplement que ces actes sont mauvais, et que cette conclusion ne fait aucun doute. Pourtant, Raito reste absolument persuadé que nettoyer la civilisation de ses criminels est la seule chose qui puisse amener un âge d'or ou personne ne commettrait de crime par peur d'être exécuté. Ryûk commente très vite que, s'il y parvient, Raito deviendra alors le seul salaud vivant sur Terre. Ce à quoi Raito répond qu'il serait plutôt le meilleur sur Terre. Ce n'est que plus tard que Soichiro apportera son grain de sagesse dans la réflexion, en exprimant que ce n'est pas l'Homme qui est mauvais, mais le pouvoir de tuer. Raito sans le carnet est bel et bien un élève modèle ne souhaitant que la justice, détestant ceux qui piétinent la volonté des autres.
Au final, la différence entre les actes de Kira et une exécution par la justice n'est toujours pas clairement énoncée, autre que par des définitions peut-être trop subjectives du bien et du mal. Est-ce la peur d'un être qui posséderait à lui seul le droit de jugement ? Est-ce l'organisation judiciaire en tant qu'entité suivant des processus définis qui rend acceptable les exécutions ? Les coupables peuvent-ils vraiment être punis sans un être tel que Kira ? Une chose est sûre : à grande échelle, Kira amène surtout le chaos, et à petite échelle, il apporte la discorde, la méfiance et le désespoir.

La religion dans Death Note

Raito exprime très tôt le désir de créer un nouveau monde, un monde sans crime, un monde dont il serait le dieu. Cette accession au statut de divinité, il en réclame le droit grâce au pouvoir que lui offre le Death Note : un droit absolu de vie et de mort sur chacun. Ce concept de divinité se propose donc comme celui d'une divinité ayant tous les droits sur une humanité qui n'a d'autre choix que de lui obéir aveuglément. Mais ce qui en découle, c'est le chaos qui monte imperceptiblement, jusqu'à exploser dans les rues et à la télévision.
Un très grand nombre d'artworks, comme les débuts de chapitres, puisent énormément dans la religion chrétienne. Certains sont même très fortement inspirés d'oeuvres particulières ayant pour thème Dieu ou Adam, la pomme du savoir ayant une place très forte. Pourtant, il est vite démontré que Raito n'est véritablement ni un messie, ni un dieu. Effectivement, L se pose bien quelques questions quant à la nature de Kira, mais de par ce qu'il déduit concernant son attitude, il rejette très vite l'hypothèse divine, et est absolument certain qu'il s'agit d'une personne immature jouant à Dieu. Raito lui-même doit exposer la même conclusion lorsque L lui en parle. La véritable nature de Raito reste humaine. Mais le résumé de sa divinité s'arrête-t-il là ?
Plus l'influence de Kira monte, plus les gens le voient effectivement comme un sauveur. L'émission de télévision qui sera créée en son honneur est nommée "le royaume de Kira", et lors de la seconde partie, quatre ans plus tard, la société le voit bel et bien comme une existence que personne ne peut oser défier : l'attaque sur le SPK (Secret Provision for Kira) de Near est véritablement une tentative de lynchage publique, et quiconque s'oppose à "Dieu" s'attire les foudres non plus de ce dieu, mais du public qui le défend. La divinité de Kira ne se voit pas au travers de ses pouvoirs en soi, mais au travers de ce que fait la société pour défendre son nom. Comme Raito l'a prédit, l'Homme ne peut se voiler la face : quand apparaît quelqu'un qui est enfin capable de réaliser tout ce que chacun espère en secret, alors ce quelqu'un est un dieu et personne ne peut le défier. Raito est un homme qui joue à Dieu, mais Kira a une autorité divine sur la société. Il est le messie qui lavera la Terre de ses péchés.
Finalement, Kira ne se révèle jamais au public : seuls ses actes sont constatés. La punition des criminels est perçue comme le salut de la société, mais le sauveur reste introuvable. Il n'est donc pas seulement un messie venu du peuple, mais un dieu hors de la société. Pour ceux qui ne peuvent comprendre la façon d'agir du sauveur, c'est la seule conclusion possible. Mais l'amoncellement de recherches et de raisonnement montre que seule son arme est d'un autre monde : l'acteur lui-même ne sera jamais qu'un humain qui s'est pris pour un dieu, un humain que tout le monde prendra pour un dieu.
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