[Rae] FFVIII : Le feu et la glace

Les romanciers en herbe pourront nous faire partager leurs oeuvres littéraires !

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Fullmetal
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Messagepar Fullmetal » 04 mai 2008 13:45

Pfiouuuuu :) Un énorme merci à toi surtout ^^
C'était vraiment génial ... J'ai même du mal à me dire que c'est fini ^^ '
En tout cas bravo j'espère que tu vas continuer à écrire :D
"Hagane no renkinjutsushi *~* Ame ga futtekitana ... "

Vicente
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Messagepar Vicente » 13 mai 2008 23:07

Je suis à la fois triste et heureux.

Heureux de voir enfin arriver le dernier chapitre de cette formidable fanfic, l'une des meilleures que j'aie lue... Et triste devant cette fin emplie de désespoir...

D'autant plus triste que moi, je suis de ceux qui voulaient un happy end !

Je t'en supplie, ne pourrais-tu pas faire une fin alternative comme ça, en happy end ? Tu ferais surement beaucoup d'heureux !

Mais je te le répète, ta fic est EXTRAORDINAIRE !

Encore merci pour cette formidable suite à FF8.

tifafa
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Messagepar tifafa » 24 juin 2008 16:30

C'est une fin incroyable, pas du tout prévu c'est vraiment incroyable, on reste alerte tout le long de l'histoire qui reste passionnante, même la fin (magnifique ^^) n'aurait pu être dite, c'est vrai que c'est bizarre de voir cette fin qui semble attendre une suite mais grâce a tes précisions, je trouve qu'elle est bien comme ca tu a fait du magnifique travail c'est vraiment une très belle histoire =D
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Rae
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Messagepar Rae » 26 juin 2008 21:32

Merci beaucoup beaucoup pour vos commentaires !

Bon, la fin alternative m'a plusieurs fois été demandée lol et j'étais complètement contre... Honnêtement, après avoir mis en place la fin qui est là, j'ai eu beaucoup de mal, et mettre autre chose, ça me paraitrait complètement plat et dénué d'intérêt. Et puis, faut avouer que que finir de cette façon me permet de ne pas avoir à résoudre certains dilemmes qu'il faudrait pour faire un happy end ! hahaha! Mais bon, je vais y réfléchir, promis ^^ pourquoi pas après tout, je comprends que ça puisse être frustrant... et cette histoire, elle est autant pour vous que pour moi.
Pour le moment, je retravaille les premiers chapitres, je les corrige, j'ajoute des passages, bref, j'essaie de tout améliorer autant que possible, parce qu'il y a toujours des trucs qui ne me plaisent pas. Des fois, c'est des détails infimes, des petites descriptions ajoutées, des phrases retravaillées, des trucs sur les personnages, des dialogues modifiés ou ajoutés... Je vous préviendrai quand les chapitres seront édités, pour ceux qui seraient pris d'une petite envie de relire tout ^^ en tout cas, un énorme merci pour votre soutien ! à bientôt ^^
Mon Fic sur FF8 : http://forum.finaland.com/viewtopic.php?t=901
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Messagepar Rae » 19 févr. 2009 0:41

Bonjour !
Voici donc la suite qui m'a été demandé à plusieurs reprises. Je n'ai pas l'habitude de mettre un commentaire en début de chapitre, je préfère généralement entrer directement dans le vif du sujet. Mais cette fois, quelques mots pour expliquer le principe de ce chapitre sont nécessaires, je pense.
Donc ce chapitre est à la fois une fin alternative et une suite au chapitre 21. Je m'explique. Le chapitre 21 montrait que le jeu FFVIII et ma fic formaient une boucle : on a l'histoire du jeu, ma fic qui va jusqu'à la naissance d'Ultimécia – qui retourne dans le passé affronter Squall jeune – qui vieillit et voit sa fille devenir Ultimécia, et ainsi de suite. Vous avez compris le principe, je voulais montrer une boucle sans fin. Que ces combats avaient eu lieu encore et encore, même si les personnages ne s'en rendaient évidemment pas compte.
Ce chapitre alternatif commence par reprendre cette boucle, mais un élément perturbateur arrive, qui rompra cette chaine. Comme la boucle a déjà pu avoir lieu un nombre incalculable de fois, on peut dire que cette perturbation du cycle est la suite du chapitre précédent. Je voulais au maximum que ce chapitre, bien qu'apportant une fin différente, garde une certaine cohérence avec cet aspect de boucle que je donnais à mon histoire, et il me semble que c'est le mieux que je pouvais faire.
Une dernière chose : il y a différentes chansons dans ce chapitre (laissez tomber les vidéos, elles n'ont été choisies que pour la musique, il n'y a pas le moindre rapport). Ca n'a rien d'extraordinaire, mais je les mets juste pour exprimer au mieux l'ambiance que je souhaite.
Je m'arrête là, bonne lecture !




Chapitre XXI alternatif



Lux aeterna

Squall se débarrassa de son assaillant d'un coup de gunblade bien placé et le repoussa du pied contre le sol. Sur ses gardes, le directeur de la BGU attendit qu'un autre adversaire prenne la relève. Comme rien ne semblait venir, il scruta le paysage, les sourcils froncés. Du sommet de la colline, il profita de ce moment de répit pour reprendre son souffle et évaluer la situation. Tout avait l'air sous contrôle, vu d'ici. Les Esthariens se repliaient, ou du moins le tentaient : ils se regroupaient pour se soutenir, mais étaient en réalité acculés par les Seeds là où ils ne pourraient trouver d'issue. Les pertes étaient importantes des deux côtés, mais les Seeds avaient à présent le dessus.
Alors pourquoi ne parvenait-il pas à se défaire de ce sentiment que quelque chose n'allait pas ? Que quelque chose de bien pire se préparait ? Il n'était pas du genre à suivre aveuglément une simple intuition, mais il avait également appris avec les années que rien n'était réellement dû au hasard. Cela voulait forcément dire quelque chose.
Comme il allait avancer pour rejoindre ses soldats, un ennemi se mit sur son chemin. Exaspéré que la réponse lui échappe toujours, il se lança avec vigueur dans la bataille, tout en gardant ses craintes dans un coin de son esprit. Bon dieu, mais les Seeds gagnaient, pourtant. Et il était certain qu'aucun bâtiment estharien ne viendrait à la rescousse, il s'en était assuré avant de planifier cette attaque qui devait être la dernière. Alors le danger n'était pas de ce côté. Mais quoi, alors ?
Squall fronça ses sourcils en se rendant compte que la lame du soldat qu'il combattait était passée bien plus près qu'elle ne l'aurait dû. Il devait se ressaisir. Raffermissant sa prise sur la garde de sa gunblade, il s'élança d'un bon rapide et fit jouer le poids de son arme pour l'abattre de toute ses forces contre l'ennemi. S'apercevant qu'un second arrivait par derrière, il pivota et tendit la main dans sa direction pour lui lancer un sort de foudre tandis que de l'autre main il tenait à distance le premier soldat. Touché en pleine poitrine par le sort, le soldat, projeté au loin, bascula dans le vide, permettant à Squall de se retourner vers son premier adversaire qui se jetait à nouveau sur lui. Redressant sa gunblade et assurant sa stabilité, il para la lame du soldat, et le repoussa. Il allait répliquer quand une image passa dans son esprit, suspendant son geste.
Un vaisseau estharien filant à toute allure, vision fugitive. Squall cligna des yeux. Qu'est-ce que c'était que cette apparition ? D'où venait-elle ? Oui, il y avait encore quelques vaisseaux qui volaient au-dessus d'eux, mais rien d'insurmontable car les G-Forces se chargeaient de les réduire en morceaux. Alors pourquoi cette image lui venait-elle à l'esprit maintenant, pourquoi avait-il l'impression que ce n'était pas la première fois, bien avant ce jour, et pourquoi cela lui semblait-il si important ? Reprenant ses esprits, il assena à son ennemi un violent coup sur l'épaule et l'envoya lui aussi dans le vide. Mais la vision ne le quittait pas. Un vaisseau. Qui volait vers... vers quoi ? C'était forcément la réponse. Squall leva les yeux au ciel. Il restait deux vaisseaux encore en vol. Certes, ils constituaient un danger non négligeable avec leurs mitrailleuses. Mais il n'arrivait pas à se sortir de la tête que quelque chose de bien plus dramatique devait être engendré.

- Mais quoi, bordel ? Grogna Squall en décidant de se rapprocher des autres Seeds.

Un autre flash l'obligea à stopper. Puis un autre, très rapidement. Un vaisseau qui tire. Etan Almasy qui s'élançait. Le souffle de Squall s'accéléra alors qu'il essayait de se rappeler.

- Ok, cette fois c'est sûr, marmonnait-il. Une série d'images... Le vaisseau, des tirs, Etan... Le vaisseau. Des tirs. Etan... mais qu'est-ce qu'il y avait après ça...

En avait-il rêvé ? Non, pas rêvé, ça ressemblait trop à ce qui se passait en ce moment même... mais une main invisible semblait enserrer violemment son cœur, lui donnant la certitude que c'était une chose qui devait arriver très bientôt. Une chose terrible qui allait bien au-delà de blessés ou de morts. Une chose qui lui déchirait l'âme. Il ne devenait pourtant pas non plus voyant. Ce qui lui venait en tête, réalisa-t-il, c'étaient des souvenirs. Des souvenirs de quelque chose qui ne s'était pas encore produits. Du déjà vu. Quelque chose qui se passait en boucle indéfiniment.

Une mise en garde.
Un rappel.
Un vaisseau, des tirs et Etan qui s'élançait.
Ne pas oublier.
Ne plus oublier.
Cette déchirure en lui...
Un vaisseau, des tirs, Etan... Des larmes ravageant son propre visage déformé par la douleur.
Parvenir à l'empêcher la prochaine fois.
Ne plus jamais oublier.
Un vaisseau, des tirs, Etan, des larmes... Le sable qui s'écoule comme le temps...

Squall se redressa, comme frappé par la foudre. Linoa !

Le visage blême et le cœur battant à tout rompre, il se rua dans la direction vers laquelle il avait vu son épouse pour la dernière fois. Les images défilant maintenant beaucoup trop rapidement dans sa tête. Des tirs, et lui qui arrivait trop tard pour empêcher la mort de Linoa. Celle d'Etan. Celle d'Eva. Et la naissance d'Ultimécia. Chacune des fois où il avait assisté à ces évènements, le désespoir qui le terrassait. Ne plus jamais oublier, pour tous les sauver... une larme glissa sur sa joue.
Refusant de laisser la panique le submerger, il bondit sur le plus haut sommet qu'il put trouver et se mit à fouiller du regard le paysage. Une vague de soulagement le submergea lorsque la silhouette de son épouse se battant toujours férocement lui apparut à quelques centaines de mètres de là. Il n'était pas trop tard. Il bondit à nouveau en rejetant sa gunblade pour courir dans sa direction. Courir comme il ne l'avait jamais fait, entrainé par le souffle qu'exerçait Bahamut qu'il avait envoyé au-devant pour protéger Linoa. Soudain un vaisseau jaillit. Le vaisseau. Le cœur de Squall manqua un battement comme il voyait que son G-force n'était toujours pas parvenu à rejoindre Linoa, inconsciente du danger. Accélérant comme il put, il exhortait, suppliait mentalement le G-Force de parvenir à temps.


* * * * * * * *


Madagascar - Guns 'n' Roses

Shiva et moi avons tourné la tête vers ma mère en même temps, et je suis sure que nous partageons le même regard paniqué. Comme au ralenti, je vois un second vaisseau se diriger vers la colline et tirer une salve de lasers en direction de ma mère. Et je sais que nous réalisons la même chose : Shiva n'arrivera jamais à temps pour la protéger... les mains comme enracinées au sol, je ne peux que réaliser ma propre impuissance. Je ne peux rien faire non plus, Sheba n'est même plus là... Mon regard affolé croise celui alors d'Etan qui se trouve entre la colline et moi. Il se retourne vers l'endroit qu'il m'a vue fixer, où ma mère se bat toujours sans voir ce qui l'attend. Et quand je le vois s'y diriger en courant, je sens au fond de moi ce qu'il s'apprête faire. Et qu'il ne le doit pas. D'un bond je me relève et me rue dans sa direction en hurlant.
Au moment où Etan tend les bras devant lui pour invoquer son G-Force, et alors que je le rattrape et l'agrippe par sa veste, une énorme masse passe juste devant lui, déplaçant une violente bourrasque de vent, et en laquelle je reconnais Bahamut. Littéralement rejetés sur le côté par le souffle, nous basculons tous les deux dans le sable. Le seul réflexe qui me vienne étant de stupidement resserrer ma main sur le tissu, je suis entrainée dans la chute d'Etan et m'écrase lourdement contre lui. Il étouffe un gémissement de surprise et de douleur, et se retourne sur le dos pour voir ce qui a bien pu l'attaquer. Un peu sonnée, je me dégage et me laisse tomber à côté de lui pour reprendre mon souffle tandis qu'il me dévisage.

- Je... commence-t-il, hébété.
- Imbécile ! Je crie en lui frappant le torse. Triple idiot !
- Mais...
- Combien de fois il faut que je te le répète ? Je hurle, hors de moi, en le bourrant de coups. Tu le fais exprès ? Je t'interdis de faire appel à lui ! Tu m'entends ?!

Stupéfait, il met à moment à tenter de retenir mes poignets.

- Tu sais parfaitement ce que tu risques ! Espèce de crétin ! C'est ce que tu veux, que ça te tue ?? La prochaine fois que tu l'invoques, je te préviens, je te fais la peau moi-même avant que ce truc ait eu le temps de t'achever ! Tu m'entends ?? je crie, ma voix se brisant soudain en sanglots. Je veux plus que tu l'appelles... Comment tu veux que je...

Je m'interromps en voyant une larme tomber sur le t-shirt d'Etan. Une de mes larmes. Je me rends compte que j'ai également cessé de le frapper. Le cœur battant et les mains crispés sur son t-shirt, je regarde Etan sans réellement le voir, m'interrogeant. Que je... quoi ? Qu'est-ce que tu t'apprêtais à dire, Eva ?

- Que tu quoi ? Me demande également Etan, la gorge sèche.

Il s'est redressé sur ses coudes, ses yeux gris me dévisageant avec intensité. Je déglutis difficilement et tente de recouvrer mes esprits, alors que je sens mes joues et ma poitrine me brûler.

- Que... Qu... Que je t'empêche de faire n'importe quoi à chaque fois, je lui crie, les yeux brouillés, alors que je sais pertinemment que ce n'était pas ce que j'avais failli dire.

Son visage se referme, mais il n'a rien le temps d'ajouter, car au même moment nous nous rendons compte que nous sommes en train de nous faire charger par un monstre. Qui arrive vite, beaucoup trop pour que nous ayons la possibilité de l'éviter. D'un geste vif, Etan se redresse, passe un bras autour de ma taille pour me plaquer sur le sol puis me recouvre de son corps, un bras au dessus de ma tête, pour me protéger des piétinements du monstre. Pétrifiée, j'attends le choc les paupières crispées, le visage pressé contre le cœur d'Etan. Mais le choc n'est pas celui que nous attendions. Zell, à quelques mètres de là, avait remarqué le danger et nous avais envoyé Ifrit, qui, dans la précipitation, n'a rien trouvé de mieux à faire que de jeter un brasier géant à notre assaillant, manquant de peu de nous griller du même coup. Lorsqu'il est certain que le danger est passé, Etan s'appuie sur son bras et murmure, son visage à dix centimètres du mien :

- On est quittes, maintenant.

Il se lève rapidement, récupère sa gunblade tombée au milieu des gravats et retourne au combat, la démarche un peu raide. Le coeur battant violemment dans ma poitrine, je ne peux que le regarder s'éloigner, les yeux rivés à sa veste roussie au niveau de l'épaule droite, tandis qu'il se hâte de rejoindre les combats. Combattant une furieuse envie de pleurer qui m'envahit soudain sans que je comprenne pourquoi, j'accepte la main de Zell qui a accouru pour m'aider à me lever.

- Est-ce que ça va ? s'inquiète-t-il. Tu es blessée ?

La gorge nouée, je ne peux que secouer brièvement de la tête, tout en ravalant mes larmes de fureur. De fureur après moi-même, par dessus le marché. Ça n'aurait pas dû se passer comme ça, martèle une voix de plus en plus forte dans ma tête. Pourquoi est-ce que tu as répondu quelque chose d'aussi stupide ? Pourquoi tu finis toujours par dire le contraire de ce que tu penses ? Qu'est-ce qu'il y a de si compliqué à dire ce que tu as dans la tête ?
Zell me sourit d'un air las. Difficile de dire ce qui, de ce qu'il a pu comprendre de la scène qui vient d'avoir lieu ou l'incertitude de l'issue de la bataille qui persiste pour nous me vaut son regard désolé, mais il me presse un moment l'épaule avant de repartir au combat. Je récupère mon arme restée plantée dans le sol un peu plus loin, puis me replonge vite dans les combats, presque heureuse que leur intensité m'ôte momentanément l'incident de l'esprit. Je dois tout de même me concentrer sérieusement pour ne pas me laisser déborder par les assaillants qui débarquent de tous les côtés. Heureusement, Zell m'aide en jouant des poings à mes côtés.
Nous sommes finalement rejoints par Quistis et sa troupe. Ils ont réussi à maîtriser le vaisseau estharien et du même coup à dégager toute la partie de la plage nord où la BGU avait accosté. Notre fac est donc à présent complètement hors de danger.
Maintenant que la plupart des monstres a été éliminé, Quisitis a pu rassembler assez de monde à envoyer au bateau estharien de la plage sud. Notre objectif est pour le moment de retenir assez de soldats ici pour les empêcher de retourner aux bateaux en renfort, ou de s'enfuir grâce à celui de la plage sud. Zell rassemble alors les Seeds les plus proches à grands cris et nous divise en trois équipes. L'une est envoyée à proximité du second bateau qu'il doit surveiller, et y empêcher toute entrée. La seconde va la couvrir en encerclant les soldats qui se trouvent encore sur la plage et tandis que nous, nous encadrerons au nord. Les ordres donnés, chacun va à son poste. Nous sommes une dizaine à suivre, parmi lesquels je repère Greg. Casey et Bess sont dans la première équipe, mais pas moyen de trouver Etan. Les chassant momentanément de mon esprit, j'observe avec attention les environs, pour repérer chaque soldat ennemi présent. À mes côtés, les Seeds se déploient pour couvrir le plus de surface possible, les G-Forces restants voletant au dessus de nos têtes. Je remarque que cela fait un moment maintenant que je n'ai pas entendu les vaisseaux nous survoler, et un coup d'oeil au paysage, plus loin, me montre des impacts de crash. Bonne chose pour nous.
Zell beugle ses ordres et nous nous lançons au combat. Les Esthariens, ne disposant plus du soutien des vaisseaux ni des monstres désormais tous éliminés, se démènent tant bien que mal ; mais, n'ayant pas anticipé notre stratégie, et probablement sur-estimé leur avantage, ils se retrouvent bientôt pris en tenaille et se voient contraints de se rendre. Nous les désarmons, confisquons leur casques et nous les plaçons en cercle au centre de la plage. Silence de mort. Comme si le vent lui-même avait décidé d'abandonner ses rugissements. L'idée de la victoire des Seeds sur Esthar fait lentement son chemin dans chaque tête, sans que quiconque ose la formuler, de peur de se voir prouver le contraire. Pas après avoir vécu tout ça. Il fallait que ce soit enfin fini.
Alors, le souffle court, nous nous regardons les uns les autres, espérant que quelqu'un d'autre le dise. Que quelqu'un le formule, qu'il montre qu'il pense la même chose. Que tout est fini. Que nous avons gagné et que la vie pourra reprendre. Je réalise que je suis enfin à la BGU, avec ma famille, mes amis. Chez moi. Et cette prise de conscience, je ne suis pas la seule à la faire. La joie monte dans les rangs, d'abord timide et vague, puis un murmure s'élève, de plus en plus expressif, et des cris de joie retentissent soudain. Partout autour de moi, on rit aux éclats, on se prend les uns les autres dans les bras en s'interpellant.
Et pourtant, je reste étrangement imperméable à toute cette liesse, comme engourdie. Sans trop m'en rendre compte, je me retrouve à fouiller le paysage du regard. A scruter chacun des Seeds survivants, cherchant un visage en particulier, le coeur serré d'angoisse. Où est-ce qu'il est? Est-ce qu'il a à nouveau tenté d'invoquer son G-Force? A-t-il été blessé? Tué? Mais où est-ce qu'il est passé?? Repensant au moment où je l'ai perdu de vue, je sens ma vue se brouiller, ce qui n'arrange pas mon état. D'un pas rageur je traverse la foule en fête en l'écartant sans ménagement. Mais soudain je me sens happée par un bras passant autour de mon cou ; avant d'avoir eu le temps de me dégager, je reconnais Bess qui m'attire contre elle en riant et pleurant à la fois. Je reconnais également Casey qui la suivait et qui nous étreint toutes les deux à la fois ; nous restons un moment ainsi, eux dans une attitude bien peu digne pour des soldats (quasi) professionnels venant de mener une bataille sanglante, moi dans un état second, partagée entre l'envie de me réjouir avec eux que nous soyons encore en vie et celle de m'éloigner d'eux le plus vite possible pour partir à la recherche d'Etan. D'autres nous rejoignent vite, à travers mes larmes de frustration que mes amis interprètent pour de la joie, je reconnais vaguement Greg, Théo, des filles de la classe, mais également des professeurs. Mes parents ont réussi tant bien que mal à parvenir jusqu'à moi et nous restons enlacés un long moment.


Fake Wings - Yuki Kajiura

Nous sommes rappelés à la BGU sans que j'aie pu m'éclipser. On nous rassemble dans le grand hall de la BGU pour écouter le discours du directeur. Je vois avec bonheur mes parents se tenir ensemble face à nous, entourés Quistis, Zell et nos autres professeurs, plus ou moins en bon état. Debout à mes côtés, Bess me serre la main en laissant couler des larmes silencieuses le long de ses joues. J'aimerais pouvoir lui dire quelque chose, la réconforter. Mais je me sens complètement vide. J'ai à peine l'impression d'être réellement là et je ne parviens même pas à me concentrer sur les paroles de mon père. Je scrute encore les visages qui m'entourent, à la recherche d'Etan, au point que Casey, qui se trouve derrière moi finit par glisser à mon oreille, inquiet :

- Est-ce que ça va ?

Je hoche frénétiquement la tête en ravalant mes larmes et en essayant de me persuader qu'il n'a rien pu arriver à Etan. Il n'aurait quand même pas sciemment invoqué son G-Force ? Je lui ai dit et répété de ne pas le faire. Je l'ai frappé pour que ça rentre bien dans sa petite tête. Il ne l'a pas fait, bien sûr que non. Il a forcément compris et doit être quelque part à côté. Il n'aurait pas fait un truc aussi crétin. Même s'il était tellement en colère contre moi. Même si j'ai été aussi stupide. Même s'il y a pu y avoir un millier de raisons qui auraient rendu obligatoire l'invocation d'un G-Force. Bien sûr que si, qu'il en aurait été capable, tu le sais très bien, pauvre idiote. Combien de fois est-ce qu'il l'a appelé ces derniers temps, hein ? Est-ce qu'il t'avait écouté quand tu le lui interdisais avant ? Pourquoi est-ce qu'il l'aurait fait aujourd'hui ?
Je ne me rends compte que le discours a pris fin que lorsque les rangs se desserrent autour de moi. Je réalise à ma grande honte que je n'ai même pas prêté attention à l'éloge fait à ceux tombés au combat. Un peu hagarde, je me laisser mener par Bess et Casey qui a passé son bras autour de mes épaules et me porte presque. Nous nous dirigeons vers les dortoirs, entourés des autres élèves épuisés qui retournent dans un silence peu habituel à leur chambre profiter d'un repos bien mérité. Nous n'arrivons cependant pas à convaincre Bess de venir, elle tient à retourner à l'infirmerie où son aide reste plus que nécessaire. Casey me mène à ma chambre, où nous nous laissons tomber sur le lit, à bout de force. Je crois m'être endormi avant même que ma tête ait touché l'oreiller. À mon réveil, je m'aperçois que Bess nous a rejoints et qu'elle dort encore à ma droite à poings fermés. Je me lève en prenant garde à ne pas réveiller mes meilleurs amis et m'éclipse en silence de ma chambre après les avoir recouverts.
Les jours qui ont suivi restent flous dans ma tête. Après avoir retrouvé mes parents, et m'être assurée que mes amis étaient en vie, rien ne semblait réellement avoir d'importance. Des brumes générales se sont tout de même dégagées les retrouvailles avec Léna, que mes parents avaient laissée à la fac Winhill sous la protection de Tante Ellone, en même temps que tous les élèves trop jeunes pour combattre. Je l'enviais presque d'être ignorante des horreurs qui avaient eu lieu. Ce qui ne l'avait pas empêchée de se jeter dans mes bras en pleurant.
Ça a également été le moment de dire au revoir à Zack. Déclaré totalement innocent dans l'attaque de Tréhignac, en remerciement de l'aide apportée lors des combats, et en dédommagement de toutes ces années passées au village pénitentiaire, il a été autorisé à s'établir dans une des villes proches de Winhill. Mon père a décidé d'envoyer une troupe dans son ancien village pour retrouver sa mère et Lise qui iront s'installer avec lui, tandis que Harl sera à nouveau jugé.
À ma grande surprise, j'ai été autorisée à assister à la réunion décidant tout cela, ce qui aurait pu paraître normal étant donné que je m'étais retrouvée au coeur des évènements puisque j'étais directement concernée – mais c'est sans connaître mon père. Il a néanmoins jugé que j'étais apte a connaître les détails de l'histoire qui avait amené Hans à être exilé. Zack a fait preuve de pas mal de cran, vu l'histoire qu'il a soudain découverte sur son père. Les accusations de trahison, de complot contre la BGU et de tentative de meurtre sur ma famille. De mon point de vue, c'est déjà assez effrayant de me dire que son père a essayé de nous faire tuer quand j'étais petite – mais du sien, ça doit être pas mal non plus. Il n'aurait jamais dû se trouver dans ce village, ni sa famille, alors que seul son père était coupable de trahison. Il aurait dû grandir à la BGU, ou au moins avoir le choix.
J'ai un pincement au coeur en l'observant en douce alors qu'il se trouve debout devant le bureau de mon père encaisser les nouvelles, les poings serrés et la mâchoire crispée, mais calme. Se voir assener tous ces faits d'un coup, sur un proche qu'il pensait si bien connaître doit être bien plus horrible que je ne peux l'imaginer. Le pincement au coeur se transforme en une vague de tristesse étourdissante lorsque je pense à Etan, qui a subi ça si longtemps.
Une fois les derniers détails réglés, j'accompagne Zack jusqu'au parking. Depuis la fin des combats, nous n'avons guère eu le temps de parler. Deux jours. Lui comme moi nous nous sommes efforcés à nous occuper l'esprit, lui à l'infirmerie pour aider à soigner les blessés, moi en aidant de mon mieux à la remise en ordre de la BGU. Je sais qu'il est blessé par ce qu'il a vécu et découvert, on le serait à moins. Fini le Zack joyeux et plein d'entrain. Celui qui marche à mes côtés est plus mesuré, plus en retenue. Et la disparition d'Etan le hante autant que moi. Une fois sur le parking, il s'arrête et se tourne vers moi.

- Je suis désolé, Eva.
- Pour quoi ? Je demande, surprise.
- Pour tout. Ce que mon père a fait quand on était petits. Qu'on ait pas eu la vie qu'on aurait dû à cause de lui. Le fait qu'il ait recommencé quand on s'est retrouvés.
- Sois pas bête, tu n'y es pour rien, je rétorque. Tu n'as rien fait. Tu en as souffert au même titre que nous tous.
- Je n'ai rien vu. Je ne soupçonnais rien, alors que ça aurait dû être évident.
- Ce n'étais pas évident. Tu n'avais aucun moyen de savoir. C'est ton père qui a fait ça.
- Et je suis la seule personne à pouvoir m'excuser en son nom.
- Non, tu n'as pas à le faire, je proteste fermement.

Il me lance un regard malheureux mais n'ajoute rien.

- Une nouvelle vie commence, je fais, tentant d'avoir l'air optimiste. Tu sais ce que tu vas faire, une fois libre ?
- Ton père m'a donné l'adresse de quelqu'un prêt à m'employer, c'est là-bas que je dois aller tout à l'heure.

Il soupire.

- C'est effrayant ? Je demande.
- Non. C'est juste que j'ai du mal à imaginer que les choses puissent être si différentes d'un coup. Enfin, elles le sont depuis longtemps, mais je ne le savais pas.
- Ça fait beaucoup d'un coup, j'admets.
- Je suis aussi désolé pour Etan.

Peu importe à quoi il fait allusion au sujet d'Etan, il n'en est pas non plus responsable, alors je ne dis rien.

- Je sais pas comment j'ai pu gober que tu étais sa soeur, rit-il.
- Tu n'avais aucune raison de ne pas le croire, je réponds, la gorge nouée au souvenir de ce moment.
- Si, ça c'était évident, répond-t-il doucement, faisant accélérer les battements de mon coeur.

Zell arrive soudain à notre hauteur.

- Désolé de vous interrompre. C'est juste pour te dire de me prévenir quand tu es prêt à partir. Ne t'inquiète pas, rien ne presse, ajoute-t-il en jetant un oeil qu'il croit discret de mon côté. Prenez votre temps.

Je ne vais même pas penser à ce qu'il imagine. Zack soupire en regardant la voiture à quelques mètres de là comme s'il espérait qu'elle disparaisse d'elle-même, puis se tourne à nouveau vers moi.

- Tu m'écriras ? demande-t-il.
- Évidemment, je souris. Et puis, je viendrai te voir. Dès que possible.

Il me rend mon sourire, un peu apaisé.

- Bon. Alors j'imagine que c'est le moment de se dire au revoir...

Inspirant un bon coup, il s'avance et me prend dans ses bras. La surprise passée, je l'entoure également de mes bras, et l'embrasse sur la joue lorsqu'il me relâche au bout d'une minute. Malgré ce que nous avons vécu, je réalise que nous nous connaissons peu, mais il me manquera. Il s'éloigne pour rejoindre Zell, le dos un peu vouté. Je reste au parking à faire au revoir de la main jusqu'à ce que la voiture disparaisse de mon champ de vision, puis je retourne à l'intérieur, le coeur lourd. C'est comme si une autre partie de ce que nous avons vécu disparaissait.
Les jours suivants se sont étirés de même, longs, ennuyeux, toujours aussi étrangement vagues. Je me souviens avoir erré dans la BGU avec Bess et Casey, sans être capable de rapporter un mot des discussions que nous avons pu avoir et indifférente à l'effervescence générale inexplicable qui envahissait la fac, ou m'être planquée dans les différents coins secrets de la BGU que mes meilleurs amis et moi sommes les seuls à connaître, et où ceux-ci m'ont retrouvée à plusieurs reprises, assoupie à force de larmes et d'épuisement.
Assise sur une des terrasses secrètes de la serre de combat, les genoux ramenés sous le menton, j'observe l'océan que la BGU survole pour retourner à Balamb. Je ne sais même plus combien d'heures j'ai pu passer ici ces derniers jours. Depuis la fin de la guerre, la serre de combat est désertée à la fois par les élèves et les professeurs. Tout le monde a eu son lot de combats, et la dernière chose que nous voulons encore, c'est voir du sang avant un très long moment si ce n'est pas nécessaire. Tant pis pour les entrainements. Les cours n'ont pas encore repris, à la demande des professeurs qui ont jugé utile de nous accorder quelques vacances après ces moments difficiles, malgré les réticences de mon père. Lui était plutôt d'avis de reprendre le cours de la vie aussi vite que possible. Personnellement, je n'en aurais pas été capable. Je n'en serai plus capable.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? m'a-t-il demandé cet après midi.

Debout face à son bureau, je n'en menais pas large. Il m'avait convoquée pour me communiquer mes résultats à l'examen du Seed. Positifs.
Beaucoup pensent qu'en tant que fille du Directeur de la BGU je suis favorisée. C'est un aspect des choses facile à comprendre. Objectivement, il est difficile pour qui que ce soit de ne pas être tenté de faire son possible pour aider une personne qui nous est chère si on en a le pouvoir. Alors ça se comprend, que ce soit ce que les gens se disent. Qu'on me facilitera forcément la tache, peut-être en augmentant mes notes pour s'assurer que l'honneur de la famille sera préservé. On n'empêche pas les gens de parler. Ça ne me dérange même pas. C'est une chose contre laquelle je suis blindée. Peu importe ce qu'ils pensent eux. Ils croient qu'il est difficile pour eux de montrer leur valeur au Directeur parce que celui-ci privilégie sa fille ? S'ils savaient qu'il est deux fois pire de décevoir une personne qui est non seulement son supérieur mais aussi son père...

- Je croyais que c'était ce que tu voulais, être Seed ? S'est étonné mon père.
- Je croyais aussi.

Combien de disputes on a pu avoir à ce sujet. Combien de fois j'ai dû lutter contre les refus de mes parents de me laisser entrer au Seed. Des refus qui m'avaient toujours semblé tellement injustes. Et j'étais là à refuser le badge qu'il m'offrait, qui aurait dû il y a quelques semaines réaliser ma plus grande ambition.

- Je croyais que c'était ton rêve ? Insistait-il.
- Et je croyais que tu étais absolument contre. C'est quoi le problème ? je me suis impatientée.
- J'essaie de comprendre.
- Tu avais raison. C'est ce que tu voulais entendre ? Le Seed, ce n'est pas fait pour moi. Je ne suis pas assez forte
- Eva, je n'ai jamais voulu dire...
- Si c'est ce que tu voulais dire, ai-je rétorqué, plus blasée qu'énervée. Et tu avais raison. Point final.

Il s'est levé de son fauteuil et est venu se mettre debout devant moi, s'appuyant sur son bureau.

- Je n'ai jamais, jamais, considéré que tu étais trop faible pour faire partie du Seed, Eva.
- De toute façon on s'en fiche, ai-je fait avec un rire sans joie. Je ne serai pas Seed.
- Non, il faut que tu comprennes, dit-il d'un ton ferme. Si ta mère et moi avons toujours refusé que tu sois intégrée au Seed, ce n'est en aucun cas en rapport avec tes capacités. Nous savons que tu es forte, travailleuse, déterminée. Bornée et un peu tête en l'air. Mais tu serais un Seed formidable.
- Alors c'était quoi ? J'ai demandé, sans parvenir à le croire.
- Ta mère t'expliquerait ça sûrement mieux, a-t-il soupiré en se pinçant l'arrête du nez. Tu sais... en tant que parents, c'est très difficile de voir son enfant grandir et être confronté au danger.
- Ça je le comprends, mais...
- Mais ce n'est pas que ça. Ta mère et moi avons vécu des choses que peu de personnes peuvent soupçonner. Nous ne les avons pas racontées, tout simplement parce que nous-mêmes ça nous dépasse et que ceux qui ne les ont pas vécu n'ont pas la moindre chance de comprendre. Mais ça nous a changé. Ça nous a poussé à avoir une vision du monde différente, à accepter que l'invisible soit et que ce que nous pensions impossible existe.
- Tu veux parler des sorcières ? je devine.
- Entre autres. Il ne s'agit pas seulement des combats qui ont eu lieu ou de la magie que l'on connait tous, même si c'est déjà un motif de crainte. La magie qu'elles possèdent va au-delà de ce que nous pouvons imaginer. Mais par dessus tout, elles manipulent le temps. Personne n'a la moindre idée des catastrophes que ça peut engendrer. Voyager dans le temps semble le moindre des problèmes qu'elles pourraient poser à côté des invocations, des magies qu'elles sont les seules à maîtriser, et pourtant... leur facilité à le manipuler... ça leur donne le pouvoir de façonner le monde, de contrôler les dimensions... De réveiller des démons insoupçonnés. Je sais que ce que je dis te paraît complètement obscur, mais je te demande de nous faire confiance. Notre refus de te faire entrer au Seed était motivé par des craintes qui allaient au delà de l'instinct parental.
- Il n'y a plus de sorcière dangereuse aujourd'hui, de toute façon... ai-je fais.

Mon père me dévisagea étrangement. La seule autre fois où je l'avais vu aussi bouleversé, c'est lorsque je l'ai retrouvé à la BGU lors de l'attaque d'Esthar. Je savais qu'il ne mentirait pas, mais ça me choquait presque de le voir ainsi. Comme s'il se faisait son possible pour se contenir.

- Non, il n'y en a plus, répondit-t-il, un sourire un peu crispé apparaissant sur son visage.

Je n'ai pas la moindre idée de la raison pour laquelle les larmes me sont soudain montées aux yeux. Des larmes de soulagement, je réalise maintenant. Ses propres mots le rassuraient, m'apaisant du même coup, même si je ne savais pas pourquoi exactement. Consciente que quelque chose m'échappait mais pas certaine de vouloir savoir quoi, je me suis tue. Des images semblaient passer devant les yeux de mon père et il est resté une minute perdu dans des pensées visiblement peu réjouissantes. Puis, toussotant comme pour s'éclaircir la gorge, il a repris sa place derrière son bureau. Du menton, il a désigné le badge toujours posé sur la table devant lui.

- Tu es sûre de toi ?
- Oui. J'ai eu assez de combats pour toute une vie. Et je n'ai pas aimé que ça a fait de moi, ai-je répondu, songeant avec un frisson du dégoût que les combats provoquaient en moi.

La sonnerie annonçant l'heure du repas résonne dans la BGU, me ramenant brutalement au présent. Je sursaute en réalisant qu'il est plus tard que je ne le pensais. Je me faufile par la petite ouverture du mur menant de serre de combat à la terrasse, replace les briques la masquant, puis cours hors de la serre en m'efforçant de chasser la scène de cet après midi de ma tête.
Je rejoins Bess et Casey qui m'ont gardé une place à la cafétéria. Mais je n'ai pas faim, et je n'arrive pas à réellement entrer dans la conversation. Chaque fois que la porte à double battants de la salle s'ouvre, je ne peux m'empêcher de tendre le cou pour observer le nouvel arrivant. Chaque fois que n'importe quelle porte s'ouvre, mon coeur s'emballe, puis, de déception, loupe un battement en voyant que la personne qui l'a franchie n'est pas celle que j'attendais.
Etan n'a jamais resurgi. Il aurait pu tout aussi bien avoir été le fruit de mon imagination : impossible de parler de lui avec qui que ce soit, puisque personne ne le connait réellement ; puisque personne n'a jamais prêté attention à lui, puisque tous s'en fichent. Ou si ce n'est pas le cas, ils ne s'en préoccuperaient que pour se féliciter de l'absence du fils du plus grand criminel de tous les temps, songeant que c'était une bonne chose de faite. Honteuse et furieuse après moi-même, je me rappelle qu'il y a encore quelque semaines, j'étais comme eux. Pire, même. Mais tout a changé, ce qui rend mon sentiment de culpabilité et de manque vis à vis d'Etan d'autant plus insupportables .
De manque. Oui, je sais. Il a fallu que je me rende à l'évidence. Ce froid glacial permanent dans ma poitrine et ce vide dans ma tête. L'impression de ne plus avoir d'équilibre parce qu'il n'est plus à côté, l'impression de ne plus voir parce que je ne le vois plus lui dès que je lève les yeux.
Une nouvelle fois, la porte claque, et, sursautant, je ne peux m'empêcher de dévisager le groupe de personnes s'avançant dans la file. Arrête ça, Eva. Arrête ou tu vas devenir folle. Personne ne l'a croisé. Tu as fait le tour de la BGU un nombre incalculable de fois, et il n'y a pas la moindre trace de lui. Il va falloir que tu t'y fasses : quand la porte de la cafétéria s'ouvre ce n'est pas lui ; quand la porte de la bibliothèque s'ouvre ce n'est pas lui ; quand quelqu'un sort du couloir et entre dans le campus ce n'est pas lui. Arrête. Avec une boule dans la gorge, je me replonge dans mon soda.

- Eva, tu ne veux pas manger, tu es sûre ? Demande Casey en lorgnant mon plateau vide.
- J'ai pas très faim pour le moment, je marmonne pour toute réponse avant de me tourner à nouveau vers la porte qui avait claqué.

Je remarque à peine que Casey nous laisse au bout d'un moment pour se rendre à la bibliothèque.

- Eva ? Eva !
- O-oui, pardon ? je sursaute en me tournant vers ma meilleure amie.

Bess m'observe, inquiète.

- Euh... Excuse moi, j'étais un peu ailleurs, je bafouille.
- Ça arrive très souvent ces derniers temps, fait remarquer Bess, l'air soupçonneux.
- Je sais, désolée. Qu'est-ce que tu disais ?
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Eva, qu'est-ce qui se passe ?

Je suis tentée de nier, pendant une seconde. Dire qu'il n'y a rien et passer à autre chose. Mais il y a quelque chose, et c'est ma meilleure amie, elle ne mérite pas ça.

- Honnêtement, je ne sais pas bien, j'avoue. J'arrive pas à mettre de mots dessus. Tout ce qui s'est passé ces derniers temps, tout ce que j'ai appris... j'ai du mal à mettre de l'ordre dans mes pensées. C'est plein de choses un peu confuses...
- Tu m'en parleras quand ça le sera moins ?
- Promis, je réponds, un peu apaisée pour la première fois depuis des jours.
- Bon. Je disais donc, reprend alors Bess avec un sourire mystérieusement malicieux, qu'est-ce que tu comptes porter ?
- Ce que je vais porter ? Je demande, perdue.

Elle le fait exprès, elle sait que je n'ai rien écouté et que je n'ai pas la moindre idée de ce dont elle est en train de me parler.

- Pour le bal, ma chère, articule-t-elle, daignant me fournir un indice.
- Le bal ? Je répète bêtement. Mais il n'y a pas de...

Avec un soupir blasé, Bess m'attrape le bras, me traine sur le campus et me plante sous l'immense banderole qui surplombe l'entrée. « Grand bal annuel de la BGU ». Au secours.

- Ça fait une semaine que je te fais de gros sous entendus bien lourds et pas subtiles du tout. Méryl est venue nous tenir la jambe pas plus tard qu'il y a deux jours pour soutirer notre candidature au comité d'organisation ; Kern a recommencé à tourner autour de toi comme un vautour et à te couvrir de lettres d'amour, et la BGU croule sous les décorations atroces qu'ils ressortent tous les ans et que tu passais ton temps à critiquer en des temps plus heureux. J'arrive pas à croire que tu n'aies vraiment rien remarqué. Je pensais que tu t'en fichais seulement !
- Une semaine que ça se prépare ? C'est pas possible je souffle, abasourdie d'avoir loupé ça.

Il me semble soudain remarquer seulement maintenant avec netteté l'activité fébrile autour de moi, les décorations multicolores envahissant le jardin et les couloirs, les portants encombrés de ballons bleus et roses. La grande table dressée pour le buffet contre le mur, les élèves courant dans tous les sens, surchargés de rubans et papiers multicolores. J'ai été dans les choux pendant une semaine. Une semaine que le combat contre Esthar a pris fin.

- Il a fallu que le comité d'organisation, c'est à dire Méryl, aille harceler les professeurs pour obtenir leur soutien, mais il faut croire qu'elle les a eus à l'usure.
- Mais... mais c'est quand ? Je bafouille, comme si ça pouvait faire une grande différence.
- Ce soir. C'est pour ça que ça urge un peu, en fait.
- Ce... Je vais pas y aller de toute façon.
- Bien sûr que si ! rétorque-t-elle.
- Tu sais bien que ça ne m'intéresse pas.
- Et moi je pense que c'est exactement ce dont tu as besoin en ce moment.

Je reste sans voix.

- Parfaitement, affirme-t-elle en croisant les bras. Tu t'es vue ? Tu passes ton temps à errer dans les couloirs comme si tu ne voyais personne, tu ne nous parles presque plus, tu passes ton temps à guetter on ne sait quoi. Tu ne t'entraines même plus - et là ça devient grave. Si tu ne voulais pas qu'on remarque qu'il se passait quelque chose, il fallait faire un peu mieux semblant, ma vieille. Casey et moi on ne sait plus quoi faire pour te faire revenir sur terre. On peut respecter que tu ne puisses ou ne veuilles pas parler de ce qui se passe. Mais on ne peut pas rester à rien faire. Alors oui, je pense que ce bal débile, ridicule et très probablement atrocement ennuyeux est exactement la chose dont tu as besoin en ce moment. Je veux t'entendre te moquer de la musique naze, des gens qui ne savent pas danser et des dragueurs ridicules. Je veux qu'on s'amuse tous les trois à se préparer et qu'on aille rigoler et danser ensemble. Alors je te garantis que tu iras à ce bal, Eva Leonhart, même si pour ça je dois t'y trainer par les cheveux.

Je me rends compte que je regarde vraiment ma meilleure amie pour la première fois depuis longtemps. Il y a dans sa voix quelque chose d'un peu désespéré, et je réalise qu'elle et Casey se sont réellement inquiétés à mon sujet, alors que, à ma grande honte, j'ai à peine prêté attention à eux ces derniers temps. En plus de tout ce qu'elle a souffert durant cette guerre, les combats, les blessures, les blessés dont il fallait s'occuper, et par dessus tout la mort d'Ivackas, moi je ne faisais que m'éloigner.

- Très bien, je me rends en souriant. On ira, à ton bal pourri.

Avec un sourire radieux, elle se jette à mon cou puis m'entraîne vers le dortoir.

- Bon, j'imagine que j'ai la réponse à sa question de tout à l'heure : tu n'as évidemment rien prévu pour le bal.
- Je trouverai bien un truc...
- Tatata. Si je te laisse faire, je parie que je te retrouve en jogging sur la piste de danse ce soir.
- Et après ?
- Nom d'un chien, Eva, est-ce que tu le fais exprès ? S'exaspère Bess en ouvrant la porte de notre dortoir à la volée et en me tirant dans sa chambre.

Elle me plante face à son lit et s'engouffre littéralement dans son armoire. Je reste un peu bête debout dans sa chambre, et alors que je songe à rebrousser chemin, je remarque soudain son uniforme posé sur son lit. Le sien, en tant que médecin-seed, est légèrement différent de celui des Seeds, avec des coutures d'un beau vert et un écusson différent. Je me rappelle soudain que je n'ai même plus le mien. Il me semble que ça fait une éternité depuis que je l'ai laissé chez Kassandra.

- Ah, voilà, fait Bess avec un cri de victoire en sortant la tête de son armoire.

Elle émerge avec des bouts de tissus colorés qu'elle brandit sous mon nez.

- Je me doutais que du haut de ta tour imprenable de désolation et de désespoir tu ne pouvais pas te préoccuper de choses aussi triviales que du choix de LA robe qui ferait à la fois hurler de rage ton père et s'évanouir d'adoration Kern.
- Je ne veux faire hurler ni s'évanouir personne ! Je proteste, rouge brique. Et surtout pas mon père ni Kern.
- Oui, mais Kern n'est pas le seul garçon que tu peux faire s'évanouir, chantonne-t-elle en étalant les robes sur son lit, envoyant valdinguer son uniforme. Dommage que Zack ne soit plus là... marmonne-t-elle, songeuse.
- Je ne veux pas non plus que Zack s'évanouisse, je grommelle. C'est un ami. Mais quand est-ce que tu as eu le temps de prendre ça ? Je demande, sidérée, en attrapant les tissus soyeux.
- Si tu n'étais pas restée dans petit ton monde quelque part là haut, tu te serais rendue compte que nous avons fait une halte d'une bonne journée à Winhill. Toi tu te terrais quelque part, j'imagine, je n'ai pas réussi à te trouver. Mais j'en ai profité pour faire un tour à la ville la plus proche. Et pour dévaliser la boutique de vêtements pour nous deux avec l'aide de Casey.
- Et ton costume d'apparat ?
- J'ai toute ma vie pour le porter. Ce soir, je veux faire la fête, ne penser à rien d'autre, fait-elle, sérieuse.
- Bess... je murmure, écrasée par la culpabilité de l'avoir laissée tombée. Je m'en veux tellement pour ces derniers jours... Ivackas...

Elle me sourit bravement et vient se planter devant moi.

- Encore une fois, dit-elle en me prenant les mains, je suis prête à tout entendre si tu veux me parler. Je sais que ces dernières semaines ont été très dures.
- Pour toi aussi ça l'a été et je n'ai pas été la pour t'aider...
- Je sais que si ça n'avait pas été pour une bonne raison, tu aurais fait ce que je fais en ce moment. Même si tu ne sais pas encore quelle est cette raison. Ce que je souhaite, c'est que tu retrouves le sourire, et tout ira bien pour moi aussi alors. Pour Ivackas, je ne l'oublie pas, évidemment. Mais il faut qu'on réagisse. On doit être fortes, et avancer. Même si ça passe par le bal le plus raté de toute l'histoire des bals. Je veux qu'on s'amuse autant que faire se peut, ou qu'on fasse aussi bien semblant qu'on en est capables. Alors si tu veux faire quelque chose pour moi, tu enfiles une de ces robes et tu me montres de quoi ça a l'air ! Dit-elle, profitant ce que je sois trop émue pour me fourrer une robe bleu foncé dans les mains et me pousser dans ma chambre.
Après la séance d'essayages la plus débridée que nous ayons connue, Bess fixe son choix sur la robe longue bleue qu'elle m'avait fait essayer, tandis que j'en garde une verte, dont la jupe évasée m'arrive un peu au dessus des genoux, et aux bretelles fines – correcte mais déjà bien trop osée pour une fille qui s'habille exclusivement de vieux t-shirts et de jeans depuis des années. Le reste de la journée n'est qu'une longue séance de coiffure et maquillage où Bess s'amuse comme une folle à jouer à la poupée avec ma tête. Après d'âpres négociations, elle parvient à me convaincre de ne pas ruiner ses efforts en redétachant mes cheveux, même si j'aurais préféré les laisser libres plutôt que de garder cette coupe trop sophistiquée pour moi. Pour elle, ça fait partie du jeu. Contre toute attente, je passe un moment génial, où rien d'autre n'existe que ma meilleure amie et moi, et nos bêtises.
Dernière modification par Rae le 19 févr. 2009 11:24, modifié 2 fois.
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histoire ACHEVEE

Dragonflash
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Messagepar Dragonflash » 19 févr. 2009 1:42

la fin a été tronqué par le forum non ?
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Rae
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Messagepar Rae » 19 févr. 2009 11:28

[ désolée, je ne m'étais pas rendue compte qu'il en manquait une partie... je ne sais pas si c'est parce que le nombre de caractères était trop important, bref, j'ai coupé de façon à ce que ça soit moins embêtant, et voilà la suite ! ]



Ce soir, la BGU est bien plus bruyante qu'elle ne l'a jamais été dans mon souvenir, envahie par les discussions animées et la musique forte. Je découvre avec surprise les décorations parsemées dans toute la fac, devant lesquelles j'ai du passer peut-être une centaine de fois mais que je ne vois clairement que maintenant, et je réalise à quel point j'étais ailleurs ces derniers temps. Comme si je ne voyais plus cet endroit réellement que de l'extérieur, sans en faire encore partie. Suis-je encore chez moi, ici, après tout ce que j'ai vécu ?
La musique résonne dans le grand hall tandis que Bess et moi arpentons les couloirs, juchées sur nos talons qui me semblent démesurément hauts et dans des robes qui, au fur et à mesure que nous avançons vers la foule me semblent de plus en plus voyantes. C'est sûr, mon père va hurler, et peut-être bien s'évanouir, aussi. Je n'avais pas remarqué que le décolleté descendait autant. Ni l'échancrure dans le dos. Est-ce que la jupe n'a pas raccourci depuis tout à l'heure ?

- Bien sûr que non, arrête de dire des bêtises. Tu es superbe, me sermonne Bess, alors que je menace pour la dixième fois de prendre mes jambes à mon cou pour aller me terrer dans ma chambre.
- J'arrive pas à croire que tu m'aies convaincue de porter ça, je râle, en la suivant avec grande peine sur mes talons vacillants.
- Je suis sûre que t'en mourais d'envie, rit-elle en m'attrapant le bras et en accélérant le pas pour être sûre que je ne m'échappe pas.

Malgré tout, nous parvenons à la salle du bal saines et sauves. Au moment de passer l'entrée, alors que Bess pousse une exclamation ravie, remarquant que le résultat n'est pas aussi mauvais que ce que nous craignions, mon cœur se met à battre à un rythme irrégulier. La pièce immense est blindée de monde. Et c'est comme si je retrouvais soudainement toute ma lucidité, et qu'un poids me retombait sur la poitrine. Les visages qui défilent et que je ne peux m'empêcher de scruter. À chercher un visage sans succès dans la foule. Etan. Mes pieds semblent soudain s'enraciner au sol et mes yeux se remplissent de larmes, réalisant soudain ce que je refusais de comprendre. Etan n'est pas là. Ça ne sert plus à rien de l'attendre. Alors que c'est le seul que j'aurais voulu voir. Le seul.
Bess, stoppée dans son élan, se retourne et me lance un regard interrogateur.

- Euh... Je... J-Je dois...
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- J'ai oublié un truc... euh... Je reviens... je bégaie en refoulant mes larmes.
- Mais Eva...

Avant qu'elle ne puisse ajouter quoique ce soit, je sors en courant de la pièce, m'enfuyant aussi vite que mes satanés talons me le permettent. Ce n'est que lorsque je me tords la cheville et me vautre dans le grand hall que je prends la peine de m'arrêter. Heureusement, les lumières baissées laissent une possibilité de n'avoir pas été aperçue en aussi glorieuse situation. Grimaçant de douleur, je me résigne à me hisser sur le rebord du bassin entourant l'ascenseur pour m'asseoir et retirer mes chaussures.

- Ça fait un mal de chien, je grogne aux chaussures posées sur le rebord en leur lançant un regard accusateur.

Je me masse doucement la cheville en espérant que l'élancement se dissipe, mais lorsqu'un mouvement trop brusque m'arrache un cri de douleur, de rage, j'attrape la chaussure fautive et la balance à la flotte. Songeant un moment à déchirer le bas de ma robe pour en faire un bandage – Bess me tuerait très certainement – je suis distraite par un bruit de pas devant moi. Je relève la tête, tentant de distinguer le visage de la personne dans le noir. Le coeur battant, j'attends qu'elle soit suffisamment proche pour que son visage soit éclairé.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ? Demande Greg, alors que je me traite d'idiote pour avoir pu espérer autre chose quand cinq minutes plus tôt j'avais convenu que c'était impossible. Tu attends un cavalier assez courageux pour vouloir t'accompagner au bal ?

Sans prendre la peine de répondre, j'attrape ma chaussure restante et la lui balance à la tête pendant qu'il s'enfuyait en courant, ayant deviné mon intention.

- T'inquiète, je t'envoie Kern, me crie-t-il une fois hors de portée des jets de chaussure.
- Crétin, je grogne dans le vide.

Une fois qu'il disparaît à l'intérieur de la salle de bal, je pivote avec précaution sur le côté pour mettre ma cheville douloureuse dans l'eau fraiche. Stupides chaussures. Stupide bal. Stupide Méryl.

- Stupide moi, je marmonne.


Near to you - A Fine Frenzy

Ce n'est que lorsque j'entends de nouveaux bruits dans le couloir que je songe « stupide Greg ». Est-ce qu'il a sérieusement demandé à Kern de venir ? Je regrette presque de ne pas avoir une troisième jambe et une troisième chaussure à lui balancer lorsque la personne qui s'avance face à moi pile sur place, m'ayant reconnue. J'ai l'impression que mon cerveau bloque instantanément et que la fraicheur de l'eau est remontée par ma jambe pour se transmettre à tout mon corps.
Un ange passe avant qu'Etan se décide à parler, me réveillant du même coup :

- Tu n'es pas au bal, constate-t-il platement.
- Toi non plus, je fais remarquer, la voix étranglée.

Tu pensais qu'il était mort, et c'est tout ce que tu trouves à répondre. Bravo, ma grande.

- Tu y as été ? s'exclame-t-il en lorgnant ma robe, incrédule.
- Non, c'est ma tenue pour jardiner.
- Tu n'aimes pas les bals ! semble-t-il avoir besoin de me rappeler.
- Toi non plus ? Je demande, le ton montant dangereusement.

Sentant poindre l'explication houleuse, Etan se reprend et vient s'asseoir près de moi sans me regarder.

- En fait, si. Beaucoup, il répond tranquillement.
- Alors quoi, tu vas me dire que tu ne sais pas danser, que c'est ce qui t'empêchait de te montrer ? Je demande, faussement sarcastique.
- Je danse comme un dieu, confie-t-il du ton de la personne qui essaie de ne pas ébruiter un secret par modestie, en se penchant légèrement vers moi.
- Ça ne me fait pas rire ! j'explose, furieuse qu'il fasse semblant de ne pas comprendre mes sous entendus. Mais merde, où est-ce que tu étais passé?

Je me moque pas mal que ma voix résonne dans tout le grand hall. Je me moque que qui que ce soit puisse nous voir ou nous entendre. Et je n'en ai rien à foutre qu'il fasse son possible pour éviter mon regard. Ce n'est pas un jeu. J'ai passé les derniers jours à guetter sa présence, le croyant presque mort – par ma faute ! À me répéter chaque mauvais pas que j'avais fait, chaque parole qu'on avait échangées, les disputes, comme ce qui nous avait rapprochés. Alors qu'il m'évitait, tout simplement. Il se cachait. Peut-être que ça l'amusait de se dire que je penserais être responsable. Peut-être qu'il ne trouvait que rien ne serait plus marrant que de me faire perdre la tête à force de m'interroger. Peut-être qu'il trouvait ça hilarant que je passe mon temps à me torturer en réfléchissant à ce que j'aurais dû lui répondre quand il disait m'aimer ; en imaginant ce que ça aurait été si j'avais finalement admis que... que moi...
Mais lorsqu'il tourne son visage vers moi, mes reproches meurent dans ma gorge. Je ne sais pas si c'est la semi obscurité, si c'est mon esprit embrouillé ou la fatigue accumulée de ces derniers jours, mais son air inhabituellement grave me fait un peu peur. Il essaie de rester distant, je le vois bien, et il semble réfléchir aux mots qui auraient le moins de chance de me rendre folle de rage. L'air froid qu'il arborait la dernière fois que nous nous sommes parlé me revient également en tête. Alors qu'avant... Sa façon de se placer devant moi lorsque nous nous sommes fait attraper par les Esthariens la deuxième fois. Ses regards inquiets quand nous étions sur leur vaisseau. Sa déclaration dans la forêt des chocobos. Sa disparition tout ce temps, après ces semaines passées tous les deux, ne plus sentir sa présence à mes côtés, ne plus savoir qu'il est juste derrière moi à regarder par dessus ma tête lorsque nous marchons, sa façon de me regarder, sa façon de gentiment se moquer... et moi, toujours à le mépriser, toujours à le rejeter, à ne pas savoir quoi penser. Tout ça défile soudain sous mes yeux, et je réalise que je suis terrifiée à l'idée que tout ça n'existe plus. Alors je fais quelque chose qui nous prend tous les deux au dépourvu : je fonds en larmes.

- Que... mais... panique-t-il instantanément. Je suis désolé, je... Non, crie moi après, mais pas ça... Eva, s'il te plait... Je sais même pas exactement ce que tu me reproches... Je suis désolé...

Il a bondi sur ses pieds et s'agite devant moi, incertain de la chose à faire, pendant que je pleure toutes les larmes de mon corps sans pouvoir m'arrêter, le visage dans mes mains.

- Arrête, je m'énerve au milieu de mes larmes. Tais toi... C'est de ma faute...
- De... de quoi ? demande-t-il, complètement perdu.
- Arrête de parler. S'il te plait, je sanglote toujours. Ne t'excuse pas.

Espérant sans doute que ça me calmerait, il se tait instantanément et se rassied à côté de moi, mais sans me quitter du regard – ce qui ne m'aide pas, mais alors pas du tout. Submergée par tout ce que je retenais depuis la fin des combats, la fatigue et l'énervement, c'est comme si les vannes étaient bloquées en position ouverte, et qu'il y avait un océan à évacuer.
Le grand hall est plongé dans un silence quasi religieux, que seul mes pleurs troublent. Je n'ai pas le souvenir de m'être sentie aussi pitoyable un jour – et pourtant, il y a eu un paquet d'occasions. Si j'avais encore un minimum d'amour propre, je me réfugierais dans le peu de dignité qu'il me reste et je m'en irais aussi vite que possible. Mais je n'ai même pas la force de bouger. Etan, nerveux, s'agite à côté de moi.

- Bon, euh, bafouille Etan. Je... peux parler maintenant ?
- Non, je renifle.
- Euh, ok... j'attends. Je me tais. Je dis plus rien.
- Etan !
- Désolé.

Mes larmes finissent par se tarir au bout d'une éternité, et mes hoquets se calment peu à peu. Etan n'a pas bougé, s'efforçant de simplement avoir l'air de s'intéresser au carrelage du hall.

- C'est comme si... Les mots étaient dans ma tête, je murmure.

Du coin de l'oeil, je le vois se tourner vers moi en se mettant à califourchon sur le muret. Essuyant sur mes joues et inspirant profondément, je prends mon courage à deux mains pour relever la tête vers lui. Puisqu'il faut parler...

- ... Comme si... quand j'essayais de parler... Quand j'ouvrais la bouche, les mots restaient bloqués et que c'était exactement le contraire de ce que je voulais dire qui sort. Alors je m'énerve, et au lieu de me corriger, j'empire la situation.

J'ai parfaitement conscience d'être on ne peut moins claire, mais ça me rassure un peu qu'il n'essaie pas de m'interrompre. C'est déjà bien assez compliqué. Il se contente de me regarder calmement, attendant que je sois prête à continuer. Sauf que je ne sais plus très bien comment poursuivre.

- J'ai toujours été comme ça. Je sais pas pourquoi. C'est stupide je sais... Je dois être la seule personne à être aussi... Je suis incapable de dire aux gens ce que je ressens vraiment. C'est pas comme si c'était particulièrement compliqué, pourtant, mais... Ça bloque, je sais pas.

Là, par contre, j'aimerais bien qu'il prenne le relai. Même pour se moquer. Même pour parler de n'importe quoi d'autre. Surtout pour parler de n'importe quoi d'autre.

- Je veux dire, je continue, mon embarras croissant de façon exponentielle devant son silence. C'est comme si ça m'exposait trop de dire ce que j'ai en tête... Que d'autres puissent savoir à quoi je pense. Et ça me donne envie de m'enfuir en courant, je dis en essayant de rire. Généralement, mes amis arrivent à me comprendre, heureusement. Et, avec eux, j'ai pas besoin de...
- Ok, fait Etan d'un air songeur en sautant du muret pour se mettre debout face à moi.
- Ok... Ok quoi ? je demande, décontenancée.
- Voilà ce qu'on va faire. Si tu n'arrives pas à parler, alors... c'est moi qui vais le faire. Je poserai des questions, et tu répondras par « oui » ou par « non ». Pas de « mais », pas de « peut-être » ou de « je sais pas ». « Oui » ou « non ». Ça te va ?

Je ne peux pas m'empêcher de sourire. Je fais basculer ma jambe par dessus le muret pour lui faire face.

- Oui.
- Alors, commençons par quelque chose de facile, fait-il d'un ton guilleret. Est-ce que c'est Bess Cadaway qui a choisi ta robe ?
- Oui, je ris, surprise par le changement de registre.
- Cette fille est une sainte, je l'ai toujours pensé. C'est ... Wow. Au nom de la population masculine de la BGU, je la remercie de tout coeur. Tu devrais l'écouter plus souvent.

Je pique le fard du siècle. Heureusement, le manque de lumière masque la rougeur de mon visage. Les robes, les coiffures... ça n'a jamais été mon truc. Qui a jamais vu Eva Leonhart attifée ainsi ? J'avais l'impression de me déguiser. Que ce n'était pas moi, même si j'avais trouvé magnifiques les robes en elles-mêmes. Mais c'était davantage un jeu où je me suis laissée entrainer par Bess. Et pourtant, maintenant, je dois dire que je suis heureuse d'avoir écouté ma meilleure amie. Je n'avais pas réalisé que si j'avais envie d'être vue ainsi par une personne, c'était lui. Même si sous son regard je prends d'autant plus conscience de mes épaules dénudées, de mon cou exposé par mes cheveux relevés.

- Par contre, si tu me permets...

Avec appréhension, je le vois approcher jusqu'à se retrouver presque contre moi. Je retiens mon souffle lorsqu'il tend le bras vers mon visage, mais sa main va au delà et détache la pince qui retient mes cheveux que Bess avait mis une demi heure a faire tenir. Elle va me tuer. Mes mèches sombres retombent doucement sur mes épaules en larges boucles.

- Comme ça, ça te ressemble plus.

Je ne proteste pas, parce que c'est également mon impression, et parce qu'au moins, ainsi, je me sens un peu moins exposée, cachée derrière mes cheveux.

- Question suivante. Voyons... Est-ce qu'il y avait beaucoup de monde au bal ?
- Euh... Oui. Je cr...
- Hep !

Zut.

- J'avais parié - avec moi-même - que si tu y allais, tu ne tiendrais pas plus de cinq minutes. J'ai gagné ?
- Oui, je marmonne.

Heureusement, son petit jeu n'implique pas d'explications sur ma crise d'hystérie de tout à l'heure.

- Mais je n'imaginais quand même pas que tu te plierais à la tradition à ce point. Enfin... C'est ta façon de te démarquer et de protester contre la frivolité de ce genre de fêtes tout en t'autorisant à y aller ? Demande-t-il en regardant plus bas.
- Ma... quoi ? Je demande, perdue.
- Tu es venue pieds nus ? Daigne-t-il expliciter.

Pieds nus ? Mais qu'est-ce qu'il... Je baisse les yeux vers mes pieds. Ah c'est vrai.

- Non !
- Mmh... Tu t'es débarrassée de tes chaussures, alors ? devine-t-il.
- Oui, je grommelle.

Il rit de mon air déconfit et cherche rapidement du regard avant de localiser la chaussure dans le bassin un peu plus loin. Stupéfaite, je le vois y sauter pour la ramasser, m'éclaboussant copieusement au passage.

- Mais qu'est-ce que...
- C'est moi, les questions, m'interrompt-il en repassant par dessus le muret pour me rejoindre. Toi c'est « oui » ou « non ». Finalement, c'est dur de ne pas pouvoir parler, hein ?

Trempé jusqu'aux genoux, il avance d'une démarche absurde en faisant des gros « ploc », tout en me présentant ma chaussure comme un trophée. Je sens le fou rire me gagner, jusqu'à ce que je me rende compte de ce qu'il compte faire. Figée, je le regarde s'approcher et se pencher lentement comme pour attraper mon pied. Mais il s'arrête brusquement, se redresse et pose ma chaussure sur le muret juste à côté de moi, sans la lâcher, m'entourant presque de son bras du même coup. Et il ne sourit plus du tout.

- Est-ce que je t'ai manqué ? Demande-t-il à brûle-pourpoint en plantant son regard dans le mien.

Mortifiée, je le regarde sans pouvoir sortir un mot.

- Oui ou non, Eva. Je ne te demande rien d'autre, mais il faut que tu le dises.
- Mais...
- Oui. Ou non.

Oui ou non, Eva. Ce n'est pas compliqué. Il te suffit d'un mot. Ne gache pas tout cette fois. Tu sais qu'après ça, il n'y aura plus de retour en arrière. Oui ou non. Après tout ce qui s'est passé ces derniers temps... tu le sais bien, ce que tu veux dire...

- Eva... Est-ce que je t'ai manqué ? répète-t-il d'un ton presque suppliant, craignant clairement ma réponse.
- Oui, je réponds, la voix étranglée.

Etan se redresse lentement, semblant relâcher son souffle. Les yeux brillants, il me dévisage. Son visage dégage quelque chose que je n'avais jamais vu avant, comme s'il était lumineux soudain, plus vivant. Je ne peux pas m'empêcher de le fixer également, fascinée. Il met une minute à poursuivre, semblant prendre le temps de se contenir.

- Tu as envie de t'enfuir en courant, là ? Demande-t-il dans un souffle.

Mon hochement de tête frénétique le fait sourire.

- Parce que ce n'est pas vrai ce que tu as dit ?
- Si !
- Parce que tu regrettes de l'avoir dit?
- Non, je réponds, pas très convaincue pour le moment de ma réponse.
- Parce que c'est important pour toi et que tu as l'impression que je vais m'en servir contre toi ?

Haussement d'épaules.

- On a dit « oui » ou « non », insiste-t-il.

Ça commence à me gaver. C'est stupide, ce n'est pas aussi simple, parce que ce n'est exactement aucun des choix qu'il me laisse. La prochaine fois, je ne dirai plus que je ne veux pas parler, ça m'apprendra. À la réflexion, c'était probablement son but, me montrer que se donner la peine de parler, de donner des explications est finalement plus facile que de se contenter du minimum qui n'autorise aucune nuance et peut prêter à confusion.

- Oui, je réponds, à défaut.

Son regard s'assombrit, et je regrette soudain ma réponse. Pourtant, dire le contraire aurait été un mensonge. Toujours à se chercher l'un l'autre. À se chamailler pour un oui ou pour un non. Alors bien sûr que quelque part je craignais sa réaction si je me laissais aller à exprimer une pensée aussi personnelle. C'est comme lui offrir une arme pour me blesser. Lui donner la clé de mes pensée pour qu'il puisse s'y introduire et faire ce qu'il en veut.

- Est-ce que tu te souviens de ce que je t'ai dit dans la forêt ? demande-t-il.

Le rythme de mon coeur s'accélère à nouveau. Évidemment que je m'en rappelle. À quoi donc ai-je pensé quand je m'isolais, si ce n'est à ça ? À ce qui se serait passé si à ce moment-là j'avais pu répondre ce que je souhaiterais être capable de dire maintenant ?
Mais une petite part de moi, au milieu de la confusion du moment, veut absolument avoir une certitude. Je veux l'entendre à nouveau.

- Non, je mens.

Etan me regarde intensément, et pendant un moment je me demande comment j'ai pu ne pas songer qu'il pourrait se vexer que j'aie « oublié » une chose pareille. Oublier une déclaration, franchement, il faudrait le faire ! Est-ce que ce ne serait pas une merveilleuse preuve de mépris ? Je me mettrais des gifles. Il était tellement agité à ce moment-là, furieux et blessé, les circonstances n'aidant pas. Maintenant, il semble beaucoup plus serein. Déterminé. Je me trompais. Il a exactement compris mon mensonge. Peut-être se dit-il que je ne l'ai pas cru sur le moment. Peut-être perçoit-il mon doute.

- Alors je vais te le répéter, murmure-t-il encore en se rapprochant légèrement.

Le regarder dans les yeux devient difficile, je me sens bruler à force d'affronter son regard, mais c'est comme si détourner les miens serait encore plus douloureux. Je déglutis pendant qu'il poursuit, d'une voix grave :

- Je t'ai dit dans la forêt que les seuls moments où je me sens pleinement vivant, les seuls moments où mon existence a une valeur étaient ceux où tes yeux sont posés sur moi... Même si c'était pour me fusiller du regard, même si c'était pour m'insulter et me souhaiter les pires morts. Au moins, tu me voyais et c'était tout ce que je voulais, aussi... stupide que ça puisse avoir l'air.

Il s'arrête un moment pour m'observer et soupire :

- Il y a eu l'attaque de la BGU, on a dû passer du temps ensemble, et... petit à petit tu m'as regardé pour autre chose. Tes yeux me souriaient vraiment. Tu m'acceptais. J'en suis persuadé, même si je sais que tu préfèrerais te faire pendre par les pieds que de le dire.

Il sourit et marque une pause, s'attendant sûrement à des dénégations farouches, mais je suis bien incapable de sortir quoi que ce soit, alors il poursuit.

- Et ça a été encore plus beau pour moi, tu ne peux même pas t'imaginer. Je crois que je suis retombé amoureux de toi. Je sais, ça a l'air affreusement cul-cul, se moque-t-il de lui-même, puisque je semble momentanément trop hébétée pour m'en charger. Ça n'empêche pas que c'est vrai. C'est pour ça que ces derniers jours sans toi à côté... Je sais pas comment j'ai fait pour tenir. J'avais l'impression d'être revenu en arrière, ou que j'avais imaginé tout ce qui s'était passé. C'était comme mon pire cauchemar. Après tous ces jours où il n'y avait que toi et moi, c'était comme s'il me manquait une partie de moi-même, et que je n'arrivais plus à garder l'équilibre. Littéralement.

Les larmes me reviennent aux yeux à cette image, parce que c'était ce que j'avais ressenti aussi.

- Mais te revoir comme ça... j'aurais dû me rendre compte que c'était idiot d'attendre que ça passe, soupire-t-il. Alors, tu penses pas que j'ai envie de m'enfuir en courant, là ? Sourit-il, gêné.

Je m'autorise également un sourire, même si je ne comprends pas comment ses paroles peuvent à la fois m'apaiser et faire s'emballer mon cœur. Si un « oui » m'angoissait tant, je n'imagine même pas ce que j'aurais ressenti si j'avais dû me dévoiler de cette façon. Et il le pense toujours. Tu n'as pas tout gâché, répète une petite voix aiguë dans ma tête. Il est toujours là près de toi.

- Sauf que si tous les deux on s'enfuyait en courant... commence-t-il en s'approchant à nouveau pour mettre une main de chaque côté de mes genoux. Je ne pourrais pas te poser ma question.
- Encore ? Je râle.

Etan lève un sourcil.

- Oui, je soupire pour respecter ma part du marché.
- Juste une dernière, fais pas cette tête. Après ça, je ne te parlerai plus, promis.

Une vague de panique m'envahit. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Il va repartir ? Est-ce qu'il croit que je veux qu'il parte ?

- Ce n'est pas ce que...
- Hé ! Me coupe-t-il.

Si je ne peux pas parler, rien dans la règle ne m'interdit de lui envoyer un regard noir suffisamment explicite pour se passer de mot. Il rit.

- C'est difficile, sans parler, hein ? Ricane-t-il.
- Oui, je grommelle.
- Alors, je peux la poser, ma dernière question ?
- Oui, je réponds, impatiente et inquiète à la fois.
- Est-ce que tu veux que je t'embrasse ? Demande-t-il en s'approchant davantage.

Encore une fois, une fois le choc passé, ma réponse la plus appropriée ne me semble pas passer par les mots. Submergée par le soulagement et la joie, je bondis à son cou pour passer mes bras derrière sa nuque et le rapprocher de moi afin d'illustrer ma réponse de la façon la plus claire possible. Je le sens sourire contre mes lèvres, amusé et surpris par mon empressement, tandis que ses bras se referment doucement autour de ma taille.

- Je crois que ce système de communication est le meilleur qu'on ait jamais trouvé, souffle-t-il, avant de me serrer à nouveau contre lui pour m'empêcher de le frapper à l'épaule, partagée entre bonheur et agacement quant à sa réflexion.


*


The end !

Cette fois, c'est la bonne !
Alors, que dire de ce chapitre ?
Le début, à la troisième personne et du point de vue de Squall, je l'ai rajouté à la fin en fait. Ce chapitre devait au départ, juste reprendre un passage du chapitre 21 et le poursuivre d'une autre façon. Puis je me suis dit que ce ne serait pas mal de donner un autre point de vue, juste pour changer un peu. C'est ensuite que j'ai réussi à imaginer cette histoire de « boucle brisée ». Squall étant le héros de FF8, celui qui a vaincu Ultimécia, celui qui survivait à la mort de Linoa et la transformation d'Eva dans ma fic, je me suis dit que c'était forcément à lui que revenait le droit d'être celui qui brise la boucle, qui empêche le cycle de se reproduire. Il en a suffisamment bavé dans le chapitre 21, et dans ma tête, la douleur qu'il a ressentie à chaque fois que le cycle recommençait restait imprimée dans sa tête quelque part, et a fini par surgir pour le prévenir. Donc, oui, le grand héros reste Squall, même s'il n'est pas le personnage principal de ma fic ! Je suis contente d'avoir trouvé ça, parce que ça me semblait ce qu'il y avait de plus proche de la façon dont je voulais faire finir ma fic.
J'ai eu du mal à trouver un équilibre entre le ton léger que je voulais donner à ce chapitre, histoire de décompresser, et le côté dramatique que j'espérais réussir à mettre en place, pour montrer le désarroi d'Eva qui réalise ce qu'elle ressent. J'ai du mal avec les déclarations, parce que pour moi, Eva comme Etan s'expriment de façon très réservée, pudique – Etan un peu moins, car il faut bien qu'il y en ait un de plus dégourdi qui se dévoue pour faire avancer les choses.
J'ai intégré Zack à la toute fin, également. À ma grande honte, je l'avais tout simplement zappé, le pauvre. Pas qu'il ait une importance quelconque non plus maintenant, mais au moins on en sait un minimum.
Et non, Eva ne deviendra pas Seed. Je sais que normalement, le voyage aurait dû la persuader que son travail était essentiel à la protection de la paix, etc, mais pour moi, ça lui a juste fait comprendre qu'elle cherchait autre chose.
Autre détail : les chapitres sont corrigés/rallongés jusqu'au chapitre 9 pour le moment, les 3 suivants arriveront bientôt.
Voilà, cette fois, c'en est fini, mais je suis déjà au boulot pour d'autres fics :p
alors à bientôt j'espère ! J'attends vos impressions !
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Messagepar Linoa32 » 07 nov. 2009 20:56

Ca faisait longtemps que je n'espérais plus, et là je me connectes après des mois et des mois d'absences, et que vois-je : La fin <3!
Du coup, relecture complète de toute la fanfic en une journée, et je me suis littéralement ré-ga-lée =)!
Naturellement, je préfères la secondes fin =)! Mais d'habitude je suis pas trop happy-end, au contraire, et pourtant là, je préfère la seconde. Depuis le début, on n'attend que ça, et la manière avec laquelle ça arrive donne quand même quelques surprise, en tout cas, j'adore =)!
Ça fait bizarre de se dire que c'est fini, j'imagine pour toi x).

En tout cas, j'espère pouvoir te lire bientôt pour de nouvelles aventures =)
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Messagepar Rae » 08 nov. 2009 10:56

Je sais, les délais entre les chapitres étaient absolument abominables, mais j'ai réussir à finir ! ^^
Bon, globalement, tout le monde a préféré la seconde fin, je vois. L'autre est plus dérangeante, mais ça reste ma préférée à moi (sadique). Mais c'est vrai qu'elle détonne un peu du reste de la fic. Du coup, je suis contente d'avoir réussi ma fin alternative de la manière que je voulais, même si je n'étais pas à l'aise avec ce happy end.
Oui, arriver à la fin de cette fic qui a été la plus importante pour moi, ça a été quelque chose ! Mais bon, elle ne sera jamais totalement finie pour moi je pense, je continue de la corriger, de l'étoffer ( je ne sais pas si j'ai posté la correction ici, mais elle est disponible sur d'autres sites). J'ai quelques idées de "chapitres bonus" et une histoire alternative pour cette histoire, mais sinon, pour le moment je me suis mise à des fics sur d'autres sujets, donc je ne les poste pas ici.
En tout cas, merci pour ton soutien !
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Messagepar Swanny » 07 mai 2010 2:16

Aaaah, ça fait des mois que je ne suis pas venu sur ce fofo et voila je re pour voir ma petite fic préférée espérant la fin et j'ai le droit à deux fins :p

Que dire, la première est surprenante et si triste mais c'est une magnifique apothéose. La seconde est plus commune, mais tout aussi appréciable. J'ai quand même une préférence pour la première je dois l'avouer même si depuis le début on attend une happy end avec Etan ;)

Je relirais surement ton histoire entièrement sous peu je pense, il y a des détails que j'ai oublié depuis le temps ! ^^

Encore merci pour cette superbe histoire. En espérant une autre bientôt !

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Messagepar Kalniete » 09 mai 2010 19:49

Bref, on m'a déconnecté pendant je rédigeais ma longue réponse, super :evil: Je résume : je disais que c'était la meilleure fic que j'ai jamais lu, et que le style me faisait un peu penser à Harry Potter : simple et efficace autant pour décrire les sentiments que l'action. D'autres éléments qui m'y faisaient penser : les relations dans le trio des meilleurs amis, et la fin alternative qui me fait au début penser à la fin de HP 5 : tout le monde se réjouit à la fin du combat et reprend une vie normale, sauf Eva/Harry qui ont perdu un être cher et qui s'en remettent pas et se sentent séparés de tout le monde. Etait-ce une source d'inspiration pour toi?
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Messagepar Rae » 12 mai 2010 21:33

@ Swanny : Alors là, tu peux pas savoir à quel point je suis HEUREUSE que tu aies préféré la 1ere fin ! Pour moi c'est ce qui donne toute son importance à la fic, et des fois, je regrette qu'il ait fallu autant de temps pour dévoiler cet élément, parce que la longueur de la fic aura pu décourager certains lecteurs, et qu'ils vont louper le truc le plus important... Après, comme je l'ai dit, la "2e fin" n'exclut pas la 1ere, elles peuvent se suivre.
Si tu veux relire l'histoire, je te donnerai un lien où la lire en version corrigée (en grande partie) avec parfois des passages en plus. Je ne sais pas si j'ai corrigé mes 1ers chapitres ici, ni jusqu'où, donc si ça t'intéresse, il y a d'autres sites où ma fic est en ligne

@ Kalniete : La meilleure ? Ravie d'entendre ça !! Cela dit, je ne sais pas ce que tu as lu jusqu'ici, ni où, ni si tu parles des fics sur FF ou celles en générales, mais il y en a beaucoup de très bonnes. Cela dit, je suis très flattée, merci !

Pour la référence à HP : non ce n'était absolument pas une source d'inspiration ; je l'ai lu, j'ai apprécié certaines choses et d'autres pas. En tout cas, c'est à peu près le dernier bouquin qui aurait pu m'inspirer pour cette fic.

Il ne me semble pas du tout que le style d'écriture soit le même, j'ai peut-être du mal à voir parce que les univers sont très éloignés et que donc ça implique des actions différentes, des personnages avec des réactions différentes ;

ensuite, les relations du trio ne sont pas les mêmes : déjà, les 3 sont séparés la plupart du temps, dans ma fic ; Casey est amoureux de Eva mais ce n'est pas réciproque, même si elle est peut-être un peu plus proche de lui que de Bess (dans HP, Hermione et Ron finissent ensemble, Harry considère la 1ere comme sa soeur, et le second comme son frère avec qui il partage plus de choses, même s'il se fie davantage à Hermione qui le comprend mieux...).
Après, j'ai effectivement repris un trio, mais il n'en existe pas que dans HP ; si j'avais fait un duo, on me parlerait d'un autre bouquin... C'est peut-être le système des dortoirs qui t'a fait penser à ça ; ma foi, là non plus, pas besoin d'aller dans HP : il y A des dortoirs dans FF, je n'ai rien modifié, juste davantage exploité que dans le jeu.

Pour le début de la fin alternative, Harry et Eva sont malheureux, certes, donc ça les rapproche dans leur besoin de se couper du monde (normal, il me semble, pas besoin d'être Harry pour ça, c'est le lot de tout ceux qui ont souffert). Mais du fait qu'ils ne se trouvent pas dans le même contexte (Eva n'est pas seule, elle) ils agissent différemment. Il n'y a pas non plus que Harry Potter qui perde un être cher dans toute la littérature...

En tout cas, merci beaucoup pour ta réflexion !
(ps : je suis également en train d'écrire une fic sur l'univers HP ;) entre autres )
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Messagepar Kalniete » 13 mai 2010 0:43

Ouiii, ben je suis consciente que certains des thèmes d'Harry Potter sont justement très universels, et donc on peut les retrouver dans pas mal d'autres bouquins. Mais je pense qui si j'ai fait le rapprochement avec Harry Potter, c'est vraiment au niveau du style, peut-être parce que d'habitude, j'ai tendance à lire des livres au style différent de HP, alambiqué, bizarre, presque trop artistique pour être lisible, héhé, ou alors un style qui cherche sans cesse à transcender son sujet, et mes lectures vont de Shakespeare à des auteurs classiques du XXème siècle ... Mais il n'empêche que j'ai beaucoup aimé Harry Potter, et je ne le place pas en-dessous des autres grands classiques du XXème siècle (et du XXIème du coup :wink: ), loin de là. Mais dans Harry Potter, les sentiments sont toujours exposés en toute honnêteté, qu'ils soient simples ou complexes et obscurs, on sait ce que pense le personnage en question (qui est la plupart de temps Harry). Il y a aussi le fait que HP est le livre quasiment le plus célèbre de tous les temps qui mette en scène des adolescents. Et l'action est décrite objectivement, aussi objectivement que les sentiments, en fait. Tu pourrais dire que les sentiments ne peuvent être décrits objectivement, mais je pense qu'"objectivement", cela veut dire qu'on sait VRAIMENT ce que pense le personnage principal à tel ou tel moment, on le sait tout de suite, et on a cette information pour comprendre la scène qui est en train de se passer. Bref, ces petits et grands détails me font étrangement tous penser à HP, mais tu as raison quand tu dis qu'en cherchant bien, on pourrait les retrouver dans pas mal d'autres livres.

Tu sais, si HP est la dernière de tes inspirations, je serais curieuse de savoir de quels bouquins ou auteurs tu t'inspires. J'écris moi-même de temps en temps, mais je crois que je cherche encore mon style, et je trouve assez difficile de pas "pomper" justement un style d'écriture que tu as beaucoup aimé et essayer de trouver un style personnel .. Tu ne trouves pas?

Et dernière chose : la machine qui doit pervertir la GF et son utilisateur me fait penser (excuse-moi, encore une référénce qui a surement rien à voir :) ) à la série "A la croisée des mondes", où il est question d'une machine qui pourrait séparer les gens de leurs daemons, qui sont en quelque sorte leur âme, leur souffle vital. Est-ce que tu t'es inspirée de cela? Où est-ce que cela sort de ma tête qui fait trop de rapprochements qui ont rien à voir? :D

Et pour la fic sur HP, je serais très curieuse de lire ça!
Et je t'avoue que je n'ai pas lu beaucoup de fics, mais celles que j'ai lu, que ce soit au niveau de la création des personnages, au niveau de la description de leurs sentiments, au niveau de la cohérence avec l'univers déjà existant, au niveau du suspense, du rythme du récit, au niveau des thèmes universels subtilement imbriqués dans le récit principal, étaient loin loiiin en dessous de ta fan fic. :wink:
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Messagepar Rae » 13 mai 2010 11:19

Ouiii, ben je suis consciente que certains des thèmes d'Harry Potter sont justement très universels, et donc on peut les retrouver dans pas mal d'autres bouquins. Mais je pense qui si j'ai fait le rapprochement avec Harry Potter, c'est vraiment au niveau du style, peut-être parce que d'habitude, j'ai tendance à lire des livres au style différent de HP, alambiqué, bizarre, presque trop artistique pour être lisible, héhé, ou alors un style qui cherche sans cesse à transcender son sujet, et mes lectures vont de Shakespeare à des auteurs classiques du XXème siècle ... Mais il n'empêche que j'ai beaucoup aimé Harry Potter, et je ne le place pas en-dessous des autres grands classiques du XXème siècle (et du XXIème du coup :wink: ), loin de là. Mais dans Harry Potter, les sentiments sont toujours exposés en toute honnêteté, qu'ils soient simples ou complexes et obscurs, on sait ce que pense le personnage en question (qui est la plupart de temps Harry). Il y a aussi le fait que HP est le livre quasiment le plus célèbre de tous les temps qui mette en scène des adolescents. Et l'action est décrite objectivement, aussi objectivement que les sentiments, en fait. Tu pourrais dire que les sentiments ne peuvent être décrits objectivement, mais je pense qu'"objectivement", cela veut dire qu'on sait VRAIMENT ce que pense le personnage principal à tel ou tel moment, on le sait tout de suite, et on a cette information pour comprendre la scène qui est en train de se passer. Bref, ces petits et grands détails me font étrangement tous penser à HP, mais tu as raison quand tu dis qu'en cherchant bien, on pourrait les retrouver dans pas mal d'autres livres.
Je pense que je vois ce que tu veux dire. En tout cas, toute ressemblance est complètement fortuite. J'ai écrit de cette façon parce que ça correspondait au caractère de mon personnage. Après, le fait d'écrire à la première personne joue, aussi. Mais voilà, pas besoin d'être dans HP pour ça.
Tu sais, si HP est la dernière de tes inspirations, je serais curieuse de savoir de quels bouquins ou auteurs tu t'inspires. J'écris moi-même de temps en temps, mais je crois que je cherche encore mon style, et je trouve assez difficile de pas "pomper" justement un style d'écriture que tu as beaucoup aimé et essayer de trouver un style personnel .. Tu ne trouves pas?
Mmh... Très exactement, j'ai dit : « En tout cas, c'est à peu près le dernier bouquin qui aurait pu m'inspirer pour cette fic. » Je ne m'inspire d'aucun bouquin ou auteur ; des fois dans un texte, je repère une tournure de phrase, une epxression que j'aime bien ou que j'ai trouvé drôle, et ça me permet d'améliorer mon vocabulaire, mais c'est tout. C'est le jeu qui m'a inspiré. Les paysages, les personnages, la magie, qui ont fait que je me suis dit « tiens, je pourrais développer tel aspect ». Des musiques aussi, pour le rythme des batailles. A la grande rigueur, pour le ton de la fic, s'il faut chercher un bouquin auquel j'ai beaucoup pensé en écrivant, ce serait L'idéaliste, de John Grisham. Mais si tu connais, tu verras que ça n'a absolument rien à voir. (Si tu connais pas, je te le conseille). Bref donc, non, je n'ai pas de problème à ce niveau-là, et trouver son style, ça petit à petit. Je me suis énormément améliorée grâce à cette fic, et je continue avec les nouvelles ; je ne m'enferme pas dans UN style, j'essaie de m'adapter au personnage et à l'univers dans lequel j'écris.
Je dirai quand même que, plus récemment, j'ai lu la série L'Assassin Royal, et que oui, là ça a certainement modifié un peu ma façon de voir les personnages et d'écrire. A la limite, on peut sûrement parler d'inspiration ici, mais c'est trop récent pour apparaître dans cette fic, et ce n'est pas franchement visible dans les autres, je pense.

Et dernière chose : la machine qui doit pervertir la GF et son utilisateur me fait penser (excuse-moi, encore une référénce qui a surement rien à voir :) ) à la série "A la croisée des mondes", où il est question d'une machine qui pourrait séparer les gens de leurs daemons, qui sont en quelque sorte leur âme, leur souffle vital. Est-ce que tu t'es inspirée de cela? Où est-ce que cela sort de ma tête qui fait trop de rapprochements qui ont rien à voir? :D
Absolument rien à voir ! J'ai lu A la croisée des mondes bien après avoir eu l'idée de cette fameuse machine. Elle ne m'est venue de nulle part d'autre que ma tête, c'est parce que c'était ce qu'il me fallait pour l'histoire, c'est tout ! Je ne prends pas des idées dans un bouquin pour me dire, hop je vais adapter ça. xD
Et pour la fic sur HP, je serais très curieuse de lire ça!
Et je t'avoue que je n'ai pas lu beaucoup de fics, mais celles que j'ai lu, que ce soit au niveau de la création des personnages, au niveau de la description de leurs sentiments, au niveau de la cohérence avec l'univers déjà existant, au niveau du suspense, du rythme du récit, au niveau des thèmes universels subtilement imbriqués dans le récit principal, étaient loin loiiin en dessous de ta fan fic. :wink:
Je t'envoie les liens par MP ;) Il y en a 2, où je publie sous des pseudos différents, et où tu pourras trouver de bonnes très fics (il faut bien chercher, mais il y a certains auteurs qui en apprendraient au auteurs originels des histoires!). En tout cas, merci, beaucoup !
Mon Fic sur FF8 : http://forum.finaland.com/viewtopic.php?t=901
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