~ Silent Hill : Return to Paradise ~

Les romanciers en herbe pourront nous faire partager leurs oeuvres littéraires !

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Messagepar fallenRaziel » 15 juil. 2011 22:42

Merci pour ton commentaire.
Faute corrigée^^
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Messagepar fallenRaziel » 16 juil. 2011 10:54

Au fait, Omega, tu connais bien Silent Hill ?
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Messagepar OmegaClaoud » 16 juil. 2011 13:26

Assez pour savoir que je me suis déjà fait pipi dessus lorsque j'ai joué au premier, lorsque j'avais 10 ans ^^"
J'avais commencé a joué au 2 mais j'ai du renoncé ma PS2 ne marche plus, j'avais aussi fini a moitié le 3 avec un ami.
J'ai vu aussi le film que j'ai trouvé assez moyen, mais sympa, notamment le moment avec Pyramide Head, et la petite fin bien gore.

Toi aussi t'es une grande fan de Silent Hill?
“Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses !”

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Messagepar fallenRaziel » 16 juil. 2011 13:33

Totalement, surtout du 4^^
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Messagepar fallenRaziel » 18 juil. 2011 10:59

Chapitre 09121 - (William Gregory)
KENTÊSIS

«Le Temps est un grand maître, le malheur c'est qu'il tue ses élèves...»



19 février 1994... Ashfield Heights... 03H13...

William se réveilla en sursaut. Il était en sueur, son drap entortillé tout autour de lui. Quel cauchemar il venait de faire ! Ces deux pauvres gamins... hachés menus par une ombre dense... un sourire flottant dans le noir. Encore plus effrayant que ses cauchemars habituels. Il prit ses lunettes de vue posées sur la table de nuit, chaussa ses mules et mit sa robe de chambre ; comme à chaque fois qu'il se réveillait de cette manière, il avait des envies de travailler. De toute façon, il ne pourrait pas se rendormir, autant faire quelque chose d'utile.

Il descendit les quelques marches qui séparaient sa petite chambre de la cuisine et ouvrit la porte du frigidaire. Une bonne bière bien fraîche ferait disparaître les derniers bribes du rêve. Non. Ses rêves ne disparaissaient jamais, ils s'accrochaient à lui comme des sangsues pour lui sucer le sang. Le peu de vie qui lui restait. Il avala la moitié de la bière d'un coup : William n'était plus assez jeune pour s'offusquer de ce que la nuit pouvait apporter dans son sommeil, mais ce rêve-là... Il ne l'avait encore jamais fait, et jamais il n'avait rêvé avec une telle précision.

Il s'était habitué aux nuits agitées, cela faisait maintenant six ans qu'il faisait des cauchemars sans queue ni tête, depuis la visite de l'étrange jeune homme. Il ne pourrait pas l'oublier celui-là : il était entré dans son horlogerie pour lui donner une montre à réparer. Un bien étrange objet, dont William n'avait jamais vu le semblable. Il l'avait examiné brièvement mais n'avait pas réussi à déterminer l'origine du mécanisme. Il avait dit à l'homme qu'il s'en chargerait et lui avait demandé de repasser plus tard, mais il n'était jamais revenu. William avait gardé la montre dans un tiroir de son établi mais n'y avait pas retouché depuis.

Cela lui donna envie de bidouiller un peu, les doigts le démangeaient ; il poussa la porte du fond de la cuisine et déboucha dans sa pièce de travail : des outils pendaient au mur, des caisses de pièces détachées jonchaient le sol ; au milieu de tout ce bric-à-brac trônait son plan de travail, un vieux bureau en bois maculé d'huile et de peinture dorée ou argentée. Il ouvrit un tiroir et sortit un vieux réveil-matin cassé que la voisine lui avait demandé de réparer. William Gregory n'avait jamais eu besoin de réveil : il se levait toujours à l'heure qu'il fallait. Son horloge interne, paraît-il. Il trouvait amusant de penser qu'il avait une horloge dans sa vieille caboche.

Il ouvrit le couvercle dorsal de l'appareil, prit son tournevis fétiche, celui au manche en métal (presque une simple barre de fer plate à son extrémité) et commenca à inspecter le mécanisme.

- «Allez, dis à papa ce qui ne va pas.»

Ses capacités dans le domaine de l'horlogerie lui donnaient l'impression de détenir une sorte de pouvoir : il avait la faculté de déterminer le cours du temps pour les personnes qui réclamaient son aide. Un peu comme Dieu. Il ne tenait qu'à lui que ces aiguilles marquassent de nouveau l'écoulement du temps. Et lorsque le petit tic-tac régulier retentissait de nouveau, il se sentait satisfait.

William réajusta ses petites lunettes qui avaient glissé sur son nez ; il n'était plus de toute première jeunesse, même s'il ne se défendait pas trop mal pour un homme de soixante-treize ans. Et il avait toujours de la clientèle, ce qui lui permettait de continuer à voir du monde, même s'il ne sortait plus trop de chez lui. Un coup de tournevis comme ceci. Un cliquetis retenti, suivi du tic-tac caractéristique : Mlle Fiona, la vieille d'en face, serait contente de retrouver son appareil réparé.

Le vieil horloger ne se sentait pas satisfait : ce bricolage était trop facile pour lui. Il sortit un autre appareil cassé et entreprit de le réparer à son tour. En même temps, il ne put s'empêcher de repenser à ses rêves ; pas le dernier dont il se souvenait encore parfaitement, mais les autres, ceux qu'il faisait depuis six ans. La boule de billard qui roulait toute seule... les ballons dans le trolley... le chat dans sa cage... les bougies sur un gâteau d'anniversaire... Et toujours cette impression de menace qui flottait sur tout... Une respiration sourde, comme s'il était dans le ventre d'une énorme créature... Il n'avait jamais compris le sens de ces images. En avaient-elles un ? Il était trop vieux pour se préoccuper de tous ces trucs surnaturels.

Encore une machine du temps réparée. Il n'avait encore jamais échoué. Il aimait se dire que tant qu'il arriverait à les réparer, la mort serait tenue à distance, que le temps n'aurait pas de prise sur lui. Encore une fois, il avait tenu le temps en respect. La Faucheuse s'éloignait un peu. Il toussa bruyamment en mettant sa main devant sa bouche. Il faut continuer à les réparer, quelque chose ne va pas, quelque chose approche.

Je t'ai encore bien eue, saloperie.

Il ouvrit de nouveau le tiroir et en sortit un petit appareil au toucher satiné ; en le portant devant ses yeux, il le reconnut : c'était l'étrange montre inconnue que l'homme lui avait apporté. Elle était restée dans ce tiroir pendant six ans et voilà qu'elle lui tombait sous la main par hasard.

- «Tu veux que je te répare, ma belle ?» se dit-il

La montre semblait émettre de vagues vibrations dans sa main ouverte, comme si elle vivait ; mais elle était bien cassée, elle n'émettait pas de tic-tac . William voulu l'ouvrir mais il ne put pas : le couvercle semblait coincé.

Il fait chaud ici.

Il s'empara de son tournevis pour tenter de dévisser le couvercle, mais il ne trouva pas de vis.

De la lumière, je ne vois rien.

En fouillant à tâtons dans le tiroir pour trouver un autre outil, il retira brusquement sa main qui était entrée en contact avec quelque chose de chaud et d'humide. Il regarda sa main dans la faible lumière de la pièce : c'était rouge... et cela sentait mauvais. Il baissa les yeux vers le fond du tiroir. et bascula presque de son siège.

Pitié, arrêtez ce bruit !

Le tiroir se délogea de lui-même, suivit dans sa chute par un flot de sang épais charriant des morceaux de métal ; le sang se répandit à terre, se colla au sol, telle une créature visqueuse et vivante, aux murs, au plafond, teintant la lumière d'écarlate ; dégoûté et interdit devant ce spectacle, William Gregory se redressa péniblement, une main agrippée à sa poitrine : son coeur battait à tout rompre... mais ce n'était pas le bruit de son coeur qu'il entendait, qu'il redoutait...

La voilà.

Un grincement formidable résonnait dans la pièce, faiblement d'abord puis avec plus de force à mesure que «ça» approchait : cela ressemblait aux rouages rouillés de dizaines de mécanismes métalliques, broyant, déchiquetant, râclant les uns contre les autres dans un chaos absolu. William se boucha les oreilles, mais il l'entendait toujours aussi distinctement, davantage même. La chose approchait, toute de métal, de griffes et de mort.

Son dos était hérissé de rouages bruyants et de têtes de mort ; ses longues pattes fines comme des fuseaux et aiguisées comme des lames de rasoirs s'entrechoquaient ; ses ailes déchirées vrombissaient dans un vacarme assourdissant ; de sa gueule hérissée de mandibules gigotantes jaillissait un engin de mort prêt à frapper et sa queue bardée de fer se terminait par un affreux outil pointu maculé de sang frais.

La Faucheuse.

«Les gens pressés ne vont nulle part.»

William ne voulut pas regarder mais comment s'en empêcher ? La créature de cauchemar avançait comme suspendue par un fil, sans toucher le sol, et l'horrible morceau de fer qui sortait de sa bouche produisait toujours ce grincement suraigu, insupportable, entrant, sortant par un horrible jeu de vis qui transformait le tout en instrument de torture vivant. Le vieil homme se massait la poitrine pour tenter d'apaiser son coeur.

- «C'est le moment», souffla-t-il. «Tu est venue me chercher. Je ne l'ai pas réparée. J'ai échoué. Le Temps m'a rattrapé...»

Il ferma les yeux en soupirant, ayant juste le temps de voir l'horreur suspendue introduire son appendice caudal dans la montre cassée restée sur le bureau... qui excréta une flaque répugnante de sang avant de s'auto-détruire. L'odeur de sang frais le prit à la gorge, il fut pris de nausée, faillit s'évanouir, s'affaissa sur lui-même en poussant un râle. Il comprenait maintenant le sens des rêves ; oh oui, il comprenait tout ! L'homme, la montre, le chat dans la cage, les bougies allumées, les enfants assassinés, tout était clair ! Il tenta de se redresser, s'agrippant au mur derrière lui, mais il était poisseux et glissant.

- «Laisse-moi encore une chance ! Laisse-moi la réparer ! Mon heure n'est pas venue !» cria-t-il aux ténèbres avec l'énergie du désespoir.

Il entrouvrit un oeil : la pièce s'était renversée, son établi collé au plafond. Ou était-ce lui ? Le grincement abominable se rapprocha encore et il vit briller près de lui le maudit tournevis qui avait tué son temps. au bout de la queue du monstre... qui le frappa, dans la nuque, une fois, une deuxième fois, dans l'épaule, une troisième fois, dans le coeur.

Pourquoi m'as-tu choisi, moi ?...

Au moment de fermer les yeux à jamais, il vit flotter un sourire dans le noir. Un sourire qu'il connaissait bien... qui hantait ses cauchemars depuis six longues années.

_________Image_________

19 février 1994... Ashfield Heights... 09H24...

La police s'était faite discrète. La vieille femme, Mlle Fiona, une retraitée qui vivait avec ses trois chats, avait juste eu le temps d'appeler le commissariat d'Ashfield avant de tomber dans une espèce de dépression nerveuse ; les policiers l'avaient trouvée, en état de choc, à côté du combiné de téléphone de l'horlogerie du quartier. Les agents n'avaient pas eu besoin d'aller bien loin pour trouver le lieu du crime.

Dans une espèce de garage, un cadavre reposait dans une mare de sang ; visiblement poignardé, avec un tournevis qu'on avait trouvé à côté ; les agents s'en emparèrent dans l'espoir d'y trouver des empreintes. Les chiffres 09121 étaient profondément scarifiés sur la poitrine.

Aidan Bearchan sortit un mouchoir pour s'essuyer le visage : les gouttes de sueur qui coulaient dans son cou n'étaient qu'en partie dues à la chaleur de ce début de matinée.

- «Aucune déclaration, à qui que ce soit, il faut garder ce meurtre secret. Sinon on va encore avoir droit à une pression pas possible de la part des médias...», souffla-t-il.

Le quartier avait été mis sous haute surveillance policière depuis quelques jours, étant donné que le tueur semblait apprécier ce coin. Mais aucun des agents de service cette nuit et patrouillant dans les lieux n'avait vu ni entendu quoi que ce soit. C'était incompréhensible. Ce tueur était un vrai coup de vent, une rumeur, un songe. Bearchan ne savait plus quoi faire, il était démuni ; de toute sa carrière, il n'avait jamais été confronté à un cas de ce genre.

Le lieu empestait le sang, une odeur qu'il avait trop souvent l'occasion de sentir ces derniers temps. 09121... La neuvième victime... En toute logique, si il y avait une prochaine victime, elle devrait porter le 10121... C'était cela : le tueur tenait des comptes. Mais que signifiaient les autres chiffres ?

Presque malgré lui, il pensa à Sullivan. Il fallait essayer de trouver des liens entre lui et William Gregory, le vieil horloger. Il n'aimait pas cela, mais il fallait qu'il le fasse.

________Image__________

19 février 1994... Commissariat d'Ashfield... 14H35...

Aidan Bearchan regarda sa montre : il était presque l'heure de la convocation de Sullivan. Il avait déjà prêts devant lui un bloc-note et un crayon. Il passa un doigt dans le col de sa chemise pour desserrer sa cravate : il faisait vraiment chaud aujourd'hui. Le dernier meurtre avait été caché aux médias ; le seul témoin, la vieille dame, était à l'hôpital en état de choc, et aucune fuite n'avait eu lieu.

Pour une raison qu'il ignorait, il redoutait de se retrouver de nouveau devant Walter Sullivan. Il ne l'avait pas revu depuis qu'ils s'étaient croisés dans l'immeuble de Frank Sunderland, et il ne s'était pas encore remis de cette rencontre... comme si le destin avait décidé de toujours les remettre en présence l'un de l'autre. Bearchan n'avait encore aucune preuve tangible à présenter de la culpabilité de Sullivan et il espérait toujours ne pas en trouver. Il savait que son attitude était un frein pour faire avancer l'enquête, mais il ne pouvait pas se résoudre à faire de ce gosse le coupable idéal. Il voulait arrêter le coupable mais il ne voulait pas que cela soit Sullivan.

Il se prit la tête dans les mains ; il ne savait plus où il en était ni quoi penser. Etait-il responsable de la mort de ces deux enfants innocents et de ce vieillard sans histoire ? S'il avait fait mettre Sullivan en garde à vue ne serait-ce qu'une nuit, aurait-il pu les sauver ? Cette éventualité le torturait.

Un grincement se fit entendre et il tourna les yeux vers la porte ; sa secrétaire introduisit Walter Sullivan dans la pièce. Bearchan se redressa sur son siège, ne laissant paraître aucune faille. Il allait falloir l'interroger sérieusement. Il jeta un dernier coup d'oil à sa montre : pile à l'heure.

- «Ca ira, vous pouvez nous laisser», dit-il à l'adresse de sa secrétaire.

La porte se referma et Bearchan se prépara à affronter Walter Sullivan qui venait de s'asseoir devant lui, sans y avoir été invité, ce qui ne lui ressemblait pas. Mais après tout, il ne s'agissait pas d'un entretien d'embauche.

- «Vous êtes très ponctuel, Mr. Sullivan.», hasarda Bearchan pour tenter de briser la glace, sans pour autant faire preuve de sympathie.

- «Toujours.», répondit mystérieusement le jeune homme.

Walter avait posé ses mains sur ses genoux, sous la table, et Bearchan se sentit un peu déstabilisé de ne pas les voir. Les traits du jeune homme étaient tirés, fatigués, il semblait avoir passé une mauvaise nuit. Intéressant. Il le nota dans son bloc.

- «Vous savez pourquoi vous êtes ici ?» interrogea l'inspecteur.

- «Un autre meurtre, sûrement ?», répondit Walter en poussant un soupir affligé.

- «Connaissiez-vous la victime, Mr William Gregory, soixante-treize ans ?»

- «De vue. Je l'ai vu à la boulangerie deux ou trois fois.»

- «Est-ce tout ?»

Bearchan se pencha un peu par-dessus la table, comme pour inviter le jeune homme aux confidences. Walter détourna le visage.

- «Oui, rien de plus, je ne le connaissais pas vraiment.»

- «Où étiez-vous aujourd'hui vers 3 heures du matin ?», demanda Bearchan du tac-au-tac.

Walter leva vers lui un regard suppliant et l'inspecteur se sentit de nouveau pris au piège de son regard si clair.

- «Dans mon lit, il me semble. En général, je dors à cette heure-ci.»

- «Je suppose que personne ne peut le confirmer ?»

- «Je dormais seul, si c'est ce que vous voulez dire. Mais mon concierge vous confirmera que je ne suis pas sorti.», répondit Walter.

- «On le lui demandera, soyez-en assuré...»

Bearchan griffonna sur son bloc. Seul le frottement de la mine carbone sur le papier se fit entendre pendant deux minutes. Doucement, Sullivan posa ses main sur la table, tout prêt de celles du commissaire.

- «Vous êtes en train de m'accuser, n'est-ce pas ?», souffla Walter presque comme une confidence.

Le commissaire se remit à suer à grosses gouttes ; comment pouvait-il se laisser intimider par ce gamin ? Il posa son crayon et croisa ses mains sur le bureau, en essayant de soutenir du mieux possible les yeux glacés de son interlocuteur.

- «Je ne vous cache pas que vous êtes le principal suspect dans cette affaire : les meurtres semblent vous suivre dans tous vos déplacements», déclara Bearchan sans trembler.

Un sourire inattendu se dessina sur le visage de Sullivan. Il se pencha un peu plus vers Bearchan.

- «Mais quelles preuves avez-vous exactement ? Dois-je faire appel à un avocat ?» demanda-t-il presque sur le ton d'une plaisanterie.

- «Je n'en ai pas, je cherche encore», répondit l'inspecteur en se penchant à son tour. «J'en suis encore à essayer de comprendre ce qui se passe.»

- «Combien de temps cela va-t-il durer ? Combien de victimes vous faudra-t-il avant d'avoir une preuve ?», susurra Walter, en posant ses mains sur celles de Bearchan.

Le commissaire eut le souffle coupé devant ce demi aveu ; il poussa un peu sa chance.

- «Que savez-vous ?» demanda Bearchan en saisissant une des mains de Sullivan.

Cette main avait-elle ôté la vie des enfants Locaine ? Avait-elle poignardé le vieux Gregory ? Comment le savoir ? Walter retira sa main lentement, comme à contre-coeur.

- «Je sais qui vous êtes, commissaire Aidan Bearchan», prononça Walter Sullivan en se radossant à sa chaise. «Vous et moi, nous ne sommes pas si différents ; quelque chose vous ronge, une obsession, un souvenir, un besoin qui vous rend dingue. Et vous seriez prêt à tout pour guérir.»

Walter Sullivan avait adopté un ton et une attitude que Bearchan ne lui avait encore jamais vu ; il semblait désinvolte et sûr de lui ; comment savait-il... ?...

Le jeune homme se pencha de nouveau vers lui et cette fois, il lui prit la main, avec une douceur inattendue.

- «Je sais ce que vous ressentez», lui glissa-t-il à l'oreille. «Je le ressens moi aussi chaque jour. Cette brûlure, ici... et ici.» Walter désigna tour à tour sa poitrine puis sa tête. «Ca ne nous quitte jamais, c'est une torture de la nuit et du jour.»

Il serra plus fort la main du policier qui ne trouva pas la volonté de se libérer, tellement il était hypnotisé par la voix du jeune homme qui semblait lire dans son âme.

- «C'était sans doute leur heure. Et leur mort contribuera peut-être à de plus grands desseins. Et quand tout sera accompli, vous et moi, nous ne souffrirons plus.», murmura Sullivan.

- «Que savez-vous ?» répéta Bearchan, éprouvé et presque suffoquant.

Walter s'approcha encore de lui, tellement prêt que Bearchan aurait presque pu sentir ses longs cils sur sa joue ; le jeune homme effleura des doigts la mâchoire du policier.

- «Vous la sentez, cette douleur... ?...», murmura Walter.

Walter Sullivan n'ajouta rien de plus, il se leva, sans un mot, son éternel sourire sur le visage, et sortit de la pièce, laissant un Aidan Bearchan pantelant, suant et presque en syncope, qui n'eût même pas la force de le retenir. Quelque chose l'avait frôlé, qui dépassait la simple existence de ce garçon, quelque chose de puissant, de terrible, de sanguinaire. Il avait senti l'odeur du sang pendant quelques secondes... sur ses propres mains. Et une brûlure intolérable le consumait là où Walter Sullivan l'avait touché du bout des doigts.

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Messagepar fallenRaziel » 27 juil. 2011 10:20

Chapitre 10121 - (Eric Walsh)
OREXIS


"Les repas de famille ne consistent pas à se manger entre parents..."


20 février 1994... Appartement 27, Ashfield... 10H46...

Errol Casey tambourinait à la porte du 27. Il avait un mandat pour pénétrer de force dans les lieux, mais il voulait autant que possible faire les choses en douceur. Le vieux concierge était là, avec sa femme, comme témoins, interdit, se tordant les doigts et répétant qu'il n'avait pas vu Mr Sullivan depuis plusieurs heures, que c'était un gentil garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche. Casey s'en moquait : il savait très bien pourquoi il était ici et comptait mener sa mission à bien.

Cela faisait une journée que Walter Sullivan avait quitté le commissariat juste après son entrevue avec le commissaire Bearchan, sans dire un mot et en ayant laissé son collègue dans un état de choc sérieux. Casey ne savait pas ce qui s'était dit, mais il soupçonnait Sullivan d'avoit fait des révélations fracassantes à Bearchan, ce qui expliquait pourquoi celui-ci avait obtenu assez vite un mandat de perquisition par le juge d'instruction du 73 ème Comté.

Personne ne répondait aux coups de Casey et du reste, aucun mouvement ne se faisait entendre de l'autre côté de la porte. Il se tourna vers le concierge et le somma d'ouvrir la porte du 27. Le concierge protesta un peu, pesta contre la police pour la forme, mais sortit son trousseau de clefs et ouvrit l'appartement. Casey, et deux policiers venus avec lui, pénétrèrent dans le vestibule ; un coin cuisine à gauche, un petit salon en face, un couloir à droite, donnant sur la chambre à coucher et la salle de bain : semblables à ceux de tous les appartements du quartier. Pas de photos, pas de cadres sur les murs, pas de télévision ni de poste de radio, pas de canapé ; seule une pendule accrochée au mur, une table basse, un frigidaire vide. Difficile de croire que quelqu'un vivait ici.

Casey emprunta le couloir menant à la chambre, passa devant la salle de bain (minuscule mais bien suffisante pour une personne seule), et entra dans la pièce contenant un lit une place, une armoire avec quelques vêtements, une table de nuit, un petit bureau ; une guitare était posée contre le mur, incongrue dans cette pièce spartiate ; pas de téléphone. Là encore, rien sur les murs, mais quelque chose attira l'attention de Casey : une petite bibliothèque murale, contenant une dizaine de livres en tout, sur laquelle était punaisée une feuille blanche sur laquelle était griffonnné un étrange dessin rouge circulaire ; deux bougies fondues se trouvaient de chaque côté. Casey se demanda s'il devait prendre ceci, mais décida de ne pas y toucher. Le contenu de la bibliothèque n'était pas très intéressant : quelques ouvrages parlant des Indiens d'Amérique, des Pawnees, d'autres parlant des premières colonies américaines, d'autres de folklore. Et là, coincé entre deux volumes, un petit cahier, ressemblant à une petite Bible. Il mit ses gants et lut le titre. Les 21 Sacrements ou la Descente de la Mère Divine .

Il avait déjà lu ces mots mais il ne se souvenait plus où. Mais si bien sûr ! C'étaient les mêmes mots que ceux qu'il avait lu dans l'espèce de journal que Jimmy Stone rédigeait au moment de mourir ! Le truc en rapport avec le culte de Silent Hill. Casey venait de trouver un lien formel entre Walter Sullivan, le culte de Silent Hill et Jimmy Stone. Bearchan ne pourrait plus nier les faits maintenant ! Il mit le petit cahier dans un sachet en plastique comme pièce à conviction.

Les deux autres policiers fouillaient la chambre : l'armoire n'était pas vide, et dans un coin de la chambre, un sac de voyage traînait, ouvert. Visiblement, Sullivan n'avait pas fui, ses affaires étaient là. Mais qui savait ce qu'un tueur (présumé, se corrigea mentalement Casey) pouvait avoir dans la tête ?

Restait à trouver Walter Sullivan et Dieu seul savait où il pouvait bien être.

__________Image___________

20 février 1994... Bar «Southfield», Ashfield... 18H57...

Les clients du bar, un homme et une femme, sortirent bras-dessus bras-dessous, sous un ciel nuageux et menaçant. Eric passa un coup de chiffon sur le comptoir en zinc tout en les regardant. La femme avait pas arrêté de lui faire de l'oeil, ce qui n'avait pas été pour lui déplaire. Il lui avait fait une petite démonstration de sa dextérité en lui préparant un cocktail maison, le Walsh Love ; elle avait bien aimé, mais le type, lui, n'avait pas apprécié. Après avoir bu un verre ou deux, voilà qu'ils repartaient. Eric n'y pouvait rien : le métier de barman plaisait aux femmes.

Le gérant du bar, Mr Gareth, se pointa dans la seule et unique salle prévue pour la clientèle et se dirigea vers Eric. Il avait sa tête des mauvais jours, et Eric n'aimait pas ça. Il n'allait quand même pas lui gâcher la journée, ce vieux barbon ?

- «Ric, on va fermer plus tôt ce soir ; il va y avoir de l'orage et je voudrais pas que tu te retrouves coincé ici», déclara Mr Gareth. «De toute façon, avec ce temps, on n'aura plus de clients aujourd'hui, le chiffre est fait, c'est le principal.»

Eric Walsh fut agréablement surpris : son vieux patron le libérait plus tôt ! Bien sûr, il savait que c'était un jour spécial pour Eric aujourd'hui. Il allait pouvoir rentrer chez lui organiser ça.

- «Veille quand même à ce que tout soit propre pour demain», précisa le gérant. «Après tu pourras partir. Ah si, encore une chose : le numéro de téléphone du bar a changé, pense à faire un message sur le répondeur pour nos clients.»

Il se détourna, et jeta avant de disparaître :

- «Oh ! Et bon anniversaire !»

Mr Gareth sortit par la porte du fond, sans doute pour régler quelques détails dans son bureau. Eric était de bonne humeur. Il allait faire rutiler tout cela et après il se rentrerait tranquillement, en essayant d'éviter la pluie. Malgré tout, le gérant avait eu l'air soucieux en lui annonçant la bonne nouvelle. Y avait-il une autre raison à cette fermeture inopinée ? Eric s'en foutait, en fait.

Il s'approcha de la table de billard et remis les boules dans le triangle, bien au milieu ; puis, il reprit son chiffon et entrepris d'astiquer tout ce qui pouvait l'être : il n'était pas maniaque, mais Mr Gareth oui, et il ne voulait pas qu'il trouve une excuse pour l'engueuler. Il frotta le chrome des robinets, des chaises de bar, passa un coup aussi sur les bouteilles multicolores, et même les poignées de porte. Pour finir, il sortit la serpillère pour faire briller le sol comme un miroir. Sa tâche terminée, il se rendit au vestiaire pour prendre ses affaires. Juste avant de sortir, il décrocha le combiné du téléphone du bar et enregistra un message informant les clients du nouveau numéro. Content de lui, il enfila son blazer, sortit ses clefs de voiture et ouvrit la porte du bar pour se jeter dans un début de tourmente.

Le ciel était bas, et il voyait même quelques éclairs déchirer les nuages au loin. Sa voiture était garée en contrebas dans le parking, et il se dirigea vers elle à grands pas.

Il y avait quelques bouchons entre chez lui et le bar, et il dû apostropher vulgairement quelques automobilistes qui avaient sûrement eu leur permis dans une pochette surprise. Heureusement, il n'était pas trop loin de son domicile, ce qui lui permit de ne pas trop oublier son savoir-vivre.

Il gara sa voiture en bas de chez lui, un petit immeuble assez cossu, loin du centre-ville. Il vit la voiture de son père, et pensa à la petite fête qui allait avoir lieu : ce n'était pas tous les jours qu'on avait vingt-quatre ans. Il était un adulte maintenant mais sa mère avait toujours tenu à fêter ses anniversaires en grandes pompes, avec toute la famille. Etaient-ils déjà tous là ? Rien qu'en pensant au gâteau que sa mère avait dû faire pour lui, il salivait d'avance.

En montant les escaliers qui menaient à son étage, il sortit de sa poche un sachet de bougies bon marché : tous les ans il fallait de nouvelles bougies, c'était la règle. Il aimait bien que toute sa famille soit réunie, la famille, c'est sacrée. Il y aurait sûrement l'oncle Hale et la tante Isla, ses deux cousins Jörn et Kalman, son grand-père et sa grand-mère maternels, peut-être son autre oncleLee, un solitaire qui vivait pas loin d'ici et qui ne manquait jamais une occasion de venir les voir. Ca ferait pas mal de monde dans leur petite appartement, mais il aimait bien ça, sentir leur présence.

Il arriva sur le palier et tapa contre la porte selon un code qu'il avait mis au point avec ses parents. Personne ne répondit mais la porte s'ouvrit. Il entra, posant les bougies sur le guéridon de l'entrée.

- «Maman ! Papa ! Je suis rentré !» cria-t-il au silence.

Il enleva son manteau et le pendit à une patère. Il se dirigea vers le salon, dans lequel la table avait été dressée et sur laquelle un gros gâteau était posé. La pièce avait été décorée pour l'occasion de tout un tas de fanfreluches en papier, que sa mère avait dû faire pendant la journée. Eric sourit : la famille était peut-être sortie faire une dernière course, il n'avait pas prévenu qu'il sortait plus tôt que d'habitude.

Il enleva ses chaussures et s'assit dans le canapé, attendant que sa famille revienne. Pour une raison qu'il ignorait, il faisait étrangement chaud dans la pièce, mais il ne pouvait pas ouvrir les fenêtres car la pluie avait commencé à tomber. Les lumières du salon tressautèrent et s'éteignirent. Et merde ! Une panne d'électricité maintenant ! Il alla chercher à tâtons les bougies dans l'entrée, les déballa et les plaça sur son gâteau à la lueur d'un éclair. Il gratta une allumette et les laissa illuminer la pièce de leur pâle lueur tremblotante. Il remarqua à quel point la lueur des bougies pouvait être lugubre quand on était seul. Mais où étaient-ils ?

Le sol semblait mou sous ses pieds. Etait-ce de l'humidité ? Mou et collant. Ce n'était pas normal. Il prit une bougie et la dirigea vers le sol : il était rouge. Bizarre. Le sol de l'appartement avait toujours été de couleur crème, en tout cas il avait cette couleur quand il était entré. Il devait être fatigué, ses yeux lui jouaient des tours.

C'est au moment d'aller se rasseoir qu'il entendit le frottement. Comme quelque chose de sec contre du papier.

Il se retourna vers l'escalier qui menait à l'étage. La pénombre était épaisse et on y voyait pas à deux pieds devant soi. Eric pensa alors que sa famille lui avait fait une surprise, ou avait voulu lui faire peur, qu'ils étaient tous cachés en haut, dans les chambres. Il le croyait toujours au moment où il vit une main... une main énorme jaillir de l'obscurité et agripper le chambranle de la porte. Une main, puis un bras, puis un torse disproportionné, et enfin une tête. Non, deux têtes... sur un seul tronc. Eric recula, et fit tomber sa bougie qui s'éteignit.

Si seulement il avait pu ne pas voir ce qui approchait. Mais les autres bougies continuaient de dispenser une lumière chiche dans la pièce et il y voyait suffisamment clair pour enregistrer en un coup d'oeil tous les détails de la... chose qui venait vers lui : à première vue, cela ressemblait à un être humain, mais ses proportions étaient impossibles ; deux têtes sur un seul cou... plus de deux têtes en fait, il y en avait encore une sur le torse, du côté gauche. Leurs traits lui semblaient horriblement familiers. Les mains et les épaules étaient énormes, mais les bras ridiculement maigres. Les genoux... les jambes... disproportionnés. Rien à voir... Les visages, mon dieu !

La créature traîna sa carcasse disgracieuse jusqu'à une chaise et s'assit. Eric était pétrifié : d'autres têtes dans le dos, deux grosses, et deux autres plus petites ; les bouches se tordaient comme pour parler, et de fait, Eric entendit bien un son sortir de ses orifices :

- «Nous sommes tous ensemble, Eriiiiiiic.»

Il ne reconnaissait pas la voix, mais elle lui était familière : c'étaient les voix réunies de tous ses proches, dont les têtes dépassaient de la chair parcheminée de la chose assise devant lui. Ses deux parents lui souriaient par-devant, ses cousins le regardaient par-derrière. Cela ne pouvait être... Eric ouvrit le tiroir de la commode derrière lui et se saisit du revolver de son père. Il pointa le canon sur cette monstruosité qui ne pouvait venir que de ses pires cauchemars.

Une autre voix, étrangère celle-là, résonna dans ses oreilles :

«Maman est partie au ciel maintenant. Pourquoi ne veut-elle pas descendre ?...»

Eric retint sa respiration : il ne pouvait pas tirer sur eux, ils étaient tout ce qu'il aimait, tout ce qu'il avait. Ce serait si doux de fermer les yeux et de réentendre leurs voix, à tous. Aussi, il retourna le canon de l'arme vers lui, et avec un sourire béat, il se dit que, oui, vraiment, c'était un splendide anniversaire.

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20 février 1994... Appartement des Walsh, Ashfield... 20H08...

La pluie tombait à pierre fendre. C'était comme si elle ne s'était pas arrêtée depuis hier soir. Un nouveau meurtre. Casey était au bord de la syncope. Rien vu, rien entendu, encore une fois. Ou plutôt si, un coup de feu, perçu par les voisins des Walsh, vers 19H20, hier soir. Tout le monde savait que Mr Walsh avait un revolver dans le voisinage, mais il ne s'en servait jamais. Le bruit avait alerté les voisins qui avaient alors appelés la police ; avec les meurtres qui avaient eu lieu récemment dans le quartier, les gens étaient sur les nerfs.

Seul le fils des Walsh se trouvait au domicile, une balle dans la tête. Un suicide ? Cela en avait tout l'air, et pendant un instant, Casey espéra que ce n'était pas le tueur aux chiffres. Mais un coup d'oeil sur le corps lui fit perdre bien vite ses illusions. 10121... scarifié sur le bras gauche... Et les coutures sur le torse... Le coeur emporté, comme sur tous les autres cadavres... C'était encore lui, pas de doute. Mais qui était ce «lui» ? Walter Sullivan ? Son signalement avait été distribué dans tout Ashfield et personne ne l'avait vu jusqu'à présent. S'était-il faufilé dans ce bâtiment à l'insu de tous ? Peut-être Eric Walsh l'avait-il surpris chez lui, avait essayé de se défendre, pensant à une agression, peut-être le coup était-il parti tout seul ? Non, le rituel continuait, celui des 21 Sacrements, il en était persuadé. même s'il n'avait toujours pas compris le but de la manoeuvre.

Un gâteau d'anniversaire recouvert de cire froide trônait sur la table de la cuisine. Il fallait qu'il informe la famille de ce jeune homme de ce que qui s'était passé. Mourir le jour de son anniversaire... Quel symbole cela devait représenter pour le tueur ?

Casey voulut se détourner de la scène de crime, dégoûté par sa propre incompétence à arrêter ce massacre. Mais quelque chose attira son attention : une feuille de papier pliée plantée dans le gâteau. Etait-ce un simple mot de félicitation ? Casey le prit et le déplia. Il n'y avait que ces quelques mots :

Pour le commissaire Aidan Bearchan

L'un des chiffres est un symbole


Cela avait été laissé par le tueur. C'était un indice. Il se moquait d'eux. Ou alors il voulait se faire prendre. Casey allait tout faire pour que cela arrive au plus vite.

Casey se détourna et sortit sous la pluie battante. Levant les yeux, il aperçu au loin une silhouette immobile, dans la tourmente, familière. Elle semblait tournée vers lui, la tête levée comme pour recevoir le baptême du ciel. Son sang ne fit qu'un tour : il courut à l'endroit où il avait vu l'apparition, mais le temps qu'il y parvienne, celle-ci avait disparu, comme un mirage dans le désert qui disparaît une fois qu'on croit l'avoir atteint.

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20 février 1994... Appartement d'Aidan Bearchan, Pleasant River... 21H19...

Encore un meurtre. Un jeune barman. Une balle dans la tête. pour faire penser à un suicide ? Aidan Bearchan en doutait, cela faisait partie d'un plan, d'un schéma, que le tueur leur imposait.

Il était rentré chez lui après que Casey lui ai fait son rapport. Ce dernier lui avait donné le petit cahier trouvé chez Sullivan, ainsi que la note que le tueur avait laissé à son intention sur le dernier lieu du crime. Bearchan savait qu'il ne fallait pas amener son travail chez soi quand on était flic, mais il ne pouvait pas fermer l'oeil avant d'avoir élucidé ce mystère.

Après avoir pendu son manteau dans l'entrée, il avait sorti le cahier de sa poche et s'était mis à lire ; cela ressemblait beaucoup au journal qu'on avait trouvé sur le lieu du premier crime, à Silent Hill :

"La Descente de la Mère Divine - les 21 Sacrement
le premier signe
Et Dieu a dit,
Le moment venu, ma colère purifiera le monde.
Rassemble l'Huile blanche, la Coupe noire et le sang de dix Pécheurs.
Apprête-toi, pour le Rituel de la Sainte Assomption."

Cela parlait d'un rituel destiné à élever quelque chose ou quelqu'un ; pour cela, il fallait faire couler le sang de dix personnes. Les dix meurtres ?

«Le Deuxième Signe
Et Dieu a dit,
Donne le Sang des dix Pécheurs et l'Huile Blanche en offrande.
Tu seras libéré du carcan de ton enveloppe terrestre et jouira du Pouvoir des Cieux. De la Nuit et du Néant, fais rejaillir les Ténèbres et ceins toi de Désespoir au nom de l'Elu.»

Donner du sang en offrande ? Visiblement pour se libérer de quelque chose, de son propre corps ? Et quelle était cette huile blanche ? Il allait ordonner qu'on fouille l'appartement de Sullivan de fond en comble afin de trouver des produits suspects.

«Le Troisième Signe
Et Dieu a dit,
Retourne à tes sources à travers la Tentation du pêché.
Sous l'oeil vigilant du démon, erre seul dans le Chaos sans contours. L'alignement des quatre Expiations en dépend.»

Cela devenait de plus en plus confus pour lui. Il ne s'était jamais intéressé à l'ésotérisme, mais ce texte faisait résonner en lui quelque chose de personnel, d'intime, de profondément ancré en lui.

«Le dernier signe
Et Dieu a dit,
De ta chair sépare la Mère Réincarnée et l'Elu.
Ta tâche accomplie, le Mystère des 21 Sacrements provoquera la réincarnation de la Mère et la rédemption de la Nation du Péché.
»

Ce rituel était donc censé ramener quelque chose à la vie, dans le monde. La Mère ? Ou avait-il déjà entendu parlé de la Mère Divine ? A Silent Hill... à l'époque où il y habitait... il y avait si longtemps... Toute cette histoire était liée au culte de Silent Hill. Sullivan avait grandi à la Wish House, à Silent Hill, un établissement qui semblait plus ou moins lié à ce culte. Il n'était pas impossible que le jeune Walter ait pu entendre des choses à ce sujet, et qu'il se soit mis en devoir, une fois adulte, de réaliser certaines... prophéties. Agissait-il seul ? Jimmy Stone semblait au courant de ce rituel puisqu'il l'avait retranscrit dans son journal, entre autres choses. Sullivan avait-il gardé des rapports avec ses anciens tuteurs ? Etait-il épaulé par quelqu'un ?

Bearchan posa son front dans ses mains : voilà qu'il accusait encore Sullivan d'avoir commis les meurtres. Mais il avait des preuves maintenant. Il n'aimait pas cela... surtout la dernière preuve, presque irréfutable : l'écriture du billet trouvé chez les Walsh était la même que celle contenue dans le cahier. Walter Sullivan était l'assassin... ou du moins était lié à lui et en savait plus que ce qu'il n'avait dit.

Il prit la note dans sa main et la relut :

Pour le commissaire Aidan Bearchan

L'un des chiffres est un symbole


Ces mots faisaient sans nul doute allusion aux chiffres retrouvés sur les cadavres. Des chiffres dont il comprenait mieux la signification maintenant. Dix victimes : les deux premiers chiffres désignaient le nombre de victimes ; selon le texte ésotérique, il fallait dix victimes. Devait-il en déduire que les meurtres allaient s'arrêter ? Les deux derniers chiffres se référaient au rituel, les 21 Sacrements. Restait le seul chiffre qui ne voulait rien dire, le 1 au milieu. S'il rassemblait tout ce qu'il savait à présent, le symbole à substituer à ce chiffre était évident.

10/21. Dix victimes sur vingt-et-unes ? Non, le rituel n'était pas encore terminé. Restait à savoir comment il se manifesterait... et où était Walter Sullivan.

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20 février 1994... Commissariat, Pleasant River... 23H30...

Le policier de garde cette nuit n'allait pas tarder à rentrer chez lui. Rien à signaler. Il allait taper son court rapport avant de mettre les voiles. C'est alors qu'il entendit la porte d'entrée du commissariat s'ouvrir puis se refermer. Et merde, se dit-il.

Il fit bonne figure et se retourna vers le visiteur nocturne, un visage qu'il lui semblait avoir déjà vu dans les parages. Il lui fit un grand sourire, ravalant un baillement.

- «Je peux vous aider ?»

- «Je viens me rendre à la police : je suis l'auteur des dix meurtres.»

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Messagepar OmegaClaoud » 28 juil. 2011 21:57

Non non je n'ai pas oublié ta fanfiction ^^, je viens de finir le chapitre 4 et 5, désolé je peux pas avancé plus vite, je fait d'autres bricoles chez moi. Sinon toujours aussi excellent (le style d’écriture, l'ambiance de l'histoire, les personnages, la description des meurtres que j'adore.) En gros continue, pourtant je suis pas un fana des fan-fic mais là, c'est tout simplement géniale !
Par contre y a un truc qui ma perturbé 1 minute, c'est au chapitre 05, c'est le 15 Février ou le 16 ?
Voili voilou, continue et bon courage pour la suite ^^
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Messagepar fallenRaziel » 28 juil. 2011 22:34

Effectivement, c'était une erreur, c'est bien le 16 !
Merci de me lire^^ Mais prend ton temps, y a pas de problème !
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Messagepar fallenRaziel » 17 août 2011 20:32

Chapitre 11121#1 - (???)
MNÊSIS


"Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur ; le souvenir de la douleur est de la douleur encore..."


21 février 1994... Commissariat de Pleasant River… 04H57...

Dans le commissariat de Pleasant River, c’était le branle-bas de combat ; des gens allaient et venaient entre les différentes salles, des ordres étaient donnés en criant, l’atmosphère était moite et chargée d’électricité : on avait enfin capturé le tueur aux chiffres… Enfin, il s’était livré lui-même…

Errol Casey était à cette heure-ci le seul gradé sur place, Aidan Bearchan n’étant pas encore arrivé ; il prenait son travail de commissaire de police de plus en plus à la légère, mais quand Casey lui avait annoncé la nouvelle, il y avait eu un grand silence au bout du fil avant que Bearchan ne lui pose la solennelle question « Qui est-ce ? »
Casey avait eu du mal à répondre malgré son excitation. « C’est… lui, Bear… » Bearchan avait raccroché. Casey ne savait même pas s’il viendrait…

Il se dirigea vers la salle d’interrogatoire principale, dans laquelle le criminel avait été enfermé, sans qu’il oppose la moindre résistance d’ailleurs ; ce qui n’était pas étonnant vue la nonchalance dont il avait fait preuve depuis le début de l’affaire. Casey l’observa un moment à travers la vitre teintée avant d’entrer dans la pièce.

Walter Sullivan était assis devant une table nue, les mains menottées posées sur ses cuisses. Il se tourna vers Casey au moment où il entrait, et son regard vide et triste frappa le policier de plein fouet. « Cet homme n’a pas toute sa tête », se dit-il. Casey prit une chaise en face du jeune homme et s’assit rapidement en essayant de ne pas croiser les yeux clairs de Sullivan. Il avait beau être sûr de la culpabilité de Sullivan depuis le début, le voir devant lui dans ces circonstances le troublait plus qu’il ne voulait l’admettre. Pourquoi s’était-il livré, lui qui avait perpétré des crimes parfaits, sans empreintes et sans indices, lui qu’on aurait jamais pu arrêter ?

- « Je veux savoir tout ce qui s’est passé depuis le début : vos motivations, vos méthodes, vos complices, tout… » commença Casey, avec une soudaine envie d’en finir vite.

Walter le regarda en levant les yeux, lentement, comme un enfant pris en faute ; puis, devant l’attitude de Casey, il rebaissa le regard sur ses mains menottées.

- « Ce n’était pas moi… c’était le Diable Rouge… », murmura-t-il comme pour lui-même.

Casey se pencha pour mieux entendre.

- « Qui est le Diable Rouge ? Votre complice ? Quel est son nom ? Où est-il ? » Il avait délibérément adopté un ton plus léger, pour mettre en confiance son vis-à-vis.

- « Il est mort… Il a été le premier à mourir… Tout commence là où tout finit… »

Casey notait les moindres paroles sibyllines de Sullivan, car elles seraient utiles pour la suite de l’enquête : visiblement, il avait des complices…

- « Parlez-moi des meurtres… »

Sullivan redressa la tête et son visage exprimait une peur lancinante. Il commença à se balancer d’avant en arrière sur sa chaise, en parlant rapidement d’un ton terrorisé :

- « Ce n’était pas moi !… Je les ai tué, mais c’était pas moi ! C’est le Diable Rouge !… Non, le Dieu Jaune… Il m’a forcé à le faire !… Quand Il vient, il n’y a plus rien à faire… Je ne peux que regarder… »

Casey ne comprenait pas grand-chose, mais il y avait un point assez clair : Sullivan n’était pas seul en cause, visiblement il avait été la marionnette de quelque mentor tyrannique. Quelqu’un de la secte de Silent Hill… Son baratin sur un « Diable Rouge » pouvait le faire penser… Il allait demander une expertise psychiatrique, puis on le mettrait au frais le temps que Bearchan se décide à venir s’asseoir ici, à sa place.

Il n’eut pas longtemps à attendre : environ une heure après son entretien avec Sullivan, un Aidan Bearchan fatigué, les traits tirés, le teint cireux, poussa la porte du commissariat. Casey doutait qu’il ait mis autant de temps uniquement en faisant le voyage… Bearchan regarda Casey et lui posa une question silencieuse :

- « Il est derrière, avec les psy… A mon avis, il est dingue… Te fais pas d’illusion… », lui répondit Casey.

Le jeune homme s’attendait à autre chose comme réaction, mais Bearchan lui posa seulement la main sur l’épaule en la serrant convulsivement :

- « C’est bon, je vais m’occuper de la suite, Errol. Je vais… bien… »

Mais Aidan Bearchan n’allait pas bien du tout, Casey le voyait bien. « Qu’est-ce que tu as fais à mon meilleur ami, pourriture ? », demanda-t-il mentalement à Walter Sullivan. Bearchan se dirigea d’un pas traînant vers la salle d’examen.

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Les deux psychiatres avaient fini leur diagnostic. Ils présentèrent à Bearchan leur rapport rédigé dans un charabia médical qu’il ne comprenait guère. Mais il lut quand même quelques expressions qui lui parurent familières : délire de persécution… paranoïa… tendances schizophrènes… très intelligent mais sociopathe…

Les médecins optèrent pour un traitement lourd, et Aidan Bearchan les regarda injecter à Sullivan, attaché à une chaise roulante, un puissant tranquillisant. Le jeune homme sembla s’assoupir, son visage et son regard se vidèrent de toute expression, mais le policier eut le temps de l’entendre murmurer :

- « Non… pas ça… ne me séparez pas d’Elle… Il va revenir… Le Dieu Jaune… »

Puis, il plongea dans un calme catatonique, s’affaissant dans sa chaise, comme s’il s’endormait, mais ses yeux restaient ouverts. On le conduisit dans une cellule. Quand la chaise roulante passa devant lui, Bearchan sentit comme un souffle d’air chaud le pénétrer, le traverser, le renverser presque…

Casey vint vers lui avec le compte-rendu de son entretien. Il posa la main sur l’épaule de Bearchan qui semblait encore au bord de l’évanouissement.

- « Ca va, Bear ? Si tu veux jeter un œil… »

- « Ca ira, dis-moi plutôt, j’ai trop mal à la tête pour lire… »

- « Visiblement, il a un ou deux complices. Il n’a pas donné de noms, mais je pense que c’est à Silent Hill que se trouve la réponse… »

Bearchan se redressa et une expression de volonté farouche se lisait sur ses traits. Casey en fut secoué.

- « J’y vais… C’est à mon tour de donner de mon temps… »

- « A Silent Hill ?! Bear, tu es sûr que tu veux… après ce qui s’est passé… »

- « Justement, il est temps de faire la paix avec de vieux démons. Je vais y aller et trouver les « complices » de Walter… Ils paieront pour ce qu’ils lui ont fait… »

- « Bear… »

- « Reste ici et veille sur lui», ajouta finalement Bearchan, comme s’il confiait à Casey quelque chose de précieux.

Aidan Bearchan se retourna en sortant de sa poche les clefs de sa voiture. Il lança un « Je vais bien ! » faussement enjoué avant de disparaître à l’extérieur. « Pas d’imprudence, Bear… », se murmura Errol Casey pour lui-même.

_________Image___________

21 février 1994... quelque part entre Silent Hill et Pleasant River… 06H08...

Il s’était arrêté sur une aire de repos pour réétudier le dossier de Walter Sullivan, ainsi que le rapport d’interrogatoire de Casey. Des complices, mais pas de noms, juste des surnoms : le Diable Rouge… Le Dieu Jaune… Du charabia religieux… La secte de Silent Hill était mêlée à tout ça… Walter, pris en charge par la Wish House… Jimmy Stone, leader d’une secte… abandonné par ses parents à la naissance… un rituel destiné à ramener la mère divine… Dieu ?… Toutes ces informations tournaient dans sa tête, et il essayait de trouver un fil conducteur dans tout cela.

En regardant plus attentivement le dossier de Sullivan, il remarqua que le nouveau-né avait fait un court séjour à l’hôpital Brookhaven avant d’être pris en charge par la Wish House. Brookhaven… n’y pense pas… Il trouverait sûrement des infos supplémentaires s’il s’y rendait… Mais en aurait-il le courage ?

Il remonta dans sa voiture, démarra et regarda de nouveau, inlassablement, la ligne blanche de la route défiler, cette ligne blanche qu’il s’était juré de ne plus jamais suivre… Et pourtant, il revenait… ici… dans cet endroit qui l’avait totalement brisé, démembré de l’intérieur… il y avait vingt-quatre ans maintenant… Mais qu’est-ce que je fous ici ? Il devait faire son job ; après cette affaire, il démissionnerai et laisserai sa place de commissaire à Casey. Il pouvait bien se donner un peu de mal… Mais cette ville… cette ville…

Le brouillard caractéristique de la région se leva, venant du lac à sa droite ; il était noir et opaque à cette heure de la journée. Il se souvenait de sa beauté tranquille sous le soleil pâle, de ses secrets enfouis dans ses profondeurs, du parc où il se rendait avec sa femme… Non, ne pense pas à ça, maintenant ! Reste concentré !

Il dépassa un panneau : « Bienvenue à Silent Hill », disait-il. Ouais, c’est ça, bon retour chez toi, pauvre idiot ! Il roula sans ralentir et atteignit les premières habitations : rien n’avait changé ici, rien ne changeait jamais à Silent Hill ; la ville semblait figée dans le froid d’un début de matinée hivernal, rien ne bougeait ; des portes et des fenêtres étaient condamnées, des devantures de magasins dans lesquelles on apercevait encore des articles en vente, mais qui semblaient fermés ; un petit restaurant qu’il connaissait pour y avoir déjà mangé, fermé lui aussi… Malgré tous ces bâtiments abandonné, il n’arrivait pas à trouver un quelconque changement dans la ville ; elle avait toujours eu cette apparence depuis… ce jour-là… Une cité morte, où les fenêtres condamnées sont autant d’yeux fermés…

Il passa devant une maison bleue… Il y avait des bandes de police tendues devant l’entrée… Bon dieu, cette maison ! Il la connaissait ! Elle avait été la sienne autrefois… Maintenant, elle était celle d’une famille qui connaissait à son tour la pire tragédie possible… Les Locaine… Eux aussi quitteraient sans doute la ville, vaincus par son esprit malfaisant… comme il l’avait fait, lui…

Une foule de souvenirs l’assaillit violemment : une femme jardinant dans le carré de verdure derrière la maison… à l’époque, elle était couleur brique… un vieux chien errant à qui il donnait à manger dans la ruelle… des promenades main dans la main dans le parc… les touristes qui faisaient du bateau sur le lac… Bearchan ferma les yeux deux secondes… Reprends-toi, vieux…

La chambre d’enfant dans la pièce du fond, avec la grande fenêtre inondant de soleil le berceau vide…

Bearchan freina brutalement. Les pneus crissèrent bruyamment sur l’asphalte. Il posa sa tête sur le volant et eut comme un sanglot. Pourquoi faut-il que je me rappelle de ça ? Pourquoi a-t-il fallu que je revienne ici ? Sans même s’en être rendu compte, il s’était arrêté au niveau de la station d’essence Texxon ; un homme sortit du petit bâtiment, seul signe de vie dans ce bled… Bearchan lui fit un petit signe et l’homme s’avança vers lui. Bearchan baissa sa vitre :

- « L’hôpital Brookhaven, c’est bien par là ? Je ne me souviens plus… »

- « Vous descendez Carroll Street, c’est sur le chemin, vous pouvez pas vous tromper », lui répondit l’homme. « Vous allez bien ? Besoin de faire le plein ? »

- « Ca va, merci », répondit Bearchan en se forçant à sourire. « Je viens juste saluer de vieux fantômes… »

Il laissa sur place l’homme perplexe et tourna à gauche dans Carroll Street… Il se souvenait maintenant… Le hurlement de la sirène de l’ambulance… le bruit des appareils d’urgence… Silence !

Il stoppa devant un bâtiment imposant dont il ne se souvenait que vaguement, pour s’y être rendu seulement une fois… Une volée de marches menait à la double porte. Aucune voiture n’était garée dans le parking derrière, ce qui était étrange pour un parking d’hôpital. Il se gara, monta les marches et s’immobilisa devant la porte : il frissonnait et ce n’était qu’en partie dû à la froidure ambiante. Une force irrésistible le poussait-il ici ? Il n’était pas obligé d’entrer… mais sa main se dirigea d’elle-même vers la porte, qu’il poussa… Quelque chose d’indéfinissable lui fit penser que personne n’avait poussé cette porte depuis longtemps… Il passa le seuil en respirant un grand coup…

Le linoleum du hall divisé en carrés noirs et blancs lui donna soudain mal à la tête. Le premier mot qui lui vint à l’esprit en pénétrant dans les lieux fut saleté… Le comble pour un hôpital… Personne dans les parages, pas une infirmière, ni un médecin… Pas un bruit non plus… Il était déjà entré dans plusieurs hôpitaux et jamais il n’avait constaté un silence si absolu, si palpable… presque assourdissant… L’hôpital Brookhaven était-il fermé ? L’homme le lui aurait dit…

Il se rendit au secrétariat : personne là aussi. Il s’engagea dans les couloirs déserts, frappant de temps en temps à des portes closes. Une atmosphère oppressante régnait ici ; d’autres souvenirs se pressaient dans son esprit : un brancard roulant… des médecins en blouse blanche qui couraient partout… des infirmières armées de seringues… des supports à perfusion… du sang giclant sur un drap blanc… une respiration haletante et sifflante…

Aidan s’arrêta dans un couloir : en plein milieu, il y avait un brancard, recouvert d’un drap… Il roulait légèrement, comme si quelqu’un venait juste de le pousser… Et là, était-ce une main qu’il voyait dépasser du drap ? Aidan se mit à respirer très fort, comme suffoqué, et se dirigea vers le brancard qui s’était immobilisé contre un mur… Ne regarde pas, ne pense pas… La main portait une alliance…

Aidan courut et poussa la porte du fond. Il avait débouché sur un long couloir avec une enfilade de portes à droite et à gauche. Il se souvenait aussi de ce couloir… Pourquoi se retrouvait-il ici ? Les murs étaient maculés d’une espèce de rouille brunâtre de mauvaise augure : le bâtiment tombait en ruine, il ne trouverait rien ici… Et pourtant, encore cette force irrésistible qui le poussait en avant… Il devait continuer à marcher, il devait trouver la source de ce mal… ce mal qui avait emporté Walter Sullivan… La pensée du jeune meurtrier fit fuir un instant ses propres démons…

Il entendait un son… Un cri… Celui d’un bébé… Était-ce encore le fruit de son imagination ? Une odeur de produits médicaux flottait dans l’air, et aussi une odeur de sang… Une femme était-elle en train d’accoucher ici ? Aidan commença à remonter le couloir en regardant les portes de chaque côté, essayant de déterminer la provenance du cri…

Il s’arrêta devant la dernière porte, au fond du couloir. Dessus on avait écrit en lettre rouges : « JE SUIS LA ». Cette porte… C’était cette porte… Elle avait porté tant de ses espoirs pendant un moment… avant de tout lui prendre, irrémédiablement… La première fois qu’il l’avait poussé, il avait trouvé la mort et le désespoir derrière… Qu’y trouverait-il cette fois ? Alors, il la poussa…

Une bouffée d’air chargée de produits chimiques et de sang lui frappa le visage. La pièce était noire, totalement sombre, non, pas sombre, ténébreuse ; l’obscurité ici était si opaque, palpable, qu’on aurait pu la déchirer des doigts… Aidan se débattit un instant contre une peur instinctive du noir doublée d’une claustrophobie latente, car il se sentit étouffé dans cette noirceur maligne et cruelle. Puis, soudainement, une petite lumière jaillit de l’ombre, une petite lueur vaillante qui oscillait doucement, et qui, pour une raison qu’il ignorait, lui apporta un certain réconfort.

Il avança dans la pièce les mains tendues et toucha quelque chose, comme une barre de fer. La lumière provenait d’une bougie allumée au fond de la pièce ; la lumière s’intensifia un peu et Aidan put voir devant lui des barreaux de métal plantés dans le sol ; mais il ne voyait pas le plafond. Un bruit semblable à celui de gouttes d’eau tombant sur un sol dur se faisait entendre. La lumière de la bougie grandit encore et illumina la pièce, laissant tout de même à certains endroits des zones d’ombre dense. Comment une simple bougie pouvait-elle éclairer autant ?

Devant lui, derrière les barreaux crasseux, quelqu’un était assis sur une chaise. L’individu se trouvait à contre-jour et Aidan ne discerna pas ses traits tout de suite. Mais sa vue s’habitua au mélange d’ombre et de lumière ambiant : la tête était baissée et des cheveux longs tombaient devant le visage ; sur les genoux de l’homme (car il s’agissait d’un homme), Aidan vit un tas de chiffons ensanglantés. Aidan s’approcha des barreaux, mais sans les toucher ; l’homme releva la tête et le policier le vit…

Walter Sullivan lui sourit, de ce sourire vide et forcé qu’il lui avait déjà vu… Il prit dans le creux de ses bras le tas de linges sales et se mit à le bercer lentement tout en murmurant tout bas des choses qu’Aidan ne saisit pas… Le policier eut le souffle coupé : Walter, ici ? Il était censé être en prison en ce moment !

- « Je suis bien en prison, Aidan… »

Aidan Bearchan s’approcha encore un peu plus et plongea son regard dans celui, si bleu, de Walter Sullivan. C’était la première fois qu’il entendait le jeune homme l’appeler par son prénom. Cela lui donna un étrange sentiment d’intimité…

- « Que… faites-vous… ici ? » demanda Aidan, avec difficulté.

- « Je devrais plutôt vous poser cette question, à vous… », répondit Walter, toujours souriant. « C’est chez moi, ici… Vous ne devriez pas être là… »

Le sourire s’effaça petit à petit pour laisser place à la tristesse.

- « Peut-être vous ai-je appelé sans m’en rendre compte… Je voulais vous parler, à vous… Vous êtes gentil avec moi… »

- « De quoi voulez-vous me parler ? » Aidan avait regagné un peu d’assurance. Il était décidé à laisser de côté l’absurdité de la situation présente afin de se concentrer sur Walter.

- « C’était pas moi, vous savez… Quand Il vient, j’essaie de m’enfuir, mais Il me rattrape toujours… Il m’oblige à regarder… Les enfants… je voulais pas… », bredouilla Walter sur un ton contrit.

Il serra un peu plus le tas de linges contre lui. Aidan ne parlait pas. Il voulait laisser Walter parler, se décharger de cette chose qui pesait sur sa conscience, cette chose que le policier avait déjà senti en lui…

- « J’avais presque réussi à Lui échapper… j’avais trouvé les clefs… j’allais m’enfuir pour de bon… mais vous m’avez mis ici… vous m’avez piqué… et je me suis retrouvé enfermé… Il va me retrouver… »

- « Qui va vous retrouver ? Qui vous menace ? » s’enquit Aidan.

- « Lui… le Dieu Jaune… Il me retrouve toujours… Pourquoi m’avez-vous fait ça ? Vous qui êtes si gentil… »

- « Vous vous êtes rendu à la police ! De vous-même ! »

- « Je voulais que cela s’arrête. Je pensais qu’en me rendant à vous, Il n’aurait plus de pouvoir sur moi… Mais vous m’avez piqué… vous m’avez ôté toute volonté… »

Aidan réfléchit. Walter faisait-il allusion à la piqûre de tranquillisant qu’on lui avait faite ? Où se trouvait-il ? Dans l’esprit de Walter Sullivan ? Ou dans son propre cauchemar ? Aidan repoussa de nouveaux souvenirs douloureux : sa femme sur la table d’opération… les instruments de chirurgie dégoûtant de sang… les cris de sa femme, les vociférations des médecins… le support à perfusion tombant à terre… le bébé qu’on sortait du ventre déchiré, mutilé, inutile… et l’absence des cris du nouveau-né… Docteur, c’est pas normal… Un bébé doit crier en naissant… Pourquoi il ne crie pas, le bébé ? Pourquoi il ne crie pas ?!…

Aidan ferma les yeux un instant, submergé par l’émotion ; cela s ’était passé ici, dans cette pièce… Et à côté, dans une autre pièce, dans le même bâtiment, le même jour, un autre nourrisson, abandonné par ses parents, était enlevé par les membres d’une secte cruelle et maléfique…

- « Je me souviens des cris de la femme… », murmura Walter. « Je me souviens de vos pleurs aussi… J’ai senti votre désespoir imprégner cet endroit… et j’ai crié pour vous appeler… »

Walter baissa les yeux sur le tas de chiffons dans ses bras, et Aidan vit distinctement une petite main potelée se tendre vers le visage du jeune homme. Aidan s’effondra à genoux : pendant qu’il se lamentait sur la mort de son enfant, un autre enfant l’avait appelé à l’aide ; mais il ne l’avait pas entendu, trop désespéré pour s’occuper d’autre chose que son propre malheur… Leurs chemins s’étaient croisés ce jour-là, mais ils s’étaient manqués… Aidan se prit la tête dans les mains et pleura, obsédé par un lancinant « Et si… » qui lui martelait le crâne, faisait bouillir ses veines et cogner son cœur…

- « N’est-ce pas affreusement injuste ? », murmura Walter en regardant le petit être dans ses bras dont Aidan entendait le babillage étouffé. « Mes parents ne voulaient pas de moi, il me haïssaient avant même ma naissance, ils m’ont abandonné, et pourtant je suis bien vivant… Vous et votre femme, vous désiriez cet enfant avec une force inouïe, vous lui auriez donné tout l’amour dont il aurait eu besoin… mais il est mort… »

Walter prit la petite main dans la sienne.

- « Si j‘étais mort, votre enfant aurait peut-être vécu ?… Si mon père m‘avait tué au lieu de m‘abandonner…»

« Non ! » s’insurgea Aidan, se débattant avec ses propres pensées douloureuses. « J’aurais pu être ton père !! Je t’aurai donné toute l’affection dont tu rêves !! Je t’aurais appris la différence entre le bien et le mal, la justice, la valeur de la vie !! Nous serions partis loin d’ici, dans une petite ville bien tranquille, on se serait promené sous le soleil près d’un lac calme, on aurait habité une jolie maison… Cela n’aurait peut-être pas sauvé mon mariage, mais qu’importe ! Pour toi, j’aurais été un père et une mère ! On se serait suffit à nous-mêmes, on aurait été heureux ensemble ! Une petite famille heureuse… Si seulement je t’avais entendu !! Si seulement je t’avais vu avant eux, j’aurais pu t’arracher à cet enfer !! Je t’ai abandonné moi aussi ! Oh ! Mon enfant ! Mon fils !… »

Aidan avait agrippé avec force les barreaux de la prison. Tous les sentiments qu’il avait refoulé depuis vingt-quatre ans se libéraient soudain, se déversaient sur Walter Sullivan, immobile et silencieux, semblant écouter les pensées d’Aidan : la paternité manquée… la stérilité de sa femme… son mariage brisé… Il sentit une main sur la sienne et se redressa, le visage couvert de larmes. Walter était tout à côté de lui et il lui souriait de nouveau :

- « J’aurai voulu avoir un père comme vous… »

Le tas de chiffons était tombé à terre ; il n’y avait rien dedans. Aidan serra la main de Walter convulsivement en murmurant des « pardon… pardon » tremblants. Ses souvenirs douloureux s’écoulaient avec ses larmes. Leurs fronts se touchèrent à travers les barreaux de métal, mais ce fut tout.

Walter se redressa brusquement, et regarda tout autour de lui, soudain terrorisé.

- « Vous devez partir ! Il arrive ! Je ne peux pas Le retenir ! »

Aidan essuya son visage humide et reprit un ton plus professionnel.

- « Qui ? Qui arrive ?! »

- « Lui !! Le Dieu Jaune ! » cria Walter en se prenant la tête dans les mains. « Rien ne peut plus L’arrêter maintenant ! Je Le sens approcher ! Fuyez ! »

- « Qui vous menace ? Je vous protégerai ! Dites-moi seulement ce que je dois faire ! » répondit Aidan en sortant son arme de service.

- « Aucune chance… Vous ne pouvez pas L’arrêter avec ça… Le rituel doit continuer… Tenez, prenez ça… »

Walter tendit à Aidan un trousseau de clefs à travers les barreaux. Puis, il recula et se rassit dans la chaise.

- « Elles vous ouvriront la voie de la sortie… Je ne veux pas vous faire de mal… Vous ne faites pas partie du rituel… Dieu ne m’a pas envoyé de Signe pour vous… Mais Lui… Il vous tuera si jamais Il vous trouve… Partez… », balbutia Walter.

Aidan serra l’objet dans sa main comme si sa vie en dépendait. Mais il ne pouvait pas laisser Walter ici. Il ne pouvait pas l’abandonner encore une fois… Il avait échoué, en tant que mari et en tant que père… il échouait toujours.

Mais la flamme de la bougie fut soudain soufflée ; la pièce replongea dans l’obscurité la plus totale. Une voix, celle de Walter mais curieusement déformée, murmura « Joyeux anniversaire, Walter… » Marchant à reculons, Aidan trouva de la main la poignée de la porte, l’ouvrit et se retourna…

Un long couloir s’ouvrait devant lui, mais pas celui par lequel il était arrivé… Une explosion de couleurs infernales et de lumières démoniaques tourbillonnèrent un instant devant ses yeux éberlués : les murs, d’où suintait une matière visqueuse innommable, qui ondulaient par spasmes ; le sol fait de grillages métalliques au-delà desquels il apercevait le fond de l’enfer ; des brancards où s’agitaient des choses grouillantes et purulentes ; des cris, des gémissements, des hurlements, d’hommes ou d’animaux il n’aurait su le dire… Le jaune, le orange, le rouge et le noir dominaient tout. Du bout du pied, il poussa une chose qui semblait vivante, mais qui ne pouvait pas être vivante…

Aidan se retourna vers la porte qu’il venait de refermer mais elle avait disparut ; à la place, il y avait encore un message écrit en lettre de sang : « TOUT DROIT EST LA LIBERATION. MAMAN A MAL. DELIVREZ-LA »

Le policier, suffoqué par l’odeur indescriptible qui flottait ici, se mit à avancer le long de l’étroit couloir, son pistolet à la main. Son esprit se refusait à essayer de comprendre où il se trouvait et ce qui se passait ; il devait avancer, car le temps pressait… Pourquoi ? Il ne le savait pas, c’était juste une impression d’urgence qu’il ressentait…

Il prit soin de ne pas toucher les horreurs qui jalonnaient le couloir, qui ne cessait de tressauter, de trembler, de se contracter ; une sensation de douleur intense l’envahit… Il se sentait comme dans le ventre d’un gigantesque dragon en train de suffoquer… Le couloir n’en finissait pas, il était toujours rectiligne, encombré de tout un tas de choses vivantes ou mortes qui se tortillaient à son passage, qui semblaient presque l’implorer. Une ou deux fois, il dû tirer sur l’une d’entre elles. En levant la tête, il vit au plafond comme de gros câbles qui pendaient, luisant et dégoûtant d’un liquide inconnu mais fort peu ragoûtant… Aidan se surprenait lui-même de son sang-froid ; en fait, il se sentait beaucoup mieux, plus léger qu’au moment d’entrer dans l’hôpital. A présent il combattait (fuyait ?) une menace qui semblait bien plus réelle que ses souvenirs douloureux. Le danger en était d’autant plus grand, mais Aidan se sentait prêt à affronter n’importe quoi…

Enfin, il atteignit le bout du chemin. L’interminable boyau se finissait en cul-de-sac Non… là, dans le mur au fond, il voyait une porte : elle était bardée de chaînes d’acier auxquelles pendaient des cadenas. Aidan se précipita sur la porte. Dessus, il y avait écrit « 302 »…

Sortant le trousseau de clefs, il s’attaqua à un cadenas avec une volonté farouche. Il ne trouva pas tout de suite la bonne clef et dû faire plusieurs essais ; le premier cadenas tomba. Il s’attaqua de suite à un autre quand il entendit au-dessus de lui un bruit…

Il leva la tête presque malgré lui : au-dessus de la porte, un carré d’obscurité était apparu ; il émanait de cette ouverture une malveillance cruelle, une monstruosité ancienne et sanglante… Un bruit de reptation se faisait entendre distinctement… Aidan changea de clef et, tout en regardant de temps en temps au-dessus de sa tête, il en introduisit une autre dans le deuxième cadenas… pas la bonne… Le bruit se rapprochait… Aidan regarda encore…

Une main émergea de l’ombre, une main gantée de blanc, puis un bras, maculé de sang et d’autres choses innommables… La clef entra et tourna… un autre cadenas… plus que deux… Vite, vite !! Ca arrive !! Une tête sans visage, couturée de cicatrices, déformée, bosselée… Une autre clef… la bonne, cette fois… le bruit du cadenas tombant à terre… Aidan ne quittait plus la chose des yeux… Il vit la main atteindre le chambranle de la porte… un tatouage sur l’épaule… le bras sinueux comme un serpent… la robe tachée de sang qui sortait du trou… le corps qui se collait au mur en ondulant comme un lézard immonde…

Le dernier cadenas lâcha prise. Aidan arracha les chaînes avec une violence décuplée par la peur de la monstruosité qui tendait ses mains vers lui pour l’agripper… Le Dieu Jaune… c’était Lui… celui qui torturait Walter… Oh Seigneur ! Walter ! Non, tu dois fuir !! Tournant vigoureusement la poignée, il plongea dans une lumière aveuglante ; il avait fermé les yeux mais la clarté transperçait ses paupières. Il courait comme un fou, sans savoir où, pour échapper à cette chose, cette entité qui dépassait toutes les croyances humaines, cette divinité courroucée qui s’était glissée par l’ouverture derrière lui… qui le poursuivait, le poursuivait et… le rattrapait…

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THE END OF THE ROAD by fallenRaziel
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