[Rae] FFVIII : Le feu et la glace

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Rae
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[Rae] FFVIII : Le feu et la glace

Messagepar Rae » 06 avr. 2004 10:00

LE FEU ET LA GLACE

Musique

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CHAPITRE I


Ma tête…
Un élancement me réveille comme en sursaut et j'ouvre lentement les yeux. Je suis seule, debout dans le noir. Je ne vois rien. Je n'entends qu'un bourdonnement, un bourdonnement sourd, qui semble m'entourer de toutes parts, résonnant dans l'immensité du néant qui m'entoure, sans que je puisse en trouver l'origine…Où suis-je? Je n'arrive pas à faire le moindre mouvement, comme si chacune de mes membres pesait des tonnes… Ou comme si le noir qui m'entoure, m'oppresse, était tellement dense que la pression m'empêchait de bouger. Au pris d'un immense effort sur moi-même, je parviens à faire quelques pas, avant de m'arrêter, épuisée, essoufflée. Mais c'est comme si rien n'avait changé. Je ne vois toujours rien autour de moi. Je ne distingue même pas le sol sous mes pieds. Il n'y a rien. Juste cette impression de tomber…
Toujours tomber…
Dans un trou sans fond, si noir, si sombre. Si froid.

Et ma tête… Elle va exploser…
J'ai si mal…

Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à bouger? À arrêter cette chute, à m'accrocher quelque part? Comme si j'étais complètement vide...
Vide de volonté.
De force.

Après tout... Pourquoi ne pas refermer les yeux, et rester là... pourquoi ne pas se laisser entrainer par cette torpeur qui me porte lentement, pourquoi résister?

Le bourdonnement ne s'apaise qu'au bout de quelques minutes. Ou peut-être quelques heures, je ne sais pas... Le temps… Le temps passe-t-il réellement ?
Un vertige me prend, devant tout le néant auquel je fais face, et j'ai de nouveau peur de tomber. Que se passera-t-il quand je heurterai le sol ? Et qu'y trouverai-je ? Soudain, toute cette obscurité semble légèrement s'éclaircir. Je parviens à retrouver l'équilibre, et les battements de mon coeur affolé se calment.

Le bourdonnement a cessé petit à petit, lentement, mais s'est mué en voix. Des voix qui envahissent ma tête, sans que mon esprit confus parvienne encore à tout à fait en saisir le sens.

- ... s'est passé ?
- Kern, espèce d'idiot, qu'est-ce que t'as encore fait?
- Je… je sais pas… je comprends pas, c'est…
- Regardez, elle a bougé !

Les ténèbres se dissipent peu à peu, et je me rends compte que mes yeux sont à nouveau fermés. Ou avais-je réellement réussi à les ouvrir, plus tôt? Je n'aurais jamais pensé que ce geste, si machinal et automatique pourrait être aussi épuisant. Mais à cet instant, il me demande un effort surhumain. La lumière m'aveugle tout d'abord, l'obscurité cèdant brutalement, et je cligne plusieurs fois des yeux avant de pouvoir m'habituer. Au bout de quelques minutes, la lumière diminue d'intensité, et je distingue de vagues formes noires qui s'agitent devant moi.

- Eva! Est-ce que ça va ? Eva ?

Qu'est-ce que c'est que ces ombres ? Elles ne cessent de bouger, de changer de forme, tels des nuages de fumée noire. Depuis quand est-ce que les fantômes sont noirs ? Mais ce ne sont pas des fantômes. Des ombres… Elles rétrécissent et se muent peu à peu en visages, encore flous, que je ne parviens pas à voir clairement, ni à reconnaître.

- Eva ! Réponds-moi ! Comment est-ce que tu te sens ?

Est-ce que c'est à moi qu'on parle ? Je vois un des visages se rapprocher, et je le fixe un instant, hagarde.

- Eva ?

Puis tout d'un coup, tout s‘éclaire, tout devient net. Je me réveille dans un sursaut, et un gémissement m'échappe, en même temps qu'une grimace de douleur. Je me rends compte que je suis allongée, car je sens le sol pierreux contre mon dos et je peux reconnaître le plafond vitré de la serre de combat. Au-dessus de moi, des visages inquiets…

- Casey… je murmure avec difficulté en reconnaissant le visage le plus proche.

Ses traits se détendent sous le soulagement, et il a un sourire un peu crispé.

- Tu nous as fait une de ces peurs! Comment est-ce que tu te sens?
- J'ai mal… et je suis complètement dans les vapes… Qu'est-ce qui s'est passé?

Je me souviens juste que nous étions en entraînement dans la serre de combat avec ma classe. Je me suis éloignée un instant en reconnaissance en demandant à mon groupe d'attendre mon signal avant de me rejoindre. Puis plus rien.

- Kern t'a confondue avec un T-Rex, fait un spirituel, que je n'aperçois pas.
- Quoi ?
- Je-je suis désolé, bafouille le dénommé Kern en s'avançant, confus, la tête basse. Je savais pas que c'était toi… qu-quand j'ai vu les buissons bouger, j'ai cru qu-qu'un T-Rex arrivait, et j'ai préféré ti-tirer avant qu'il nous tombe dessus, mais... je...
- Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas… je marmonne en me passant la main sur le front.
Je me suis toujours dit qu'il finirait par me tuer, avec sa maladresse, mieux que n'importe lequel des soldats les plus expérimentés. Je soupire et je m’ appuie sur mes coudes pour me lever, sans succès. Quelle chaleur…

- Tu ne devrais pas bouger, me gronde gentiment Casey. Méryl est allée chercher le docteur, ils ne devraient plus tarder. Enfin, je vais quand même voir ce qu'ils fabriquent, ajoute-t-il en regardant nerveusement sa montre. Ils en mettent, un temps… Ne bouge pas, surtout.

Il se lève et sort en courant.
Méryl ? Quel est le demeuré qui a chargé Méryl d'aller chercher du secours? La connaissant, elle est probablement effondrée quelque part entre l'infirmerie et la serre de combat – autrement dit, elle peut être n'importe où, en proie à une de ces crises d'hystérie qui surviennent immanquablement à ces moments où on a besoin d'elle et qui lui ont probablement fait oublier jusqu'à son propre nom. J'ai le temps de mourir de vieillesse avant qu'elle ne parvienne à se ressaisir et n'aille chercher le docteur. Aussitôt Casey éclispé, Kern s'approche et me tombe presque dessus en s'agenouillant à côté de moi.

- Il a raison, vaut mieux que tu restes allongée. Reste calme, me sort Kern, qui lutte visiblement contre sa propre panique. Elle est tombée sur la tête, elle a peut-être des séquelles, dit-il en se tournant vers les autres, histoire de les affoler un peu plus. Après tout, elle a oublié ce qui s'est passé. Est-ce que tu me reconnais, Eva ?

Il se penche sur moi, les sourcils froncés, son regard bleu délavé planté dans le mien ; je ne l'ai jamais vu aussi sérieux, l'air très inquiet et plus idiot que jamais. Je crois volontiers qu'il regrette profondément ce qu'il a fait, mais ce ne serait pas la première fois, et ça ne l'empêchera pas de recommencer ses bêtises.

- Comment veux-tu que j'oublie une andouille pareille ? je grogne en repoussant sa tête du bras. Pousse-toi, tu m'empêches de respirer.

Il n'a pas l'air de relever la remarque - il en vu d'autres - et continue, sur le même ton :

- Combien est-ce que tu vois de doigts ?

Mais il déraille complètement…

- Douze. Aide-moi à me lever au lieu de dire des âneries.

Il me donne le bras pour m'aider, et sitôt sur mes pieds, je suis de nouveau prise d'un vertige, m'obligeant à m'agripper plus fermement à son bras. Casey arrive à ce moment, essoufflé, et reprend sa place près de moi en repoussant Kern d'un regard noir. Suivent de près Méryl et le Docteur Ivackas, qui stoppe net en me voyant sur mes jambes et me regarde avec de gros yeux.

- Qu'est-ce que tu fais debout, toi ? aboie-t-il. Rallonge-toi immédiatement ! Je croyais que tu étais blessée!
- Mais ça va mieux, je proteste faiblement alors que je sens à nouveau la serre tourner autour de moi.
- C'est ce que je vois, fulmine-t-il en me voyant chanceler. Allonge-toi, je te dis! Tout de suite!

A contrecœur, je m'exécute, sous les échanges de regards perplexes de mes camarades de classe. De toute façon, je ne sais pas combien de temps j'aurais tenu avant de m'effondrer de nouveau. Une première pour moi. Alors autant laisser tout le monde penser que c'est uniquement parce qu'il me l'a ordonné que je me rallonge. Le docteur s'accroupit à côté de moi et déballe ses affaires en hâte.

- Et maintenant, est-ce que quelqu'un peut me dire ce qui s'est passé, ici ?

Je tourne la tête vers Méryl, secouée par les sanglots et le visage inondé de larmes. Je vois que je ne m'étais pas trompée. Merci Méryl. C'est Casey, qui s'est assis à côté de moi face au médecin, ma main dans la sienne, qui répond :

- Elle a reçu une fléchette de AV-392 par erreur.

Le coupable, qui se reconnaît, se fait tout petit. Je ne vois pas Kern à ce moment, mais j'imagine très bien la tête qu'il doit faire. Casey ne le dénoncera pas, ce n'est pas son genre. Pourtant, je sais, et je vois à sa mâchoire contractée qu'il en meure d'envie tellement il est hors de lui.
L'AV-392 est une substance découverte récemment, qu'on utilise lors des entraînements. Une sorte d'anesthésiant, contenu dans des fléchettes, que nous tirons au fusil sur les monstres de la serre pour nous entraîner. Ca les endort un moment, mais ça ne les tue pas. Encore heureux. Sinon, je veux pas imaginer ce qui se serait passé pour moi.

- Quelle dose ? grogne Ivackas en préparant l'antidote.
- Euh... La D-12…

Ivackas manque de lâcher sa seringue et se redresse vivement.

- La D-12 ? C'est une blague !
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? je demande en me redressant sur mes coudes.
- Toi, rallonge-toi immédiatement et ne bouge surtout plus, m'ordonne-t-il alors, d'un air étrange.

Et pendant un instant, on croirait presque qu'il panique. La première fois que je le vois comme ça. Mais c'est qu'il commence à me faire peur, aussi !

- Ce qu'il y a ? hurle-t-il presque. Il y a que c'est la dose pour T-Rex ! Bon sang, Eva, ce que tu as reçu suffit à assommer un T-Rex pendant une heure ! Je vous avais bien prévenus d'être prudents avec ce truc !
- Je le sais, merci. Mais ça va, dis-je. Je me sens plutôt bien…
- Et c'est justement ça qui n'est pas normal !
- Dis tout de suite que tu aurais préféré que j'y reste !
- Tu n'as pas l'air de réaliser, dit-il, sérieusement. Avec ce que t'as reçu, et vu ton gabarit, tu aurais dû dormir jusqu'à la semaine prochaine, dans le meilleur des cas !
- Dans le meilleur des cas ? demande Casey en déglutissant péniblement, sa main se crispant sur la mienne. Ça aurait pu être quoi d'autre?
- Au choix : arrêt cardiaque, coma… Mais certainement pas un réveil au bout de quelques minutes. Ce truc est vraiment très puissant, vous devriez le savoir, depuis le temps. Où est-ce qu'elle a été touchée ?
- A la jambe , répond Casey. La jambe droite.

Maintenant je comprends pourquoi j'avais du mal à tenir debout. Ivackas examine ma jambe, les sourcils froncés et en ressort la fléchette, qui pour la première fois que je la vois me donne des frissons.

- Tu as de la chance que ça n'ait pas été plus près du cœur, murmure-t-il. Mais avec une telle dose, je doute que ça ait pu changer quoi que ce soit que ça ait été la jambe. Je ne comprends pas …

Il range la flèche dans un sachet puis il se tourne vers moi, l'air perplexe.

- Ce n'est pas possible que tu aies survécu à l'AV-392, pas avec cette dose. La flèche devait être défectueuse.
- C'est impossible, proteste alors Casey. C'est moi qui ai tout préparé : les flèches, les fusils, et j'ai tout vérifié trois fois, comme d'habitude.

Casey est un véritable parano en ce qui concerne le matériel utilisé. Là-dessus, on peut lui faire entièrement confiance. Si quelque chose avait cloché, s'il y avait eu même le plus petit défaut, il l'aurait remarqué. Il est tellement perfectionniste que ça en devient agaçant parfois quand on ne possède pas sa patience d'ange. Ce n'est pas pour rien qu'il a été désigné pour cette tache.

- Quelqu'un est peut-être entré pour toucher au matériel après que tu l'aies fait; et il a abîmé cette fléchette et peut-être quelques autres...
- Je te répète que non, fait Casey, en prenant un air encore plus vexé. Je reste avec le matériel jusqu'à ce qu'on commence l'entraînement, le professeur l'inspecte une dernière fois, et c'est moi qui le distribue au élèves. A chaque fois. Et on a jamais eu ce genre de problème.
- Vraiment bizarre, murmure le docteur. En tout cas, toi, tu vas aller faire un tour à l'infirmerie, dit-il en se tournant vers moi, son regard foudroyant me défiant de protester. Il va falloir que je fasse des examens.
- Mais ça va mieux ! Je vais me reposer un peu et je serai de nouveau en pleine forme !

Peine perdue. Il secoue la tête tout en remballant ses affaires.

- Je m'en fiche. On ne sait jamais, l'anesthésiant peut agir plus tard. Il vaut mieux que je t'aie sous les yeux si ça arrive.

Il n'y croit pas trop, ça se voit, mais il veut découvrir ce qui s'est passé.
Il ne manquait plus que ça. On a un examen demain, et le compte rendu de l'entraînement d'aujourd'hui à faire à Quistis. Et comme c'était moi le chef du groupe, c'est moi qui suis censée le préparer. Elle va tuer Kern en apprenant ce qui s'est passé, plus sûrement que n'importe quelle flèche de D-12. Mais il a l'habitude, je crois, et ce sera son immunisation à lui. Comme je ne peux pas marcher, Casey et le docteur me portent jusqu'à l'infirmerie et m'installent dans la chambre. Casey promet de repasser et de prévenir mes parents, ce dont je me passerais bien. Ils vont être furieux. J'imagine déjà la scène. Kern, qui nous avait accompagnés en portant mon équipement, s'avance alors.

- Est-ce que je peux faire quelque chose ? demande-t-il de l'air le plus pitoyable que je lui aie jamais vu.

Ca le rend malade de se dire que c'est de sa faute ce qui se passe; je crois qu'il a toujours été un peu amoureux de moi, allez savoir pourquoi… N'empêche, c'est toujours sur moi que retombent ses bêtises, ce qui ne l'aide pas vraiment à trouver grâce à mes yeux, il s'en rend compte… Et il sait aussi que demain il va en prendre pour son grade. J'ai presque pitié de lui.

- Oui : rester le plus loin possible d'elle, fait durement Ivackas, qui a parfaitement deviné qui était le coupable.

Pendant un moment, je me dis qu'il y va un peu fort. Mais en même temps… Il faut dire que sept fois sur dix c'est Kern qui m'envoie à l'infirmerie, quand même… L'air misérable, Kern sors de l'infirmerie, la tête basse.
Ivackas s'affaire autour de mon lit d'infirmerie, il vérifie que j'ai tout ce qu'il me faut pour la nuit.

- Si ça continue, je vais créer toute une suite pour toi, me dit-il, une fois que je suis installée. Tu es quand même une de mes plus fidèles patientes.
- Bonne idée. Je pourrais toujours transférer ma chambre ici, je gagnerais du temps.
- Sérieusement, Eva, il va falloir que tu fasses un peu plus attention. Entre les fois où tu te blesses toi-même pendant les entraînements et celles où ce sont tes coéquipiers qui le font, un jour il va t'arriver quelque chose de vraiment grave. En plus, tu monopolises mon infirmerie, finit-il sur un ton bougon.
- Désolée. La prochaine fois j'apporterai mon lit avec moi, pour laisser de la place aux autres.
- Je préfèrerais que tu n'aies pas à revenir, en fait. Allez, je te laisse pour l'instant, il faut que j'aille voir Quistis. Et tu te reposes. C'est un ordre. On commencera les analyses un peu plus tard. Au fait, il y a un autre malade juste à côté qui va lui aussi passer la nuit ici. Alors si tu entends du bruit, ne t'inquiète pas. C'est mon deuxième plus fidèle patient. Presque aussi catastrophique que toi.

Alors là, j'aimerais bien savoir qui c'est. Une autre victime de Kern ?

- Je repasse te voir demain à la première heure.

Et il s'en va.
Ivackas est un chouette type. Il est jeune pour un docteur, il a 20 ans - seulement 4 ans de plus que moi, après tout... Assez grand, cheveux et yeux noirs, la peau mate, il a un certain succès auprès de la gente féminine de la BGU ; succès dont il se garde bien de profiter en tant que membre de la communauté éducative. Il s'acharne même à réduire à néant sans la moindre pitié les espoirs des petites étudiantes qui font le pied de grue devant son infirmerie et ne se découragent pas pour autant. Il n'a pas grandit à Balamb, d'après ce que je sais, il n'est même pas de ce continent. Personne n'en sais trop rien, il n'est pas vraiment bavard et a tendance à se planquer dans son infirmerie. Mais mon père doit le savoir, lui. Après tout, c'est lui qui dirige la BGU.
Ivackas - parce qu'il veut autant que possible que nous évitions de l'appeler docteur - prend un air sévère et bougon, comme ça, mais c'est juste parce qu'il s'inquiète. Une vraie mère poule. Tout le temps à nous donner des conseils, à nous dire de faire plus attention en essayant de prendre un expression sévère et une voix autoritaire. Pire que mon père, et ce n'est pas peu dire. Mais comment espère-t-il que des soldats arrivent à ne jamais se blesser ?
Ivackas remplace le docteur Kadowaki qui travaillait ici jusqu'à l'année dernière. Son but, comme il le dit lui-même, c'est d'avoir le moins de boulot possible. Il aimerait ne pas avoir à soigner les gens. Il déteste tout ce qui est violence, combats. Mais il dit que si tout le monde est assez bête pour vouloir passer sa vie à se faire taper dessus, très bien, il est pas contrariant ; lui, il s'acharnera à soigner le monde pour lui permettre de se faire taper dessus le plus longtemps possible… Textuel.
Depuis 10 ans que je viens régulièrement ici, rien n'a changé. Même la peinture sur les murs est toujours la même. Je suis quasiment plus souvent ici que dans ma propre chambre au dortoir. Comme si c'était de ma faute. Je dois la plupart de mes visites ici à Kern. La première fois, ça a été le lendemain de son arrivée à la BGU. Une de ces nouvelles armes fonctionnant sur le même principe que le boomerang qui a légèrement dévié de sa trajectoire et est venu heurter ma jambe. Un plâtre pendant deux mois. S'il n'est pas doué pour viser, ce n'est pas la force qui lui manque. En tout cas, c'est comme ça qu'on a fait connaissance. Inutile de dire que de mon côté, je n'étais pas tellement ravie.
La porte de l'infirmerie s'ouvre doucement. Quelqu'un entre et se dirige vers mon lit. C'est Bess. Elle tique un peu en me voyant avec ces bandages sur ma tête et sur ma jambe, mais elle s'efforce de sourire. Elle a beau avoir l'habitude de me voir dans cet état, ça lui fait toujours un choc.

- Eva ! s'écrit-elle. Comment est-ce que tu te sens ?
- Ca peut aller. Un peu étourdie, c'est tout.

Elle rit et s'assied sur le lit près de moi. Bess rit tout le temps, et c'est un véritable réconfort de la voir. Elle et Casey sont mes meilleurs amis. C'est une fille studieuse, rieuse et très jolie, avec ses longs cheveux blonds bouclés et ses grands yeux verts. Nous avons le même âge et nous partageons la même chambre au dortoir depuis que nous avons huit ans.

- Désolée, lui dis-je malicieusement, le docteur vient de partir. C'est bête, tu es venue pour rien…

Bess s'est découvert il y a un an un intérêt très vif pour la médecine. Elle qui prétendait depuis toute petite qu'elle deviendrait la plus grande Seed, elle a changé d'avis : elle sera le plus grand de tous les médecins…Elle n'a jamais voulu l'admettre, mais je soupçonne le docteur Ivackas d'y être pour quelque chose, bien qu'à son insu. Et depuis un an, elle tombe souvent malade, ou se blesse régulièrement au cours des entraînements. J'ai presque cru qu'elle allait me faire concurrence dans ce domaine. Sinon, le reste du temps elle passe à l'infirmerie pour discuter avec le docteur. Uniquement de médecine , me jure-t-elle à chaque fois, et je la crois. Elle est trop timide pour lui avouer ses sentiments, elle refuse déjà de se les avouer à elle-même. Et il faut dire qu'elle est l'une des rares élèves qu'Ivackas ne fuit pas comme la peste en dehors des moments où il a à les soigner. En tout cas, il faut reconnaître que Bess s'y connaît maintenant énormément en médecine, et c'est souvent elle qui me soigne quand je n'ai pas envie de prévenir Ivackas. Et elle est très douée, elle fera un médecin formidable, j'en suis sûre.
Bess rougit.

- Arrête de dire des bêtises, tu sais bien que c'est toi que je suis venue voir. En tout cas, je constate que tu es assez en forme pour m'embêter avec ça.

Elle me tire la langue et éclate de rire.

- Et tes parents ? Ils sont au courant ?

C'est à mon tour de grimacer.

- Non, mais ça ne devrait pas tarder. Ils sont en visite à la fac de Trabia. Casey va les contacter, je crois.
- Il faut bien qu'ils le sachent. Allez, un peu de courage , me dit-elle en me tapotant la main. De toute façon, ce n'est pas comme si tu l'avais fait exprès.

Elle ne comprend pas. Mes parents cherchent la moindre excuse pour m'empêcher de devenir Seed. Et ces accidents qui m'arrivent parfois ( comme cela pourrait arriver à tout le monde – ou presque ) sont les meilleurs qu'ils puissent trouver. "Non, c'est trop dangereux, il pourrait t'arriver quelque chose... Je n'ai pas envie de passer mon temps à attendre, morte d'inquiétude, si ma fille est toujours en vie ... Tu ne sais pas ce que c'est, c'est très dur d'être Seed... C'est un engagement à vie… et patati et patata". Quand ces deux-là s'y mettent ils arriveraient presque à me trouver une bonne raison pour m'empêcher de respirer...
Ok, c'est vrai que je prends pas mal de risques ; mais par rapport à ce qu'ils ont vécu, eux, j'ai comme si je passais ma vie à faire la sieste. Ce ne sont que des entrainements, après tout. Mais je veux plus. Tellement plus. Ce que je veux, c'est... Faire quelque chose d'utile, voyager et voir le monde, aider les gens, les protéger. Je n'ai jamais compris pourquoi ils agissaient comme ça, à toujours essayer de me freiner. Papa a été un grand Seed, et il dirige maintenant la BGU. Il est célèbre dans le monde entier, un véritable héros ; tout comme Quistis, Zell, Selphie, et certains des autres professeurs que nous avons ici. Pourquoi vouloir m'empêcher de faire mes preuves ? Qu'est-ce qu'on peut bien attendre de la fille du plus grand Seed que le monde ait connu, si ce n'est de s'en montrer un minimum digne, d'être au moins aussi exceptionnel ? Alors oui, je ferai tout pour devenir Seed. Tout.
Bess reste discuter avec moi jusqu'à l'heure du couvre-feu, puis s'éclipse pour retourner au dortoir. En effet il fait déjà nuit, mais je n'arrive pas à dormir. Il y a toujours cette douleur à l'arrière de la tête qui m'empêche de fermer l'œil.
Un bruit sans de la pièce d'à côté attire mon attention. Ce doit être cet autre malade dont m'a parlé Ivackas. J'entends des bruits de draps froissés et un grincement de matelas. La personne là-bas doit se retourner dans son lit de douleur. Il faudrait peut-être que j'aille voir ? Mmmh... C'est peut-être pas une très bonne idée. Je ne suis pas infirmière, et il y a plus de probabilités que j'achève le malade plutôt que je ne parvienne à l'aider. L'autre à côté se met à tousser violemment. Tant pis, je vais quand même voir, ne serait-ce qu'au cas où il faudrait appeler Ivackas. Je me lève doucement et vais dans la chambre d'à côté en boitillant. Je frappe doucement à la porte, puis passe ma tête par l'entrebâillement.

- Est-ce que tout va bien ? je demande en essayant de repérer la personne sur le lit.
J'entends un bruit de tâtonnement, et la lumière s'allume.

Oh non.
Pas lui…

- Tiens, tiens… fait le garçon allongé sur le lit avec de multiples bandages et visiblement pas très en forme - ce qui ne l'empêche pas d'arborer ce sourire en coin que je déteste tant. Eva Leonhart…

Ça y est, mon mal de tête me reprend. La poignée de la porte m'échappe et la porte s'ouvre en grand.

- Tiens, tiens… Etan Almasy ! Je m'exclame sur le même ton, avec mon sourire le plus faux. La dernière personne au monde que j'ai bien envie de voir !
- Moi aussi, je suis ravi de te revoir ; désolé si je ne me lève pas pour t'accueillir, mais si j'en étais capable, je n'aurais rien à faire ici. Cela dit, c’ est gentil d'être passée me voir, ça faisait longtemps.
- Pas assez. Alors, dis-je en contemplant les bandages qu'il a sur la tête. Est-ce qu'on t'a enfin greffé un cerveau ?
- Non, j'imagine qu'ils ont estimé que celui-là était encore en état.
- Ah bon ? Parce que tu en avais déjà un ?

Il a un accès de toux qui lui coupe un moment la parole, mais il se reprend vite.

- J'espère que je ne t'ai pas trop manqué. Ca fait longtemps que je suis parti, je sais. Allez, je vois bien que tu es curieuse ; vas-y, demande-moi ce que tu veux : combien de villes j'ai visité… Pourquoi est-ce que je suis dans cet état…
- Je m'en moque complètement.

Il attrape plusieurs boites sur la table de nuit, les dispose sur le lit et en retire des cachets. Je le regarde faire, les bras croisés, en espérant qu'il s'étouffe avec.

- Pourquoi je suis parti… Combien de personnes est-ce que j'ai battues… Pourquoi… continue-t-il, comme s'il ne m'avait pas entendue.
- Pourquoi est-ce que tu n'es pas resté où tu étais ? je demande, agacée.
- Eh bien, je …
- Laisse tomber, je n'en ai rien à faire.
- Tu ne t'es vraiment pas améliorée question politesse. Tu pourrais au moins me demander si j'ai besoin de quelque chose.
- Est-ce que tu veux que je t'achève ? Je propose alors avec une sincère bonne foi.

C'est bien la seule chose que j'accepterai de faire pour lui. Je ressors en claquant la porte de toutes mes forces et je retourne dans mon lit en pestant. Puisse-t-il mourir de ses blessures dans la nuit ! Mais c'est connu, ce sont toujours les parasites qui survivent le mieux. Le type qui lui a fait ça mérite une médaille. Si je ne risquais pas des ennuis, ce serait avec joie que j'aurais fait la même chose. Mais notre dernière bagarre m'a laissé un cuisant souvenir : une gifle de mon père, la première que j'aie jamais reçue de lui, et j'ai eu l'impression d'être clouée sur place. Mais ce n'était encore rien à côté du regard glacial qu'il m'a lancé à ce moment-là.
Parfait, je suis sûre de ne plus réussir à m'endormir, maintenant. A travers la cloison, je l'entends tousser bruyamment, à plusieurs reprises. Je parie qu'il le fait exprès pour m'énerver. Ivackas va m'entendre, demain. Il le sait bien que je ne peux pas supporter Etan. Tout le monde le sait. C'est Etan Almasy, bon sang ! Le fils de ce traître de Seifer, qui a tellement fait souffrir le monde entier ! Tout le monde déteste Etan, d'ailleurs. Je ne connais personne à la BGU qui puisse supporter ce garçon. Mais s'il y a une chose qui a estomaqué tout le monde il y a quelques années - j'étais toute petite à l'époque mais on m'en a parlé, évidemment - ça a été que mon père l'accepte à la BGU. Ils ont tous cru qu'il avait perdu la tête, et franchement, je me demande aussi ce qui a bien pu lui prendre. En tout cas, tout le monde évite Etan comme la peste ici, et pour autant que je me souvienne, on s'est toujours détestés, lui et moi. Mais ça devait être écrit. C'était comme ça avant même que nous ne naissions. Son père et le mien étaient ennemis. Ce sera la même chose pour nous. Logique. À quoi d'autre s'attendre?
Mais s'il y a une chose que je comprends encore moins, c'est que Papa semble l'apprécier. Comment est-ce que c'est possible ? Il lui confie même des missions dans le monde entier alors qu'il n'est même pas encore Seed - puisqu'il a le même age que moi - et ils discutent souvent tous les deux alors qu'en tant que directeur, il ne peut pas réellement se permettre de passer du temps avec n'importe quel élève. Ce qu'il ne fait d'ailleurs avec aucun autre. Incompréhensible.
Bien sûr que ça m'a fait mal. C'est moi qui devrais avoir droit à tout ça. Papa sait que ce que je veux le plus au monde, c'est être Seed. Moi, ce que je crois, c'est qu'il aurait préféré avoir un garçon. Le truc classique. Mais pas de bol, il n'a que deux filles, Léna et moi. Alors c'est Etan qu'il va aider. Mais est-ce qu'il se rend compte de ce qu'il fait ? Aider le fils de Seifer ! Et ils se ressemblent tellement. Mêmes cheveux blonds, mêmes yeux gris. Un peu plus élancé peut-être. Mais il ne manquerait plus que la panoplie veste grise-cicatrice, et on s'y croirait. Je sais que parfois, ma mère a un mouvement de recul quand elle l'aperçoit quand elle ne s'y attend pas, même si elle se reprend très vite et sourit. Mais on voit bien pendant ces quelques centièmes de secondes des images défiler dans ses yeux, comme des souvenirs qu'elle cache…


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Commentaire de l'auteur

Concernant la correction, il y a juste quelques légères modifications, des reformulations de phrases, quelques détails en plus, rien de déterminant.
J'ai rajouté une illustration que j'ai faite il y a quelque temps. On voit Eva, bien entendu ^^. Et ce que je considère comme la musique d'ambience du chapitre on va dire :p Voila voila !
Dernière modification par Rae le 01 sept. 2008 18:39, modifié 2 fois.
Mon Fic sur FF8 : http://forum.finaland.com/viewtopic.php?t=901
histoire ACHEVEE

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Messagepar GreatBahamut » 06 avr. 2004 12:40

Pas mal du tout ta fic ! Bravo en tout cas ! C'est la première fic sur FF8 du forum.
Pour demander des détails sur FF8, c'est Squall qui est le mieux placé je pense (lol qui s'en serait douté :P)...
Je te souhaite bon courage et continue comme ça : J'attends le prochain chapitre avec impatience !

kafff
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Messagepar kafff » 10 avr. 2004 11:17

vraiment bien ta fic, rae.
les details sont important et judicieusement placé, les personnages sont bons et avoir l'idée de créé un personnage qui vit dans l'ombre de ses parent (squall et linoa) est tres bonne.
si je peut te donner un conseil: meme si tout le monde attend la suite avec impatience, n'écris pas plus vite que tu ne l'as fait juska maintenant, c comme ca qu'on perd de la qualité dans les detail.
allez courage, et continus sur ta lancé

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Messagepar Rae » 12 avr. 2004 15:44

Merci à tous les 2 ! En fait, la suite, elle est déjà écrite ( enfin, seulement le chapitre 2 , le 3 , je l' ai tout juste commencé...) ! lol Mais j' attendais juste de savoir si ça intéressait vraiment quelqu' un ! lol
Je la mettrai sûrement en ligne dans la semaine... Voilà ! ^^
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Messagepar Jezer » 12 avr. 2004 16:33

Je suis d'accord avec Kafff et Great Bahamut, ta fic est super. J'adore la répartie d'Eva surtout. Elle trouve toujours quelque chose a répondre sur le coup, c'est trop marrant pour les autres ^^. Enfin bref, dépeche toi de mettre la suite stp.

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Messagepar Rae » 15 avr. 2004 9:03

CHAPITRE II


Comme prévu, j'ai passé une longue nuit blanche, grâce à mon très cher voisin ; et lorsque, le lendemain matin « à la première heure », Ivackas arrive, je suis chauffée à blanc. Il m'écoute râler patiemment, se contentant de me demander de baisser un peu le ton, à cause d'Etan, qui est juste à côté et qui est sûrement encore en train de dormir ; ce qui a pour effet direct de me faire hurler de plus belle. Je me fiche complètement de savoir que je le réveille, et ça m'est à peu près égal qu'il puisse m'entendre ou non.
- Bon, est-ce que tu as fini ? me demande-t-il, une fois que je ne sais plus de quel malheur de la terre l'accuser.
- Oui, je grogne en m'enfonçant dans mon oreiller avec mauvaise humeur. Mais j' ai l'impression que tu n' as pas écouté un mot de ce que j' ai dit.
- C'est possible ; mais maintenant, c'est à moi de parler. Tout d'abord, je ne t'ai pas dit qu'il était à côté pour deux raisons : d'une parce que l'infirmerie est publique, ce n'est pas ta résidence secondaire, et c'est mon métier de soigner tout le monde ; et de deux, je savais comment tu réagirais et que je devais te garder ici tout de même. Et je n'allais pas non plus jeter Etan dehors…
- M…
- Oui, je sais, ça ne t'aurait posé aucun problème, à toi. Bon dieu, t'as un de ces fichus caractères ! Mais j'ai une bonne nouvelle : comme tu sembles être en pleine forme, tu vas pouvoir regagner ta chambre. Je vais faire une prise de sang, et tu pourras y aller. Il suffira que tu restes allongée pendant quelque temps.
Il tire une seringue de son sac et s'approche.
- Qu'est-ce que c'est que ça, encore ?
- Comme je viens de te le dire, je dois te prélever du sang pour les analyses. Et je n'ai pas encore eu connaissance de méthode ne nécessitant pas de seringue.
- Tu crois pas que j' ai eu assez de piqûres comme ça depuis hier ?
- Eva, c'est important.
- Très bien, dis-je du ton du martyr, en tendant mon bras, tel l'agneau sacrificiel.
Pendant qu'il me prélève 10 000 litres de sang, il me raconte ce qu'il va en faire, toutes les procédures à accomplir, toutes les étapes de la recherche, et pendant un moment je me demande s'il parle toujours français. En même temps, il continue à me prélever du sang,
- Dis, tu comptes m'en laisser un peu ?
- J'en suis qu'au deuxième flacon, Eva. Tu ne risques pas de finir anémiée, ne t'en fais pas. Allez, ça ira. Ce sera un peu juste pour toutes les recherches que je dois faire, mais bon... On aura les résultats ce soir, je viendrai te voir à ce moment-là. Casey va venir te chercher et te ramener à ta chambre. Et je ne veux pas que tu en bouges, c'est entendu ?
Compte là-dessus, mon vieux.
- Eva, tu m' as bien compris ?
- Oui, je soupire, je suis pas stupide.
- Stupide, non. Mais tu es bien la plus grande tête de mule que je connaisse…
C'est pas faux.
- Tu ne bouges pas de ton lit, c'est un ordre. Compris ?
- Oui, Ivackas.
Il peut toujours se brosser, tiens. Je n'ai pas que ça à faire. Il y a les entraînement, et…
- Je me suis mal exprimé. Est-ce que tu vas le faire ?
- Mais oui, c'est bon…
- Promets !
- Mais…
Ma parole, il lit dans les pensées, maintenant ?
- Dis « je promets », ou je t'enferme ici à double tour!
- Très bien, c'est promis…
Bon, c' est vrai que je lui ai déjà fait ce coup-là… Il a l'habitude, il me connaît…
- Alors tu peux y aller.
Il me donne un potion à l'odeur écœurante à boire, qui, paraît-il, me redonnera des forces pour compenser la perte de sang. J'inspecte le contenu du gobelet qui a à peu de choses près l'aspect de la boue qu'il aurait très bien pu aller prélever dans le jardin lus tôt. Eurk. Dès qu'il a le dos tourné, je jette son médicament dans un des pots de fleurs. Casey arrive à ce moment-là. Je l'attrape par le bras et je le traine dehors avant qu'Ivackas ne change d'avis.
- Est-ce que ça va ? me demande Casey une fois que nous sommes à une distance suffisante du docteur.
- Un peu fatiguée. Ivackas m'a prélevé des litres de sang…
- Et les résultats ?
- Ce soir.
- Tu as peur ?
- Pff… De quoi ?
- Oh, arrête !
Mine de rien, il me connaît bien, Casey. Il sait bien ce que je pense. Ca peut paraître idiot, d'avoir peur de ces maudits résultats. Avoir peur alors que mon problème, c'est que je guéris facilement, que des blessures qui devraient me tuer ne me font pas plus mal que des égratignures ? Ce que je peux être stupide…
- Laisse-moi tranquille, je grogne en tournant la tête.
Il sourit en voyant qu'il a tapé en plein dans le mille, passe son bras autour de mon cou pour m'attirer vers lui et me tient un moment comme ça tandis que nous marchons toujours. Et pendant un moment, la peur s'en va.
- T'as pas passé une bonne nuit, toi. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Etan était à l' infirmerie, aussi.
- Aïe. Vous vous êtes encore disputés ?
- Comme d'hab. Il est tellement insupportable... Je me suis demandé si je n'allais pas en profiter pour le jeter par la fenêtre. Heureusement qu'Ivackas a bien voulu que je sorte, parce que j'aurais pas tenu longtemps. Et puis, le peu de temps qu'il m'a laissée dormir, j'ai fais des rêves bizarres et pas agréables, je grogne.
Casey sourit en hochant la tête. Même si mon acharnement concernant Etan l'amuse, il est une des – très! – rares personnes à ne pas le partager. Malgré nos innombrables discussions à ce sujet, je n'ai jamais pu savoir clairement ce qu'il en pensait. C'est juste quelqu'un qui, de façon générale, ne pensera de bien ou de mal d'une personne que s'il y est directement confronté ; et ça me dépasse un peu que, alors que tout le reste de la BGU – voire de la planète – a pu se faire une idée sur Etan Almasy, Casey reste si peu concerné. Il m'écoute toujours patiemment, me sermonne un peu quand il estime que j'ai exagéré, mais de façon générale, il reste neutre, et peu convaincu de mes déclarations d'innocence concernant l'origine des disputes avec Etan. Évidemment, il n'a pas tort, mais je ne trouve pas que ce soit une raison pour ne pas me soutenir.
Nous traversons les longs couloirs de la BGU. Ils sont pleins de monde, et voir toutes ces personnes marcher dans tous les sens me donne vite le vertige. Casey doit me tenir plus fermement et il accélère le pas, un peu inquiet. Je commence à me dire que j'aurais peut-être dû le boire, ce maudit médicament…
Nous croisons plusieurs élèves de notre classe, qui viennent me demander de mes nouvelles. Je n'ai même pas la force de leur répondre, nous passons devant eux en les ignorant ; j'entends juste vaguement Casey leur lancer des excuses et nous continuons. Plus loin, nous croisons aussi Kern qui, sans doute effrayé par la perspective de croiser Ivackas s'il se rapprochait de l'infirmerie, nous attendait en embuscade près de la porte des dortoirs. Il lance un regard inquiet à un Casey visiblement mécontent, m'offre un bouquet de fleurs en s'excusant encore une fois et s'enfuit sans demander son reste. Bouquet qui, une fois que nous avons dépassé le champ de vision de celui qui me l'a offert passe par la première fenêtre que nous trouvons. La dernière fois qu'il m'a offert des fleurs pour s'excuser de m'avoir envoyé à l'infirmerie, il les avait cueillies dans le jardin de la BGU, et il y avait des guêpes cachées à l'intérieur. J'ai pas fait attention quand je les ai prises. Résultat : retour direct à l'infirmerie moins d'un quart d'heure après en être sortie. Alors merci bien.
On arrive dans la chambre que je partage avec Bess et je me mets immédiatement au lit. J'ai l'impression de ne plus avoir de forces. J'aurais vraiment dû la boire, sa fichue potion. Casey me borde comme si j'étais une petite fille, puis me laisse sans même que je m'en rende compte. Je suis complètement dans les vapes et je ne tarde pas à m'endormir.
Je me réveille au bout de quelques heures, plutôt en forme. Il me faut quelques instants pour comprendre par quoi j'ai été réveillée. On croirait qu'un troupeau de T-rex a été laché dans le couloir et se dirige vers ma chambre. La porte s'ouvre à toute volée. Mais ce n'est pas un T-rex.
Pire que ça.
C'est ma sœur, Léna.
- EVAAAA ! s'écrie-t-elle en bondissant littéralement sur le lit pour se jeter à mon cou.
- Mmmf… Léna… arrête… tu m'étouffes…
Je me demande si elle sait qu'elle est rentrée parce que je suis censée être gravement blessée… Seigneur, cette gamine a beau n'avoir que six ans, c'est un vrai rouleau compresseur…
- Oh, pardon !
Elle s'assoit à côté de moi, le visage grave.
- J'ai eu tellement peur ! Maman a dit que tu étais blessée ! C'est pas grave, hein ?
Voilà qu'elle a les yeux pleins de larmes, maintenant.
- Mais oui, ça va. Si je peux survivre en vivant avec toi, je vois pas ce qui pourrais me tuer, je rigole en la chatouillant.
Elle se tortille de rire, rassurée. J'aperçois alors Maman, qui se trouve sur le pas de la porte, à nous observer. Elle me sourit et rentre.
- Est-ce que ça va, ma chérie ? Demande-t-en s'asseyant sur le lit.
- Je viens de survivre à une tentative d'assassinat de plus il y a à peine trente secondes, je ris.
- Léna, chérie, laisse ta sœur tranquille, elle a besoin de se reposer.
- Oh, ça va en fait. Ca aurait pu être pire. Ivackas ne comprend pas comment j'ai pu m'en sortir à aussi bon compte, d'ailleurs. Et moi non plus. Depuis toute petite, j'arrive à survivre à toutes sortes d' accidents dans ce genre sans le moindre problème… Remarque, je ne me plains pas.
- Tu peux remercier ton ange gardien, sourit Maman. Parce qu'il en a du boulot, avec toi.
Je ris. Ce n'est pas faux, évidemment ; mais puisqu'il est si efficace cet ange gardien, pourquoi ne pas en profiter, après tout?
Maman est tellement jolie ! Elle a une superbe chevelure d'un noir profond, de grands yeux noirs brillants et un sourire magnifique. J'aurais vraiment aimé lui ressembler. Moi, je ressemble plutôt à mon père. Tout le monde le dit. J'ai ses yeux bleus, des cheveux châtains, et son sale caractère. Pas vraiment grande. Plutôt ronde. Vraiment banale, quoi. Grand-père Laguna prétend que je ressemble à ma grand-mère, Raine. Je préfère nettement cette comparaison. Tiens, mais…
- Où est Papa ? je demande.
- Heu, il est…
- A l'infirmerie ! s'écrie Lena. Il est allé voir…
- Léna, tais-toi, tu veux, l'interrompt Maman.
- A l'infirmerie ? Mais qu'est-ce qu'il fait là-bas, je …
Puis je comprends. Ma voix se coupe, et une grosse boule se forme dans ma gorge. Maman fait sortir Léna de ma chambre, malgré ses protestations.
- Ma chérie , me fait doucement Maman, je t'en prie ne réagis pas comme ça, il est juste…
- ...allé voir Etan, c'est ça ?
J'aurais dû m'en douter. Il est allé voir ce garçon directement, à peine arrivé. Et moi, il…
- Eva …
- Non, mais ne t'en fais pas, il n'y a aucun problème, dis-je, la voix tremblante de colère. Sa propre fille a été blessée, mais il s'en moque ; lui, c'est Etan qu'il va voir! Nooon, il n'y a aucun problème pour moi. Pourquoi? Ca t'en pose un, à toi ?
Je deviens complètement hystérique, là, mais c'est plus fort que moi.
- Eva, il voulait juste parler au docteur…
J'ai l'impression que je n'arrive plus à respirer et les mots ont de plus en plus de mal à sortir ; non ... ne pas pleurer… Reprends-toi, ma fille. Bon sang, mais calme-toi, qu'est-ce qui t'arrive... Respirer… Il faut respirer calmement. Maman se lève et se dirige vers la porte.
- Tu es épuisée, je vais te laisser te reposer, je crois que tu ne sais plus ce que tu dis, me dit-elle doucement.
- Oh que si je sais ! Je braille en me redressant dans mon lit. Je ne dis que la vérité depuis tout à l'heure, tu le sais très bien ! Mais vas-y, va le voir ! Et dis-lui bien que surtout, c'est pas la peine qu'il se presse de venir me voir. Je suis pas encore mourante. Présente-lui mes excuses!
- Je suis vraiment désolée que tu penses une chose pareille de ton père, Eva, dit-elle tristement avant de sortir et de refermer la porte .
Des larmes de rage coulent sans que je puissent les arrêter. Je… j'ai toujours su qu'il préférait Etan, après tout. Mais là , je sais pas… j'ai pas pu me contrôler... c'est pas comme si ça me faisait quelque chose, je m'en fiche après tout, hein. Oui, la fatigue, c'est ça.
Faut vraiment que je dorme…
Comme si ça ne suffisait pas, la porte s'ouvre à nouveau, sur une Quistis éberluée.
- Mais qu'est-ce qui se passe, ici ? Je viens de voir ta mère sortir, complètement bouleversée ! Qu'est-ce qu'il y a ?
- Ri… rien du tout, hoqueté-je, alors que je sanglote comme jamais.
- Eva. Je veux savoir.
- Laisse-moi tranquille…
- Eva, qu'est-ce que tu as dit à ta mère ?
- Juste la vérité. Ce n'est pas de ma faute si elle ne veut pas l'admettre.
- C'est à propos d'Etan, c'est ça ?
- Mais qu'est-ce que vous avez tous avec ce garçon ?!
C'est quand même pas croyable ! Pourquoi est-ce qu'il est toujours question de lui ? Quistis vient s'asseoir sur le bord de mon lit, le visage grave.
- Tu as vu ton père ?
Je lui envoie un regard foudroyant, elle capte tout de suite le message.
- Bon, je n' insiste pas. Je venais prendre des nouvelles, mais je vois que ce n' est pas vraiment le moment.
J'arrive à grande peine à reprendre le contrôle de moi-même. Pour me faire penser à autre chose, elle me parle de tout et de n'importe quoi; de Selphie qui ne devrait plus tarder à accoucher mais continue à cavaler dans tous les sens, d'Irvine qui se comporte toujours comme un gamin… D'Ellone qui pense rajouter une nouvelle aile à la fac de Winhill qui se trouve victime de son succès... Au bout d'un moment, ça finit par marcher plus ou moins, je suis plus calme. Quistis est un professeur formidable. C'est un peu une mère, pour tous les élèves de la BGU, et après Maman, c'est la personne que j'admire le plus. Mais elle doit repartir ; il est tard et elle doit préparer des cours pour demain... cours auxquels je ne pourrai pas insister, ordre du médecin, comme elle me le répète d'un ton ferme afin de couper court à toute protestation de ma part. On frappe à la porte au moment où elle se lève. Décidément, ils se sont tous donné le mot pour me pourrir la journée…
La porte s'ouvre et Ivackas entre, un dossier à la main. Tiens, je l'avais oublié, celui-là. Il salue Quistis qui sort et referme doucement la porte derrière elle.
- Bonsoir.
- Les résultats ? je devine.
- Heuu... oui.
- Et ça n' a rien donné ?
- Eh bieeen… non.
Tu m' étonnes.
- Alors, docteur, qu'est-ce que vous recommandez, maintenant ?
- Écoute, tu d…
Alors là je t'arrête tout de suite, c'est hors de question.
- Mais je n'ai même pas fini ma phrase !
- Oui, mais je sais ce que tu vas dire.
- Alors tu me l'as demandé ?
- Je suis fatiguée, Ivackas, je soupire en me massant les paupières. Ça a juste ralenti ma réaction. Je n'irai pas voir le professeur Geyser.
Ça fait des années qu'il me bassine avec son graaand Professeur Geyser, le génie, la légende. En fait, c'est rien de plus qu'un vieux dingue. Mais Ivackas l'admire - que dis-je, l'adule, pour tous les grands travaux qu'il a menés.
- C'est la seule solution. Il n'y a que lui qui puisse découvrir ce qui se passe.
- Il est complètement sénile !
- Ne parle pas comme ça de lui ! C'est un très grand savant ! Il saurait sûrement résoudre ce mystère…
- C'est non.
- J'ai parlé à ton père.
Et voilà.
- Il est d'accord.
J'aurais dû m'en douter.
- J'arrive pas à croire que tu m'aies fait ça ! je fulmine.
- Enfin, Eva, c'est pour ton bien !
- Et ça ne compte pas si je ne suis pas d'accord ?
- Non. Tu as rendez-vous dans deux jours, répond-t-il tranquillement en refermant mon dossier et en le calant sous son bras. D'ici là, tu ne bouges pas de ta chambre.
- Tu me le paieras.
- D'accord. Autre chose ?
- Je suis tout le temps fatiguée, je geins en me laissant retomber sur mon oreiller. J'ai l'impression de plus avoir de forces, j'en ai marre. Ça va durer combien de temps, encore ?
- Je t'avais dit de boire le médicament.
- Qu'est-ce qui te fais croire que je ne l'ai pas fait ?
- Mon géranium crevé.
- Il est crevé, et tu voulais que je boive ça ?
- Eva, ce produit n'est normalement pas fait pour les plantes. Tu sais, il faudrait vraiment que tu comprennes que si je te dis ou je te donne quelque chose, c'est pour ton bien. Mon métier, c'est de soigner. Soigner, tu comprends ce que ça veut dire ? Tu vois, continue-t-il en adoptant le ton qu'on prend pour s'adresser à un demeuré, le médecin, il donne des médicaments à des gens malades. Pas pour les faire clamser, mais pour les guérir.
- Ça va, je grogne. Désolée d'avoir blessé ton ego.
- Bien. D'ici deux ou trois jours, tu iras mieux.
- Tu veux dire que tu ne vas rien me donner? Tu vas me laisser comme ça? Je comprends, indignée.
- Ça te servira de leçon. Mon... ego s'en remettra avant toi, je peux te le garantir.
Indignée au possible, je le regarde, la bouche bée, sans trouver mes mots.
- Et les potions comme celle que je t'avais prescrite ne se préparent comme ça. Alors j'aime autant les garder pour ceux qui ne considèrent pas que mon seul but dans la vie est de les envoyer à la morgue, répond-t-il d'un ton acide.
- Hé ! Je proteste. J'ai dit que j'étais désolée.
- Et tu le pensais tellement... grince-t-il. De toute façon, d'ici quelques jours tu pourras te lever. Mais pas d'entraînements avant une semaine.
- Une semaine ? T'es pas bien ! Je ne peux pas rester une semaine sans rien faire !
- C'est ce qu'on va voir...Tes professeurs sont prévenus, de toute façon. Alors si tu tentes quoi que ce soit...
- Ivackas ! Je m'écrie, ulcérée par son toupet.
- Va falloir que tu t'y fasses. Je suis le médecin, et tu dois écouter ce que je dis. Pour ton bien. Pense à la potion qui a desséché mon géranium alors qu'elle devait te soigner... me nargue-t-il.
- Mais qu'est-ce que je vais faire en attendant ?
- J'en sais rien. Mets-toi au tricot. Fais-toi un joli pull. Allez, il faut que j' y aille.
Je le regarde sortir, la bouche bée de stupéfaction et d'indignation.
Je t'en ficherai, moi des tricots.


~~~~~~~~~~~~

Commentaire de l'auteur :
En corrigeant, j'ai hésité à le regrouper avec le premier chapitre. Puis je me suis dit, pour un début, pas la peine de faire trop long, le premier chapitre servait juste à présenter en gros les personnages, pas la peine d'en faire des tonnes.
Principalement, j'ai modifié le passage où Casey raccompagne Eva à sa chambre, et la fin de la discussion entre elle et Ivackas, même si la conclusion est la même.
Biz biz à tous
Dernière modification par Rae le 06 sept. 2008 15:46, modifié 1 fois.
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Messagepar GreatBahamut » 15 avr. 2004 9:37

Franchement, continue comme ça ! J'attends le Chapitre 3 avec impatience ! :wink:

kafff
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Messagepar kafff » 17 avr. 2004 0:05

j'adore le caractere de le jeune eva, ca me fait tripper
tu suis vraiment bien ff8
euh, le patronyme grandpere pour laguna? c'est juste comme ca j'espere, il n'y a aucun lien de sang, tu le sais?
juste pour etre sur, sinon continue!

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Messagepar Rae » 17 avr. 2004 13:00

Ben non, je savais pas... :oops: lol Parce Pourquoi, Laguna , c' est pas le père de Squall ?? Wow, j' ai pas du tout comprendre, alors :? Tiiin, va vraiment falloir que j' aille me l' acheter ce jeu, parce que je m' embrouille vraiment trop ... Bon, ben tant pis de toute façon, onva dire que c' est en raison de l' affection qu' elle lui porte ! lol Merci de m' avoir corrigée, dans ce cas... et un gros merci pour vos comentaires !! ^^
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Messagepar kafff » 17 avr. 2004 20:36

pour tout te dire, laguna, c'est le mari de la mere de ellone (la fille qui envoie squall dans le passé), c'est aussi la fille avec qui squall a passé une bonne partit de son enfance. c'est d'ailleurs en partit parce que ellone est partit que squall est renfermé sur lui meme
voila voila

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Messagepar Rae » 18 avr. 2004 12:13

Ca je le savais, ça va. mais je sais pas , j' étais persuadée que Laguna était le père à Squall... :?
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Messagepar MisterB » 18 avr. 2004 14:31

Heu Laguna personnelement je n'ai jamais entendu à un seul moment du jeu que c'était le père de Elone, mais plutot son oncle. Et le fait que Laguna serait le père de Squall, ben y'a rien qui le prouve, mais rien qui prouve le contraire non plus, il était amoureux d'une femme à Winhill ( Raine si mes souvenirs son bon ), celle-ci a eu un enfant qui pourrait etre celui de Laguna, mais comme elle est morte l'enfant a été elevé dans un orphelina donc pourquoi pas Squall. Ca tu pense un peu ce que tu veux.
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Messagepar kafff » 18 avr. 2004 22:40

tu ne te plante pas completement mister blade.
je n'ai jamais dit que laguna etait le pere de ellone.
il s'est marié a raine qui est la mere de ellone.
mais comme laguna etait assez proche de ellone, celle-ci le considerait comme un oncle.
et squall est bien un orphelin a cause d'une guerre qui serais arrivée 15 ans avant l'epoque ou se passe le jeu.

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Messagepar Belgamesh » 19 avr. 2004 11:44

Je viens de regarder le topic et jai vu que je n'avais encore rien dit ...

Alors voila, j'ai lu l'histoire (depuis le jour où tu la mise, mais jaV pas posté avant ...) et bien sûr j'ai trouver ca SUBLIME !!!!

C'est trop trop bien, moi j'adore ! Tu rentres trop trop bien dans la peau de ton personnage et on dirait trop que t'est une écrivain (ca se dit ?^^) proiffessionelle, à ta façon de racontez cette histoire et à la facon dont tu présente les choses, j'ai tout de suite accroché !

Continues comme ca et écris en des tonnes et des tonnes, je me ferai toujours un plaisir à les lire !^^
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Messagepar Rae » 21 avr. 2004 11:54

Wow, merci beaucoup !! ^^ En fait, si je rentre tellement bien dans la peau du personnage, c' est que j' ai exactement le même caractère !! lol ( en exagérant un peu, ok ! mdr... mais pas tellement en fait ! Mais ... Pourquoi est-ce que tout le monde s' enfuit en courant??! :? :lol: ) Si vous aimez la façon dont c' est raconté , lisez l' Idéaliste, de John Grisham , vous adorerez !! ^^ Je m' en inspire pas mal ... ( pas de l' histoire, mais de la façon dont elle est racontée ... )
Bon, pour la suite, je sais déjà à peu près ce que je vais raconter, j' ai déjà ( ou plutôt enfin ) commencé le chapitre 3, mais je sais pas quand je le mettrai en ligne ... Voilà, voilà ! et merci pour vos commentaires !!
Ah, oui, une remarque : il me semble me souvenir très très vaguement d' une phrase qu' un des amis de Laguna ( celui qui peut encore parler, évidement , mais je me souviens plus du nom :oops: ) aurait dite en voyant Squall : " il ressemble bien à son père" ou un truc approchant ... Voilà, quoi ...

edit : ça y est, j' ai trouvé, en fait c' est Kiros qui dit à peu près " Tu ressembles à ta mère, heureusement que tu tiens pas de ton père"
Et Raine n' est pas non plus la mère d' Ellone, c' était une voisine dont les parents ont été tués . Vala ! ^^
Dernière modification par Rae le 22 sept. 2004 14:17, modifié 1 fois.
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