La vengeance de Shinryu

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Modérateur : Divinités du Sanctuaire Sacré

Louha
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Absence pour durée indéterminée...

Messagepar Louha » 05 janv. 2011 14:27

*prend une minute l'ordinateur de son beau-père sous une peur bleue*

Vu que je dois m'habituer à ma nouvelle maison et que je n'ai pas encore de connexion internet sur mon ordinateur portable, je ne pourrai pas continuer à poster la suite de l'aventure de Cloud, Lightning, Louhane et les autres, mais l'écrit est en plein avancement en ce moment...

Donc, je me permets de vous prévenir sur cela et en espérant que vous comprendrez mon absence sur le site et sur le forum :)

J'essayerai d'être la plus rapide possible quand tout cela sera réglé ^^

Gros bisous à tous !!! <3
« Ce n'est pas en restant spectateur que l'on peut être un artisan de l'avenir, ni le défenseur de quoi que ce soit. »
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Et c'est reparti !!! Partie II - Chapitre XVI

Messagepar Louha » 06 mars 2011 15:59

(Me voilà de retour et comme promis, je poste le chapitre suivant après un moment d'absence !! J'espère que vous aurez la même attention que pour les précédents chapitres... Enfin bref, je vous laisse le découvrir !! :) )


Chapitre XVI : Audience avec le roi de Lindblum

Cloud se sentait assez tendu, rien qu'à l'idée de rencontrer le roi de Lindblum, ainsi que sa femme, le conseiller Olmetta et le gouverneur de La Vallière. Un nœud avait l'air de se former dans son estomac et commença à devenir blanc comme neige. Djidane, qui se trouvait à côté de lui, le regardait avec un sourire et commença à se moquer de lui. L'ancien mercenaire le regarda d'un très mauvais œil et lui demanda:
« Qu'est-ce qui te fait rire? C'est juste parce que je suis tendu rien qu'à l'idée de voir les souverains de Lindblum, c'est ça? »
Aucune réponse de la part du voleur. Ce dernier continuait à se moquer de lui et Cloud se sentait de plus en plus insulté, peut-être en tant que premier porteur de l'Armure Sacrée de Gaïa. Sa tâche était devenue de plus en plus importante à l'égard de l'univers tout entier, depuis qu'il portait cette armure et que Marguerite d'Antioche avait réussi à reprendre Shinryu, après le dernier conflit en date entre Chaos et Cosmos et l'emprisonnement du dragon de la désolation par les Chevaliers dragons, dans le Refuge complètement anéanti, maintenant. Après un bon moment, Djidane s'arrêta et s'éclaircit la gorge. Les deux jeunes hommes se regardèrent et le voleur de la troupe des Tantalas fit:
« Dis-moi, Cloud... Je crois que je t'ai donné un objet qu'une amie voulait que je te donne. Il s'agit d'une grande corne qui appartenait à un grand invokeur... Tu l'as utilisé...?
-Non, pas du tout, répondit l'ancien mercenaire. Et qu'est-ce que cette corne a de particulier ?
-D'après ce qu'elle m'a raconté, il aurait un grand pouvoir dont deux personnes peuvent utiliser, pendant une guerre telle que celle dont les acteurs sont les Chevaliers dragons et les Chevaliers noirs.
-Tu te prends pour un metteur en scène, maintenant? D'après mes souvenirs, c'était plutôt ce cher Kuja qui ne parlait sans cesse de théâtre, de grande tragédie ou quelque chose comme ça...
-Je le sais, mais je dois avouer qu'il me manque... Il est comme mon frère... Tu ne trouves pas que c'est un peu bizarre, par moment ?
-Je ne dirai rien là-dessus. Tout ce qui nous importe, maintenant, c'est de voir comment faire pour le Conseil.
-Tu as raison. Nous sommes presque arrivés à la salle du trône. »
Djidane était assez déconcerté et baissa les yeux, avec beaucoup de peine. Depuis qu'il n'avait plus eu aucun signe de vie de la part de Kuja, son esprit était devenu très troublé et il pensait toujours à lui, malgré qu'ils étaient tous les deux ennemis, du début jusqu'à la fin. Cette fin, qui était la disparition totale du marchand d'armes de la reine Branet d'Alexandrie. Il le revit encore une fois lors du dernier conflit en date entre les deux dieux, mais ce fut la même fin. Le voleur commença à pousser des jurons et Cloud le tapa à l'épaule.
« Hé ! fit-il. Tu ne devrais même pas être dans cet état-là ! Je sais que la situation est très difficile pour toi, mais ce n'est pas une raison pour abandonner, non ? »
Le membre des Tantalas le regarda et vit l'ancien mercenaire sourire, ce qui fut très étrange pour lui. Il soupira un bon coup, puis répondit:
« C'est vrai... nous ne pouvons pas abandonner, alors que cet univers est en train de passer sous la désolation de Shinryu et de cette vipère !
-Marguerite d'Antioche s'est laissée embarquer dans cette histoire pour une raison qui nous échappe... Tu penses que nous pourrions demander à un de ses proches?
-Pour sa famille, c'est déjà trop tard. Ils l'ont renié totalement, elle ne peut revenir dans cette unité qui l'a vu grandir, malgré elle dans le noir le plus total. Nous pourrions demander à son parrain, le gouverneur Henri de La Vallière, dis ?
-Qui est-ce ?
-Henri de La Vallière est connu pour être un des anciens guerriers de Cosmos, il y a plus de vingt ans déjà. Il est très agressif mais il sait ce qu'il fait. Il est le parrain de Pierre, Marguerite et Louhane depuis fort longtemps et c'est un ami proche de la famille d'Antioche. Il y a aussi des rumeurs comme quoi il était follement amoureux d'Eléonore Dikinska, l'ancienne prêtresse de Gaïa et que c'est pour ça qu'il a voulu prendre sous son aile, les trois enfants qu'elle avait eu, avec le regretté Alexandre d'Antioche. Mais passons... Je n'ai pas envie de passer mon temps à te raconter tout ce que je sais sur lui et les actions qu'il fera, lorsqu'il te verra en tant que premier porteur de l'Armure... cette Armure si convoitée, même à mes yeux.
-Tu ne l'auras pas, crois-moi.
-Je pense que ce sera très difficile pour moi, ainsi que les autres, vu que maintenant, l'Armure sacrée est tienne !! Allons-y, ils vont s'impatienter à force. »
Les deux jeunes hommes recommencèrent à marcher, mais ne savaient pas que Lightning était derrière eux, à marcher tranquillement. La jeune femme avait les bras croisés, toujours le regard fixé sur Cloud, peut-être du fait qu'elle ne voulait pas s'avouer vaincue de son 'échec'. Elle baissa les yeux un moment, regardant le sol, puis souffla un peu, en disant:
« Mieux vaut ne pas prendre de risques avec le gouverneur... si vous jouez un petit jeu avec lui, vous risquerez de perdre le plus rapidement possible. Vous ne le connaissez pas du tout et vous pourriez faire de grosses bêtises en influençant sur quelques sujets qui le tracassent depuis plusieurs années, dont son fils, que nous avons comme compagnon depuis peu, et Eléonore Dikinska, son amour perdu... »
Les deux jeunes hommes se retournèrent et la virent, d'un air interrogateur. Lightning était derrière eux depuis un bon moment et ne le savaient pas du tout. Djidane, lui, se frappa la tête, peut-être du fait qu'il n'avait pas fait attention à ce qui se passait autour de lui, même derrière. Quant à Cloud, il eut un petit sourire assez gêné et se retourna aussitôt, comme si Lightning lui avait fait une mauvaise blague, avant que l'audience avec le roi ne commence. L'ex-l'Cie lui prit le bras et lui fit comme remarque :
« Ce n'est pas en t'éloignant de moi que cela va arranger les choses, tu le sais aussi bien que moi.
-Arrête de dire n'importe quoi, Lightning ! S'écria l'ancien mercenaire en colère. Je ne t'ai rien fait du tout, à moins que tu prennes cela comme une agression volontaire de ma part! Qu'est-ce que tu veux? Que je te dise que je t'aime et que je ne veux pas te perdre, c'est ça?
-Ce n'est pas cela, tu ne comprends pas...
-Hé ! coupa Djidane en colère. Vous pourriez arrêter votre scène de ménage une minute? Je tiens à vous signaler que l'univers est en danger et que nous devons arrêter Shinryu et la reine des Chevaliers noirs ! »
Ni Cloud, ni Lightning répondirent à la remarque du voleur. Ils se regardaient toujours, malgré la tension ici présente. Le charmant voleur du camp de Cosmos haussa les épaules et voulait certainement que le couple oublie ce qui s'est passé. Il prit la main droite de l'ex-SOLDAT et la main gauche de la jeune femme, qu'il mit ensemble... peut-être pour faire un accord ou un pacte entre eux. Il soupira un moment, puis demanda:
« S'il vous plaît, pour le bien de l'humanité... est-ce qu'il serait possible que vous arrêtiez vos chamailleries un moment ? Le sort de l'humanité a les yeux fixés sur vous, en particulier sur toi, Cloud... vu que tu es le premier porteur de l'Armure Sacrée... Jurez-le moi! Sinon, j'appelle un loup-garou pour qu'il vous morde le cou, na ! »
Le couple jura de ne pas se chamailler, tant que la guerre continuait. Djidane se mit à sourire en montrant ses dents et prit une posture imposante, comme si il se donnait de l'importance. Cloud, le regardant avec beaucoup d'incrédulité, marmonna quelques phrases péjoratives à l'encontre de l'autre guerrier de Cosmos, sous les rires étouffés de Lightning :
« Punaise, il est idiot ou quoi ? Qu'est-ce qu'il lui prend à se donner de l'importance comme ça ? Franchement, Djidane me fait pitié, quelques fois... »
Le voleur entendit ces phrases et s'acharna sur son frère d'armes, qu'il fit tomber par terre. A ce moment-là, le gouverneur de Palumpolum arriva, avec son fils adoptif, attrapa Djidane par la queue et le remonta jusqu'au visage, pour mieux s'expliquer avec lui.
« Dis donc, le singe ! fit-il avec méfiance. Tu devrais avoir plus de respect envers l'élu de Gaïa! C'est lui qui va nous aider, à vaincre cette peste qui nous inflige défaite sur défaite ! La ville que j'ai juré de protéger, Palumpolum, a été ravagée par cette folle ! Ainsi que Nautilus et la Cinquième Arche !
-La Cinquième Arche n'est pas une ville, gouverneur, fit remarquer Lightning en levant son index de la main gauche.
-On s'en fiche, mademoiselle Farron ! Elle aurait pu en devenir une... Revenons à nos moutons. Si par malheur, je vois une blessure sur ce jeune homme et que j'apprends que c'est toi qui l'a fait, je te jure que je t'arrache le cœur, ainsi que tous les organes qu'il te reste !
-Pas de menaces de cette intensité là, père, intervint Philippe en essayant de le calmer. C'est très mauvais pour ta santé... Trop de tension, ce n'est jamais bon pour toi... et tu le sais bien !
-Il le faut ! L'avenir est entre les mains de Cloud, tout de même !
-Si vous pouviez éviter de répéter cette phrase, ça m'arrangerait tout de même ! s'écria Cloud, toujours par terre. Je ne suis pas un Messie, comme vous le sous-entendez !
-Veuillez nous excuser, cher chevalier de Nibelheim... dit Philippe en relevant l'ex-SOLDAT. Mais, cela faisait longtemps que nous attendions de l'aide pour combattre les Chevaliers noirs que nous combattions depuis des siècles et des siècles. »
Cloud eut du mal à se relever et dut demander encore de l'aide de la part de Lightning, afin de se tenir le plus correctement possible. Le gouverneur de Palumpolum reposa le 'singe' par terre et se mit les deux mains sur le visage, disant quelques mots assez bizarres. Ensuite, il remit sa tenue de gouverneur en place et fit signe aux autres de le suivre. Après quelques minutes de marche, le premier porteur de l'Armure se mit aux côtés du chef de l'escadrille des Chevaliers dragons et lui demanda:
« Depuis quand êtes-vous ici ?
-Environ une dizaine de minutes, répondit Philippe en le regardant avec un sourire. Nous étions à l'église, mais après ce que nous avons entendu, père et moi avions décidés de vous rejoindre le plus rapidement possible, grâce à une pierre de téléportation. Nous avons, en effet, un problème concernant notre cher Chevalier noir qui nous a suivis depuis la bataille de Palumpolum...
-Vraiment ?
-Nous sommes arrivés ! annonça avec fierté Djidane. Nous pouvons maintenant rejoindre le roi, la reine, le conseiller et le gouverneur pour l'audience ! »
En effet, tous étaient arrivés à la porte de la salle du trône. Le voleur de la troupe des Tantalas mit les deux mains sur cette porte et la poussa avec force. Devant eux, se trouvaient les souverains du royaume, le conseiller Olmetta et le gouverneur Henri de La Vallière. Ce dernier avait les yeux bleu marine, tout comme son fils et les cheveux blonds foncés, et était en train de les regarder, semblerait-il d'un air mauvais, ce qui rappellerait la mauvaise humeur et le caractère bien trempé de Marguerite d'Antioche.

Tout le monde se rapprocha des quatre personnes qui étaient situées devant eux. Le roi Cid, installé sur son trône en compagnie de son épouse, fut envahi d'un sentiment de joie et d'admiration, rien qu'en voyant Cloud. Ce dernier était très gêné de le voir ainsi, mais pour Djidane, ce fut totalement le contraire... il était devenu totalement jaloux de son frère d'armes. Selon lui, le voleur aurait pu aussi réussir à vaincre le gardien de l'Armure, qui avait trouvé refuge dans le corps de la jeune prêtresse de dix-sept ans. Mais, ce fut trop tard pour pouvoir le prouver à l'univers tout entier.
« Je suis honoré de vous voir enfin, cher élu de Gaïa ! s'écria le roi. Et dire que vous êtes un proche allié de mon cher protégé Djidane Tribal ! Pourriez-vous me signer un autographe, s'il vous plaît ?
-Mon cher ami, intervint son épouse en haussant les épaules. Voudriez-vous bien cesser de faire le pitre en cette funeste situation et expliquer ce qui se passe en ce moment, à notre cher invité ? Sinon, je vous jure que vous pourrez finir votre vie en puluche ! »
Cid la regarda avec beaucoup d'inquiétude et son teint devint blanc comme neige. Quelques gouttes de sueur firent leur apparition sur son front et il les essuya avec un mouchoir qu'il avait sorti de sa poche, tout en soupirant. Djidane laissa échapper un profond soupir de désespoir et mit les mains sur son visage. Cloud et Lightning se regardèrent et se mirent à rire comme des enfants. Ne trouvant pas la situation très drôle, Henri de La Vallière fit semblant d'avoir un chat dans la gorge et se rapprocha de l'ancien mercenaire, avec un air méfiant.
« Alors... c'est donc vous... fit-il, tout en croisant les bras. C'est donc vous l'aide qu'espérait ma chère protégée... Je suis bien content que ses prières aient été exaucés, mais, en même temps, je pensais que vous étiez... plus grand et plus imposant. Mais ce n'est pas le cas, du moins, à ce que je vois.
-Ne soyez pas si pessimiste, mon cher ami ! s'écria à nouveau le roi. Ce ne sont pas les plus forts qui sont généralement les plus valeureux, vous ne croyez pas ? »
Aucune réponse de la part du gouverneur. Ce dernier se contenta de regarder Cid et se remettre à côté du conseiller Olmetta, qui se dirigea vers Cloud et les autres.
« Nous avons eu de nouvelles informations concernant Marguerite d'Antioche, fit-il. Il semblerait qu'elle veuille attaquer notre royaume, ainsi que la ville de Zanarkand. Je pense que cette guerre qui dure des siècles entre les Chevaliers dragons et les Chevaliers noirs ne soit plus meurtrière qu'à un certain moment... Nous ne pensions pas faire partie de cela, sincèrement !
-Comment ça ? demanda Lightning, indignée. Vous n'avez eu aucune considération envers les Chevaliers dragons, qui essayent de nous protéger de ce fléau ! Et c'est maintenant que vous réagissez ? Ça alors, vous ne méritez pas votre place sur cet univers, si précieux à nos yeux !
-Mademoiselle, nous avons beaucoup de choses à faire en ce moment... nous n'avions pas le temps pour nous occuper de cela !
-Sales égoïstes ! Ce n'est pas une excuse ! s'exclama Cloud, rouge de colère. Les Chevaliers dragons donnent leur vie pour nous sauver, et c'est comme ça que vous les remerciez ? En ne prenant aucune considération pour eux ? Si c'est le cas, je vous préviens tout de suite : je ne vous aiderai pas !
-Vous ne feriez pas cela, tout de même ! s'indigna le conseiller du royaume.
-Et pourquoi pas ? Je ne vois pas pourquoi je me donnerai du mal à défendre un pays, dont les souverains n'ont eu aucune gratitude envers eux. Je pourrais même laisser Marguerite d'Antioche prendre la ville, sous prétexte qu'ils sont devenus incompétents et, de plus, qu'ils ne pensent qu'à leur propre vie, pas à celle des autres. Je suis sûr que je ne serais pas le seul à faire cela, je pense que ce serait évident de le faire, pour cause... »
Un drôle de silence se fit sentir, brusquement. Le roi, la reine et le conseiller eurent le teint livide, rien qu'en entendant les paroles du guerrier de Cosmos, considéré comme l'élu de Gaïa. Djidane, Philippe et Valentin partagèrent le même avis que Cloud et Lightning, tandis que le gouverneur de Lindblum ne fit aucun commentaire. Il se contenta de hausser les épaules et de tourner le dos, comme si il voulait aller quelque part. Mais, il regarda la fenêtre et commença à soupirer. Cloud se rapprocha de lui et lui fit comme remarque:
« Quelque chose ne va pas, gouverneur ?
-La neige, cher élu de Gaïa, répondit Henri. Ce temps est devenu complètement fou... Est-ce que Marguerite a récupéré Shinryu ?
-Vous devriez le savoir, puisque vous êtes son parrain, n'est-ce pas ?
-Marguerite ne fait plus confiance à personne depuis déjà un bon moment. Depuis que ma chère et tendre amie est morte, il y a précisément dix ans. Je n'ai plus de contacts avec elle, ou de nouvelles, à part celles qui la met en scène avec sa sœur Louhane. Je vais répéter ma question encore une fois... Est-ce qu'elle a récupéré Shinryu ?
-Nous avons eu cette nouvelle de la part de Minerve du Lac Bresha, la fille adoptive de votre protégée et d'Henrik Valevski, répondit Lightning. Mais nous n'avions plus de temps et notre priorité était de prendre une bonne fois pour toute l'Armure Sacrée de Gaïa...
-Je m'en doutais, rien qu'en vous regardant comme de simples petites machines de guerre... Que... ? »
Henri de La Vallière fut brusquement projeté par son acolyte, Valentin Du Bellay. Ce dernier le prit par la gorge, lorsqu'ils furent tous les deux par terre. Tous les deux se fixaient avec un air glacial et grognaient comme deux chiens de chasse, prêts à livrer bataille, jusqu'à ce que l'un d'entre meure dans d'atroces souffrances. Cid et Hilda prirent peur et voulurent prendre la situation en main, mais durent se résigner à le faire, puisque Cloud, Lightning, Djidane et Philippe rejoignaient les deux gouverneurs pour les séparer définitivement.
« Aurais-tu des doutes envers eux ? s'exclama le gouverneur de Palumpolum. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait pour que tu sois aussi méfiant à leur égard ? Tu peux m'expliquer ?
-Ils n'ont aucune conscience de la gravité des choses ! répliqua celui de Lindblum. Ils n'ont aucune conscience du sacrifice que nous faisons depuis des siècles et des siècles ! Comment pourrais-tu faire confiance à ces êtres sans jugeote !
-Comment ça, « nous » ? Tu n'es pas un Chevalier dragon, tu n'es pas comme ces jeunes gens qui se battent jour après jour pour que tous les mondes, qui composent cet univers, ne soient pas sous le joug de la désolation ! J'aimerais bien te voir, dans cette situation !
-S'il vous plaît, arrêtez ! intervinrent Cloud, Lightning et Philippe.
-On n'est pas ici pour rendre de vieux comptes, je vous signale ! s'empressa de dire Djidane, dont le visage devint rouge vif. On est là pour régler un problème qui risque de coûter la vie à d'innombrables innocents ! »
Valentin relâcha son acolyte et fut aidé par son fils adoptif, tandis que Henri fut aidé, de bon cœur, par Lightning et Djidane. Cloud le regardait avec un air mauvais, peut-être à cause du fait qu'il les avait considéré comme de simples machines de guerre – ce qui rappellerait à Firion les paroles de l'empereur Mateus, alors que l'archer de Fynn essayait de trouver son cristal; et qu'il pensait qu'ils ne pouvaient pas comprendre le sens des sacrifices des précédents Chevaliers dragons. Mais, Henri avait négligé des choses... même beaucoup... Par exemple, il ne savait pas que Cloud et Djidane étaient comme lui, des guerriers de la déesse de l'harmonie... Après avoir relevé son père, Philippe se rapprocha d'Henri et lui fit comme remarque :
« Il va falloir que vous compreniez les choses telles qu'elles sont, mon cher gouverneur... Il faut vous rendre à l'évidence que Cloud a été choisi par Gaïa elle-même et son intermédiaire – c'est-à-dire Louhane; qu'il a prouvé qu'il était digne de l'être, quand il a vaincu le gardien qui habitait le corps de votre protégée et quand il a obtenu l'Armure Sacrée. Est-ce suffisant pour vous rendre à l'évidence qu'il est maintenant le seul espoir que nous avons ? Ou vais-je devoir vous le faire entrer dans votre crâne par un autre moyen ? »
Le gouverneur de Lindblum ne fit aucune remarque à celle que venait de lui lancer Philippe. Cid et Hilda commencèrent à s'impatienter, et trouvèrent qu'ils perdaient de plus en plus le temps de continuer l'audience. Du Bellay grogna une seconde fois et réajusta encore une fois son habit de gouverneur, même ses cheveux. Le conseiller Olmetta eut des regrets d'avoir commencé la conversation et soupira bruyamment. Soudain, il regarda dans tous les sens, comme si il cherchait quelqu'un et demanda:
« Pourquoi Dame Louhane d'Antioche n'est-elle pas ici ? Elle devait pourtant être à nos côtés, pour pouvoir parler de cela !
-Je ne sais pas, à vrai dire, répondit Cloud, en baissant les yeux. Je n'ai pas eu de nouvelles de sa part, depuis que nous sommes tombés dans le piège de Marguerite, à la Cinquième Arche, il y a plusieurs heures.
-Il est vrai que ce fut difficile de vous sauver, Djidane me l'a dit, continua le roi Cid, en caressant sa moustache grise. Mais ce fut un bon coup de chance de vous avoir parmi vous...
-Mais Sir Pierre d'Antioche... ou Stanislas et Nicolas Dikinski...? fit le conseiller Olmetta, qui devint de plus en plus inquiet. Ils ne sont pas encore arrivés ici ! Mais qu'est-ce qui se passe, dites-le moi ?! »
Lightning et Djidane commencèrent à murmurer quelques phrases, disant que, peut-être, Olmetta était devenu complètement fou. L'ex-SOLDAT bailla un bon coup et Hilda eut comme réflexe de proposer :
« Voulez-vous quelque chose à boire, pour vous réveiller ? Je trouve que vous êtes très fatigué, en ce moment... N'est-ce pas ?
-Non merci, ne vous en faites pas, Votre Majesté, répondit le jeune homme avec modestie. Je ne voudrais pas vous déranger de si peu. De plus, ce n'est pas le bon moment pour se reposer, vu que le Conseil se rapproche de plus en plus...
-Vous avez raison, mon cher ami ! intervint Valentin avec un sourire. Vous êtes bien un bon exemple pour nous tous, en tant que élu de la déesse-mère. Même si quelques uns disent le contraire... n'est-ce pas, mon cher Henri ? »
L'autre gouverneur toussa, afin de ne pas répondre à la remarque de son acolyte. Il retourna à sa place, c'est-à-dire aux côtés des souverains de Lindblum et du conseiller, et se remit à regarder la neige qui tombait de plus en plus. Un silence se fit sentir. On n'entendait que les grognements d'Henri, qui agaçaient fortement Cloud. Ce dernier frappa violemment l'Armure qu'il portait depuis un moment, et se rendit compte qu'elle eut une chaleur assez familière. Comme si il se retrouvait une fois de plus face à Gaïa. Cela lui était très agréable et son visage le montrait, à cause de son sourire grandissant. Djidane s'en rendit compte. Il se rapprocha de lui, d'un pas hésitant, puis s'arrêta brusquement. Le voleur des Tantalas fut pris lui aussi d'une sensation, mais ce fut une autre, en réalité. Comme si quelqu'un d'important allait arriver, en ces lieux. Tandis qu'Olmetta se lamentait, deux personnes firent leur apparition. Il s'agissait de Louhane et de Kaïn. Tout le monde se retourna vers eux et Cloud, Lightning, Valentin, Philippe et Henri eurent un soulagement total. Le roi et la reine se levèrent et les saluèrent. Louhane et Kaïn saluèrent aussi et virent les autres qui se trouvaient dans le même lieu qu'eux. Cloud se rapprocha de la prêtresse et la serra fort dans ses bras, sous l'incompréhension de ses camarades. La jeune femme vira au rouge, et poussa l'ancien mercenaire pour respirer un bon coup.
« Quel accueil, dis-moi ! s'écria t-elle, gênée. Je ne pensais pas que je serai si précieuse au chevalier de Nibelheim !
-Vous nous êtes précieuse, à tous, fit l'ex-SOLDAT avec un sourire. Vous êtes la seule prêtresse en ce lieu, et je pense que vous méritez toute notre affection...
-Montre plutôt de l'affection pour Lightning... murmura brusquement Louhane, avec l'aide de la télépathie. Elle tient beaucoup à toi, tu sais ? Essaye de la protéger du mieux que tu le peux... ainsi que cette fille... cette fille qui n'ose pas t'ouvrir son cœur...
-Lightning ? Que...? »
Cloud s'attira encore plus d'incompréhension de la part des autres, sauf Louhane. Il se sentit ridicule tout d'un coup et serra les dents. La jeune femme de dix-sept ans éclata de rire, puis se rapprocha avec Kaïn, de Cid et Hilda, en disant:
« Je suis désolée pour ce retard imprévu. J'ai dû m'endormir pendant plusieurs heures et j'ai eu une discussion avec mon maître et mon oncle, le gouverneur de Zanarkand. Ce dernier arrivera d'une minute à l'autre.
-Nous vous pardonnons, ma chère amie, intervint le gouverneur de Lindblum. Bien, où en étions-nous ? »

L'ami de Cecil haussa les épaules quand il entendit ces paroles, et jeta au père de Christian un regard noir. Il se dirigea vers Cloud et lui tendit la main, signe de salutations. L'ancien mercenaire l'observa de la tête aux pieds avec beaucoup d'attention et accepta de lui serrer la main.
« Heureux de faire la connaissance d'un des frères d'armes de Cecil, fit-il. Je vois aussi que tu es un Chevalier dragon, tout comme Louhane et les autres.
-Je suis aussi honoré de te rencontrer, Cloud, dit Kaïn. Cecil et moi sommes plus que des frères d'armes... nous sommes des amis depuis notre plus tendre enfance. Mais... je vois que tu portes l'Armure Sacrée de Gaïa... Tu as dû faire beaucoup de choses pour que tu l'aies à ce moment si particulier.
-J'ai dû appeler le gardien de l'Armure pour savoir si Gaïa avait eu raison de le choisir, intervint Louhane. Personne ne comprenait ce qui se passait... pas même Matoya !
-Prête à donner du fil à retordre, tu n'as pas changée, ma chère amie. Pourquoi faut-il toujours que tu mettes des bâtons dans les roues de ceux qui sont tes frères ou sœurs d'armes, sincèrement ?
-Nous avons un gros problème ! s'écria brusquement le gouverneur de La Vallière. Lindblum risque d'être attaqué par les Chevaliers noirs, ainsi que Zanarkand! Si vous continuez comme ça, je vous jure que je vous emmènerai dans la ville des corbeaux et je vous donne à manger au lion dans un stade, où on demandera votre sacrifice, à cause de votre incompétence !  »
Hilda, imaginant la scène avec horreur, cria un bon coup, et s'enfuit vers un endroit tranquille du château. Olmetta la suivit et lança un regard noir à Henri, qui serra les dents et qui prit un air assez menaçant, encore une fois. Djidane prit à son tour la parole, avec l'autorisation du roi et de Louhane. Il s'éclaircit la gorge avec beaucoup plus de bruit que Henri et commença à expliquer ce qu'il pensait, tout en prenant un air très moqueur et en souriant.
« Cher Henri de La Vallière, proche ami du défunt Alexandre d'Antioche et parrain de Pierre, Marguerite et Louhane... Il va falloir que vous compreniez certaines choses. Par exemple... vous ne savez pas que Cloud est un guerrier de Cosmos – ainsi que moi, comme vous l'étiez, une vingtaine d'années auparavant! Vous pensez que c'est un incapable et qu'il ne peut pas sauver tout l'univers entier du risque de désolation de la part de Shinryu, commandité par Marguerite. Il a passé toute une série d'épreuves avant de venir jusqu'ici, portant l'Armure Sacrée de Gaïa, en plus !
-Ce n'est pas en le défendant que cela va changer quoi que ce soit sur mon jugement, tenta de répondre Henri, contrarié et en fermant les yeux. Je ne pense pas qu'il sera un bon et digne guerrier de Gaïa, en toute sincérité...
-Cloud peut te prouver le contraire, s'il le voulait ! intervint Louhane d'un regard noir. Tu ne sais même pas comment il a fait pour pouvoir surmonter cela ! Si je te montre tout ce qu'il a fait, ton jugement changera t-il, ou non ?
-Cela ne sert à rien, Louhane. Tu le sais aussi bien que moi...
-Arrête de dire n'importe quoi ! Maman n'aurait jamais voulu que tu parles de cette manière à celui dont elle a annoncé la venue pour nous aider dans cette guerre sans fin! Nous nous battons depuis déjà deux siècles, précisément !!
-Je te signale que vous n'êtes pas les personnes qui ont vu cette guerre éclater ! Si vous étiez tous âgés de deux cents ans ou plus, j'aurais accepté cette affirmation ! Mais là, ce n'est pas le cas du tout ! »
La jeune femme de dix-sept ans le regarda d'un air très noir et haussa les épaules. Valentin ne disait rien du tout, peut-être du fait qu'il pensait que Henri avait raison... Personne ici n'avait vu le commencement de cette guerre sans fin, interminable pour certains d'entre eux. Ce furent leurs ancêtres qui avaient commencé à faire la guerre aux précédents Chevaliers noirs, pour que ces derniers ne prennent pas Shinryu, cet infâme et cruel dragon de la désolation... de l'avenir funeste de l'univers. Philippe et Lightning étaient assez incrédules de voir la dispute entre le gouverneur de Lindblum et la prêtresse de Gaïa, et évitaient de se faire remarquer, afin de ne pas attiser la colère des deux personnes qui s'affrontaient. Cloud et Kaïn les ignorèrent et continuèrent l'audience avec le roi de Lindblum, bien que l'épouse de ce dernier et le conseiller Olmetta soient partis.
« Je crois que je n'ai pas le choix, fit Cid. Nous devons d'abord protéger le royaume, ainsi que Zanarkand. Ensuite, ce sera l'heure du Conseil. Cosmos a déjà eu des informations et veut vous envoyer des renforts.
-Des renforts ? s'étonna Kaïn. Mais...? Nous pouvons bien défendre ces deux villes à nous tous seuls, non ? Cloud a récupéré l'Armure Sacrée, donc, nous pouvons utiliser son pouvoir afin de les vaincre pour de bon, n'est-ce pas ?
-Je ne pense pas que cela soit une bonne idée, à vrai dire. Je pense plutôt qu'il doit s'en servir au moment venu... C'est-à-dire, quand vous affronterez Marguerite d'Antioche, Anton Petrovitch et Shinryu. Ces trois personnes sont plus dangereux que les démons que Cloud et ses compagnons ont été obligés d'abattre, afin de poursuivre la route. Est-ce que vous comprenez ? »
Aucune réponse de Kaïn, tandis que l'ex-SOLDAT approuva le roi. Lightning, dans son coin, fit la même chose que son allié. Du Bellay bailla, s'étira machinalement malgré la présence du roi, fit un petit sourire sournois à Cloud et proposa à Cid :
« Nous le comprenons tout à fait, mais... il faut faire vite, je vous signale. Les troupes de Chevaliers noirs s'avancent de plus en plus vers les deux villes concernés. Je propose alors de nous séparer. Vous n'êtes pas obligé de suivre à la lettre ce que je viens de vous dire... je ne suis pas le gouverneur Henri de La Vallière, le plus sage d'entre nous !
-Ne vous moquez pas, mon cher ami, répondit le roi avec un air de plaisanterie. Mais je dois avouer que vous avez une excellente idée... Mais il y a un problème...
-Quel genre de problème ? demanda Djidane, inquiet.
-Le Conseil, répondit Louhane avec sérénité. Cloud, Lightning, toi et moi devons y aller pour rejoindre Cosmos et ses autres guerriers. Cela sera plus difficile que prévu, à mon avis... Tssss... Cette guerre est trop longue... J'ai l'impression que cela ne se terminera jamais...
-Voyons, Louhane ! s'exclama Kaïn. Ne dis pas ça ! Je suis sûr que nous terminerons cette guerre le plus vite possible!
-Oui, si tu le dis. Mais... à quel prix ? »
Le dernier enfant de la première famille d'Antioche baissa la tête et laissa échapper un grand soupir. Elle semblait peiner de plus en plus et montrait des signes de fatigue, bien qu'elle eut beaucoup de temps pour se reposer. Mais apparemment, cela ne suffisait pas du tout. Tout ce que voulait la jeune femme, c'était une fin réelle à cette guerre incessante à son goût. Dix-sept ans qu'elle vivait dans la guerre, qui durait déjà depuis deux siècles et elle en avait déjà assez. Ce qui amènerait une indignation de la part de son père et son oncle paternel, si ils étaient encore vivants. Louhane se mit à imaginer les paroles qu'ils auraient prononcés tous les deux, en la voyant ainsi.
« Ça y est ? Tu abandonnes ? ferait Alexandre. Toi, qui va devenir la première reine des Chevaliers dragons, aurais-tu l'audace de cela ? Si tu fais cela, tous les espoirs de gagner cette guerre seront minimes, jusqu'à ce que les autres qui nous survécus seront morts à jamais et personne ne pourra les venger ! Ni le porteur de l'Armure !
-Tu es arrivée jusqu'ici pour te dire que finalement, le mieux est d'abandonner ? ferait Émile. Alors, si c'est le cas, je vais croire que je suis mort pour rien... Tu ne ferais jamais cela, voyons ?! »
Louhane se frappa le visage avec sa main droite. Peut-être qu'elle se sentait très fatiguée par la situation qui durait depuis un bon bout de temps. Elle se mit à marmonner des paroles incompréhensibles, comme à son habitude et Cloud se rendit compte de cela. Il s'éloigna de Kaïn et du roi, se rapprocha de son alliée et la serra dans ses bras, comme un frère qui voudrait rendre le sourire à la plus jeune de ses sœurs. Lightning fit une grimace, en se disant que ce n'était vraiment le moment de faire cela. Louhane fut prise de surprise et se dégagea brutalement de l'ancien mercenaire. Elle fit six pas en arrière et expliqua son geste, en disant:
« Ce n'est pas du tout le moment de faire cela. Et pour tout dire, il n'y a point de raison pour que tu m'étreignes comme tu viens de le faire, chevalier de Nibelheim. Je vais très bien. Concentrons-nous sur nos problèmes au lieu de se faire du soucis entre nous.
-Mais, je voulais juste de te donner un peu de confiance en toi, c'est tout ! essaya d'expliquer à son tour le guerrier de Cosmos. Je te voyais assez perdue dans tes souvenirs ou tes pensées...
-N'en dis pas plus. Bien, où en étions-nous ?
-Je te comprendrais jamais, Louhane... remarqua Valentin d'un air amusé. Notre cher porteur de l'Armure Sacrée vient de te serrer dans ses bras et tu refuses cela ? De plus, il a fait l'effort de te tutoyer, pour la première fois depuis votre rencontre ! Tu devrais être honorée, au contraire !
-Je n'ai pas envie de discuter de cela. Tout ce qui nous importe en ce moment, c'est de prendre toutes les chances entre nos mains, afin de combattre les forces de ma sœur...
-Bien dit ! »
Louhane et les autres se retournèrent et virent le gouverneur de Zanarkand Nicolas Dikinski, entrer dans la salle du trône. On pouvait lire, sur son visage, de la détermination et de la volonté, peut-être pour protéger la ville dont il était le « gardien » depuis une bonne dizaine d'années. Il serrait les poings tellement fort, qu'un des cookies qu'il tenait, se brisa en mille morceaux. Une grande volonté envahit son esprit et se rapprocha de tout le monde, mais en particulier de Louhane, tout en regardant Henri, d'un air assez tendu. On pouvait voir que Nicolas et Henri ne pouvaient pas se sentir, peut-être du fait que ce dernier était follement amoureux d'Eléonore et aussi, d'une histoire concernant l'ancien chevalier du royaume de Cornélia. Le gouverneur de Palumpolum eut un petit rictus et se rapprocha de lui, tout en disant au roi:
« Mon cher Nicolas est particulièrement attaché à Zanarkand, tout comme vous l'êtes pour votre royaume. Il pourrait même donner sa vie pour la protéger... Je pourrais vous dire que...
-Lors de la première bataille de Zanarkand, j'ai créée un bouclier que personne peut détruire, coupa l'autre gouverneur avec un air assuré. Alors que les Chevaliers noirs nous attaquaient, ils ont pris une décharge électrique et sont tombés dans le vide... enfin... noyés et certains ont été sauvagement assassinés par les habitants, qui défendaient leur ville, ce qui est normal, d'ailleurs... Mais quelque chose me dérange...
-Laquelle ? demanda Cid avec un air dérangé.
-C'est que Marguerite a entendu cela par l'intermédiaire de son oncle paternel, lorsque ce dernier était encore vivant. Elle sait probablement comment le bouclier fonctionne et pourrait le désactiver... Est-ce que...?
-ARRÊTEZ CA IMMEDIATEMENT !!! »
Tout le monde se retourna et, brusquement, la porte s'ouvrit avec un grand fracas, laissant passer les compagnons de Cloud, ceux de Lightning et ceux de Louhane. Le dernier à entrer fut Henrik Valevski, poursuivi par Matoya et Shantotto, qui voulaient l'empêcher de parler au sujet de la probable mort de Christian de La Vallière par son père. Louhane, Nicolas et Valentin se concentrèrent et lancèrent tous ensemble un sort aux deux sorcières, qui furent emprisonnées dans une sorte de cercueil de glace. Le chevalier de la Lune Céleste tomba par terre et se retrouva face au roi de Lindblum. Il sentait assez gêné et Cloud et Lightning l'aidèrent à se relever. Henrik se prosterna devant Cid, tout en posant un regard noir au gouverneur de La Vallière. Il était tellement en colère, qu'il voulut se jeter sur lui, mais Valentin et son fils Philippe échouèrent ses espoirs, en faisant apparaître des chaines qui le retinrent prisonnier. Face à ce coup de théâtre, le roi fit:
« Qu'est-ce qui se passe, à la fin ?
-Nous sommes désolés d'entrer dans cette salle du trône, Votre Majesté, mais nous avons une information qui pourrait bien vous surprendre... répondit Henrik, essayant de se libérer du piège des Du Bellay.
-Une information de la plus haute importance ! s'écrièrent Minerve, Tifa, Yuffie et Vanille.
-Une importance plus haute que l'attaque du royaume de Lindblum et de Zanarkand ? s'étonna le roi. Impossible ! »
Pierre d'Antioche se rapprocha, ainsi que son compagnon Alexis de Belgrade, devant lui. Ils se prosternèrent aussi et firent, en même temps, avec le teint livide:
« Cela concerne le gouverneur de Lindblum, Votre Majesté... Il veut assassiner son fils, puisque ce dernier est devenu un Chevalier noir et nous pensons que c'est à cause de cette raison qu'il espère se venger, d'une certaine manière... »
Cid de Lindblum regarda le gouverneur de La Vallière avec beaucoup d'horreur, ainsi que Djidane, Cloud, Lightning, Louhane et Nicolas. Un air de tension s'était installé dans la pièce et Henri de La Vallière tenta de se défendre, en disant:
« Vous feriez la même chose que moi !! Vos enfants mériteraient la mort, si ils avaient trahi leur famille, leur camp ! »
« Ce n'est pas en restant spectateur que l'on peut être un artisan de l'avenir, ni le défenseur de quoi que ce soit. »

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Messagepar LePetitChocobo » 06 mars 2011 20:33

Ah ben enfin :P
Bon lecture
Un jour, je retrouverais mon pays natal...
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_Allan_
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Messagepar _Allan_ » 08 mars 2011 13:06

Dis, je veux pas paraître méchant (enfin si comme même un peu), mais les histoires que tu nous fais sont du déjà vue! L'histoire en elle-même n'est pas très passionnante, manque un peu d'action (ça doit être le côté féminin ça)! Fin bref, j'espère juste que l'écriture n'est qu'une passion pour toi!
Powned !!!

Toulal, t'es trop forte, t'es la best.!! Je t'aime Toulal!
C'est comme dans les concerts de Justin Bieber, dès que tu dessines j'ai envie de tomber dans les pommes.
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Messagepar Cloud974 forever » 08 mars 2011 17:49

J'adore lire !!!! et j'ai commencé à lire les premiers chapitres et je trouve que c'est fantastique !!
t' as un super talent .


*en plus CLOUD c'est mon perso préféré !!!
§§CONTINUE§§ :o :D :)
lightning et cloud ................................???????????????????????????!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Vit ton rêve , ne rêve pas ta vie !!!

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Messagepar Louha » 08 mars 2011 21:39

_Allan_ a écrit :Dis, je veux pas paraître méchant (enfin si comme même un peu), mais les histoires que tu nous fais sont du déjà vue!


Non, tu n'es pas méchant. Tu exprimes juste ton jugement et je l'accepte, c'est tout... Mais, il y a une chose que je ne comprends pas, du fait que tu dises que mon histoire est du déjà vu... Peut-être que tu as lu des livres rapportant à ce sujet-là, je ne sais pas, mais sincèrement, je ne vois pas du tout. Il va falloir que tu m'éclaires un peu plus sur ce sujet-là.

@Cloud974 forever : Merci, c'est très sympa de ta part :) Oui, cela semble bizarre de prendre comme personnages principaux Cloud et Lightning et du fait qu'à un moment de l'histoire, ils se rapprochent de plus en plus (tu le verras quand tu avanceras, bien sûr ^^)... J'ai choisi ces deux héros de FF en particulier, puisque je pensais qu'ils étaient très semblables sur certains points, par rapport à leur physonomie et leur caractère. Même un des personnages le remarque, lorsque notre cher héros de FFVII rencontre les Chevaliers dragons pour la première fois. *Entend quelqu'un : Louha, qu'est-ce que je t'avais dit, à propos de cela ?* Non, c'est bon !!! Je ne le referais plus !! Promis, juré, craché !!!
En tout cas, ça me fait plaisir que tu aimes déjà le début !! :D
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Messagepar ange du silence » 11 mars 2011 22:26

Louha que dire...toujours aussi formidable.
_Allan_ comme le dis ta signature.....les passions sont comme le temps...
ne le prend pas mal^^
je suis juste pas de cet avis
A dream you dream alone is only a dream.
A dream you dream together is a reality.

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Partie II - Chapitre XVII

Messagepar Louha » 13 mars 2011 14:12

Chapitre XVII : Perdue dans le monde des songes

Fatiguée et pensive. Voilà comment on pouvait décrire la jeune femme et princesse des Chevaliers noirs Marguerite d'Antioche, assise sur son trône d'acajou, à Eden. Fatiguée, à cause de ce qui se passait entre les Chevaliers noirs et les Chevaliers dragons, et aussi du fait qu'elle avait pris parti pour son ancien peuple, puis pour les ennemis de ce dernier. Elle ne savait pas que sa petite sœur était prise de la même fatigue, bien que cette dernière était très courageuse et qu'elle était du genre à ne pas se laisser faire dans les situations les plus dangereuses qu'ils soient. Pensive... Marguerite l'était déjà depuis un bon moment, mais dans ce cas présent, ce fut plus grand, plus intense que d'habitude. A quoi pouvait-elle penser si profondément, alors qu'elle avait, soi-disant, perdu l'humanité qui lui restait? La réponse à cette question était très simple et était la même depuis plusieurs années du reste de sa vie, qui risquait d'être perdue dans un moment proche... Une seule personne... Perdue dans le brouillard épais de l'au-delà... Sa mère, Eléonore Dikinska. L'ancienne prêtresse de Gaïa était la plus grande humanité de Marguerite et jamais plus, elle ne pouvait la revoir. A moins d'en finir avec la vie, mais la jeune femme n'en voulait pas en entendre parler. Bien qu'il y ait eu des cas critiques. Dans ses moments de folie, Marguerite allait se réfugier dans un endroit inconnu de tous, pour pouvoir exprimer sa peine. Il s'agissait du Cap du Désespoir, situé non loin du trône de Chaos. Quelques fois, elle se taillait les veines et espérait ainsi rejoindre sa chère mère. Mais, lorsqu'elle avait vingt ans, Marguerite fut secourue par sa propre sœur, qui l'avait suivi en cachette, et sous l'apparence d'une chouette. La jeune prêtresse, âgée à ce moment de treize ans, comprenait exactement ce qui se passait et en avait conclu qu'elle pouvait devenir très dangereuse. Se remémorant cela, la jeune femme se frappa la tête et se dit:
« Qu'est-ce qui m'arrive, à la fin ? Suis-je devenue folle ? »
Elle ferma les yeux pendant plusieurs minutes, prenant la peine d'oublier ces souvenirs. Frappant sa tête plusieurs fois, la jeune femme rouvrit ses yeux et se retrouva nez à nez avec le fantôme d'une petite fille, qui lui ressemblait beaucoup et qui devait avoir à peu près l'âge de Minerve du Lac Bresha. Elle avait une petite robe bleue, des petites ballerines et avait deux couettes, dont les cheveux étaient de couleur acajou. Marguerite la regarda attentivement, tout en y mêlant une certaine incompréhension de la situation présente. Elle se leva et se rapprocha avec beaucoup de lenteur, car elle semblait avoir peur de ce qui se passait. La jeune femme essaya de la toucher avec prudence, mais ce fut l'impossible. Elle tenta plusieurs fois encore, mais ce fut le même résultat. La petite fille, qui se trouvait devant elle, se mit à rire et lui remarqua:
« Tu auras la même chose que le roi d'Ithaque... Tu ne pourras pas me serrer dans tes bras par pure bonté d'âme. Qu'est-ce que je dis, moi ? C'est vrai que tu n'as plus de bonté depuis un bon moment, ha, ha, ha ! »
Marguerite ne répondit pas à la remarque de la petite fille. Elle était plus préoccupée à réfléchir sur ce qu'elle disait. Elle se concentra un moment et se rendit compte qu'elle faisait allusion à un épisode particulier de l'Odyssée. En effet, lorsque Ulysse était en train de traverser les Enfers pour recevoir les prédictions du célèbre devin Tirésias de Thèbes, il avait vu l'ombre de sa mère, morte de chagrin durant son absence. Il avait essayé de la prendre dans ses bras, mais, à sa plus grande tristesse, il dut se rendre compte qu'il ne le pouvait pas et qu'il ne pourrait plus jamais la toucher. La première fille d'Alexandre d'Antioche haussa les épaules et demanda à la petite fille :
« Qui es-tu ? D'où viens-tu ? Quelle est la cause de ta venue ? Si c'est pour me jouer un tour, tu es plutôt mal partie, parce que je suis en train de me préparer pour les deux invasions, qui seront mes plus grandes victoires !
-Ne sois pas si confiante par rapport à cela, tu pourrais le regretter pour toute l'éternité... répliqua la petite fille avec un air glacial. La prêtresse et le chevalier sont plus forts que toi... Ils te le montreront lors de l'affrontement final...
-Tu ne dis que de stupides sottises ! Et tu ne réponds pas à mes questions !
-Tu veux mes réponses ? Si je te les dis, je pense que tu vas avoir un gros choc !
-Je me fiche de savoir cela ! »
La petite fille soupira bruyamment, pour déplorer les conséquences de la possession de Shinryu par l'ancienne Chevalier dragon. Elle tourna le dos à Marguerite, marmonna quelque chose qui semblait la faire rire, et se retourna.
« Si tu y tiens... fit-elle. On va dire que je suis toi... Ou sinon, ta conscience durant ton enfance, qui essaye de te ramener à la raison et à faire la paix avec ta famille et ton peuple... Je sais que tu penses à eux, n'est-ce pas ?
-Pas du tout... mentit avec tranquillité Marguerite. Pourquoi faudrait-il que je pense à eux, alors que je les ai reniés depuis un bon bout de temps ?
-Arrête de mentir ! Je sais qu'au plus profond de toi, tu penses terriblement à tes parents morts et à ton frère et à ta sœur, non ? Si tu penses à eux, qu'est-ce que c'est que cette bêtise de mentir, alors que c'est normal de le faire, hein? Ils font partie de ta vie, tu as construit cela avec eux, pourquoi les renier ? Tu penses que ta mère et ta sœur se sont liguées contre toi par pur plaisir ? Non, absolument pas. Crois-moi, elles voulaient que ce soit le contraire, que tu ne sois pas la nouvelle calamité qui tomberait sur l'univers tout entier... Tu ne penses pas qu'il est préférable de ne pas attiser ta colère sur elles et de l'apaiser, une bonne fois pour toute ? De te débarrasser de Shinryu et avoir une nouvelle fois, une vie normale ? »
Aucune réponse de la jeune femme, qui haussa les épaules. Marguerite enfant tapa du pied droit et soupira une deuxième fois. Elle s'étira machinalement et bailla, jusqu'à oublier les bonnes manières. Marguerite pensait qu'elle était fatiguée, mais oublia aussitôt cette idée, vu que ce n'était qu'un fantôme, et que les fantômes ne pouvaient pas être fatigués, puisqu'ils étaient morts depuis un moment. La petite fille souffla d'un coup et continua:
« Si tu ne réponds pas, c'est ton problème, pas le mien. Tu te diras alors que les choses sont venues telles qu'elles sont et qu'on ne peut pas changer son destin. Je n'y crois pas à ce genre de réflexion. Je sais que je passe pour un philosophe de l'Antiquité, tel que Socrate, Platon ou Aristote – les seuls grands que je puisse respecter, à vrai dire, mais il faut que tu saches que tu as fait une grosse erreur, en trahissant ta famille, ton peuple ! Qu'est-ce qui t'a amené à faire ça, sincèrement ?
-Les causes sont très nombreuses, répondit Marguerite d'un ton agressif. J'ai servi mon peuple comme il était convenu, mais... on ne m'a pas comprise... On m'a laissée ici comme un vieux morceau de chiffon tout crasseux...! Je voulais être la plus grande Chevalier dragon, tout comme mon père ! Je voulais aussi montrer que je n'étais pas une incapable, que je pouvais aussi faire les choses correctement ! Au lieu de me remercier, ils m'ont totalement négligée et je tiens à me venger de tout cela !
-La vengeance est un plat qui se mange froid, tu le savais, ça ? Tu tiens à te venger, par l'intermédiaire de Shinryu ? Dis-toi une seule chose... tu es déjà condamnée à mort depuis que tu l'as pris ! Jamais tu n'auras une rédemption comme le roi de Baron ! »
Marguerite semblait furieuse rien qu'en entendant les remarques de la petite ombre, mais ne répondit pas. Sa fatigue était de plus en plus grande et recula de plusieurs pas, jusqu'à ce qu'elle atteigne son trône d'acajou. Elle se frotta les yeux, tandis que la petite fille se moqua d'elle, tout en la pointant du doigt.
« Fatiguée, à ce que je vois ! fit-elle avec un sourire sadique. Je pense que ce sera ta dernière sieste de toute ton existence, et il faut bien que tu en profites, hein ?
-Ne te moque pas.... de moi.... balbutia la jeune femme, affalée sur son trône très maladroitement. Tu verras.... le jour de mon avènement, je serai la plus puissante de tous... ma sœur et l'élu de Gaïa se plieront sous mon autorité ! Ils me devront fidélité et soumission ! Tu verras... je serai l'impératrice de tout l'univers !
-Oooohhh... Ce n'est pas vrai... Toujours aussi téméraire... comme moi d'ailleurs... J'en conclut donc que je ne pourrais pas te convaincre de renoncer à ta folie noire ! Bon, je vais devoir lui dire que j'ai échoué dans ma mission, si je puis dire...
-De qui parles-tu comme cela ?
-Cela ne te concerne absolument pas. De plus, j'ai envie de garder le meilleur pour la fin. Si tu changes d'avis, dis-toi que c'est trop tard depuis déjà dix ans... Tu sais, lors de la mort de ta mère ? Bon... je vais y aller et m'installer aux premières places pour voir le déroulement de cette guerre, d'une durée interminable... Adieu et j'espère te voir bientôt dans l'autre monde ! Ha, ha, ha ! »
L'ombre disparut sous les yeux fatigués de Marguerite et cette dernière soupira bruyamment, tout en se disant qu'elle devrait totalement se reposer pour retrouver des forces, pour combattre la Résistance de sa sœur Louhane d'Antioche. Une bonne partie de son plan s'était passé avec succès, mais la jeune femme pensait qu'elle ne pouvait pas se permettre de se reposer. Mais, à ce moment-là, il était peut-être prudent de le faire. Alors qu'elle commença à faire sa sieste, le général Anton Petrovitch fit son apparition et se prosterna devant elle. La première fille d'Alexandre d'Antioche grogna avec un petit son et demanda :
« Qu'est-ce qui se passe, encore ?
-Votre Altesse, je vous en prie, arrêtez d'être grognon comme cela ! s'exclama le général des Chevaliers noirs avec un air interrogateur. Je sais que vous êtes fatiguée, mais quand même !
-Excuse-moi, Anton... J'ai l'impression que je perds un peu les pédales en ce moment... Je crois que je devrais me reposer, avant les deux batailles de Zanarkand et du royaume de Lindblum. Que fais-tu ici ?
-Je voulais vous donner mon rapport... enfin, mon plan... pour pouvoir envahir ces deux territoires. Mais, si vous le voulez, je peux vous laisser ici, pour que vous vous reposiez tranquillement. C'est vrai que vous êtes fatiguée... et cela se voit à vrai dire... Je vais vous laisser et je reviendrai lorsque vous serez plus en forme. »
Marguerite ne répondit pas, se contentant de voir Anton partir. Après quelques secondes de réflexion, elle se releva brusquement et l'interpela à nouveau.
« Attends ! s'écria t-elle. Reviens !
-Que se passe t-il, encore ? demanda à son tour Petrovitch.
-Je voulais juste te demander si tu pouvais me réveiller dans une heure ou deux. Je voudrais être en forme et ne manquer, pour rien au monde, ces batailles...
-Bien. A toute à l'heure. »
Le général des Chevaliers noirs s'en alla, laissant Marguerite seule. Cette dernière mit les mains dans sur son visage, tout en baillant et ses yeux commencèrent à se fermer. Pendant un moment, elle sentit une agréable sensation, qu'elle n'avait plus retrouvé depuis un certain nombre d'années et s'endormit petit à petit, quittant le monde où elle était, pour découvrir de nouvelles sensations dans un autre monde... celui des rêves...

Mais, à sa grande surprise, Marguerite se retrouva dans le Vieux temple de Chaos. Elle se situait devant un trône en mauvais état et regarda attentivement les murs. A chaque intersection, se trouvait le dessin de chaque démon de quatre éléments. La jeune femme reconnut Kraken, Marilith, Liche et Tiamat, vaincus d'abord par les quatre guerriers de la lumière prophétisés par Lukhan, puis par Cloud et ses compagnons. Elle leva la tête et se rendit compte que le mur risquait de lui tomber dessus. Ayant peur de cela, Marguerite accourut vers le côté gauche du temple, où se trouvaient une partie des colonnes, pour pouvoir maintenir le bâtiment, bien que ce dernier ait des risques de tomber en poussière. La jeune femme se concentra pour essayer de se réveiller, mais rien n'y fit... pas même les gifles qu'elle se donnait pour partir d'ici. Elle soupira et s'assit par terre, avec une grande maladresse. Pendant plusieurs minutes, ce fut le silence le plus total, qu'elle n'avait connu jusqu'ici. La jeune femme avait l'impression qu'elle était là, à cause d'un exil forcé, pour une chose grave qu'elle avait faite. Se sentant de plus en plus isolée du monde, elle se mit à pleurer, cachant ses larmes sous ses mains. Pendant ses sanglots, quelqu'un apparut devant le trône et regarda la scène, avec beaucoup d'inquiétude. Cette personne... ce fut Garland, ancien chevalier d'honneur du royaume de Cornélia et guerrier fidèle de Chaos. Ayant sa grosse arme dans sa main droite, il la posa sans faire de bruit et essaya de rejoindre la future reine des Chevaliers noirs, malgré le bruit de son armure pendant qu'il marchait. Marguerite s'en rendit compte, se releva aussitôt et le regarda avec beaucoup d'incompréhension.
« Garland...? balbutia t-elle. Est-ce bien toi ? Je te croyais parti dans l'autre monde, au dernier conflit entre le dieu et la déesse !
-Je ne suis qu'un songe, rien de plus, répondit le guerrier de Chaos. Et je vois que tu ne m'as pas oublié, après tout ce temps passé.
-Comment oublier une personne qui m'était chère à mes yeux ? Je me souviens que nous nous promenions souvent aux alentours du château de Cornélia, quand j'étais enfant...
-Tu n'as pas oublié cela non plus, je suis heureux de le savoir. Mais, l'heure ne nous a pas été donné pour des retrouvailles. J'aimerais te dire des choses qui concernent toi et ta famille... »
Marguerite paraissait déçue de ne pas pouvoir parler à l'ancien chevalier de Cornélia des souvenirs qu'elle avait eu avec lui. Elle se retourna, évitant le visage protégé de Garland et regarda la représentation du démon de la Terre Liche, qui se trouvait juste devant elle. La jeune femme commença à taper du pied, ce qui agaça fortement le guerrier de Chaos, puis, le silence retomba de nouveau et dura plusieurs minutes, jusqu'à ce que Garland dise :
« Arrête de faire l'idiote, pour une fois et essaye d'écouter ce que j'ai à te dire. Il y a certaines choses dont toi, Pierre et Louhane ne savent rien du tout, et cette ignorance de la part de vous trois m'a vraiment traumatisé. J'étais vraiment proche de ta famille et j'aurais pu transformer cette affection en protection, pour vous trois...
-Qu'est-ce que cela signifie ? demanda Marguerite, se retournant et en le regardant d'un air étonné. Tu penses que nous étions ignorants par rapport à ton affection à notre famille? Point du tout... pas le moindre du monde. Henri de La Vallière n'était pas à ta hauteur ! Tu aurais pu être notre parrain ! »
Face à la réflexion de la jeune femme, Garland baissa sa tête, se dirigea vers le vieux trône et s'assit dessus, avec beaucoup de maladresse. Marguerite se rendit compte qu'il n'avait pas repris son arme et la prit, bien qu'elle soit très lourde pour elle. La première fille d'Alexandre d'Antioche la porta douloureusement et la posa presque immédiatement. Soufflant de douleur, elle s'assit pour pouvoir se reposer et Garland commença son explication.
« Tout cela a commencé, il y a presque trente ans, expliqua t-il. Nous étions encore jeunes et j'étais bien décidé à devenir un chevalier digne, qui ne rejoindrait pas les forces des ténèbres.
-Ce n'est pas l'exemple que tu me donnes en ce moment-là, Garland, fit remarquer Marguerite avec beaucoup d'ironie.
-Il suffit. Bien... Alexandre et sa famille venaient d'arriver au royaume de Cornélia et je me sentais très seul à cette époque. Heureusement, ton père, ton oncle et ta tante sont venus vers moi, pour qu'on fasse connaissance. C'est à partir de là que nous sommes devenus les meilleurs amis du monde, Alexandre et moi... Cette amitié n'a jamais cessé, même si il est mort avant moi.
-Mon père est devenu un 'Ancêtre', comme tous les Chevaliers dragons. Vous pouviez vous voir, non ?
-Il était trop occupé avec cette guerre de deux siècles et je suis sûr qu'il n'aurait pas voulu me voir alors que je suis passé dans les forces de ténèbres, trop avide de pouvoir... Pauvre de moi...! »
L'ancien chevalier de Cornélia commença à pleurer comme un enfant, rien qu'en parlant de l'amitié entre lui et l'ancien chef des Chevaliers dragons. Il fit de douloureux gémissements et mit la main droite sur son visage, protégée par son armure. Il était tellement attaché à son meilleur ami et voulait cette amitié dure encore, malgré sa folie. On pouvait penser aussi que la mort de ce dernier lui avait apporté beaucoup de chagrin et d'amertume. Peut-être avait-il l'intention de le venger ? Rien n'était sûr, à vrai dire. Marguerite ne fit aucun commentaire, de peur qu'elle attise plus de peine de la part de Garland. Ce dernier soupira et continua son récit.
« Quand j'ai appris qu'il s'était marié avec ta mère, j'étais très heureux pour lui. Il m'avait même dit, un jour : « J'aimerais que tu sois le parrain de mes enfants, pour renforcer encore plus notre amitié. » J'ai accepté sans hésitation. Mais, un an après la naissance de Louhane, quand tes parents avaient décidé que je serai votre parrain, Matoya s'y est opposée et leur a conseillé de prendre, à ma place, Henri de La Vallière, amoureux dévoué de ta mère.
-Hum... je vois tout ceci...
-Tu vois que cela n'a pas été facile du tout. Je peux te dire que ce n'était pas vraiment plaisant quand tes parents ont dû choisir ce rat plutôt que moi... Et en plus, à cause de Matoya !!
-Je te comprends tout à fait. Mais... pourrais-je te poser une question, qui me tracasse depuis un petit moment ?
-Oui, bien sûr. »
Marguerite essaya de la poser, mais quelque chose l'en empêcha. Comme si quelque chose la bloquait. Elle échappa quelques sons, mais n'arrivait toujours pas à parler correctement. Elle fit une grimace, signifiant qu'elle avait du mal et cracha par terre, à la grande surprise de Garland. Ce dernier haussa les épaules, du fait qu'il n'espérait pas qu'une future reine se permette ce genre d'attitude. Il passa sa main droite devant ses yeux, oubliant ce qui s'est passé et Marguerite souffla. Elle fit:
« Je crois que j'ai trouvé. Je voulais savoir... pourquoi ma mère est morte... Est-ce que c'est bien... à cause de moi ?
-Eléonore l'a compris le jour même de la naissance de Louhane, un jour de Février, quelques jours avant ton quatrième anniversaire, répondit le guerrier de Chaos. Je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé, mais elle m'a dit qu'elle avait vu quelque chose te concernant... Elle te voyait en possession de Shinryu et combattre Louhane et Pierre.
-Elle avait vraiment un don....
-Tout le monde le savait, précisément. Elle avait bien raison de mourir avant que tout cela ne se produise. Désolé de te dire cela, mais je pense que c'est la vérité. Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ? Me persécuter ? Cela est déjà fait, malheureusement...
-Je n'ai rien dit du tout... D'abord, tu sais que je ferais jamais cela sur ta personne... Si je comprends bien ce que tu m'as dit, je suis devenue la réincarnation de Shinryu et de la menace présente qui se présente comme l'épée de Damoclès sur l'univers tout entier ? »
Garland approuva d'un signe de tête. Marguerite eut le sourire aux lèvres et regarda ses mains, d'un air avide. Pendant toutes ces années, elle avait senti quelque chose de fort en elle. Comme si un être aussi puissant qu'elle habitait son esprit, depuis son enfance. La jeune femme avait montré aux autres Chevaliers dragons, notamment son frère aîné Pierre, de quoi elle était capable et elle était devenue impitoyable. Elle se disait digne de succéder à son père en tant que chef des Chevaliers dragons, mais les évènements en ont décidé autrement. L'arrivée de Cloud, Lightning et leurs compagnons, ainsi que l'obstination de sa sœur Louhane, qui voulait terminer cette guerre au plus vite, avant que le sang d'autres innocents ne soit versé sur les champs de batailles. L'ancien chevalier de Cornélia la regarda, haussa les épaules et grogna. Il fit :
« J'ai l'impression que tu n'as pas conscience de ce qui est en train de se passer. Il vaut mieux que tu fasses très attention à ce que tu fais. Sinon, tu pourrais bien le regretter. Tu as bien entendu ce que ton frère a dit, n'est-ce pas ?
-Je me fiche de savoir ce que mon frère a dit !! s'écria Marguerite, devenant de plus en plus folle. Tout ce que je veux, c'est de me venger de cette bande d'ingrats, qui ne m'ont pas laissée une chance de leur prouver ce que je valais véritablement !!! Shinryu m'aidera et je serai à l'apogée de ma gloire !!! Ha, ha, ha !!!
-Arrête de te comporter comme ça... Je vois que tu n'es plus dans ton état normal depuis que tu l'as récupéré... je ne te reconnais plus du tout. Tu penses avoir atteint le même niveau que ton père, mais ce n'est pas du tout le cas. Bien au contraire... Tu es devenue aussi mauvaise que l'empereur Mateus de Palmécia, c'est évident, rien qu'en te regardant agir comme cela. Agis comme tu le souhaites, mais fais attention aux conséquences que cela pourrait engendrer. J'espère que tu seras vite libérée de cette folie avant ta mort, mais je dois avouer que ces espérances sont vaines, à vue d'œil... Adieu, Marguerite...
-Qu'est-ce que... non !! Garland !! balbutia la jeune femme. REVIENS !!! NE ME LAISSE PAS !! »
L'ancien chevalier d'honneur de Cornélia prit son épée et disparut soudainement, laissant Marguerite seule. Cette dernière souffla très bruyamment et frappa violemment par terre, avec ses deux mains. Elle les enleva et vit deux gros trous, résultats de sa frappe. Baissant la tête et recommençant à pleurer, elle pensa :
« Est-ce que quelqu'un peut me comprendre, en me voyant ainsi ? Non, il est inutile de poser cette question. La réponse est toute simple... personne... je ne suis qu'un tas de poussière, un être inutile... Voilà ce que je suis... Mais je suis tout de même décidée à me venger de cet univers qui ne m'a donnée aucune chance !! »
Mettant ses mains sur son visage, Marguerite commença à prononcer des mots en latin, qui définissaient son ras-le-bol et son envie de vengeance, par l'intermédiaire du dragon de la désolation. Brusquement, elle se laissa tomber par terre, sur le dos, et ferma les yeux encore une fois, espérant que peut-être, elle finirait par retourner à la vie réelle, afin de se préparer pour les deux batailles de Lindblum et de Zanarkand. Mais, encore une fois, ce ne fut pas possible pour elle, puisqu'elle devait alors accomplir l'étape suivante de sa réelle montée en puissance.

En effet, la jeune femme se retrouva devant le trône même de Chaos. Un environnement noir y régnait, depuis déjà fort longtemps et Marguerite connaissait exactement cet endroit. Du fait qu'elle se réfugiait au Cap du Désespoir, qui s'y trouvait un peu plus loin, et pour une autre raison, mais inconnue. La jeune femme regarda aux alentours et vit que des flammes tombaient sans cesse et on aurait cru à des étoiles filantes, rien qu'à la façon dont elles « s'écrasaient » au sol. Réfléchissant davantage, Marguerite ne vit absolument pas la deuxième raison de la connaissance de cet endroit si noir, si effrayant. Elle leva la tête et cria :
« Qu'est-ce que je fais ici, bon sang ! Qu'est-ce que vous voulez de moi ? »
Aucune réponse ne lui parvient, ce qui l'agaça fortement. Elle se dirigea vers le trône de Chaos avec beaucoup d'agacement et s'assit dessus, en espérant que quelqu'un vienne la voir. Elle ajusta ses cheveux, ainsi que la broche en forme de dragon, et pensait qu'elle était perdue dans ce lieu, sans repères afin de la guider sur le chemin où elle devait aller. La jeune femme pensa à cela pendant une dizaine de minutes et, passé ce temps-là, elle décida de partir, par tous les moyens possibles. Elle ferma les yeux, pensa très fort à Eden, où son corps se reposait, en toute tranquillité, et les rouvrit aussitôt. Rien à faire. Marguerite ne comprenait pas ce qui se passait. Se levant rapidement, elle se mit face au trône du dieu de la discorde et recula jusqu'à ce qu'elle atteigne le début des escaliers. Alors qu'elle allait partir, quelqu'un l'en empêcha, en faisant appel à une prison de flammes, autour du lieu, et en lui disant:
« Je sais ce que tu ressens, fille d'Antioche... Laisse-moi t'aider, pour que tu sois au plus haut sommet de ta gloire éternelle ! »
Marguerite se retourna et vit apparaître Chaos, dieu de la discorde, vaincu par les guerriers de Cosmos lors du dernier conflit en date, assis sur le trône. Elle prit peur, poussa un horrible cri et tomba violemment par terre. Le regard mêlé d'incompréhension et d'horreur, elle l'observa de la tête aux pieds et commença à bégayer. Le dieu malfaisant se rapprocha d'elle et lui tendit une de ses quatre mains, afin de l'aider à se relever. Refusant son aide, la jeune femme se releva toute seule, sans détourner son regard sur lui. Après quelques échanges de regards entre les deux, Marguerite demanda :
« Pourquoi le dieu de la discorde voudrait m'aider ? Je n'ai besoin de personne pour mettre cet univers à mes pieds ! Ces insectes payeront le prix de leur insolence, le tout, par mes propres mains !!!
-Je sais tout cela, ma chère amie, fit Chaos, sans répondre pour autant la question posée par Marguerite. Je sais que tu as été malmenée par ces humains sans reconnaissance et je tiens vraiment à t'aider à te venger. Je t'offre même mes pouvoirs, ainsi que mon armée... Acceptes-tu cela ?
-Une armée...? Mais... j'en ai déjà une ! Pourquoi faudrait-il que j'ai des effectifs en plus ? Et puis, en quoi est-elle spéciale ? Je ne comprends pas !!
-Il s'agit d'une armée constituée de mes fidèles guerriers... Ceux qui ont combattu les guerriers de la déesse de l'harmonie et qui y ont laissé la vie, en combattant à ma cause... »
Marguerite devint réticente à ce que Chaos venait de dire. Les guerriers du dieu de la discorde ne lui étaient pas vraiment fidèles, et plusieurs voulaient que l'univers ait plusieurs fins possibles, d'après ce que lui avait dit Émile d'Antioche, quelques mois auparavant. Ce dernier avait eu vent de tout ce qui se passait, par l'intermédiaire de Louhane. Cette dernière n'était pas présente dans le champ de bataille, mais elle avait entendu les dires de Cid de Lufénia. L'empereur Mateus de Palmécia voulait diriger l'univers tout entier, Cloud of Darkness et Exdeath voulaient qu'il retourne dans le néant, Kefka Palazzo rêvait d'une ultime destruction, tandis qu'Ultimecia voulait lancer la compression temporelle. A cause de la volonté de ces « personnes », on ne pouvait pas dire qu'ils étaient totalement fidèles au dieu de la discorde. Ce dernier la regarda attentivement et lui expliqua une étrange sensation, lorsqu'il était en train de mourir.
« Ma chère amie, je t'ai vu dans mon esprit, lorsque mon corps était en train de se détruire... dit-il. Tu étais devant moi, mêlée d'hésitation et de rancœur. Je ne savais pas pourquoi il me renvoyait cette image de toi, comme cela... mais j'ai compris que tu étais unique en ton genre... puisque tu es la réincarnation humaine de Shinryu et que tu étais la seule à pouvoir l'utiliser correctement...
-La seule qui puisse l'utiliser correctement ? répéta Marguerite avec incrédulité. Contrairement ce que disent les autres, je ne peux pas mourir, c'est ça ? Si cela est le cas, c'est que je suis... immortelle !!! Ha, ha, ha !!! »
Elle éclata de rire comme une enfant de cinq ans, tout en montrant ses dents. Chaos, lui, la regarda avec beaucoup d'incompréhension, face à son attitude. Il soupira avec beaucoup de bruit et déclara:
« Si tu pouvais éviter de plaisanter comme ça, cela m'arrangerait tout convenablement. Je ne suis pas ici pour te voir rire comme une imbécile, c'est pour que tu reçoives mes pouvoirs ainsi que le commandement de mon armée, contre celle de Cosmos... Tu espères te venger, je te donne le moyen de le faire. A condition que tu sois très prudente par rapport à tes actes. Je crois que Garland te l'a dit, n'est-ce pas ?
-Je me fiche de savoir ce genre de détails, ce n'est pas important pour moi, et tu le sais bien, mon cher dieu de la discorde. Qu'est-ce qui pourrait m'arriver de pire, hein ? »
Chaos ne répondit pas à la remarque que Marguerite venait de faire. Il ne se contentait que de la regarder tranquillement, malgré le mur de flammes qui était toujours présent et qui semblait de plus en plus menaçant. Il se rapprocha de plus en plus de la jeune femme, comme si une fusion allait se faire entre les deux personnes. Marguerite essaya de comprendre ce qui se passait, bien qu'elle soit au courant de plusieurs choses. Tout d'un coup, une question refit surface dans son esprit et elle sursauta brusquement, émettant un petit bruit. Se grattant la tête, elle se sentit gênée envers l'ennemi de la déesse de l'harmonie et lui demanda :
« Dis-moi, je viens de me rappeler de quelque chose en particulier... Comment se fait-il que je connaisse cet endroit ? Je sais que j'allais au Cap du Désespoir, qui ne se trouve pas loin d'ici, mais... je ne trouve pas d'autre raison... Je sais que j'y suis allé pour une deuxième raison... Mais, laquelle...?
-Je le sais pourquoi, répondit Chaos d'un air tranquille. La réincarnation humaine de Gaïa et toi étiez ici, par pure curiosité, avant la mort de votre mère. Pour me combattre, ainsi que Tiamat, tu ne t'en souviens pas ? Le combat avait été très intense, je me souviens parfaitement. Vous étiez très courageuses, toutes les deux, je conçois sincèrement. Mais, vous aviez été battues et j'ai failli vous envoyer dans la faille dimensionnelle, à cause de l'intervention de votre oncle, Émile d'Antioche. Ce dernier avait eu vent de votre visite ici et il s'est donné beaucoup de mal pour vous ramener au royaume d'Alexandrie.
-Oh... je ne m'en souvenais plus. Ma mémoire me joue des tours, en ce moment, donc...
-Le temps presse, Marguerite. Les batailles du royaume de Lindblum et de la ville de Zanarkand vont bientôt commencer et il faut te préparer pour cela. Je te donne mes pouvoirs et je m'en vais, à cause de cela et du fait que je ne peux pas rester longtemps, alors que je n'existe plus... »
Chaos se rapprocha d'un pas vers la jeune femme et se concentra, pour faire le transfert des pouvoirs. Un flux de lumière rouge vif et doré contourna la jeune femme avec beaucoup de rapidité. Ce spectacle dura trois minutes, le temps que Marguerite reçoive tous les pouvoirs que Chaos détenait en lui. Après ce temps passé, la jeune femme ressentit encore plus d'énergie en elle, presque régénérée, en quelque sorte. Commençant à disparaître aussitôt, le dieu de la discorde tendit ses ailes le plus possible et fit :
« J'espère que tu prendras soin de ne pas utiliser cela avec témérité, comme tu as l'habitude avec les tiens. Adieu, fille d'Alexandre... »
De la lave jaillit brusquement devant les deux personnes et Chaos disparut, sans laisser de traces. A nouveau seule, Marguerite ne savait pas ce qu'elle allait faire, après avoir reçu les derniers pouvoirs de Chaos et le commandement de son « armée ». Peut-être que c'était le moment de retrouver son corps charnel, afin de mener les opérations pour pouvoir envahir le royaume de Lindblum et la ville-machine de Zanarkand. D'un coup, elle se sentit mal et bousculée dans tous les sens, comme si quelqu'un tentait de la réveiller avec beaucoup de panique. Ce fut exactement le cas, puisque Anton, comme Marguerite l'avait demandé, essaya de la réveiller par tous les moyens. Son esprit s'évapora comme une fumée et retrouva la vie qu'elle était en train de mener. Enfin... le reste de sa vie...
« Dame Marguerite !!! s'écria le général des Chevaliers noirs. Réveillez-vous, bon sang !
-Hein...? fit l'intéressée. Mais qu'est-ce que...?
-Vous m'avez demandé de vous réveiller dans une heure ou deux... Donc, je viens pour respecter ma promesse. J'espère que je n'ai pas été brutal, sinon...
-Ce n'est rien, Anton. Tout ce qui m'importe, maintenant, c'est de commencer l'invasion de ces villes. Une fois que je les aurai, je pourrais continuer ma politique d'expansion, afin de montrer à ma chère petite sœur et au chevalier de Nibelheim que personne ne pourra m'arrêter... Je leur montrerai les pouvoirs que j'ai hérités de Chaos !!! Ha, ha, ha !!!
-Qu'est-ce que vous dites ? Vous... vous êtes sure de cela ? »
Marguerite approuva d'un signe de tête, avec un sourire satisfait. Pour elle, avoir les pouvoirs du terrifiant dieu de la discorde, c'était se considérer comme son digne héritier ou héritière. Se rendant compte qu'elle était toujours assise, elle se releva, manquant de tomber par terre et s'éloigna de son trône de six pas. Haussant les épaules, elle se retourna vers un portrait de son père, fixé sur un mur après qu'elle soit devenue le leader des Chevaliers noirs et le regarda attentivement, d'un air émerveillé. Alexandre d'Antioche se tenait debout, aux côtés de son frère Émile et sa sœur Sophie, ainsi que les deux-beaux frères de l'ancien chef des Chevaliers dragons. Elle se rapprocha de l'objet, toucha la représentation de son père avec beaucoup de soin et lui murmura :
« J'aurais voulu que tu me vois ainsi... Je suis devenue aussi digne que toi... Je montrerai à ces incompétents que je peux te surpasser. Tu verrais cela, tu serais fier de moi... J'en suis sûre à cent pour cent.... »
Marguerite baissa la tête et se mit à sortir du bâtiment, sous l'incompréhension de Petrovitch, qui commença à la suivre avec panique, à tel point qu'il commença à s'essouffler. Il la força de s'arrêter un moment, pour tirer les choses au clair.
« Ne t'inquiète pas, fit la jeune femme. Tu vas expliquer tout ton plan aux troupes qui iront là-bas. Je te le garantis. »
La première fille d'Antioche sortit la première, tout en riant fort. Anton, lui, soupira bruyamment et se dépêcha de la rejoindre. Mais un sentiment inattendu s'empara de lui, comme si les plans qu'il venait de faire pendant la sieste de la jeune femme, ne soient complètement qu'un échec. En effet, la Résistance était très bien organisée, selon lui. Mais, au loin, dans le royaume de Lindblum, une dispute semblait très forte entre les membres de cette résistance et que cela risquerait de tourner en dérision, la plus totale.
« Ce n'est pas en restant spectateur que l'on peut être un artisan de l'avenir, ni le défenseur de quoi que ce soit. »

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Louha
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Partie II - Chapitre XVIII

Messagepar Louha » 27 mars 2011 21:46

Chapitre XVIII : Le pardon accepté

« Qu'est-ce que vous dites ? s'exclama Louhane avec horreur. Vous pensez que c'est normal de tuer son propre fils, alors qu'il essaye de se racheter, en rejoignant notre cause?
-Je n'ai pas le choix, je dois le punir, répondit Henri avec tranquillité. Je suis son père et cela est mon rôle de le faire... »
La prêtresse semblait toujours aussi choquée de l'annonce de la mise à mort de Christian de La Vallière, par le gouverneur de Lindblum. Sans le vouloir, des larmes coulaient sur ses joues, montrant de la pitié pour le jeune homme. Elle mit la main devant sa bouche et se mit à murmurer quelques mots, peut-être à l'attention de Christian, prisonnier de son propre père. Tifa, Vincent, Nanaki, Minerve et Kaïn la regardèrent avec beaucoup de peine et comprirent qu'elle avait commencé à s'attacher à lui. James de La Manche regarda le gouverneur de Lindblum avec un mauvais œil, se rapprocha de lui et serra les dents. Henri le vit d'un air amusé et se moqua de lui, en disant :
« Qu'est-ce que le fils de mon meilleur ami peut me faire ? Tu crois pouvoir me faire peur en regardant comme ça ? Ha, ha, ha !!
-Ne ris pas trop, tu risquerais de le regretter !! s'exclama de La Manche en le regardant droit dans les yeux et serrant de plus en plus ses dents. Tu ne sais pas de quoi je suis capable !!!
-Tu n'es pas digne du tout de ton père, ingrat !! Et dire que l'on t'a donné le titre de général des Armées, avec Étienne. Tout cela est totalement absurde...!!
-La ferme !! Qu'est-ce qui faut que je fasse, pour que vous compreniez la réalité des choses? Prendre une autre apparence et vous menacer, pour savoir les véritables raisons de cette haine que vous avez envers votre fils ? »
Henri de La Vallière ne répondit pas, encore une fois, pour garder son sang froid. Il soupira avec un petit bruit et leva les yeux au ciel, tel un adolescent de quatorze ans qui ne voudrait pas faire ce que ses parents lui demandent. Snow et Vanille haussèrent les épaules et prirent un air horrifié, face à la réaction passive du gouverneur de Lindblum. Une forte tension s'était installée depuis un petit moment. Tout le monde était tellement occupé à regarder le père de Christian, que la venue de Yun Fang se passa avec beaucoup d'inattention, de la part des autres. Cette dernière se rapprocha du gouverneur de Zanarkand avec beaucoup de prudence et lui murmura à l'oreille quelque chose qui devait être très important, puisque les deux batailles allaient bientôt commencer. Ce dernier la regarda avec beaucoup de surprise et la remercia d'un signe de tête. Pendant ce temps, Cid semblait très surmonté par l'annonce que venaient de lui faire Pierre d'Antioche et Alexis de Belgrade. Il se releva de son trône, s'avança vers ces deux jeunes hommes et leur demanda, avec une certaine méfiance :
« Cette annonce, que vous venez de faire... est-elle fondée sur des faits ? Si ce n'est pas le cas, je pourrais vous faire jeter en prison et jugés pour atteinte à la personne du gouverneur de Lindblum, Henri de La Vallière, ici présent, vous le savez tout aussi bien que moi !!!
-Nous connaissons les lois qui permettent à une parfaite harmonie dans votre royaume, Votre Majesté, fit Pierre avec modestie, toujours agenouillé devant lui, sans lever la tête. Je le sais parfaitement, puisque j'y suis né et que j'y ai vécu cinq ans de ma vie, avant la naissance de ma sœur Marguerite. Mais, je vous promets que ce que nous avons dit, n'était pas un mensonge.
-Nous ne sommes pas des menteurs, Votre Majesté, s'empressa de dire Alexis d'une voix tremblante. Nous sommes sérieux sur ce sujet-là, puisqu'il concerne un de nos compagnons, qui nous a rejoint pendant la bataille de Palumpolum... Nous...
-Cela ne répond pas à ma question, jeunes gens... » répliqua le roi en haussant les épaules.
Le stratège militaire d'Antioche et le chevalier de Belgrade levèrent la tête, puis se regardèrent avec beaucoup de peur. Ils savaient qu'ils disaient la vérité, mais... comment prouver au roi de ce qu'ils avançaient ? Stanislas se tourna vers Matoya et Shantotto, prisonnières des glaces, puis vers Yuffie, Minerve, Vanille et Tifa. Ces dernières se firent signe de s'avancer vers le roi et déclarèrent, toutes en même temps :
« Demandez à Matoya et Shantotto !!! Ce sont elles qui nous ont dit que Christian de La Vallière allait être assassiné par son père !!!
-Elles auraient dit cela ? s'interposa de La Vallière avec un rictus méprisant. Pauvre d'elles... elles sont devenues complètement folles, rien qu'en disant ce mensonge ridicule...
-Ce n'est pas un mensonge ridicule !!! s'écria Alexis de Belgrade dont le teint devint rouge. Arrêtez de prendre les gens pour des imbéciles !!!
-Je ne tolère pas ce manque de respect de votre part, cher chevalier de Belgrade, répliqua Henri, ayant toujours le même rictus. Vous savez très bien comment je suis, quand on me fait ce coup tordu comme cela !!! Sincèrement, vous me faites pitié !! »
Levant le bras droit et serrant sa main, de La Vallière fit projeter le chevalier, qui s'écrasa sur la porte d'entrée de la salle du trône. Recevant un grand choc sur son dos, il cria avec beaucoup de souffrance et finit par glisser par terre. Pierre et Stanislas accoururent vers lui et essayèrent de le soigner tant bien que mal, tandis que le roi commença sérieusement à paniquer et plusieurs gouttes de sueur coulèrent sur son front. La tension était devenue très tendue et Cloud pensait que le gouverneur de Lindblum devenait de plus en plus dangereux, à l'égard de tous. La prêtresse de Gaïa se rapprocha de la sorcière à l'œil de cristal et de la mage de Windurst et commença à murmurer une incantation, ce qui signifiait qu'elle allait les libérer. Quelques secondes après, Louhane leva les bras et les deux sorcières tombèrent par terre, trempées par la glace qui fondait. Shantotto se rapprocha alors d'Henrik, toujours prisonnier par les chaines de Valentin Du Bellay et de son fils adoptif, et se prépara à lancer un sort, mais Cloud et Djidane l'en empêcha, en donnant un coup de poing respectif, par derrière. La ministre de l'Orastère serra les dents rien qu'en sentant la douleur, tandis que Minerve, Dajh et Hope se moquaient d'elles, en la pointant du doigt. Cait Sith sauta sur Henri de La Vallière et le frappa plusieurs fois, en espérant lui donner une bonne leçon. Mais, ce n'était vraiment pas gagné du tout, à vrai dire...
« Vous n'êtes qu'un sale idiot à vous comporter de la sorte !!! cria t-il en essayant lui tirer les cheveux, malgré la résistance de ce dernier. Est-ce que vous avez la bonté d'âme, envers votre fils? Des fois, j'ai l'impression que nous avons en face, Marguerite d'Antioche !!!
-Sale peluche stupide !! répliqua Henri avec agacement. Tu crois vraiment que je vais avaler tes satanées paroles ?
-VEUILLEZ CESSER CELA IMMEDIATEMENT !!! » cria avec empressement le roi.
Djidane le regarda avec beaucoup d'étonnement. Jamais il n'avait vu le souverain de Lindblum réagir comme cela, dans un moment critique. D'habitude, il essayait de ne pas s'énerver, de rester calme dans ce genre de situation et d'essayer d'arranger les choses de la manière la plus simple. Mais là, ce fut tout autre, puisque l'avenir de Lindblum, ainsi que de Zanarkand, allait peut-être basculer dans le monde des ténèbres et il ne voulait pas laisser cela à Marguerite d'Antioche et Shinryu. Tout le monde le comprit avec beaucoup de simplicité, car il était normal de s'inquiéter sur le sort de ces deux territoires. Le gouverneur de Zanarkand se rapprocha un peu plus du roi et lui expliqua ce que Yun Fang lui avait dit.
« Sire, dit-il. Je pense qu'il vaudrait mieux que je parte maintenant, puisque nous devons prendre la porte pour rejoindre ma ville. Si je ne suis pas présent pour la protéger, les Chevaliers noirs auront le bonheur de la prendre facilement. J'espère que vous me comprenez...
-Tout à fait, mon cher ami, approuva Cid, retrouvant de plus en plus le calme. Je comprends tout à fait votre réaction. Bien, qu'est-ce qu'il vous faut ?
-Il me faut des personnes qui pourront m'accompagner dans ce prochain champ de bataille... Je pense que je pourrais prendre les compagnons de l'élu de Gaïa, pour voir ce qu'ils valent.
-Nous ? répéta Cait Sith, toujours accroché à la tête du gouverneur de Lindblum, mais qui le rejeta par terre. Vous pensez que nous pourrons faire nos preuves ?
-Tout à fait !! Ne vous inquiétez pas, je vous aiderai.
-Je t'accompagne, mon cher frère, intervint Stanislas avec un sourire. Je voudrais que les Chevaliers noirs voient notre... botte secrète, si je puis dire. Cela fait tellement longtemps que nous ne l'avons plus pratiquée, hé, hé, hé !!! »
Nicolas accompagna les rires de son frère, tandis que Cid de Lindblum les regardait avec un sourire, bien que le temps passait de plus en plus vite. Le gouverneur de Zanarkand s'étira le plus correctement possible et fit apparaître, d'un clin d'œil, ses armes de prédilection : une arbalète, un poignard et une grande épée avec une lame très tranchante et très grosse, comme celle de Cloud. Kaïn le regarda avec beaucoup d'attention et d'étonnement, puisqu'il lui semblait impossible de manier trois armes en même temps. Tifa, elle, se rapprocha elle aussi du gouverneur de Zanarkand et lui demanda d'un air inquiet :
« Est-ce que nous avons le devoir de vous accompagner, sir Dikinski ? Je veux dire... j'aimerais rester avec Cloud un moment et...
-Il est inutile de discuter, en ce moment mal choisi, mademoiselle Lockheart, répondit Nicolas. De plus, je connais déjà les techniques des compagnons de mademoiselle Farron... J'aimerais voir les vôtres maintenant, pour voir un peu vos capacités pendant une bataille. Vous comprenez, j'espère ?
-De toute façon, vous n'avez pas le choix, intervint Matoya avec une voix assez dure. Je pense que ce cher gouverneur de Zanarkand a besoin de preuves de votre part, vu que vous êtes arrivés les derniers sur ce champ de bataille. Donc, il est inutile de négocier dans ce genre de situation très critique. »
Tifa fit la moue et haussa les épaules, en signe de réponse. Elle voulait rester avec Cloud, mais apparemment, cela n'était pas vraiment possible. Lightning, qui la regardait, s'avança tranquillement vers elle et lui tapa les épaules, en signe de réconfort et d'encouragement. L'ancien mercenaire semblait assez étonné de voir les deux jeunes femmes ensemble, puisqu'il y avait des rumeurs comme quoi elles ne pouvaient pas vraiment se voir toutes les deux. Contrairement à lui, Louhane était heureuse de les voir ainsi. Shantotto soupira bruyamment et répliqua aux autres :
« Bon, ce n'est pas fini ce cirque ? Il nous faut réagir le plus vite possible !!
-La ministre a raison, remarqua Louhane. Mais, puisque tu prends les compagnons de Cloud avec toi, qui est-ce que tu vas prendre ensuite ?
-Stanislas, Étienne, Pierre et Valentin, répondit le gouverneur de Zanarkand. J'espère que ces derniers sont d'accord... De plus, Lightning restera au royaume de Lindblum, aux côtés de Cloud. Je pense qu'ils pourront avoir une entente encore plus forte qu'en ce moment.
-Nous sommes d'accord !!! s'écrièrent les intéressés.
-Très bien. Matoya, voulez-vous nous accompagner ? »
-Oui, j'en serai très honorée. Bon, maintenant, allons-y. »
Les deux Dikinski, Matoya, Étienne, Valentin, Pierre et les compagnons de Cloud se rapprochèrent tous ensemble, puis, un grand cercle vert apparut sous leurs pieds. Une lumière verte brilla soudainement, essayant de faire disparaître les personnes. Pierre regarda sa sœur avec un petit sourire en coin, lui prit la main et lui fit :
« Ne t'inquiète pas, Louhane. Je serai de retour, je te le promets. En attendant, fais bien attention à toi. Je t'aime, ma petite sœur chérie...
-Fais attention à toi aussi, Pierre, fit la prêtresse de dix-sept ans. Sois courageux !!
-Faites attention à vous tous, intervint Cloud à ses compagnons. Je ne voudrais pas que vous soyez trop amochés par ces vauriens... »
Le grand stratège militaire d'Antioche lâcha la main et disparut, tout comme les autres. Louhane se retourna vers le gouverneur de Lindblum et le regarda avec beaucoup de noirceur. Après quelques minutes, elle fit :
« J'aimerais régler quelque chose avec vous, mon cher gouverneur... »

La hache de guerre fut maintenant déterrée, entre la prêtresse Louhane d'Antioche et le gouverneur Henri de La Vallière. Bien que ces derniers soient entièrement liés par la mort de Dame Eléonore Dikinska, ils étaient maintenant très remontés. Tous les deux serraient leurs dents et leurs poings, se regardant avec beaucoup de méfiance. On aurait cru à un film de western, quand deux des personnages se regardaient de la même façon et qu'ils se préparaient à tirer, lors d'un duel. La vie de Christian allait finir par les actions de son père et Louhane, qui avait commencé à l'apprécier, du fait qu'il se souciait de sa santé et de celle de Minerve, ne voulait pas que cette tragédie s'ajoute à cette guerre dévastatrice. Sous la colère, Henri de La Vallière commença à se concentrer, en joignant ses deux mains, en fermant les yeux et en faisant apparaître une espèce de boule de lumière blanche. Sentant le danger, Kaïn, Cloud et Henrik, libéré entretemps par Philippe De Salisbury, se mirent devant la jeune femme de dix-sept ans, afin de la protéger du sort du gouverneur. Shantotto, elle, forma un bouclier autour de Louhane et les trois jeunes hommes. Henrik lança le sort, puis les trois jeunes hommes, avec l'aide du bouclier de Shantotto, essayèrent de se protéger, ainsi que la deuxième fille d'Alexandre d'Antioche. Lightning et Djidane sautèrent au-dessus d'Henrik, Cloud et Kaïn, et atterrirent devant le gouverneur de Lindblum, afin qu'il ne puisse pas attaquer une seconde fois sa protégée. Quant à lui, Philippe alla rejoindre Alexis, toujours inconscient. Il prit une gourde remplie d'eau et le força à boire. Ayant repris un peu les esprits, le chevalier de Belgrade se releva lentement, aidé du chef de l'escadrille, qui lui demanda :
« Tout va bien ? Tu n'es pas blessé ?
-Très bien, répondit Alexis en serbe. Juste que j'ai l'impression que ma colonne vertébrale s'est cassée à cause du choc...
-Oh, ce n'est rien, ça... Et arrête de parler en serbe, c'est une langue morte, maintenant...
-Ce n'est pas une langue morte pour moi, alors arrête. Elle l'est devenue à cause de ces satanés humains qui se sont entretués pour je ne sais quelle raison, et qui ont entraîné avec eux cette planète dont la couleur était bleue... »
Philippe le regarda avec beaucoup d'horreur, puisqu'Alexis lui rappelait qu'une planète d'un système solaire avait été détruite par la faute de la majorité des hommes et que certains avaient réussi à s'échapper vers un autre système, quatre siècles auparavant. Louhane et ses autres compagnons étaient les descendants de ces personnes. Henri de La Vallière avait compris de quoi il s'agissait, rien qu'en entendant cela, mais il était plus préoccupé à lancer une autre attaque sur sa protégée. Cette dernière demanda à son fiancé, à son maître et à son allié de la laisser passer, afin de tirer les choses au clair. Djidane, assez inquiet pour la jeune femme de dix-sept ans, accourut vers elle et lui tira la robe, pour l'empêcher d'avancer davantage.
« Oh non, il n'en est pas question !!! s'écria t-il. Il ne faut pas qu'une jolie jeune femme, telle que vous, ne donne sa vie pour une stupide histoire !!! Arrêtez, mademoiselle d'Antioche !!!
-Il est hors de question !!! répliqua Louhane avec colère et en essayant de se débarrasser du voleur. Je dois faire mon devoir. Quelqu'un a besoin de mon aide et je ne veux pas qu'il meure à cause de moi...!! Christian de La Vallière m'a donné son soutien, ce ne serait pas correct si je ne faisais pas les choses de mon côté, même si mon cher parrain ne veut pas que je le fasse !! »
Après ces mots, elle frappa d'un bon coup de pied le voleur des Tantalas avec beaucoup de force et au torse, malgré qu'elle soit pieds nus. Lightning, pour ne pas recevoir le même traitement de faveur, se dégagea, laissant champ libre à la jeune prêtresse. Vanille et Snow le rattrapèrent de justesse, tandis que Hope prit Minerve dans ses bras, afin de la protéger. Yun Fang, Alexis et Philippe se concentrèrent et se préparèrent en cas d'attaque. Cid de Lindblum se rendit compte que tout le monde voulait recevoir des réponses de la part d'Henri de La Vallière et qu'ils ne laisseraient pas ce dernier s'attaquer à Christian. Il haussa les épaules, regarda attentivement le gouverneur et lui demanda :
« Quelle est la raison de tout ceci ? Pourquoi avez-vous tellement de haine envers votre fils unique, alors qu'il essaye de se racheter auprès de la princesse d'Antioche ? »
Henri toussa, rien qu'en entendant le terme de « princesse d'Antioche », pour appeler Louhane. Il prit un air étonné et ne savait absolument pas que la jeune femme avait acquis un titre de noblesse, en si peu de temps. Pourtant, la nouvelle du couronnement de la jeune femme était d'actualité depuis déjà un petit bout de temps, et Henri était, d'après ce qu'il venait de faire, le seul à ne pas être au courant de cela, bien qu'il soit son parrain. Il ne continua pas à se laisser prendre par cet étonnement et commença à prendre sa défense.
« Est-ce mal de punir son fils, alors qu'il a fait des sottises dont les conséquences étaient graves? Fit-il en fermant les yeux, comme si il se considérait comme insulté. Il faut que vous compreniez certaines choses...
-Vous aussi, par ailleurs !! coupa Philippe en colère.
-La ferme, petit insolent !!! »
De Salisbury fut projeté en arrière, comme ce fut le cas pour Alexis de Belgrade. Il atterrit sur la porte, d'un coup critique. Criant de toutes ses forces, le fils adoptif du gouverneur de Palumpolum tomba au sol et du sang coulait sur son front. Le chevalier serbe voulut attaquer à son tour, mais fut prisonnier par plusieurs chaines électriques et paralysé par les multiples courants. Quelques secondes après, il tomba dans l'inconscient, sous les yeux horrifiés de Sazh, Yun Fang et Serah, qui accoururent vers lui. La jeune sœur de Lightning essaya de ramener Alexis et cria :
« Vous êtes un monstre !! Vous n'avez aucune pitié envers ces jeunes gens qui essayent de sauver l'univers tout entier !!!
-Alors, qu'ils arrêtent leur insolence !! répliqua Henri d'une voix grave. Ils n'ont aucun respect envers un gouverneur tel que moi...
-Il y a une bonne raison pour qu'ils le fassent, fit Cloud, les yeux fermés.
-Comment ? »
Le gouverneur de Lindblum regarda avec surprise l'ancien mercenaire et haussa les épaules. Jamais il n'aurait cru que le proprement dit élu de Gaïa puisse défendre deux insolents, dans cette situation. Cloud serra les poings tellement fort, qu'il fit apparaître une boule de couleur bleue, prête à être lancée sur le gouverneur. Kaïn lui mit la main sur l'épaule, pour l'obliger à se calmer et lui murmura à l'oreille :
« Fais attention à ce que tu dis, Cloud. De La Vallière est très agressif et peut te montrer ce qu'il peut faire.
-Je ne fais que de défendre Alexis et Philippe, répliqua l'ex-SOLDAT. Je trouve qu'il dépasse un peu trop les bords. Il faudrait que quelqu'un lui donne une bonne leçon, afin qu'il comprenne qu'il n'est pas le chef, ici...
-Qu'avez-vous à dire, puisque vous vous faites remarquer, chevalier de Nibelheim ? répliqua à son tour Henri. Je vous donne quinze secondes pour que vous vous décidiez à le dire... »
Lightning prit un air offensé lorsqu'elle entendit cela. Louhane, rejointe par Dajh, se retourna vers Cloud et le regarda avec beaucoup d'intérêt et d'admiration. Personne n'avait osé de provoquer le gouverneur de Lindblum avec tant de ténacité et de confiance en soi. Henri était très connu pour intimider les ennemis qu'il rencontrait et on lui avait même donné le nom du « gouverneur de fer ». Sa réputation était très grande, dans l'univers tout entier, et personne ne refusait de prendre le thé ou le café avec lui, par peur de représailles. Marguerite ne l'avait jamais apprécié, elle lui préférait Garland... mais elle avait mis en pratique les mêmes « techniques » d'intimidation, pour se faire un nom et être connue comme la Chevalier dragon la plus terrifiante, la plus imposante. C'est à cause de ce caractère commun, qu'on avait cru, pendant un bon moment, qu'Henri était le vrai père de Marguerite, ce qui aurait signifié pour Eléonore Dikinska, un adultère à l'encontre de son époux. Quelques fois, en le voyant ainsi et en superposant Marguerite, Louhane se demandait si cette dernière n'était pas véritablement sa demie-sœur. Mais le temps ne passait pas pour s'attarder sur ce genre de propos, mais de voir comment Cloud allait expliquer tout cela à de La Vallière et de sauver prioritairement Christian, avant la bataille de Lindblum. Le guerrier de Cosmos, rejoint par Djidane et Shantotto, soupira un bon coup et répondit :
« J'ai dit qu'ils avaient raison de le faire, puisque certaines choses nous dérangent, mon cher de La Vallière. Je ne vois pas pourquoi vous pourriez avoir le droit de vie ou de mort sur votre fils, alors qu'il a rejoint notre cause !! Qu'est-ce qui vous arrive, à la fin ? Vous êtes devenu complètement fou, ou quoi ?
-Si sa mère avait continué de vivre jusqu'au moment précis où nous sommes, je peux vous garantir qu'elle aurait le même état d'âme que moi !! répliqua Henri avec colère. En tant que père, j'ai le devoir de punir mon fils de tous les crimes qu'il a commis et je suis sûr que mon épouse aurait accepté cela !!
-Je suis sûr du contraire... Qu'est-ce qui vous empêche de pardonner à votre fils, comme nous l'avons fait, bien qu'il y ait eu plusieurs accidents ??
-Quels accidents ?
-Le fait que Minerve du Lac Bresha soit aveugle à cause de lui... répondit Shantotto.
-Cela, ce n'était parce qu'elle avait souffrait beaucoup trop et qu'il n'y avait aucune chose à faire, à part cela !!! répliqua James.
-Espèce d'hypocrite... »
Henri regarda Minerve, accrochée aux bras de Hope et vit en effet, que ses yeux étaient blancs. Il fit apparaître un sourire sadique et semblait avoir trouver une autre raison pour tuer son fils. Brusquement, Minerve eut une sensation très bizarre et commença à pleurer, à cause du fait qu'elle lui soit désagréable. La petite fille mit les mains sur sa tête, sous les yeux inquiets de ses parents adoptifs et Cloud lui demanda :
« Qu'est-ce qui se passe, Minerve ?
-Je sens quelque chose... de bizarre, répondit la petite fille avec un air de souffrance. Je crois que j'ai deviné les plans d'Henri de La Vallière et de Marguerite d'Antioche... Ces plans ne sont pas similaires, il est certain...
-Que veut-il faire ? demanda à son tour Vanille, inquiète. Je veux dire...?
-Il va arrêter le temps, pour nous empêcher de sauver Christian... Mais, je pense que quelqu'un va réussir à déjouer ce plan...
-Tu le crois sincèrement, petite sotte ? répliqua Henri, brandissant son bras droit.
-Qu'est-ce vous faites, bon sang ? s'écria Cid avec panique. Ne faudrait-il pas que...?
-QUE LE TEMPS S'ARRÊTE !!! »
En même temps qu'il prononçait ces mots, Henri tournoya son bras et le baissa presque brutalement. D'un seul coup, tout le monde resta figé, sauf lui. Dehors, a neige avait cessé de tomber, une preuve suffisante de ce pouvoir, le même que Ultimecia. Regardant la salle avec un air satisfait, il éclata de rire comme un enfant de dix ans et commença à se diriger vers la porte. S'arrêtant devant, il murmura ces paroles :
« Maintenant, je vais pouvoir régler quelques affaires avec toi, mon cher Christian. Tu vas recevoir la pire punition que tu n'aies jamais eu. De toute façon, tu es déjà condamné à mourir... »
Henri sortit, fermant la porte derrière lui et se mit en direction d'une pièce secrète, où il avait emprisonné son fils unique, depuis déjà plusieurs heures avant le réveil de Cloud et de Louhane. Dans la salle du trône, il n'y avait aucun bruit, puisque tout le monde était figé par le sort du gouverneur de Lindblum. Tout le monde ? Non, puisque Louhane réussit à déjouer son piège, comme l'avait annoncé sa fille adoptive. Elle essaya de ne faire aucun bruit, afin de ne pas attirer les soupçons de son parrain. La jeune femme se concentra pendant quelques minutes, pour pouvoir libérer les autres. Mais, à sa plus grande déception, rien ne se produisit. Un sentiment de peine et de colère se mit à inonder son esprit, mais la jeune prêtresse de dix-sept ans commença à se dire qu'elle devait aller suivre son parrain, pour pouvoir retrouver Christian et de le sauver d'une mort douloureuse. Elle se mit devant la porte de la salle du trône et se dit :
« Je n'aime pas ça du tout... Qu'est-ce que je vais pouvoir faire, face à lui ? Il me faut trouver une solution, sinon, je ne pourrais pas sauver Christian... Allons-y !!! »
Sur ces mots, Louhane ouvrit la porte, se retourna un instant en regardant avec peine ses autres compagnons, ainsi que le roi, et s'en alla, fermant derrière elle.

La jeune prêtresse essaya de se faufiler derrière Henri de La Vallière pour ne pas être repérée par ce dernier. Ce spectacle dura une dizaine de minutes, jusqu'à ce que le gouverneur s'arrête devant une porte, située dans un endroit isolé de toutes les pièces du château. La jeune femme de dix-sept ans observa son parrain qui ouvrit la porte et qui la ferma derrière lui. Elle attendit plusieurs minutes avant d'entrer. Lorsqu'à son tour, elle ouvrit la porte, Louhane entendit un hurlement strident et reconnut la voix de Christian. Ce dernier était en train d'être torturé par son père. Louhane entra le plus rapidement possible, mais pensa que ce n'était pas le bon moment pour intervenir. Elle voulait voir d'abord ce qui se passait. Henri de La Vallière se tenait devant son fils, accroché à une croix et attaché par des chaînes, autour de ses poignets et de ses chevilles. Le jeune homme était très amoché, à cause des multitudes coups qu'il avait dû recevoir. Il était assez essoufflé et, quelques fois, crachait quelques gouttes de sang, en signe de malaise. Louhane était choquée de voir ce spectacle macabre, mais resta toujours immobile, signifiant son impatience et sa passivité. Deux états d'esprit se mêlaient dans sa tête. Que devait-elle faire ? Laisser faire Henri punir son fils pour que ce dernier soit complètement digne de pouvoir continuer à vivre ? Ou intervenir afin d'expliquer ce qui s'est passé avant ce moment-là ? Ce fut très difficile pour elle pour choisir la bonne solution... Alors, elle se jura qu'elle interviendrait quand les choses seraient de plus en plus critiques. Louhane se cacha à côté d'un mur, séparant la petite pièce où se trouvait la porte d'entrée et celle où se tenaient le père et le fils. Christian regarda son père avec beaucoup de colère et lui demanda :
« Qu'est-ce que tu me veux, à la fin ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? Réponds-moi !!!
-Il est inutile de crier comme cela, mon cher fils, répondit Henri avec un sourire malfaisant. Personne ne peut t'entendre, j'ai arrêté le temps rien que pour te mettre à mort et, qu'ensuite tes compagnons, ainsi que la prêtresse de Gaïa, regardent avec horreur ton corps inerte !!!
-Je t'en prie, ne donne pas ce plaisir à la prêtresse de Gaïa !!! Qu'est-ce que tu as besoin de la faire souffrir comme cela, alors qu'elle est orpheline depuis son plus jeune âge et que sa sœur est devenue la réincarnation humaine de Shinryu !!! Qu'on la laisse tranquille !!!
-Oh, regardez-moi cela... Mon cher fils aurait de la compassion pour ma filleule alors qu'ils sont ennemis... Comme cela est pathétique !! »
D'un coup, Henri claqua des doigts et Christian ressentit une douleur très forte au torse et toussa très bruyamment. Du sang coula sur ses lèvres et il en recracha, mais qui se retrouva sur son torse. Son armure noire fut tachée de sang et cela semblait faire très plaisir au gouverneur, qui laissa apparaître un sourire sadique. Le sang d'un Chevalier noir venait de couler sur son armure et cela signifiait, pour le gouverneur, qu'il fallait continuer avec le plus grand plaisir qu'il soit. La parrain des trois enfants d'Alexandre d'Antioche se rapprocha de son fils et le regarda attentivement, avec le même sourire. Une petite lueur dans ses yeux fit comprendre au prisonnier que son père était bien décidé à le tuer, coûte que coûte, et qu'il prendrait du plaisir à le voir souffrir, sans aucun état d'âme. Louhane, cachée, le comprit aussi, rien qu'en entendant le rire de son parrain. Elle semblait très inquiète de ce qui allait se passer ensuite, vu la gravité de la situation et devenait de plus en plus impuissante. Mais la jeune femme devait attendre, encore attendre, pour pouvoir intervenir. Elle laissa apercevoir son visage, pour pouvoir voir la suite du déroulement et vit son parrain, en train de détacher le jeune homme, pour une raison inconnue. Christian n'en revenait pas non plus, mais dut faire face à l'explication de son père.
« Je vais te dire ce que je vais faire, dit ce dernier. Tu auras le droit à une mort lente, mais douloureuse. Je l'ai décidé ainsi, pour que tu mesures la gravité des actes que tu as commis, il y a un bon nombre d'années. Des milliers de personnes sont mortes sous ta lame et je suis décidé à te punir... Tu as même tué ta mère !!!
-Ce n'est pas vrai !!! se défendit le jeune homme, qui avait du mal à rester debout. Maman est morte de chagrin, parce que tu lui as dit qu'un jour ou l'autre, tu me tuerais !!!
-Elle est morte de chagrin du fait que tu sois devenu un Chevalier noir. Elle les détestait depuis la mort de tes grands-parents maternels et je suis sûr qu'elle aurait fait la même chose que moi, si elle avait eu beaucoup plus de force qu'elle n'en avait.
-TU N'ES QU'UN MENTEUR !!!
-Ôte-toi de mon chemin !! »
Pointant son fils du doigt, Henri le blessa aux deux genoux et ce dernier cria atrocement de douleur. Du sang jaillit soudainement de cette partie du corps et Christian tomba brusquement par terre. Il n'arrivait plus du tout à se défendre de toute attaque de son père, il était devenu faible comme un agneau. Tremblant comme une feuille morte, il essaya tant bien que mal à bouger, mêlant quelques bruits sourds. Henri le suivait très lentement, le regardant d'en haut et essayait de lui marcher dessus. A un moment, le jeune homme s'arrêta brusquement et posa sa tête sur le sol, en disant :
« Si tu veux m'abattre, n'hésite surtout pas... Quand Louhane d'Antioche apprendra ma mort et que c'est toi l'a provoqué, elle sera furieuse contre toi et demandera que tu sois exilé pour toute l'éternité...
-Pourquoi t'obstines-tu à parler d'elle comme cela, alors qu'elle est ton ennemie ? Qu'est-ce qui te prend, tout d'un coup ? A-t-elle fait quelque chose à ton égard, pour que tu sois aussi si attaché à elle, à en croire tes misérables paroles ?
-Elle m'a soigné, alors que ses compagnons m'ont torturé pour avoir des informations avant la bataille de Palumpolum !!! Elle a été gentille avec moi, comment pourrais-je la remercier ?!
-Ton remerciement, ce sera ta mort, Christian. Louhane n'a pas besoin d'un ingrat comme toi... Je ne pense pas qu'elle pense beaucoup à toi, vu qu'elle est déjà fiancée à quelqu'un...
-Arrête de dire des bêtises, bon sang !! Tu...
-TAIS-TOI !!! »
Le gouverneur de Lindblum le pointa encore une fois et ce fut le torse, nouvelle partie à vider le « sang noir » de son fils unique. Ce dernier cria encore plus fort et la prêtresse de Gaïa commença à pleurer, voyant ce triste spectacle. Elle ne pouvait plus supporter cela, elle voulait enlever ces images de sa tête, mais rien ne fit. La jeune femme se cacha de nouveau et trembla de plus en plus. Elle ferma les yeux et se concentra, pour essayer de soigner Christian. En faisant cela, elle donnait une rédemption... une seconde chance au jeune homme. C'est vrai qu'elle ne lui pardonnait pas l'action qu'il avait fait envers Minerve, mais il lui avait fait comprendre qu'elle ne pouvait pas protéger la petite fille tout le temps et que cette dernière devait apprendre par elle-même. Louhane se souvint encore des paroles qu'elle avait échangées avec lui, après que Minerve se soit fait crever les yeux, pour arrêter cette crise qui risquait un séjour définitif dans le royaume d'Hadès pour la protégée de la déesse de la Justice.
« QU'EST-CE QUE VOUS AVEZ FAIT, BON SANG ?? VOUS N'AVEZ PAS EU UNE AUTRE IDEE QUE CELA ??
-Il fallait bien qu'elle se calme, sinon, vous risquiez de la perdre ! Croyez-vous sincèrement que vous pouviez faire quelque chose contre cela ? Je ne pense pas, non !
-Minerve est quand même ma fille ! Je dois tout faire pour la guérir ou de régler ses problèmes !
-Il y a des choses que vous ne pouvez pas régler, mademoiselle d'Antioche. Vous l'avez bien vu, lorsque votre sœur aînée vous a trahi...
-Que...? »

La jeune femme se sentit mal à l'aise, rien qu'en se souvenant de la réaction qu'elle avait eu contre Christian. Il avait tout fait pour que Minerve soit protégée de tout danger, et il donnait l'impression d'un père qui ferait tout pour sa fille. Louhane abandonna l'incantation du sort, puis regarda attentivement les deux hommes, Christian toujours par terre. Henri semblait prêt à donner le coup fatal. Le regardant droit dans les yeux, le gouverneur de Lindblum pointa encore une fois devant lui et fit à son fils :
« Le moment est venu... celui de ta mort... Tu vas payer tous tes crimes et tu erreras aux Enfers pendant toute l'éternité !!!
-Je me fiches de ce que tu en penses, répliqua Christian à voix basse. De toute façon, un jour ou l'autre, tu te souviendras de ce moment-là et tu regretteras d'avoir porté la main sur moi... Tu pleureras mon absence, tu verras !!
-Tu te trompes véritablement, mon cher fils. Il va falloir que tu comprennes que tout ceci n'arrivera jamais. Oh non, pas le moindre du monde. SOIS TRANSPERCE PAR LA FLECHE MACABRE DES ENFERS !!!
-AAARRGGGHHHH !!! »
L'attaque d'Henri atteignit le cœur de Christian, qui perdit une bonne partie connaissance. Une grosse flaque de sang coula sur le sol et grandissait, encore plus à vue d'œil. Louhane, accablée par ce spectacle, décida de réagir, en se dirigeant vers les deux de La Vallière et en menaçant son parrain de sa lance, qu'elle fit apparaître en un clin d'œil. L'air menaçant et terriblement en colère contre ce dernier, elle serra la main droite, qui tenait son arme et dévisagea le gouverneur de Lindblum, tout en criant :
« Je te somme d'arrêter cette mascarade !! Qu'est-ce que tu penses faire, en le tuant ? Ce n'est pas en faisant cela que les personnes tuées sous les mains de ton fils vont revenir à la vie !! Réponds-moi tout de suite !!!
-Louhane, il va falloir que tu comprennes beaucoup de choses, dans cette histoire sans fin... fit Henri, le regard fixé sur Christian. Il va falloir que tu comprennes que tout ce monde n'est pas rose, que tout le monde n'a pas forcément le droit à ton pardon... Il existe, en ce monde démesuré, des fous qui essayent de prendre cet univers, et qui le mettent à leur image. Si tu ne fais pas attention, tu pourrais le regretter un jour ou l'autre...
-Est-ce que certains de ces fous ont le droit à un pardon, parce qu'ils se sont aperçus de certaines choses qui leur échappaient complètement ? Cela prouve qu'ils ont conscience qu'ils sont allés trop loin et c'est à partir de cela qu'ils se disent pouvoir rejoindre l'autre camp... celui qui essaye de protéger la déesse-mère depuis bien longtemps.
-Humph... Toujours aussi insouciante que ta mère. Écoute-moi bien... si un jour, tu vois que l'homme à qui tu as fait confiance t'a trahi, ne pleure pas sur ton sort. Il faut savoir se méfier des autres, quelques fois.
-Je le sais bien !! Je n'ai jamais dit le contraire !!! Laisse-moi faire et tout rentrera dans l'ordre !!
-Si tu le dis... »
Henri regarda sa protégée avec beaucoup de méfiance et se tourna vers la porte. Il ferma les yeux tout en soupirant bruyamment et croisa les épaules, ce qui signifiait que Louhane avait maintenant le choix : tuer l'ancien général des Chevaliers noirs, ou le laisser en vie, ce qui correspondrait à une rédemption. La jeune femme se baissa et vit le fils de son parrain, souffrant de plus en plus, et qui risquait de mourir une bonne fois pour toute. Les deux personnes échangèrent plusieurs regards, sous la toux de Christian. Ce dernier avait la bouche en sang et sentait son cœur battre à toute vitesse. Les derniers battements semblaient être proches, au fur et à mesure que le temps passait. Soudain, la jeune prêtresse eut un regard triste et Christian, qui s'en aperçut aussitôt, lui fit, d'une voix faible et prise par la toux :
« Le moment est bien choisi pour que vous me mettiez à mort, mademoiselle... Vous devez obéir à mon père, puisque je ne suis qu'un être sans humanité et... qui a fait périr plusieurs personnes... Qu'est-ce que vous attendez comme cela, l'air triste...? Faites ce qui est le mieux pour vous... Je ne vous en voudrais pas... Bien au contraire. »
La princesse des Chevaliers dragons ne répondit pas à sa remarque. Des larmes coulaient sur ses joues devenues rouges de honte et elle se prépara. Elle se mit sur lui, l'embrassa sur la joue, comme si elle lui disait adieu, et leva son arme, que ses deux mains serraient avec beaucoup de force. Elle attendit plusieurs minutes, comme si elle réfléchissait à quelque chose. Les larmes coulaient toujours et Louhane, tout en soupirant, décida de faire ce qui était le mieux.
« AAARRGGGHH !!! »
D'un seul coup, elle transperça le jeune homme au même endroit où Henri avait attaqué la dernière fois, c'est-à-dire le cœur. Elle força avec beaucoup de ténacité, laissa son arme pendant quelques instants et l'enleva. Laissant tomber l'objet qu'elle venait de se servir pour embrocher une nouvelle fois l'ancien compagnon de Jun Akamoto, la jeune femme mit ses mains sur le cœur de ce dernier et essaya de lui faire un massage cardiaque. Le fils du gouverneur de Lindblum semblait être parti dans l'autre monde, avec ses yeux blancs comme la neige qui tombait sur le royaume, et ne respirait plus. Les mains de la deuxième fille de l'ancienne prêtresse de Gaïa étaient maintenant tachées de sang et Henri, se retournant avec un air passif, se rendit compte de cette horreur. Pourtant, il ne fit absolument aucun geste, qui pourrait empêcher Louhane de sauver Christian. Après quelques moments de bouche à bouche et un sort lancé, la jeune femme vit, avec beaucoup de soulagement, que le jeune homme avait repris connaissance. Elle se releva, avec l'aide de son parrain et aida à son tour le fils de ce dernier, en le relevant. Ce dernier avait encore du mal à marcher et mit les deux mains sur l'emplacement de son cœur. Avec un grand sourire, il s'agenouilla devant la prêtresse et lui cria :
« Merci infiniment... Dame d'Antioche !! Je suis très reconnaissant... d'avoir eu votre pardon !! Comment vous remercier...?
-Ce n'est rien, lui répondit l'intéressée d'une voix tranquille. Je n'ai fait qu'arrêter l'hémorragie, c'est tout. Et pour le remerciement, je n'en ai pas besoin. Je ne fais pas cela pour avoir quelque chose en retour. Nous devons partir rejoindre les autres, pour nous concentrer aux prochaines attaques sur Lindblum. Allons-y. »
Sur ces mots, Louhane sortit de la pièce et ferma la porte derrière elle, laissant Henri et Christian seuls. Le gouverneur de Lindblum semblait assez étonné de la façon dont sa protégée avait réussi à prendre les choses en main. Il ébouriffa ses cheveux avec beaucoup de ténacité, sous les yeux perdus de son fils, et le regarda à son tour. Il savait que quelque chose s'était passé entre les deux jeunes gens... Mais quoi ? Pour en avoir le cœur net, il fit, avec beaucoup d'assurance :
« Je pense que tu as des sentiments pour notre chère prêtresse, n'est-ce pas ? Je viens de le voir dans tes yeux, tu sais très bien que je peux tout voir. Mais, dis-toi une seule chose. C'est que jamais, tu ne pourras prendre le cœur de Louhane... Il est déjà pris par quelqu'un d'autre, et cela, depuis fort longtemps. Elle et Henrik se sont fiancés, il y a déjà deux ans. Rien ne pourrait les séparer, pas même la mort. »
Il rejoignit Louhane, marchant avec rapidité, puisqu'il devait réparer son erreur et expliquer tout ce qui s'est passé entretemps. Il ferma la porte tranquillement et Christian entendit les pas s'éloigner de la pièce. Il s'assit un petit instant, d'un air pensif, et serra encore plus l'emplacement de son cœur. Il ne pouvait cesser de penser à ce que Louhane venait de faire, en lui pardonnant toutes les erreurs qu'il avait commises depuis déjà un bon nombre d'années. Crachant un peu de sang, il se rendit compte que son père avait parfaitement raison, qu'il ne pouvait pas prendre la jeune femme pour épouse légitime. Mais, était-ce une raison pour lui de ne pas continuer à l'aimer, secrètement ? Le jeune homme soupira désespérément, croisant les épaules, tout en prenant un air neutre, voire perdu. Il se rendit compte que la jeune femme de dix-sept ans avait laissé sa lance par terre et s'agenouilla, afin de le récupérer. Se relevant avec beaucoup de maladresse, il se dirigea vers la porte et se retourna, voyant que la grosse flaque de sang commençait à sécher. Christian se retourna encore une fois, puis sortit de la pièce, fermant la porte avec fracas.
« Ce n'est pas en restant spectateur que l'on peut être un artisan de l'avenir, ni le défenseur de quoi que ce soit. »

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Partie II - Chapitre XIX

Messagepar Louha » 22 mai 2011 14:14

Chapitre XIX : Des règlements de compte

Le trajet du retour à la salle du trône se fit en silence. Malgré le bruit des pas, les trois personnes ne se parlaient pas, peut-être parce qu'ils voulaient oublier ce qui s'était passé entre eux. L'ancien général des Chevaliers noirs avait le regard fixé sur la jeune prêtresse de dix-sept ans et se contentait de la suivre, ainsi que son père. Il ne croyait toujours pas qu'une des deux filles du célèbre Alexandre d'Antioche pouvait lui donner son pardon pour tous les crimes qu'il avait fait pendant un bon nombre d'années. Il sentit son cœur battre de plus en plus fort et essaya de se calmer. Alors que les trois personnes se apprêtèrent à entrer dans la salle du trône, le fils unique du gouverneur de Lindblum émit un soupir à moitié sourd, mais Louhane et Henri s'en rendirent compte, puisqu'ils se retournèrent, le regardant d'un air étonné. La prêtresse se rapprocha de lui et demanda :
« Est-ce que vous allez bien ? J'ai l'impression que quelque chose vous tracasse et vous n'avez pas voulu parler durant notre petit trajet !
-Nous ne parlions pas non plus, je te ferai remarquer... intervint son parrain. Et dire que tu lui as donné ton pardon et sa rédemption.... Si j'étais à ta place, je l'aurais tué sans aucun remord.
-Cela suffit, mon cher ami.
-Je... je n'ai rien du tout... balbutia avec gêne Christian, dont le visage devint de plus en plus rouge. Ce n'est rien... C'est juste que... que j'ai du mal à réaliser ce que vous... que vous avez fait... Jamais je n'aurais cru que... »
En parlant de cette manière, il s'attira les rires de la jeune femme et son visage devint cramoisi. Il tremblait beaucoup et n'arriva pas à se calmer. Serrant les dents, Christian vit son père devenir de plus en plus méfiant à son égard. Après un petit moment, Louhane s'arrêta et le jeune homme vit que ses joues étaient rouges, mais qu'elle continuait toujours de sourire. Il pensa alors, que la relation entre lui et la jeune femme était devenue de plus en plus de proche et qu'il pouvait devenir son allié fidèle. Mais, peut-être qu'il voulait être plus proche que cela, jusqu'à ce que...
« Allons-y, intervint Henri. Je n'ai pas envie qu'on me donne des leçons pour ce que j'ai fait...
-Je leur expliquerai, ne t'inquiète pas, assura Louhane. Ils seront déjà contents de voir que notre cher ami est toujours en vie. Mais, c'est vrai que tout le monde va t'en vouloir... Et pas qu'un peu !!!
-Ça suffit, maintenant. Parlons sérieusement de ce qui va se passer quand les troupes des Chevaliers noirs vont essayer d'envahir le royaume de Lindblum...
-Je pense que Marguerite sera là aussi. Ce royaume pourrait lui donner toutes les armes qu'elle voudra – en plus de Zanarkand, ce qui devrait inquiéter quelqu'un en particulier... Ensuite, c'est ici que Pierre est né... Donc, nous pouvons en conclure que cela signifierait une vengeance familiale. Mais, je peux me tromper, bien sûr...
-Je crois plutôt que vous avez raison sur ce point-là, mademoiselle !! » intervint Christian, avec un sourire.
Louhane recommença à rire, tandis que Henri frappa à la tête son fils, pour lui ordonner de se taire et de se faire le plus discret possible. Malgré cela, le jeune homme garda son sourire et se mit à rire avec la jeune femme. Après quelques rires, la dernière fille d'Antioche s'arrêta, se retourna et entra dans la salle du trône. Avant même de faire un pas, la jeune femme sentit que quelqu'un était arrivé entretemps. Elle avait raison, puisque ce quelqu'un, lui fit exactement :
« Te voilà enfin, ma petite. Je m'impatientais depuis déjà un bon moment, pour qu'on se voit encore une fois. Tu m'as tellement manquée, tu sais ? »
Louhane eut les yeux ronds, quand elle reconnut la voix de sa tante paternelle. Elle se hâta pour la rejoindre et s'arrêta brutalement, se rendant compte qu'elle avait annulé le sort d'Henri de La Vallière. Tout le monde la regarda avec beaucoup de peur et d'inquiétude, notamment son fiancé et sa fille adoptive. Cloud et Lightning se rapprochèrent d'elle et mirent chacun une main, sur un côté des épaules, serrant très fort tous les deux, ce qui agaça fortement la jeune femme, qui fit une grimace. Ayant de plus en plus mal, la prêtresse demanda, d'un geste, de les lâcher, mais rien ne se fit. Soudain, l'ex-l'Cie regarda attentivement les mains de la jeune femme et se rendit compte qu'elles étaient tâchées de sang. Avec beaucoup d'horreur, elle demanda :
« Pourquoi tes mains sont-elles tâchées de sang, tu peux m'expliquer ? Tu as tué ce cher Chevalier noir par tes propres moyens ? Jamais je ne l'aurais cru !! Tu commences à ressembler à ta sœur, dis donc !!
-Arrête de dire des bêtises, Lightning !! s'écria Cloud. Tu ne sais pas ce qui s'est passé, alors s'il te plaît, laisse-la nous expliquer, voyons !! Je suis sûr qu'il y a une bonne raison !!
-Si tu fais le joli cœur, Cloud, c'est complètement raté !!
-Si vous pouviez arrêter, s'il vous plaît !!! » s'emporta Djidane, le teint rouge.
Les deux intéressés regardèrent le voleur des Tantalas avec beaucoup de colère, mais ils durent se rendre à l'évidence qu'ils devaient cesser de se disputer, puisqu'ils lui avaient promis de ne plus le faire. Shantotto prit un air désespéré par la situation présente, croisa ses bras et se dirigea vers eux, avec beaucoup de méfiance. Pendant cela, le gouverneur de Lindblum et son fils entrèrent à son tour, devant un souverain mélangé entre l'étonnement et la colère. Ce dernier se tut un petit moment et finit par dire :
« Henri Laurent Florent Stéphane de La Vallière !! Qu'est-ce qui vous a pris de vous comporter de la sorte, envers votre fils et nous tous ? Je ne pensais pas que vous lanceriez ce sort qui vous est interdit !!
-Ce n'était que pour une raison valable !! tenta de se défendre Henri. Qu'est-ce que je pouvais faire ?
-D'abord, il ne fallait pas que vous utilisiez ce sort, qui rappelle sans doute – à Cloud, Shantotto et Djidane, une guerrière de Chaos. Ensuite, pourquoi vouloir la mort de votre fils, alors qu'il s'est racheté envers la princesse d'Antioche ? Qu'est-ce qui s'est passé dans votre tête ?
-Votre Majesté, intervint Louhane avec beaucoup de timidité. Je me suis permise de donner mon pardon à son fils d'une autre manière. Il est vrai que je n'aurais pas dû le faire, mais ce n'était que la seule façon, afin que le gouverneur se calme le plus rapidement possible. »
Le roi de Lindblum la regarda avec surprise, pour finalement, lui adresser un petit sourire en coin. Lightning et Cloud relâchèrent en quelque sorte la jeune femme et s'ébouriffèrent les cheveux, chacun dans leur coin. Philippe, Alexis et Kaïn eurent tous les trois un sourire, soulagés de voir Christian en vie, et digne de continuer à se battre à leur côté. Les autres compagnons commencèrent un brouhaha sonore, tandis que, brutalement, Sophie d'Antioche soupira avec un air perdu et quelques larmes coulants sur ses joues. Elle les essuya avec ses deux mains et souffla dessus. James la regarda avec attention et se rapprocha d'elle.
« Quelque chose ne va pas, madame ? demanda t-il d'un air inquiet. On dirait que vous êtes en train de pleurer !!
-Non, tout va bien, répondit la sœur des deux anciens chefs des Chevaliers dragons, dont la voix était mêlée de pleurs. C'est juste que, par moment, j'ai quelques doutes sur des choses qui me perturbent depuis un petit moment déjà. Je ne sais même pas si je peux le dire, puisque cela risque de perturber vous tous, alors que ce n'est pas du tout mon attention.
-Vous pouvez nous le dire, nous pourrons vous aider...
-Vraiment ? Après tout ce que j'ai fait et la mort de mes chers frères aînés, vous vous dites que je suis digne de parler de cela avec vous ? Vous ne pouvez pas comprendre !! »
La colère de la quadragénaire fut tellement intense que cette dernière fut remarquée par tout le monde, se trouvant dans la salle du trône. Sa nièce commença vraiment à s'inquiéter et eut comme un mauvais pressentiment, comme si Sophie était aussi impliquée dans cette guerre interminable. Mais, elle ne savait pas de quelle manière, contrairement à Cloud, qui se souvint de ce qui s'était passé, devant le lac de la Cité Perdue, avant qu'il prenne la porte pour Eden. Sophie serra de plus en plus ses dents, tandis que le gouverneur de Lindblum la regarda avec beaucoup d'attention et lui conseilla :
« Je pense que vous devriez cesser cette comédie et de rejoindre votre époux, le gouverneur d'Alexandrie. Vous n'êtes pas directement impliquée dans cet affaire, alors je vous demanderai de quitter tout de suite ce royaume, même si vous êtes la sœur des deux anciens chefs des Chevaliers dragons et la tante paternelle de Pierre, Marguerite et Louhane d'Antioche...
-Vous osez critiquer cela, alors que vous ne savez rien du tout de ce qui s'est passé ? coupa l'intéressée avec colère. Vous ne savez pas que ce qui est advenu de ma première nièce, est totalement de ma faute !!
-Vous devenez folle, Dame Sophie. Je me vois dans l'obligation de...
-Il suffit !!! intervint le roi. Comment pouvez-vous dire de telles choses, vous deux ? Est-ce que vous avez perdu la raison, ou quoi ? »
Sophie et Henri ne répondirent pas, se contentant de se regarder avec méfiance. Djidane eut les sueurs froides rien qu'en regardant cela et demanda à Cloud, avec un signe de tête de le rejoindre. Ce dernier se rapprocha de lui et écouta attentivement ce que son compagnon – en tant que guerrier de Cosmos, avait à lui dire, au sujet de Sophie d'Antioche et de son caractère bien trempé, comme celui d'Henri de La Vallière.
« Cette femme me fait froid dans le dos, rien qu'en la regardant, dit le voleur des Tantalas en se malaxant son poignet droit. Elle a un caractère bien trempé, mais elle s'est toujours conduite avec beaucoup de sagesse et de raison. Elle n'est pas comme le gouverneur de Lindblum, mais on pourrait croire qu'ils sont frère et sœur, rien qu'en les observant face à face, comme en ce moment. Tu n'as pas eu ce sentiment-là ?
-Non, à vrai dire, répondit Cloud. Elle était plutôt tranquille et semblait très inquiète du sort de son deuxième frère aîné et de ses deux nièces – filles de son premier frère aîné Alexandre d'Antioche. Elle avait une expression de peur, à cause de la haine entre Marguerite et Louhane, et se considérait comme leur mère défunte. Mais, en la voyant, je pense qu'elle est lunatique, non ? »
Djidane ne répondit pas à la remarque de son allié, et se contenta de croiser les épaules, tout en continuant à le regarder. Le silence interrompu par les paroles des deux guerriers de Cosmos reprit avec beaucoup d'anxiété pour tout le monde, en particulier Louhane, Christian, Minerve et Henrik. Alexis de Belgrade se rapprocha avec beaucoup de mal, malgré l'aide de Vanille, Snow et Serah, et se mit entre la femme du gouverneur d'Alexandrie et le père de l'ancien général des Chevaliers noirs. Il toussa un peu pour marquer sa présence, mit la main devant sa bouche afin qu'il n'y ait aucun crachat de sang qui arriverait sur les deux personnes, ou par terre – par pur politesse, et fit :
« Vous devriez arrêter cette dispute-là, cela ne sert à rien, peut-être à retarder nos plans. Si vous voulez une victoire à Lindblum, il faudrait peut-être se bouger le valseur !!
-Arrêtez, chevalier de Belgrade !! s'écria Sophie, énervée. Vous pensez que vous pouvez vous impliquer dans cette affaire-là, et je pense qu'elle est tout à fait sérieuse !! Je pourrais bien vous dire que c'est moi, qui ait contribué à la réincarnation de Shinryu, rien qu'en donnant cette broche en forme de dragon !! Puisque c'est comme ça, je m'en vais et je ne vous dérangerai plus du tout !! »
Sous la colère, Sophie d'Antioche gifla avec force le chevalier serbe, ainsi que le gouverneur de Lindblum, et s'en alla rapidement, avec de grands pas. Sa nièce, sa petite-nièce adoptive, Christian, Cloud, Lightning et Djidane voulurent lui barrer la route, mais la sœur d'Alexandre et d'Émile les projeta par terre, d'un signe de bras. Kaïn et Henrik les aidèrent, tandis que Sazh, son fils dans les bras, lui cria :
« Qu'est-ce que vous faites, bon sang ? Vous êtes complètement folle !!
-Il est inutile de crier comme un putois, espèce d'ignorant, répliqua Sophie en s'arrêtant devant la porte du trône. Si vous pouviez comprendre ce que j'ai sur la conscience depuis que Marguerite est devenue un Chevalier noir. Laissez-moi tranquille. »
La femme de quarante ans reprit sa course, après ces mots. Elle ouvrit la porte avec un grand geste, et se retourna vers sa nièce, toujours au sol. En adressant un regard triste, elle semblait lui dire qu'elle était très désolée d'avoir favorisé le retour du dragon de la désolation et d'avoir rendu folle Marguerite. Quand elle vit que les autres se rapprochèrent d'elle rapidement, Sophie refit ce qu'elle avait fait à Louhane, Minerve, Christian, Lightning et les deux guerriers de Cosmos. Shantotto serra les dents rien qu'en tombant par terre et ce n'était vraiment pas plaisant pour elle. Sautant pour se remettre debout, la mage de Windurst essaya de lancer « ATOMNIUM !!! » sur Sophie d'Antioche, mais cette dernière para avec beaucoup de ténacité. La sœur des deux anciens chefs des Chevaliers dragons soupira et sortit, tout en fermant la porte avec fracas. Louhane prit un air très contrarié et décida de la suivre. Elle fit signe aux autres qui furent projetés en même temps qu'elle, ainsi que Shantotto, pour la suivre, et regarda le roi de Lindblum, très étonné.
« Je vous promets que je ne serai pas longue, Votre Majesté, dit-elle d'une voix neutre. Je ferai tout mon possible pour que cela se calme le plus vite qu'il soit. »
Elle sortit de la salle du trône en compagnie de ceux qu'elle avait désigné. Kaïn essaya de la retenir, ainsi qu'Henrik, mais ils furent arrêtés par les paroles du souverain du royaume menacé :
« Ne faites rien, jeunes gens. Son Altesse la princesse Louhane d'Antioche a toute ma confiance, et je suis sûr qu'elle tiendra sa promesse, juste avant cette bataille qui risque de coûter la vie à plusieurs milliers d'innocents... »

Sophie était montée au balcon, où se trouvait une longue-vue. Le lieu même où Djidane et Dagga s'étaient parlés, après que les autres furent empoisonnés par un somnifère. Le voleur des Tantalas y avait retrouvé la princesse d'Alexandrie – avant qu'elle ne devienne reine après la mort de sa mère adoptive, la reine Branet d'Alexandrie, regardant avec beaucoup de peine des colombes, qui s'étaient posés devant elle. La dame d'Antioche ressentit un grand blocage au cœur, comme si elle avait eu un coup de poignard à cet endroit précis. Elle avait beaucoup de rancœur, rien qu'en repensant à ce qu'elle avait fait... demander à Cloud de donner la broche en forme de dragon à Marguerite... ce cadeau qui avait descendu en dérision la première fille de son premier frère aîné. Quelle tragédie ! Pourquoi cette nouvelle phase de cette guerre vieille de deux siècles devait atteindre plus particulièrement la famille d'Antioche, une grande et vieille famille de chevaliers et de grands soldats ? En plus, qui portait son nom de cette principauté issue des Croisades durant le Moyen-Âge ! Sophie pensait que la famille dont elle faisait partie avait de plus en plus de chance d'être décimée, à cause de cette guerre. Des larmes commencèrent à couler sur ses joues et la quadragénaire dut se rendre à l'évidence qu'elle n'était pas vraiment bien. Hurlant à la mort, tel un chien s'apercevant que quelqu'un était mort depuis déjà un petit moment, Sophie se recroquevilla par terre et pensa que ce n'était plus la peine de faire quoi que ce soit d'autre, à part rester passive jusqu'à la fin de cette guerre, ou d'en finir totalement avec la vie, pour que jamais elle ne soit encore troublée par plusieurs évènements, dont la mort de ses deux frères, à six ans d'intervalle. Elle mit les mains sur son visage, en signe de désespoir. Les trois guerriers de Cosmos, la prêtresse de Gaïa, l'ex-soldate, l'ancien général des Chevaliers noirs et la protégée de la déesse de la Justice la virent dans cet état, quand ils arrivèrent devant elle. Louhane se baissa pour voir sa tante et lui prit l'épaule, en signe de réconfort, et eut un coup de froid, puisqu'elle était toujours pieds nus et à cause de la neige qui tombait sans cesse. Sophie crut que sa nièce allait lui faire du mal, puisque cette dernière serrait de plus en plus la main.
« Qu'est-ce que tu veux faire, maintenant ? demanda t-elle avec une petite voix. Tu vas me mettre à mort parce que j'ai aidé ta sœur à devenir aussi mauvaise qu'avant ?
-De quoi parles-tu ? demanda à son tour Louhane, étonnée de la question qui venait de lui être posée. Je ne vois pas de quoi tu veux faire allusion, si tu veux tout savoir !!
-Je croyais que tu étais au courant de tout, puisque le chevalier de Nibelheim est à tes côtés !! Lui et moi, sommes responsables et méritons la mort, afin de nous punir de cette erreur fatale, qui risque de détruire l'univers tout entier...
-Comment ? »
La jeune fille d'Alexandre d'Antioche se retourna vers Cloud, ayant toujours le même regard étonné qu'à sa tante. Elle se demandait pourquoi l'élu de Gaïa, celui qui avait été prophétisé comme le sauveur de l'humanité, aurait-il joué un rôle dans la possession de Shinryu. Cela constituait un paradoxe dans sa tête. Il avait combattu Chaos et Shinryu lors du dernier conflit entre le dieu de la discorde et la déesse de l'harmonie... pourquoi aurait-il voulut que le dragon de la désolation revienne une nouvelle fois ? Après un silence durant à peu près une minute, elle demanda, avec une petite voix :
« As-tu quelque chose à me dire, Cloud...? Je pense que je ne suis pas au courant de tout ce qui s'est passé avec ma sœur, apparemment. »
L'ancien mercenaire se sentait vraiment gêné de devoir parler des situations qu'il y avait eu avec Marguerite, avant que Louhane, Minerve, Henrik, Pierre et Alexis viennent les rejoindre. Lui aussi, ne savait pas comment la sœur de la prêtresse était devenue aussi mauvaise, avant qu'elle ne perde la raison, en prenant le contrôle de Shinryu. Son visage devint de plus en plus rouge de honte, et se malaxait son poignet gauche, montrant son gêne envers cela. Il essaya de parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche et quelques gouttes de sueur commencèrent à couler. Minerve sentit cela et rapprocha tout doucement, afin de ne pas tomber, puisqu'elle était aveugle. Elle prit la main de l'ex-SOLDAT et fit à sa mère adoptive, essayant d'être convaincante :
« Je ne pense pas que Cloud sait quelque chose de la façon dont Marguerite a perdu la raison. Il a de bonnes volontés, il ne veut pas qu'il soit un allié des ténèbres, si tu vois ce que je veux dire. Peut-être qu'il y a participé, sans se rendre compte que lui et grande-tante Sophie allaient aider à la réincarnation... Du moins, c'est ce que je crois...
-Tu as peut-être raison, fit Louhane. Mais... mais tu penses que c'est un objet, ou quelque chose comme ça ?
-Exactement, maman.
-Mais alors... quoi ? »
Sophie se releva et s'assit sur le rebord du balcon, où était accroché la longue-vue. Elle continuait à pleurer, mais semblait être pleine de bonheur, rien qu'en regardant le ciel. Le ciel, où se trouvaient certainement Alexandre et Émile, réincarnés en Ancêtres. Faisant tourner la longue-vue de droite à gauche, puis dans l'autre sens, elle baissa la tête et regarda le paysage, en y mêlant un profond soupir.
« Il est inutile de chercher pour rien, dit-elle. Ne cherchons pas plus loin des réponses que nous savons déjà, tout au fond de nous. En risquant de perdre du temps pour des broutilles...
-Qu'est-ce que vous insinuez, Dame d'Antioche ? demanda Djidane, les yeux ronds.
-J'ai demandé à Cloud pour qu'il lui donne une broche en forme de dragon. La veille de la bataille meurtrière de Palumpolum – le moment où j'ai appris que ma chère nièce était devenue une Chevalier noir, j'ai su que ce bijou avait une grande influence sur les propriétaires qu'elle avait eu. Dans un livre, écrit par les ancêtres des Chevaliers noirs actuels, cette broche serait une grande aide pour Shinryu, afin de choisir un humain vivant dans cet univers... pour se venger des anciens guerriers de Cosmos qui l'ont vaincu. Même pour la renaissance de l'Armée de la discorde. J'étais vraiment choquée, quand j'ai lu cela...
-Je vois, fit la prêtresse d'une voix faible. Et c'est pour cela que tu dis que toi et le chevalier de Nibelheim êtes les responsables du retour de Shinryu. »
Sa tante approuva d'un signe de tête, tandis que Louhane baissa la tête, à son tour. L'ancien mercenaire serra les dents, jusqu'à mordre sa langue, involontairement, et ferma les yeux, laissant couler quelques larmes. Lightning, qui le vit dans cet état, le serra dans ses bras et l'obligea à se calmer. La tête de Cloud tomba sur le côté droit des épaules de son alliée et cette dernière lui ébouriffa les cheveux blonds électriques. En les regardant, l'ancien général des Chevaliers noirs pensait qu'ils étaient très proches et qu'ils feraient sans doute un beau couple. Quant à elle, Minerve lâcha la main de l'ex-SOLDAT et avança doucement vers sa mère adoptive, avec l'aide de de La Vallière, qui l'avait vu. Ce dernier donna la main droite de Minerve à Louhane, qui le regarda avec étonnement. Christian lui expliqua :
« Elle voulait vous voir, puisque Cloud est occupé, en quelque sorte, avec Lightning. Je l'ai aidé, et...
-Ne vous inquiétez pas pour elle, ni pour moi, dit Louhane avec un sourire. C'est vrai que c'est gênant de voir Minerve, qui ne peut plus voir le monde qui l'entoure, mais j'essaye de l'aider du mieux que je peux. Vous comprenez ?
-Tout à fait. Je suis sincèrement désolé de vous avoir fait du mal, ainsi qu'à votre fille. Si vous voulez...
-Hé oh, le joli cœur !! s'écria brusquement Djidane. Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ? Si tu penses que tu peux la prendre comme ça, tu te trom... »
Le voleur des Tantalas s'interrompit, lorsqu'il croisa le regard noir de la prêtresse de dix-sept ans. Il serra les dents, prit lui aussi un air gêné et se tut. Sophie remarqua enfin la présence de l'ancien Chevalier noir, avec beaucoup d'incompréhension et de méfiance à son égard. Elle l'observa de la tête aux pieds, eut un moment d'incertitude et demanda :
« Pourquoi un Chevalier noir se met à courtiser ma nièce, alors qu'elle est déjà prise depuis deux ans, et que tous les deux sont ennemis ? Je ne vois pas pourquoi il serait là, devant moi, alors que je pourrais très bien le tuer de la manière la plus douloureuse qu'il soit...
-Je ne suis plus un Chevalier noir, Dame, répliqua Christian d'un ton mauvais. Votre propre nièce, la princesse d'Antioche, m'a donné son pardon – de façon brutale, je dois l'avouer.
-Hum... C'est pour cela que vous avez cette attitude et que votre torse est taché de sang ? Mon pauvre ami, vous me faites pitié, rien qu'en vous apercevant dans ce triste état...
-Si cela vous gêne tellement que cela, j'irai me changer le plus rapidement possible, pour que je vous paraisse plus... présentable. »
Sophie d'Antioche se moqua de lui et remit en place sa cape noire, afin qu'elle ait moins froid. Soupirant avec discrétion, Cloud se dégagea des bras de Lightning, se rapprocha de Sophie et la regarda, comme si il partageait la responsabilité de la tante de son alliée et de son ennemie. En effet, il était à moitié responsable de la montée dangereuse de Marguerite d'Antioche, puisque c'était lui qui lui avait donné la broche en forme de dragon... Bijou permettant à la personne qui le portait, de réveiller une fois de plus Shinryu, et de le libérer de la prison des Chevaliers dragons. La sœur des deux anciens chefs de ces derniers le regarda à son tour, puis laissa apparaître un léger sourire, signe qu'elle avait compris la réaction de l'ancien mercenaire. Djidane regarda Shantotto avec un air très inquiet.
« Je crois que Cosmos et la déesse-mère ne vont pas apprécier ce qui vient d'être dit, fit le voleur des Tantalas, d'un teint livide. Mais... mais...
-Je pencherai plutôt que Cosmos et Gaïa penseraient que Cloud n'est pas coupable de ce qui s'est passé avec Marguerite, répliqua la Tarutaru de Windurst, les yeux fermés. Ni Sophie d'Antioche, puisqu'elle ne savait pas ce que représentait ce bijou... Mais au fait, quand est-ce que vous avez eu cela, ma Dame ?
-On me l'a offert, répondit l'intéressée. De la part d'un ancien ami, le Chevalier noir Isaac Valevski – le propre père d'Henrik... Nous étions de vrais amis, jusqu'à ce qu'il devienne un Chevalier noir et qu'il maltraite sa femme, ainsi que son fils unique, pour je ne sais quelle raison... Il me l'a donné, en signe d'amitié, puis, quand nous avons décidé de ne plus nous voir, je me suis dit que je pouvais l'offrir à Marguerite, pour son quatrième anniversaire. Apparemment, je me suis trompée sur toute la ligne...
-Ce n'est pas de votre faute, Dame, fit Cloud, tout en continuant à la regarder. Vous ne pouviez pas savoir. Et nous le pensons sincèrement.
-Merci, chevalier de Nibelheim. »
Sophie eut un grand sourire. Louhane fut soulagée de la voir ainsi et le montra en serrant la main de sa fille adoptive et en donnant l'autre main à Christian, étonné de sa réaction. L'ancien général des Chevaliers noirs la regarda tendrement et serra de plus en plus la main de la jeune prêtresse de Gaïa, en signe d'affection. Lightning se rendit compte de cela, mais ne fit aucun commentaire, elle se contentait de regarder cela, les bras croisés. Djidane avait de plus en plus froid et essaya de réchauffer, en faisant quelques accroupissements. Cloud le regarda en riant et proposa de revenir dans la salle du trône, afin de préparer véritablement le plan de la défense de Lindblum. Tout le monde approuva, le voleur des Tantalas le premier. Minerve lâcha la main de sa mère adoptive, Djidane, lui offra la sienne. Tous les deux partirent les premiers, suivis de Cloud, Lightning, Shantotto et Sophie, laissant Louhane et Christian seuls. Ces derniers ne s'étaient pas lâchés, ce qui semblait que cette amitié entre les deux était en train de se transformer... peut-être. La prêtresse de Gaïa ne disait rien, se contentant de sourire à l'ancien général. Le jeune homme la regarda aussi et lui fit :
« Je vous sens de plus en plus détendue, je me trompe ? Puis, il semblerait que vous ayez commencé à m'apprécier...
-Il le faut bien, de toute façon, répondit la jeune femme. Nous devons nous préparer à accueillir de nouveaux alliés. Je pense que nous en aurons encore, dans quelques temps, dont l'Armée Sainte de l'harmonie, guidée par la déesse Cosmos.
-J'ai hâte de les voir !! Il me tarde de combattre à leurs côtés, afin de montrer ma grande gratitude entre vous et votre pardon que vous m'avez donné... Je ne vous décevrai pas !! »
La prêtresse de Gaïa garda le sourire, puis, après un bon moment, fit :
« Revenons à la salle du trône, pour nous concentrer sur la défense de Lindblum, voulez-vous ?
-Avec joie !! »
Les deux personnes se lâchèrent les mains et prirent le même chemin que les autres. Quatre minutes plus tard, Henrik Valevski et James de La Manche se dirigèrent vers la longue-vue, l'air pensif. Ils avaient surveillé ceux qui étaient en ce lieu et appris que le bijou appartenait au père du chevalier de la Lune Céleste, ce qui mit le jeune homme en pleine dérision. Ainsi que l'attitude de sa fiancée envers le fils du gouverneur de Lindblum.

« Pourquoi Louhane joue-t-elle ce jeu-là ? Elle le fait exprès ?
-Arrête, Henrik. Cela ne sert à rien de s'énerver pour quelques broutilles...
-Je suis son fiancé, tout de même !! »
Une montée de colère envahit l'esprit d'Henrik. Il ne supportait pas que sa fiancée soit séduite, de plus, par un ancien Chevalier noir. Le chevalier de la Lune Céleste serra de plus en plus les poings et les dents. James le regarda avec beaucoup d'attention et d'incompréhension, tout en haussant les épaules. Il ébouriffa ses cheveux machinalement et répliqua au fiancé de sa cousine :
« Qu'est-ce qui te tracasse autant ? Tu penses que Louhane serait capable de te trahir ? Pas le moindre du monde. Ne pense surtout pas qu'elle aurait l'audace de le faire. Nous la connaissons très bien, même si quelques éléments nous échappent...
-Tu sais très bien que je suis très méfiant, depuis que nous nous sommes fiancés et avons adoptés Minerve... fit le chevalier de la Lune Céleste, qui semblait très remonté. Je n'ai pas envie qu'elle me quitte pour un... pour un...
-Hé ! Arrête de dire des bêtises ! Tu es jaloux ou quoi ? »
Henrik regarda le cousin de sa fiancée avec un air noir. Apparemment, ce n'était pas assez suffisant pour intimider James, puisque celui gardait son sang-froid, il n'y avait pas de raison pour se laisser prendre au jeu du petit-fils d'Hiro Nakamura. Le fils de l'Amiral de La Manche haussa les épaules avec énervement et émit un soupir, signe de fatigue. Son visage devint rouge de colère et ses oreilles sifflaient, à tel point qu'on pouvait le confondre avec une bouilloire qui risquait d'exploser, tellement elle serait sur le feu trop longtemps. Il tourna le dos un moment à l'allié des Chevaliers dragons, poussa de violents jurons et se gifla le visage avec beaucoup d'intensité. Après quelques minutes dans cet état, il se calma, et se retourna aussitôt. Henrik ne comprenait pas ce qui se passait dans sa tête, qu'il pouvait en conclure que ce personnage était devenu fou, malgré lui. Mais, ce n'était pas l'impression que voulait donner James. Bien au contraire. Le général se concentra, leva les bras jusqu'à atteindre la plus grande hauteur possible et une brume bleutée jaillit et le contourna, comme si c'était une grande vague d'eau. Tout d'un coup, le chevalier de la Lune Céleste eut une réaction violente face à cela : cela ressemblait fort à la cérémonie d'accompagnement, faite par les Invokeurs du monde de Spira ! Qu'est-ce que James manigançait ? Il voulait quelque chose en particulier, mais quoi ? Lui montrer que le fils de l'Amiral de La Manche était aussi un Invokeur et qu'il avait hérité ses pouvoirs de sa mère ? Impossible... James n'avait aucune confiance envers ces personnes-là et les considérait comme des fous, sous l'impulsion d'une religion ou d'une secte... D'où sa citation préférée tirée d'un philosophe, qui avait vécu il y a plusieurs siècles : « La religion, c'est l'opium du peuple ». De plus, la mère de James n'était pas Invokeur, donc... Devenant de plus en plus inquiet, le fiancé de Louhane demanda :
« Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu manigances ?
-J'essaye de te faire montrer des choses dont tu n'as pas conscience, répliqua James, dont les yeux devinrent blancs comme neige. Quelqu'un d'autre que moi va t'expliquer ce qui se passe chez toi... »
Henrik n'avait pas plus d'explications qu'avant les paroles de l'autre jeune homme. La brume bleuté l'entoura rapidement et quelques secondes plus tard, le chevalier de la Lune Céleste se retrouva avec une très belle femme, de type asiatique, les cheveux noirs, un peu bouclés et les yeux verts, portant une robe bleue toute simple, sans rajout particulier. Le jeune homme la reconnut avec horreur : il s'agissait de Reyka Nakamura, sa défunte mère, ainsi que femme et victime de la lame d'Isaac Valevski. Brusquement, il commença à pleurer toutes les larmes de son corps et s'agenouilla devant elle, tout en pensant :
« Elle porte les mêmes vêtements que lorsque père l'a assassiné, ce jour-là ! Pauvre de moi ! Suis-je devenu fou ? Est-ce une imagination de ma part ? Qu'est-ce qui m'arrive ? »
Il sanglota encore plus et se mit les mains sur son visage, afin que sa mère – ou plutôt James déguisé en sa mère – ne le voit pas ainsi. La femme se rapprocha de lui et lui toucha la joue, avec douceur et tout en souriant. De plus, Henrik avait encore les souvenirs du meurtre de sa mère, quand il était petit et dont il était témoin. Ce fut terriblement horrible pour lui et il ne l'avait jamais raconté, même pas à Louhane. Pourtant, il en avait fait allusion à Cloud... peut-être du fait qu'il avait confiance en lui. Du fait qu'il était un allié qui pouvait lui faire confiance aussi, au contraire de Philippe De Salisbury, qui voulait faire annuler le pacte de fidélité entre Alexandre d'Antioche et le jeune homme. Le chef de l'escadrille voulait le faire, puisqu'il considérait que, lorsque le chef des Chevaliers dragons avait rencontré la mort lors de son exécution par les Chevaliers noirs, le pacte avait pris fin et qu'il n'y avait aucune raison pour qu'Henrik reste un allié des Chevaliers dragons. Mais Frédéric-Guillaume De Salisbury, son oncle et gouverneur exilé du Nautilus, lui avait donné tort, car le pacte avait repris effet lorsque le jeune homme avait sauvé Louhane, lors de la bataille du royaume de Sasune, deux ans auparavant. Même quand il avait demandé la jeune femme en mariage, mais que cette dernière voulait d'abord des fiançailles, puisqu'elle estimait qu'il voulait faire les choses trop vite à son goût. Au point d'avoir affaire à un recul de trois mois pour y réfléchir, jusqu'à ce qu'il accepte la demande de la prêtresse, alors âgée de quinze ans. Reyka releva la tête de son fils et lui adressa un sourire compatissant, jusqu'à dire :
« Ne sois pas dans cet état-là. Ne t'inquiète pas. Je suis là. Je serai toujours là pour toi.
-Maman !! Comme je suis content de te voir ! s'empressa de dire Henrik, malgré ses sanglots. Tu m'as tellement manqué !
-Toi aussi, tu m'as manqué. Mais dis-toi une chose... c'est que ce ne sera que la seule fois que tu me verras ainsi. Juste pour t'expliquer les choses qui tracassent certains de tes amis, notamment ce garçon qui a accepté de me donner sa personne pendant un moment... Le fils d'Henri-Max... Un être très généreux.
-Humph... Pourquoi t'obstines-tu à faire un jugement envers quelqu'un que tu ne connais pas ? Il n'était qu'un tout petit garçon et il ne t'a jamais rencontré !
-Bien au contraire, mon cher fils. Mais ce n'est pas le moment de parler de lui. Nous parlons de toi. »
Henrik adressa un regard noir à sa mère, puisqu'il n'aimait pas parler de sa situation. Il estimait que ce qu'il avait vécu, ne regardait que lui, ce qui le réfugiait dans le silence. Ce silence qu'il gardait en lui depuis si longtemps... qui allait le détruire. Les larmes arrêtèrent subitement et laissèrent place à la colère de la part du jeune homme. Pourquoi fallait-il que James appelle sa mère pour pouvoir discuter de ce qui se passait dans le moral de toutes les personnes qu'il côtoyait depuis un certain moment – et un petit pour Cloud et AVALANCHE ? Cela était tout à fait absurde ! Qu'est-ce qui se passait dans sa tête, à la fin ? Reyka comprit la colère de son fils unique et recula de quelques pas. Elle fit :
« Je sais pourquoi tu es en colère. C'est parce que James a fait appel à une autre personne que lui, plutôt que te le dire directement, sans intermédiaire. Il essaye de tout faire pour que tu sois bien, que tu ne souffres pas dans ce monde qui t'est inconnu. Je suppose que tu te considères comme un inconnu perdu dans ce monde si... si insignifiant pour toi, non ? »
Aucune réponse de la part de son fils, qui baissa les yeux, afin d'éviter son regard. La discussion était mal partie, mais Reyka ne fit aucun commentaire sur l'attitude d'Henrik et continua son explication, que le chevalier de la Lune Céleste essayait tant bien que mal à ignorer. Les choses risquaient de mal se terminer. Au moins, la fille d'Hiro Nakamura avait atteint un point sensible chez lui.
« Pendant toutes ces années, après que tu ais quitté ton père pour te mettre au service du Chevalier dragon Alexandre d'Antioche, tu étais seul, continua t-elle. Véritablement seul, jusqu'à t'attirer la haine de plusieurs de tes « compagnons », dont le neveu du gouverneur du Nautilus. Mais, j'ai cru entendre que tu avais jeté ton dévolu sur Louhane, la fille cadette d'Alexandre, que tu as sauvé lors de la bataille de Sasune. Elle avait rompu avec Étienne de La Grange depuis déjà trois mois et semblait très heureuse de pouvoir compter sur un homme, même si c'était un fils de Chevalier noir. Tout ce qui lui importait, c'était de voir que tu pouvais te repentir et de restaurer l'honneur de la famille.
-Mais comment tu...? balbutia Henrik, les yeux ronds.
-L'esprit de James se mélange au mien. Cela arrive quand un vivant donne sa personne pour faire « revivre », en quelque sorte, un défunt. C'est assez incroyable, non ?
-Si tu le dis... Et qu'est-ce que cela implique ?
-Ne détourne pas la conversation, s'il te plaît. »
Le chevalier de la Lune Céleste émit un grognement assez silencieux, et haussa les épaules pour montrer sa réticence de continuer la conversation avec sa mère. Des discussions familiales, cela faisait un bon moment qu'il n'en avait plus eu et il était heureux de savoir cela. Ce n'était pas sa tasse de thé, en toute honnêteté. Qu'est-ce qu'on faisait à part parler de certaines choses désagréables et affligeantes ? Rien. Rien du tout. C'était comme si il était dans un des conseils des représentants des Chevaliers dragons... si ennuyeux... Alors qu'il était perdu dans ses pensées, Henrik ignora totalement les paroles suivantes de sa mère, qui le regardait dans les yeux.
« Tu as rencontré Louhane et tu es tombé amoureux d'elle si subitement... Tu voulais qu'elle aie les même sentiments que toi et c'est ce qui s'est fait, à ta grande joie. Mais... tu as commencé à devenir possessif, le jour où tu l'as demandé en mariage.
-Hein ? »
Henrik sursauta brutalement quand il entendit la dernière phrase prononcé. Possessif ? Lui ? Jamais, au plus grand jamais ! Il a toujours voulu le bonheur pour Louhane, pourquoi il fallait qu'on dise de lui qu'il était possessif ? Il savait qu'il était de son devoir de la protéger, mais quand même ! Quel était l'idiot qui avait osé dire qu'il était possessif ? James, vu qu'il « prêtait » son corps à Reyka pour pouvoir lui dire ses quatre vérités. Le chevalier de la Lune Céleste s'emporta et cria :
« Tout cela n'est que mensonge ! Pourquoi vous dites ceci alors que ce n'est pas vrai ? DITES-LE MOI !!
-Il est inutile de crier, Henrik, répliqua Reyka avec un regard noir. Tu sais que c'est la vérité. Tu ne peux pas le nier, bien au contraire. Essaye de comprendre pour une fois ce qui se passe dans ton esprit, si je puis me permettre.
-Possessif ! Ce n'est que foutaise !
-Non, puisque tu l'as prouvé.
-Et quand ?
-Quand tu as regardé d'un air noir Louhane se faire courtiser par le fils du gouverneur de Lindblum. N'est-ce pas vrai ? »
Henrik sentit une profonde colère rien qu'en entendant la référence à Christian de La Vallière. Il était tellement en colère qu'il serra les poings et baissa sa tête encore une fois. A en croire qu'il ne voulait pas croire ce que sa fiancée soit courtisée par un autre homme que lui. Jaloux, voilà ce qu'il était. Le chevalier de la Lune Céleste poussa avec énergie beaucoup de jurons, comme l'avait fait James, avant que ce dernier prenne l'apparence de Reyka Nakamura, et lança « QUAKE !! », afin de montrer ce qu'il ressentait, avec violence. Mais, malheureusement pour lui, il fut arrêté par sa mère qui commença à le trouver très agaçant. En effet, elle écarta les bras et arrêta le petit tremblement de terre qui risquait de devenir encore plus menaçant que l'offensive de Marguerite d'Antioche. Devenue plus énervée que son fils, Reyka soupira bruyamment et semblait incarner la tension qui s'était installée entre les deux personnes. Un silence insoutenable inonda la situation et Henrik serra de plus en plus les poings, tremblant comme une feuille morte. Il se rapprocha de sa mère de deux pas et montra un bracelet en cuivre, attaché à son poignet droit. Reyka ne sembla pas être impressionnée par l'objet et demanda, avec agressivité :
« Qu'est-ce que cela prouve, Henrik ?
-Cela prouve l'amour que Louhane me porte ! S'emporta l'interessé. Elle me l'a donné quand nous nous sommes fiancés ! Elle est, et sera toujours mienne !
-Tu as peur qu'elle te quitte pour un autre homme, voilà ce que tes paroles et ton attitude prouvent. Tu as perdu une relation affective avec ton père et tu ne veux pas perdre encore une fois, je me trompe ? Tu es le portrait craché de ton père, bien que tu ais peur de l'être. Tu l'as toujours ressenti, mais les choses sont faites. Il est trop tard pour changer... Je te souhaite bonne chance pour la bataille... Et surtout... Essaye de ne pas tomber dans le piège de ton père... »
La brume apparut une seconde fois et enveloppa la mère du chevalier de la Lune Céleste, qui disparut aussitôt. Elle laissa la place à James, qui tomba par terre, à demi-inconscient. Henrik, toujours frappé par les paroles de sa mère, ne l'aida pas. Médusé, voilà l'état où il se trouvait. Pourquoi sa mère lui avait rendu visite à ce moment-là ? Pourquoi ? Juste parce qu'elle avait observé, de l'au-delà, qu'il allait dans le même mauvais chemin que son père ? Peut-être... Peut-être pas... Pour tout dire, il ne savait absolument pas. Son esprit était tellement inondé par ces questions, que James se rendit compte qu'il ne voulait pas l'aider, et s'écria :
« Hé ! Tu pourrais m'aider, non ?
-Hein...? »
Henrik se « réveilla » et aida le cousin de sa fiancée à se remettre debout, bien que ce dernier eut beaucoup de mal. Le général des Armées se débarrassa tant qu'il put de la neige de son armure, soupira avec le bruit d'un phoque et fit :
« Voilà qui est fait... Tu me demandes pourquoi j'ai fait cela, n'est-ce pas ?
-Ce que je ne comprends pas, c'est que tu connaisses ma mère ! S'écria Henrik. Comment est-ce possible ?
-Nos mères étaient des amies d'enfance. J'ai eu le droit à quelques petites visites, avant son assassinat. Sinon, tu devrais écouter ta mère... Trop possessif... J'aurais dit la même chose qu'elle. »
PAF !
James se fit frapper au visage, par le chevalier de la Lune Céleste, qui était tellement en colère face à la réaction du général des Armées. Ce dernier baissa la tête, tout en émettant un bruit assez fort, et se rendit compte qu'il saigna du nez. Une petite flaque de sang se forma, mais il estima que ce n'était pas si grave que cela. Relevant la tête, il entraîna Henrik par le cou et le projeta vers une des colonne du balcon avec force. Il le regarda avec une férocité débordante, qu'il cria :
« Espèce d'idiot !! Arrête de te prendre pour ton père ! Il a fait la même chose ! Possessif envers ta mère ! Il ne voulait pas qu'elle le quitte et finalement, il l'a tué ! Tu t'en souviens, vu que tu étais le principal témoin de cet assassinat ! »
De La Manche était tellement énervé que son visage devint rouge comme une tomate farcie. Henrik baissa les yeux et prit un air de chien battu, comme si il voulait se faire pardonner après avoir malheureusement frappé, sans contrôle, le fils de l'Amiral de La Manche. Mais ce dernier ne voulait pas en entendre parler, vu que le mal était déjà fait. Finalement, après quelques minutes, il relâcha le fiancé de sa cousine et se dirigea vers l'entrée du balcon, afin de rejoindre les autres. S'arrêtant brusquement, il se retourna pour regarder Henrik, toujours la tête baissé, et fit :
« S'il te plaît... Essaye de changer, pour une fois. Et je ne te dis pas cela pour t'embêter... C'est pour ton bien et tu le sais très bien. Essaye de le faire... si tu ne veux pas le faire pour toi, fais-le pour Louhane. Elle t'aime et elle ne veux pas que tu passes dans un mauvais cap. Si tu changes, tu te diras digne de pouvoir épouser ma cousine, la future reine des Chevaliers dragons Louhane d'Antioche. Ne fais pas l'idiot, pour l'amour du ciel... »
Baissant lui aussi la tête, James s'en alla et laissa Henrik seul sur le balcon. Ce dernier se dirigea vers la longue-vue et regarda les environs. Après quelques minutes, il se résigna à abandonner et s'assit par terre, malgré la neige qui tombait encore et encore. Il se recroquevilla sur lui-même, en se cachant derrière ses genoux pliés. Boudant comme un enfant de dix ans. Pendant une dizaine de minutes, il allait se remettre en question, rien qu'en pensant aux paroles de sa mère et de James, ainsi que l'amour fort qu'il éprouvait toujours pour Louhane.
« Ce n'est pas en restant spectateur que l'on peut être un artisan de l'avenir, ni le défenseur de quoi que ce soit. »

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Louha
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Partie II - Chapitre XX

Messagepar Louha » 04 juil. 2011 15:51

Chapitre XX : Les reines d'Antioche

L'absence de James de La Manche et d'Henrik Valevski avait suscité beaucoup de bruit, dans la salle du trône. Christian savait que le chevalier de la Lune Céleste était très réticent à voir sa fiancée courtisée par un ancien Chevalier noir. Le roi de Lindblum avait décidé d'attendre quelques temps, mais, voyant le temps passer très vite – à son goût, il avait conclut qu'il ne fallait plus attendre. Il prit la décision de faire couronner Louhane, en tant que première reine des Chevaliers dragons, dans son royaume, et de façon rapide. La tante de la princesse héritière eut une réaction très brutale : elle estimait qu'ils n'avaient pas le temps pour faire cela. Elle eut comme réponse, de la part de Cid de Lindblum :
« Dame Sophie d'Antioche, je comprends votre point de vue, croyez-moi. Mais... si nous le faisons pas, Louhane n'aura aucune chance de combattre sa sœur, ni Shinryu ! Vous ne savez pas ce que représente ce couronnement !
-Comment ça ? répliqua avec colère l'intéressée. Vous pensez que quand ma nièce sera couronnée, elle aura la grâce de la déesse ?
-Il ne faut pas oublier qu'elle est la seule prêtresse de Gaïa, intervint Alexis de Belgrade, devenu silencieux depuis un bon bout de temps. De plus, il semblerait qu'elle soit sa réincarnation humaine, ce qui renforcerait le lien entre elles. Si elle devient reine, elle sera encore plus forte que Marguerite et aurait le même degré de force que Shinryu. Je croyais que votre premier frère aîné et votre belle-sœur vous l'avaient dit, quelques jours après la naissance de Louhane ? »
Sophie mordit sa lèvre inférieure, en signe de gêne. Elle avait complètement oublié ce qu'Alexandre et Eléonore avaient dit, lors du quatrième anniversaire de Marguerite. Eléonore savait que ses enfants allaient s'entre-tuer à un moment de leur vie, et que Louhane obtiendrait la grâce de Gaïa, puisque cette dernière était considérée comme la réincarnation humaine de la déesse-mère. Tout ce que la deuxième fille d'Antioche devait faire, c'était d'appartenir à un haut statut pour pouvoir l'obtenir. Après réflexion, la tante paternelle fit :
« Je vois à présent. Je me souviens qu'Alexandre et Émile ont écrit un testament commun, malgré qu'ils soient morts à plusieurs années d'intervalle. Ils ont écrit que Pierre devait choisir entre monter sur un trône qui n'existait pas, ou de le donner à sa sœur Louhane, afin que celle-ci obtienne cette grâce. Ils savaient que Marguerite susciterait un danger potentiel, puisque Eléonore l'avait prédit, juste avant sa mort. De plus, ils n'ont jamais parlé de cela avec elle. Ils voulaient prendre leur garde, mais Émile avait rejoint le camp de Pierre et de Louhane, jusqu'à sa mort...
-Et Cloud ? s'écria la jeune prêtresse avec panique. Il est l'élu de Gaïa, c'est lui qui doit combattre Shinryu, pas moi !!
-Cloud sera avec toi, ne t'inquiète pas, fit Philippe. Il t'aidera à combattre ces deux plaies. Je suppose que nous pouvons compter sur lui, n'est-ce pas ?
-Vous le pouvez, tous, intervint Cloud avec un air de fierté. Je ne vous décevrez pas. Pas le moindre du monde. »
L'ancien mercenaire adressa un grand sourire à la jeune femme de dix-sept ans. Cette dernière sourit à son tour, en remerciement. Djidane marmonna quelques phrases péjoratives à l'encontre de l'ex-SOLDAT. Shantotto, elle, ne fit aucune remarque, mais entendit des pas se dirigeant vers la salle du trône. Elle se prépara à lancer un sort, et quand la porte s'ouvrit, un inconnu reçut un de ses sorts préférés : « OURAGAN !!! » et s'envola dans les airs, tout en criant :
« C'est quoi ce bordel ?! MOUAAAAAHHHH !!! »
Alexis, Cloud, Lightning, Louhane et Philippe se rendirent compte que c'était James, qui voulait les rejoindre pour parler avec eux. Le voleur des Tantalas poussa la mage de Windurst à arrêter son spectacle et vit qu'il n'aurait pas dû intervenir, puisque le général des Armées tomba brusquement par terre et eut une douleur insupportable. Le chevalier de Belgrade et le fils adoptif du gouverneur de Palumpolum accoururent vers lui, afin de l'aider à se relever, tant bien que mal. James cria des insultes en grec envers Shantotto et serra les dents de plus en plus. Minerve, paniquée par ce qu'elle venait d'entendre, fit :
« Le pauvre !! Tu as dû souffrir, non ?
-Arrête de dire des bêtises, la mioche !! cria le général des Armées. Il y a peu de temps, tu t'apitoyais sur le sort de cette... de cette...
-Il suffit, maintenant !! s'écria Louhane, indignée de voir son cousin insulter sa fille adoptive. Nous devons réagir le plus vite possible, afin que Marguerite ne prenne pas le royaume, ainsi que les alentours !! »
James approuva d'un signe de tête, malgré la douleur présente. Il se releva douloureusement, avec l'aide d'Alexis et de Philippe, et réajusta son armure. Le jeune homme vit l'inquiétude soudaine de sa cousine et se rapprocha d'elle, tout en lui disant :
« Hé, Louhane. Ne t'inquiète pas pour Henrik. Il est dehors, en train de bouder comme un gamin de dix ans, à regarder ce paysage enneigé. Il sera là après le couronnement.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que tu lui as encore dit ? » demanda avec inquiétude la jeune prêtresse de dix-sept ans.
James ne répondit pas, il se contenta de lui adresser un regard contrarié, tout en ébouriffant ses cheveux.
« J'appelle Bahamut, intervint Yun Fang. Je pense que nous ne pouvons pas le faire sans lui... »
La jeune femme se concentra pendant un petit moment, puis un cercle se dessina sur le sol. Criant « OUROBOUROS !! », elle appela le roi des Dragons, qui apparut devant tout le monde. Alexis, Cloud, Kaïn, Louhane et Philippe regardèrent attentivement les yeux du dragon. Ce dernier rugit bruyamment et étendit ses ailes jusqu'à ce qu'il pouvait, afin de leur montrer qu'il était le plus puissant des chimères existantes dans l'univers. Mais, il savait que Louhane ne partageait pas sa vision des choses, puisqu'elle pensait que c'était la chimère Alexandre, l'imposant château fort en métal, symbole du sort « Sacré ». La jeune femme se rapprocha de lui et lui caressa la tête, avec beaucoup de tendresse. A ses bruits, on pouvait croire que le dragon ronronnait comme un chat, quand on le caressait. Snow et Vanille eurent les yeux ronds en voyant cela et Sazh, son fils, Serah et Hope marmonnaient des phrases, du genre :
« Il est devenu un chat ou quoi ? »
« Pourquoi Bahamut se laisse t-il faire ? »
« Il est complètement fou, ma parole !! »

Henri de La Vallière crut qu'il devenait de plus en plus fou et se frappa la tête plusieurs fois, sous les rires sourds de son fils unique. Cloud, Djidane et Shantotto se regardèrent avec incompréhension, tandis que Kaïn tourna sa tête dans tous les sens, pour ne être dans le même état que le gouverneur de Lindblum. Il semblait tout aussi heureux du nouveau statut de son élève. Le chevalier de Belgrade et le chef de l'escadrille riaient de bon cœur en regardant le dragon dans cette situation, alors que Lightning semblait tout aussi choquée. Elle murmura quelque chose à l'ancien mercenaire, qui se trouvait justement à côté d'elle.
« Pourquoi se laisse t-il caresser comme ça ? demanda t-elle. Personne n'a eu l'idée de le faire, non ?
-Je suis tout à fait d'accord avec toi, lui répondit le guerrier de Cosmos. Je ne sais pas ce qui se passe, mais je pense que Bahamut a un penchant particulier pour Louhane, même si ce n'est qu'une humaine, comme nous.
-Tu insinues qu'il va vouloir...?
-Ce n'est pas ce que tu crois, Lightning. C'est juste que Bahamut est le protecteur de notre chère amie et qu'il ne veut pas qu'elle soit assassinée par sa sœur aînée. Puis... il a accepté l'abdication de Pierre d'Antioche, pour qu'elle monte sur le trône. Peut-être qu'il savait déjà que Louhane serait la première reine des Chevaliers dragons... »
L'ex-l'Cie le regarda avec des yeux ronds. Le guerrier de Cosmos pensait à cette éventualité depuis que Pierre avait décidé de laisser le statut de chef à sa deuxième sœur, alors qu'il était l'aîné des trois enfants et qu'il devait succéder à son père et à son oncle paternel. Après quelques minutes, Louhane arrêta son geste et décida de prendre les choses en main. Bahamut rugit une seconde fois et se dirigea vers le roi et le gouverneur de Lindblum, qui s'agenouillèrent devant lui, en signe de respect. Se retournant, la chimère eut les yeux fixés sur Cloud, Djidane et Shantotto, ce qui signifiait pour lui que l'Armée Sainte de l'harmonie allait être bientôt formée. Le dragon eut un moment de silence, puis leur fit :
« Bien... Trois guerriers de Cosmos sont maintenant ensemble, ce qui est encourageant.... Il est donc inutile d'inquiéter la déesse de l'harmonie, qui attend avec patience le Conseil avec la prêtresse. Maintenant, il faut que la réincarnation de la déesse Gaïa soit couronnée.
-Nous le savons tous, mon cher Bahamut, fit Sophie. Elle aura la grâce de Gaïa et sera considérée officiellement comme la réincarnation humaine de la déesse-mère. Nous devons le faire le plus vite possible, avant que Marguerite commence son attaque sur Lindblum.
-Je pense que nous sommes tous d'accord pour pouvoir dire que le couronnement commence !!! s'écria le roi de Lindblum.
-Je donnerai à Louhane une robe qui lui conviendra à merveille, fit celui des Dragons. Il faut juste que la protégée de Thémis et de Némésis m'aide...
-Je vous aiderai, ô souverain de tous les dragons de cet univers !! s'écria Minerve avec enthousiasme. Arachné et moi, nous vous aiderons !! »
Le roi des Dragons ronronna encore une fois, signifiant qu'il était satisfait de la proposition d'aide de Minerve et de son araignée, qui avait confectionné à Cloud une couverture en laine, alors que ce dernier s'était endormi au Lac Bresha. Il rugit encore une fois et Louhane sortit de la salle du trône, afin de se changer. Lightning, Shantotto, Vanille, Serah et Yun Fang décidèrent de l'accompagner pour l'aider à se préparer, accompagnées de Bahamut, de Hope et de Minerve, tenant la main de la ministre de l'Orastère. Regardant la porte se fermer derrière eux, Alexis de Belgrade et Philippe De Salisbury tapèrent chacun de leur côté les épaules de Cloud, tout en lui adressant un grand sourire. Djidane commença à rêver du costume que pourrait porter Louhane lors du couronnement, tandis que Kaïn et Christian soufflèrent en même temps. James de La Manche haussa les épaules, sûrement impatient de revoir le fiancé de sa cousine. Frappant du pied droit, il cria, sans regarder une personne en particulier :
« Bon, tu as fini de bouder ou quoi ? Elle s'inquiète pour toi !!!
-A qui parlez-vous, à la fin ? demanda Cid de Lindblum, les yeux ronds.
-Je parlais à Henrik Valevski, Votre Majesté. Comme je l'ai dit à ma chère cousine, il est en train de bouder dans son coin, pour quelque chose qu'il n'a pas vraiment apprécié.
-Et pourquoi considérez-vous Louhane comme votre cousine ?
-Elle est l'une des filles de la sœur de ma mère. Ma mère est du genre très discrète et ne s'intéresse pas aux conflits qui s'y passent, en ce moment. Elle s'appelle Anna Dikinska et elle habite à Alexandrie, seule. Je suis son seul fils, qu'elle a eu avec mon père, l'Amiral Henri-Max de La Manche. Mais elle a le soutien du gouverneur d'Alexandrie, ainsi que ceux du Nautilus et de Palumpolum. »
Cid de Lindblum ne fit aucun bruit. Contrairement à lui, Henri de La Vallière soupira avec beaucoup de brouhaha et croisa ses bras, regardant encore une fois le paysage enneigé. De La Manche fit la même chose que lui, sauf qu'il continua à frapper du pied droit, avec beaucoup d'impatience. Le couronnement allait débuter dans une dizaine de minutes, tandis que le chevalier de la Lune Céleste se trouvait seul, sans voir sa fiancée se faire couronner et devenir la première reine des Chevaliers dragons. Il ne se verrait même pas décerner le titre de prince consort, puisqu'il allait devenir l'époux de la jeune femme. Christian de La Vallière, lui, ferma les yeux pendant un bon moment et appuya sur son cœur, l'endroit où son père et Louhane avaient frappé; l'un pour le tuer, l'autre pour le sauver et lui donner son pardon définitif. Une drôle de sensation se fit sentir dans son esprit. Il était tâché de sang et se sentait obligé de se changer pour paraître plus présentable envers sa sauveuse, mais aussi pour faire taire les moqueries de son père et de Sophie d'Antioche. Lorsqu'il toucha son torse, ses mains devinrent ensanglantées et se sentait de plus en plus mal. Plusieurs secondes plus tard, Christian s'agenouilla de force, sous la forte inquiétude de Cloud, qui le rejoignit aussitôt. Le gouverneur de Lindblum, lui, ne fit aucun geste.
« Tout va bien ? demanda l'ancien mercenaire. J'ai l'impression que ce que vous avez eu n'a apparemment pas été très... comment dire... agréable.
-J'ai un peu de mal, c'est tout, répondit l'ancien général des Chevaliers noirs, ses mains toujours appuyé sur son torse. Je crois que je n'ai pas tenu le choc, quand mon père et Louhane m'ont transpercé le torse. Je vais aller me changer, si vous le voulez bien, chevalier de Nibelheim...
-Je vous accompagne. Pourrais-je vous aider, si vous le voulez ?
-Je t'accompagne aussi !!! s'écria le voleur des Tantalas, lui aussi soucieux de l'état de santé de l'ancien général de Jun Akamoto.
De La Vallière fils accepta les deux propositions d'un signe de tête, tout en souriant. Il se retourna vers son père, qui ne le regardait pas, en disant :
« En espérant que vous aurez une autre vision des choses, mon cher père. »
Le gouverneur de Lindblum releva la tête, mais ne répondit pas. Il se contenta de lui lancer un regard noir et croisa les bras. Snow, Sazh et Dajh regardèrent la scène avec beaucoup d'incompréhension et voulurent accompagner les deux jeunes hommes, mais le roi de Lindblum opposa à leur décision, d'un signe de main. Christian, Cloud et Djidane sortirent de la salle du trône, laissant Cid, Henri, Alexis, Philippe, James, Kaïn et les trois compagnons de Lightning seuls. Ils devaient les attendre, ainsi que les autres, pendant une dizaine de minutes.

Un événement se passait à Éden, chez les Chevaliers noirs. Plus précisément à la Place Léviathan. En effet, Marguerite allait se faire couronner comme reine des ennemis des Chevaliers dragons, et la cérémonie allait bientôt commencer. Le général Anton Petrovitch attendait patiemment l'arrivée de la jeune femme, croisant les bras et se balançant dans tous les sens. Il tenait un coffret en bois de chêne, qui avait dû lui coûter beaucoup d'argent. Mais, en réalité, ce coffret appartenait à sa mère, qui, après avoir su qu'il était sous le charme de Marguerite d'Antioche, avait décidé de donner à cette dernière, une diadème en argent, avec une paire de boucles d'oreille et un collier, tous en argent. D'après elle, tous ces objets étaient d'une valeur inestimable et elle voulait absolument qu'ils soient portés par la petite-amie de son fils. Pour l'instant, ce n'était pas vraiment le moment de penser à cela. Tout ce qui importait, c'était de couronner Marguerite le plus vite possible, pour qu'elle puisse commander véritablement les Chevaliers noirs, l'Armée de la discorde et Shinryu. Plusieurs Chevaliers noirs, qui se trouvaient devant le général, commencèrent à s'impatienter et à se mettre en colère, face à l'absence prolongée de la jeune femme. Petrovitch haussa les épaules, tout en tapant le pied droit sur le sol. Il semblait très contrarié de les voir se tortiller dans tous les sens, pour rien. Le jeune homme décida de prendre les choses : il se rapprocha d'eux et frappa violemment du pied droit, ce qui amena un tremblement de terre d'intensité moyenne. Tous les Chevaliers noirs, sauf lui, furent projetés jusqu'à atterrir sur le sol, avec fracas. Anton resta passif à ce moment-là et répliqua :
« Idiots que vous êtes !!! Qu'est-ce que vous avez à l'esprit ? Qu'est-ce qui vous amène à meugler comme ça, alors que votre future reine se prépare pour vous expliquer ce qui se passera dans peu de temps ? Sincèrement, il m'arrive de me poser des questions sur le fait que vous soyez ici... Si vous n'êtes pas d'accord sur certains points, je n'hésiterai pas à vous tuer par la manière la plus douloureuse qu'il soit !!!
-Qu'est-ce qui te prend à te comporter de la sorte, Petrovitch ? s'exclama un Chevalier noir qui se trouvait devant lui. On voit que tu n'es pas comme de La Vallière !
-De La Vallière nous a trahis, je te le rappelle...
-Au moins, il avait conscience du moral des troupes, de notre vie qui risquait, à chaque moment, de s'arrêter !
-De La Vallière n'y est plus !! Il s'est rallié à Louhane d'Antioche et ses Chevaliers dragons !!
-Des fois, je me dis qu'il avait raison de nous trahir... »
Le général eut le visage crispé, rien qu'en entendant cela. Il se rapprocha du chevalier qui lui avait parlé et mit sa main droite devant la gorge de l'homme. Il l'approcha lentement, pour finalement ne pas arriver à vouloir l'étrangler. Le chevalier soupira et se moqua de lui, tandis qu'Anton le regardait, perdu, comme si tout avait disparu de la pièce où il se trouvait. Tout d'un coup, il entendit des pas aux alentours, puis reprit tout d'un coup les esprits. Il se retourna et vit Marguerite arriver. Cette dernière les observait tranquillement, les bras croisés. Elle était vêtue d'une longue robe noire en soie, les ballerines noires et une longue cape marron. La jeune femme ne se séparait jamais de cette cape depuis son enfance, puisque c'était son frère aîné qui l'avait fabriqué, quand elle avait six ans. En reconnaissant cela, Anton se posa une question : pourquoi Marguerite avait gardé cela, alors que l'objet en lui-même était une référence à sa famille, dont elle était devenue l'ennemie ? Une grande hésitation s'empara de lui, et se demandait si il devait poser cette question à la jeune femme. Finalement, il décida de ne rien dire par rapport à ce petit détail et se contenta de se rapprocher d'elle, en lui disant :
« Je vois que vous êtes prête pour le couronnement, n'est-ce pas ? Ne perdons pas de temps à attendre bêtement comme des statues sans vie.
-De plus, je ne pense pas que cela soit la solution pour avancer dans notre progression, répliqua à son tour Marguerite. Nous devons tout faire pour que la victoire dans ces deux territoires soit à notre avantage. Je connais certains tours de passe-passe de la part des deux gouverneurs de Zanarkand et de Lindblum, dont je suis respectivement la nièce et la filleule.
-Et vous pensez que si vous êtes proches de ces deux personnes, vous pourriez les amadouer facilement ? Je veux dire...
-Ils ne se laisseront pas faire, mais j'ai plusieurs idées en tête. Mais ne parlons pas de cela, maintenant. Faisons les choses comme elles étaient convenues et nous verrons ensuite. »
Après ces paroles, Marguerite s'avança vers le trône, s'arrêta devant et se concentra, afin d'invoquer Shinryu. La jeune femme fit de longs gestes avec ses bras, tout en s'agenouillant et en récitant la formule pour faire apparaître le dragon de la désolation. Durant cinq minutes, elle refit les gestes et la récitation de cette formule, puis, soudain, une espèce de portail dimensionnel apparut, en-dessous d'elle, d'Anton et des autres Chevaliers noirs qui se trouvaient en ce lieu. Elle était grise, mêlée à de filets de couleur noir et blanc. Se relevant, Marguerite commença à avoir un sourire malsain et se mit sa main sur le portail, tout en caressant le sol. Rien qu'en voyant cela, Anton se disait qu'elle avait tort de vouloir s'approcher de cela et pensait que Shinryu allait peut-être en sortir. Ce qu'il avait complètement négligé, c'était que le dragon de la désolation avait trouvé refuge dans le corps de la jeune femme, comme ce fut le cas pour le gardien de l'Armure Sacrée de Gaïa, réfugié dans le corps de Louhane. Lorsque Marguerite avait libéré le dragon maléfique de la prison des Chevaliers dragons, elle s'était proposée de garder en elle la menace, jusqu'à ce qu'elle l'invoque pour lui donner le titre de première reine des Chevaliers noirs, et pour combattre la résistance de sa petite sœur et l'Armée Sainte de l'harmonie, commandée par la déesse Cosmos. Quelques Chevaliers noirs eurent peur, certains claquaient des dents, à tel point que Petrovitch se demandait si ses os allaient se casser avec fracas, face à cette situation. Marguerite se concentra une seconde fois et prononça ces mots :
« Shinryu, dragon de la désolation, je suis enfin prête pour notre montée en puissance. Apparais devant moi et tu pourras me considérer comme la digne maîtresse de l'univers... Si tu veux te venger de ces rats servant Cosmos et ma sœur, viens ici. Nous pourrons leur montrer ce que nous pouvons faire contre eux et l'univers tout entier sera à nous !! Personne pourra nous arrêter !! »
Une sorte d'ombre sortit de la broche en forme de dragon que portait Marguerite et s'arrêta devant la jeune femme de vingt-quatre ans. Elle ne cessait de tournoyer et cela commençait à agacer l'ancienne Chevalier dragon, qui en voulait en finir le plus rapidement possible. Après une dizaine de minutes d'attente intense, un rugissement se fit entendre et la jeune femme, ainsi que son général et ses soldats, vit Shinryu, dragon de la désolation, élevant ses ailes... Apparemment, il montrait sa joie d'être libre... Libéré de la prison des Chevaliers dragons depuis la fin du dernier conflit entre la déesse Cosmos et le dieu Chaos. Rien qu'en le voyant, Marguerite laissa apparaître un sourire plus que satisfait. Elle joignit ses mains et s'agenouilla devant le dragon de la désolation, qui la regardait avec beaucoup de neutralité. Pour sa part, Anton Petrovitch sentit une chaleur insupportable et semblait être très inquiet pour ce qui allait se passer, dans les quelques instants. Le dragon maléfique se rapprocha de plus en plus de Marguerite et lui fit :
« Je te remercie d'avoir pu me libérer, jeune femme. Ces maudits guerriers de Cosmos m'ont vaincu, après Chaos, puis ces idiots de Chevaliers dragons m'ont emprisonné depuis la fin de ce conflit... J'attendais cette libération depuis ce moment-là, et tu es venue, Marguerite d'Antioche, la seule humaine qui pouvait me libérer... Je t'ai vu dans mes songes, depuis ta naissance... Je sais ce que tu as enduré beaucoup d'épreuves durant bon nombre d'années, et je tiens sincèrement à t'aider pour te venger. »
Marguerite ne répondit pas à la remarque du dragon, elle se contenta de le regarder avec admiration et de sourire, comme si elle était aux portes du paradis. Un événement important était en train de se passer, en ce moment. Le dragon de la désolation se tenait devant Marguerite et les Chevaliers noirs, prêt à les aider afin de décimer la race des Chevaliers dragons et de prendre le dessus sur tout l'univers entier. La jeune femme commença à se rapprocher du dragon maléfique et lui demanda :
« Comment vaincre ces idiots de Chevaliers dragons et de l'Armée sainte de l'harmonie ? Puisque j'ai en face de moi deux déesses – la déesse de l'harmonie Cosmos et la déesse-mère Gaïa, dont la réincarnation humaine se trouve être ma chère petite sœur Louhane, il vaudrait mieux appliquer les grands moyens...
-J'ai cru entendre que tu as pris le commandement de l'Armée de la discorde et que tu as hérité des pouvoirs de Chaos, cela semblerait très tentant pour toi de les utiliser, répondit Shinryu. Mais, cela n'est pas le moment pour l'instant. Tu dois te battre au même niveau que tes ennemis, vu qu'ils n'ont pas encore eu le Conseil avec la déesse de l'harmonie. Quand le moment sera venu, nous pourrons les attaquer d'une intensité encore plus forte.
-Alors, couronne-moi ! Fais tout ce qui est en ton pouvoir, afin de montrer la grande puissance que j'ai hérité en moi !! Je montrerai cette puissance à ma sœur, quand je serai au royaume de Lindblum !! Je lui montrerai à tel point qu'elle mourra dans d'atroces souffrances !!
-Bien, si tu le souhaites vraiment... Alors, je vais le faire, comme bon te semble... »
Shinryu ouvra sa gueule et un flux de lumière noire argentée apparut, se dirigeant vers Marguerite et les autres Chevaliers noirs. Ce flux entoura la jeune femme pendant plusieurs minutes, à la plus grande incompréhension d'Anton et de ses hommes, et quelques petites paillettes apparaissaient, facilement à chaque tour fait par le flux. Marguerite sentit une grande sensation de légèreté, mêlée à une grande satisfaction de sa part. Elle commença à sourire comme une enfant venant d'avoir son cadeau de Noël, et s'éleva un peu, avec une impression de liberté. Le dragon de la désolation vola en sa direction, puis la contourna au moins trois fois. Après cela, Marguerite se rendit compte qu'il y avait eu des modifications sur sa robe. En effet, des voiles légères avaient pris place vers le bassin de la jeune femme, tombant par terre. Puis la robe avait hérité de paillettes argentées, qui brillaient à la lueur de la lumière présente. Anton se rapprocha de Marguerite, se mit devant elle et lui présenta le coffret, qu'il ouvrit, laissant apparaître les bijoux hérités de sa mère. La jeune femme prit le diadème et le posa sur sa tête, avec un air de fierté. Petrovitch la regarda avec beaucoup d'étonnement et émit un soupir sourd, afin que cela ne soit pas être entendu par la fille aînée d'Alexandre d'Antioche. Ensuite, il lui donna le collier et les boucles d'oreilles, que la jeune femme mit sans hésitation, sous les yeux de Shinryu, qui commençait à s'impatienter depuis un bon moment. Après cela, Marguerite se retourna vers les Chevaliers noirs, les regardant attentivement, comme si elle attendait qu'ils fassent quelque chose pour elle, et ces derniers se prosternèrent devant elle : c'était fait, elle était devenue la première reine des Chevaliers noirs. Le dragon de la désolation rugit une seconde fois, pour prévenir que les deux batailles du royaume de Lindblum et de la ville-machine de Zanarkand allaient bientôt commencer. La jeune femme de vingt-quatre ans le regarda avec beaucoup d'attention et se rendit compte de cela. Elle s'étira machinalement, bailla et demanda à Anton :
« Est-ce que nos effectifs sont prêtes ? Je ne voudrais pas que mon armée soit aussi incompétente que celle de mon frère et de ma sœur...
-Il ne reste plus que votre explication sur le bouclier de votre oncle, le gouverneur de Zanarkand Nicolas Dikinski, répondit le général d'un air tranquille. Maintenant que vous êtes reine, il va falloir que vous preniez des initiatives pour cela... Sur quelle bataille irez-vous ?
-Bataille de Lindblum. Je suis certaine que ma sœur est ici, avec Cloud Strife et Claire Farron, et j'aimerais voir un peu tout ce qu'ils peuvent faire contre moi... Vous, vous irez à Zanarkand, afin que vous puissiez mettre en pratique tout ce que je vais vous dire à l'instant... De plus, il nous faut appeler le père d'une vieille connaissance...
-Vous parlez de... de...
-Isaac Valevski, effectivement. Il était très dur envers sa femme, je suis complètement d'accord, mais je suis sûre qu'il nous sera très utile. »
Le général Petrovitch regarda la nouvelle reine des Chevaliers noirs avec beaucoup d'inquiétude. Cela lui paraissait fou de vouloir faire appel à Isaac Valevski, un des Chevaliers noirs les plus terrifiants et le plus respecté, bien qu'il ait fait plusieurs choses affreuses à l'encontre de sa femme et de son fils unique... Marguerite avait bien l'intention de lui rendre visite, mais elle ne savait pas vraiment où il se cachait. Personne n'avait eu de ses nouvelles depuis un bon moment, même pas Henrik. Une grande incertitude s'empara du général et il trouva qu'il faisait de plus en plus chaud dans la salle. Il essaya d'enlever son armure, mais, quand il croisa le regard de la reine de vingt-quatre ans, Anton arrêta son geste et baissa la tête. La jeune femme tourna son regard encore une fois vers Shinryu, qui lui fit :
« Je ne serai pas là lors de la bataille de Lindblum, ni à celle de Zanarkand... Ce n'est pas le bon moment, mais dès que ce sera le plus intéressant, je reviendrai. En attendant, trouve celui dont tu parles avec beaucoup de tact et gagne ces deux batailles pour moi ! A bientôt... »
Sur ces mots, le dragon de la désolation retourna vers la broche aussi vite qu'il était venu et le portail sur le sol disparut. Marguerite croisa les bras, pensive, comme si quelque chose était venu dans son esprit aussi rapidement qu'elle était. Elle se retourna brusquement vers les Chevaliers noirs et leur demanda :
« Est-ce que certains d'entre vous savent où se trouve Isaac Valevski ?
-Je le sais, Votre Majesté, répondit le Chevalier noir qui avait osé tenir tête à Petrovitch en parlant de Christian. Après la mort de son épouse et que son fils ait prononcé le serment de fidélité à votre père, il s'est exilé quelque part à Oerba. Il s'est mêlé à la foule et tout le monde le trouve serviable et gentil. Je ne pense pas que les habitants croiraient que c'est un Chevalier noir et le meurtrier de la fille du chef Nakamura...
-Je vois. Envoyez-lui une invitation le plus rapidement possible pour qu'il vienne nous voir. J'espère qu'il acceptera notre proposition. Cela lui permettra sans doute de retrouver son cher fils... son seul fils... »
La jeune femme éclata d'un rire sonore, sous la peur de Petrovitch, bien que ce dernier essayait de prendre un peu le dessus sur la situation. Une sueur froide l'envahit soudainement et pensa qu'il commençait à avoir froid, rien qu'en entendant le rire de Marguerite. Il soupira avec nervosité, et le plan que la reine avait proposé lui paraissait un peu trop « chargé ». Ils n'auraient pas le temps d'avoir les explications de la nièce du gouverneur de Zanarkand sur le bouclier que ce dernier avait créée, lors de la première bataille de la ville-machine entre les Chevaliers dragons et les Chevaliers noirs, qui avait abouti à la victoire des compatriotes d'Alexandre d'Antioche ; ainsi que d'amener le père du chevalier de la Lune Céleste. Une grande partie du temps qui leur avait été consacré pour couronner Marguerite avait déjà passé, et les Chevaliers noirs ne pouvaient pas se permettre d'en perdre encore plus. La jeune femme posa fixement son regard sur le général et le rassura, avec une voix sensuelle, ce qui était très inhabituelle chez elle, en toute sincérité.
« Mon pauvre petit Petrovitch, toujours inquiet à ce que je vois... fit-elle. Je vais devoir vous expliquer tout en détail ce que j'attends de vous, lorsque vous serez à Zanarkand. De mon côté, je parlerai à ce cher Valevski, si il a le courage de combattre son fils unique... son seul héritier... Prends plusieurs armadas pour aller jusqu'à cette ville et tu peux aller prendre quelques entités que j'ai gardé depuis un bon moment, cachés sous les yeux de ma chère petite sœur... que je vais peut-être retrouver dans plusieurs instants... »

Le roi était endormi – peut-être du fait qu'il n'avait pas pu se reposer, lorsqu'il avait appris que Marguerite d'Antioche avait décidé d'attaquer son royaume, depuis déjà cinq minutes. Henri de La Vallière se tenait toujours debout, à regarder le paysage actuel qui régnait sur le royaume. Dix minutes étaient déjà passées et il s'impatientait de voir la tenue officielle pour le couronnement de Louhane, en tant que reine des Chevaliers dragons. Snow, Sazh, Dajh et James étaient assis par terre, en train de jouer au tarot. De La Manche, réputé pour être un grand joueur de ce jeu de cartes, leur avait expliqué les règles du jeu, mais avait beaucoup de plaisir à enfoncer les trois personnes au fond du gouffre de la défaite, à chaque fois qu'il en avait l'occasion. Riant comme un enfant de dix ans, il n'hésita pas à les narguer, sous les yeux abasourdis d'Alexis, Philippe et Kaïn. Ces derniers soupirèrent un bon coup et décidèrent de se concerter, afin de décider d'une éventuelle blague envers un des généraux des Armées des Chevaliers dragons.
« Hum... Je crois que James prend la grosse tête depuis qu'il joue, non ? murmura Kaïn aux deux autres jeunes hommes.
-Tout à fait, remarqua Philippe en fermant les yeux. Il faudrait qu'on lui donne une bonne leçon, pour qu'il arrête de se prendre comme le plus grand et le plus fort d'entre nous, hein ?
-Je pense qu'on devrait lui jouer un tour, vous ne croyez pas ? proposa Alexis avec les dents serrées. Nous n'en avons plus eu l'occasion de le faire depuis déjà un certain moment... La dernière fois, c'était quand ?
-Hum... je ne sais plus... répondit le chef de l'escadrille. Peut-être deux ou trois mois auparavant, je n'en suis plus sûr à cent pour cent. Mais, j'ai peut-être une idée...
-Vas-y, mais fais vite. Le temps presse et le couronnement va bientôt commencer... »
Philippe se releva, ainsi qu'Alexis et Kaïn. Il s'approcha du général des Armées et lui frappa l'épaule avec beaucoup de force. Ce dernier fit une grosse grimace, rien qu'en sentant la douleur à cet endroit. Il se tourna vers le chef de l'escadrille avec un air noir et lui demanda :
« Qu'est-ce que tu me veux ?
-Rien, c'est juste que tu devrais te méfier de ce qui va t'arriver dans quelques secondes qui vont passer... répondit De Salisbury avec un sourire mauvais.
-Et pourquoi devrais-je me méfier ? Si c'est une bêtise pour pouvoir me déconcentrer sur mon jeu, tu te trompes lourdement, mon cher Philippe !! Et c'est quoi ce sourire malsain que tu m'adresses ? »
Aucune réponse de la part de Philippe. Juste un grand seau d'eau qui venait de se déverser sur la tête de James, sous les rires d'Alexis et de Kaïn. Tandis qu'il parlait au cousin des trois d'Antioche, De Salisbury avait fait apparaître ce seau, afin de donner au général une bonne correction. Snow le remercia en montrant son pouce, tandis que Sazh et Dajh sourirent à leur tour. Le gouverneur de La Vallière les regarda d'un air malsain et essaya de réveiller le roi, en lui tapotant l'épaule. Cid de Lindblum émit des petits grognements, sous l'incompréhension du père de l'ancien général des Chevaliers noirs. Ce dernier soupira bruyamment et se mit à marmonner quelques jurons envers lui-même. Après cinq minutes interminables, il entendit des trompettes jouer et vit la porte de la salle du trône s'ouvrit très brutalement, jusqu'au point où Cid se réveilla en catastrophe, face à ce moment-là.
« Ahhhhh....!!! fit-il d'un air mal réveillé. Qu'est-ce qui se passe...?
-Cela marque le commencement du couronnement de Louhane, répondit Henri, mettant les mains sur son bassin. Voyons voir comment ma chère amie est habillée pour cette occasion...
-Je suis sûr que notre princesse sera encore plus belle que lorsqu'elle sera vêtue de son habit de prêtresse. Tiens, la voilà qui arrive... »
En effet, Louhane, accompagnée des autres personnes qui avaient quitté la salle avec elle ou sans elle – ce qui fut le cas pour Cloud, Christian et Djidane. La reine Hilda et le conseiller Olmetta les avaient rejoints. La petite sœur de la reine des Chevaliers noirs était habillée d'une grande robe bleue sombre à crinoline, dont le bas était décoré de fils d'or, et portait des ballerines bleues. La jeune femme portait aussi un collier en argent, dont le pendentif était en forme d'hippogriffe – les griffes et le bec étaient en or; des pendants d'oreilles et un bracelet sur chaque poignet. Ayant toujours les cheveux lâchés, elle avait cependant une natte au bout de sa chevelure, comme pour la fois où le gardien de l'Armure sacrée de Gaïa a dû prendre son corps pour permettre à Cloud de le combattre, à la Cinquième Arche. La jeune prêtresse d'Antioche n'avait pas besoin de quelconques artifices pour faire de l'effet chez les hommes, se trouvant dans la même salle qu'elle. L'ex-SOLDAT, l'ancien général des Chevaliers noirs – maintenant guéri de ses blessures et vêtu d'une armure de Chevalier dragon, sans casque, et le voleur de la troupe des Tantalas prirent place à gauche d'elle et la regardèrent attentivement, comme si ils étaient hypnotisés par la beauté de la jeune femme. Christian montrait encore plus d'intérêt pour Louhane, plus encore que lorsque cette dernière l'avait sauvé d'une mort certaine; son père, lui, ouvrit grand ses yeux et semblait être dans le même état que son fils. Son intérêt fut plus forte que lorsqu'il se trouvait devant Eléonore Dikinska et se rendit compte que son cœur battait de plus en plus fort et plus rapidement. Il mit la main dessus et essaya fortement de se calmer, tout en soufflant. Cloud, Kaïn et Lightning, qui venait de rejoindre les deux autres guerriers de Cosmos, le Chevalier dragon et De La Vallière fils, accordèrent un sourire à la jeune femme, tandis que Djidane, Philippe et James firent apparaître, devant eux, une note qu'ils accordèrent à Louhane. Tous les trois notèrent 20/20, le voleur des Tantalas la sifflant avec beaucoup d'intérêt. La jeune femme rougit et sourit face à cela, tandis que le roi avait lui aussi, un grand intérêt pour elle, puisqu'il lui lança un regard... Quand Hilda de Lindblum aperçut cela, elle menaça son époux, en disant :
« Arrêtez de vous comporter comme un Don Juan !!! Si vous ne cessez pas cette galanterie, je vous jure que je pourrais vous transformer en vulgaire petite souris, et, pour bien vous faire comprendre ceci, je vous laisserai dans cet état pendant un bon moment... Peut-être lorsque cette guerre entre ces deux groupes de Chevaliers se terminera...!!
-Elle se terminera dans une dizaine de siècles, qui sait ? intervint Philippe en pouffant de rire et en serrant les dents.
-J'aimerais bien voir ça, dis donc... fit Alexis en regardant le roi de Lindlbum avec un sourire malsain. Une petite souris en train de gouverner de Lindblum, une grande première !! Si cela arrive, je jure que je demanderai à un de mes amis de publier cette nouvelle au journal local !! Numéro spécial !!! Le roi de Lindblum est devenu une petite souris qui règne toujours sur son royaume et il semblerait qu'il aura beaucoup de mal à continuer pendant un bon moment, à cause des chats qui rôdent tous les soirs dans le château !!! Oh, je voudrais tellement que cela se fasse... en toute sincérité ! Mouhahaha !! Rien qu'en voyant cela, je pourrais être dans une incroyable bonne humeur pendant plusieurs années de mon existence ! Qu'est-ce qu'elle est bonne, celle-là !! Ha, ha, ha !! »
Cid de Lindblum regarda son épouse, le chef de l'escadrille et le chevalier de Belgrade avec un air terrifié. Jamais, au plus grand jamais, il ne voulait se retrouver en petite souris, être humilié par sa femme et se faire moquer par son peuple. Des gouttes de sueurs coulaient sur son front et caressa lentement sa moustache grise. Toutes les autres personnes, sauf Henri de La Vallière et Hilda de Lindblum, éclatèrent de rire. Cloud et Djidane se regardèrent tandis qu'ils riaient et imaginaient le souverain dans cet état-là. Bahamut, qui arriva le dernier, se mit entre le roi et la prêtresse et grogna avec force, pour dire aux autres que le moment était venu pour que Louhane devienne reine. Cette dernière se rapprocha de lui et le fixa avec attention, comme hypnotisée. Après quelques secondes de silence, elle s'agenouilla, baissa la tête, afin de recevoir quelque chose de la part du roi des Dragons et joignit les mains, comme lorsqu'elle priait Gaïa, chaque jour depuis ses quatre ans. Fermant les yeux, Louhane commença à marmonner une prière à l'intention de la déesse-mère. Quelques bruits parvinrent à Cloud, qui fut touché par la prière de la jeune femme. Bahamut la regarda longuement, puis fit apparaître une barrette en or, représentant un grand dragon majestueux, qu'il donna à l'ancien mercenaire, pour qu'il puisse l'attacher aux cheveux de la prêtresse. Ce dernier fit exactement ce qu'il devait faire et s'éloigna d'elle, rejoignant Djidane, Kaïn et Christian. Une drôle d'impression se laissa apparaître sur son visage. Cela lui semblait bizarre de voir Louhane en tant que reine, alors qu'elle n'était qu'âgée que de dix-sept ans, ce qu'il qualifierait encore de jeune fille. Être reine à cet âge-là, cela lui semblait impossible... elle était maintenant privée de libertés qu'une fille comme elle pouvait avoir, et jamais elle ne pourrait vivre de la même façon que les autres, maintenant que la jeune femme avait hérité d'un statut important. Une prêtresse de Gaïa devenant la première reine des Chevaliers dragons... cela lui semblait de ne pas être à son goût. L'ancien mercenaire ferma les yeux et s'entendit penser, alors que Sophie d'Antioche lui demandait quelque chose d'assez improbable... pour lui... et que Louhane venait d'être couronnée reine, quand Bahamut lui donna un sceptre en bois de chêne, avec un dragon sculpté au bout.
« Je crois que j'ai de plus en plus de jugements, depuis que je me suis porté volontaire à aider les Chevaliers dragons.... Louhane est encore trop jeune pour savoir ce qui peut lui arriver, alors qu'elle vient juste d'accéder à un poste aussi grand qu'il soit. Je ne sais même pas si Alexandre d'Antioche serait vraiment heureux de voir sa plus jeune fille en train de faire la guerre. De plus, elle risque de mourir à chaque instant, à moins que je me trompe sur toute la ligne...
-Cloud ? »
L'intéressé sursauta lorsqu'il entendit Lightning l'interpeller. Apparemment, elle le regardait avec beaucoup d'inquiétude, puisqu'il n'avait pas entendu une question que Sophie lui posait. L'ex-l'Cie lui prit l'épaule et serra très fort sa main, ce qui mit Cloud mal à l'aise. Ce dernier l'enleva avec attention, et tourna la tête vers la tante de Louhane, qui le regardait avec anxiété. Elle fit, en haussant les épaules :
« Je vais devoir répéter... ce n'est rien après tout... Bon. Louhane voulait vous proposer un poste de général dans l'Armée des Chevaliers dragons. Si vous refusez, ce n'est pas grave, elle comprendra...
-A vrai dire, je ne sais pas quoi penser de cette proposition... avoua Cloud quand il entendit ceci. Je ne suis qu'ici que depuis un petit moment, et je ne me vois pas en général, en toute sincérité...
-L'élu de Gaïa sera le troisième général !!! s'écria avec fierté James. Quand Étienne saura cela, je suis sûr qu'il sera très heureux de t'avoir à nos côtés.
-Mais...?
-Tu l'as bien mérité, après tout... » fit une voix derrière la foule.
Tout le monde se retourna et vit Henrik Valevski, qui était revenu du balcon, où il boudait depuis déjà un bon bout de temps. Louhane laissa apparaître un grand soulagement, se dirigea vers lui et le serra tendrement dans ses bras. Le chevalier de la Lune Céleste la regarda avec un sourire et remarqua les habits qu'elle portait, ainsi que le sceptre. Il l'embrassa pendant plusieurs secondes, sous les yeux irrités de Christian. Le gouverneur de Lindblum, en voyant ceci, se rendit compte qu'il était devenu complètement jaloux d'Henrik, et se demanda si il n'allait pas faire quoi que ce soit au fiancé de la jeune reine. Finalement, Henri vit son fils se retourner et soupirer avec discrétion, afin de ne pas créer de soupçons. Minerve avança doucement de son père adoptif et le serra aussi dans ses bras. Cloud, malgré son air perdu, laissa apparaître un sourire, mais timide. Quand il vit cela, il se pensa à beaucoup de choses qui lui semblaient très préoccupantes. Une famille unie, sous les feux des bombardements de la guerre... Chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde... Un membre de cette famille pouvait disparaître pour toujours à n'importe quel moment... Qui serait le premier d'entre eux à mourir ? Henrik ? Louhane ? Minerve ? Marguerite n'aurait eu aucun intérêt de tuer Henrik, puisqu'il n'était pas totalement lié à la haine entre les deux sœurs... Mais, il pouvait être le talon d'Achille idéal de la jeune femme... Ainsi que Minerve. Cette dernière avait montré beaucoup de rancœur à l'encontre de sa tante adoptive, Cloud l'avait même vu, quand il a rencontré la petite fille pour la première fois, ainsi que Louhane. Cette inquiétude était si forte, que Bahamut et Sophie la sentirent, mais ils ne lancèrent aucune parole, afin de ne pas interrompre ce moment si chaleureux. James haussa les épaules quand il vit Henrik et lui répliqua :
« Hé ben, dis donc... Te revoilà... Tu as fini de bouder, on va pouvoir continuer ce que nous étions en train de faire ?
-Bien sûr, mon cher ami, répondit le chevalier de la Lune Céleste avec un petit sourire. Maintenant que ma Louhane est devenue reine, nous pouvons nous préparer à la bataille. J'espère au moins que les autres vont s'en sortir...
-Je l'espère aussi, fit Cloud, repensant à ses compagnons. Il ne faudrait pas qu'ils meurent, alors que la guerre peut tout à fait terminer d'un bon moment à l'autre...
-Ne rêve pas, dit Alexis avec un ton brusque. Il est vrai que cela serait profitable pour nous, que Marguerite soit vaincue en un jour... Mais, nous devons faire attention à ce que nous faisons, comme cela, nous pourrons écraser les troupes ennemies.
-Cloud sait que nous ne pourrons pas vaincre cette satanée vipère en un jour, répliqua Philippe. Nous ne pourrons jamais faire ce que les Grecs ont fait, pendant la guerre de Troie... »
Le chevalier serbe haussa les épaules, mais semblait être d'accord avec son acolyte. Ébouriffant ses cheveux avec beaucoup de ténacité, il observa l'ancien mercenaire avec un air perdu. Minerve s'en aperçut, rien qu'en sentant son « énergie », mais fit la même chose que Sophie et Bahamut. Quant à eux, Snow, Sazh et Dajh ramassèrent les cartes de tarot appartenant à James et l'enfant les mit directement dans sa poche. Quand elle vit ceci, Vanille commença à se poser des questions et, après quelques secondes d'incertitude, elle se décida à parler.
« Dites... fit-elle d'une voix faible. Comment va-t-on faire pour les enfants ? Sincèrement, je ne vois pas pourquoi ils seraient là, durant une bataille !!!
-Mademoiselle Oerba Dia Vanille, je comprends tout à fait, intervint James de La Manche. Je pense qu'il nous faudra faire tout le nécessaire pour pouvoir protéger les personnes les plus vulnérables à cela...
-Arrête, on croirait qu'il y a une épidémie de choléra ou une catastrophe nucléaire !!! s'exclama Alexis, rouge de colère.
-Mais il faut tout de même protéger les habitants, banane !!! Pour que personne ne soit tué durant la bataille !! Et je te fais gentiment remarquer qu'il n'y a plus de nucléaire depuis un bout de temps !!
-Si personne d'entre-nous retrouve le moyen de remettre la main sur les formules... Mais ce n'est pas le moment d'en discuter. Si tu veux, on pourra faire notre petit exposé à nos chers camarades... mais plus tard... »
Les trois guerriers de Cosmos, Lightning, ses compagnons et le roi de Lindblum ne comprirent pas la discussion entre Alexis et James. Ces derniers les regardèrent avec un air étonné, ébouriffèrent leurs cheveux et serrèrent leurs dents, en signe de gêne. Louhane haussa les épaules en les regardant d'un très mauvais œil, tandis qu'Henrik commença à rire comme un enfant, même si le sujet de la tragédie qu'avaient connu leurs ancêtres n'était pas vraiment plaisant à entendre. Minerve, qui n'écoutait pas la conversation entre le chevalier de Belgrade et le futur acolyte de Cloud, s'enleva des bras de ses parents et décida de parler à son tour, pour pouvoir parler de ce qu'elle avait ressenti, avant que le gouverneur de Lindblum n'ordonne l'arrêt du temps.
« Je voulais vous parler du plan de ma chère tante... fit-elle d'un ton neutre. Les deux batailles vont bientôt commencer, donc... Je vais être très claire... Marguerite sera à la bataille de Lindblum, et elle emmènera sûrement quelqu'un qui serait familière pour l'un d'entre nous. Mais c'est difficile de savoir cette personne... »
Lightning, se retournant, vit Henrik serrer brusquement les poings. Apparemment, il savait qui ce serait son père Isaac, qu'il n'a plus revu depuis un moment.
« … Mais quelque chose joue en notre faveur, je dois l'avouer. C'est que nous avons l'élu de Gaïa à nos côtés, ainsi que deux des guerriers de la déesse de l'harmonie. De plus, Sa Majesté le roi de Lindblum nous a dit que Cosmos allait nous envoyer des renforts. J'ai hâte de les voir...
-Hé !! cria Sazh. Je croyais que tu pouvais tout savoir !! Tu peux nous dire si nous gagnons cette bataille ou non ?
-Je suis trop petite encore, répondit Minerve d'un ton mauvais. Je ne peux pas tout savoir et puis... je ne voudrais pas me retrouver comme ma chère grand-mère...
-Oups... désolé...
-Ce n'est rien. Continuons. Donc, comme nous aurons de nouveaux alliés dans le champ de bataille, nous pourrons renforcer notre plan, malgré les difficultés qu'il puisse y avoir... La chance nous sourit enfin... Marguerite voudra sans doute prendre toutes les zones stratégiques de Lindblum, où il aura tous les machines qui pourraient lui servir. Il nous faudra les protéger le plus efficacement possible et éviter qu'elles tombent entre les mains de l'ennemi... »
James, Alexis et Philippe l'approuvèrent sans aucune hésitation, ainsi que Lightning, Cid de Lindblum et le conseiller Olmetta. Henrik regarda sa fille adoptive et lui adressa un sourire, même si il savait qu'elle ne pouvait plus le voir. Cependant, la petite fille ressentit le sentiment de son père et laissa apparaître aussi un sourire. Cloud haussa les épaules, avec un air désorienté et le gouverneur de Lindblum s'en rendit compte. Il lui demanda alors :
« Le poste de général ne vous plaît pas, monsieur Strife ? Je trouve que c'est un grand honneur, de la part de la reine et de sa tante !!
-C'est juste que cela me fait un peu mal au cœur, à vrai dire, répondit le guerrier de Cosmos. Je ne m'attendais pas vraiment à cela...
-T'inquiète, tu vas t'y habituer !! intervint James en lui adressant un sourire, les dents serrés. J'ai eu la même réaction que toi quand on m'a nommé général des Armées des Chevaliers dragons, puis... j'ai eu l'habitude de donner des ordres aux hommes, bien que quelques fois, ce ne fut pas totalement facile...
-Je me demande toujours pourquoi on t'a donné ce poste, mon cher de La Manche... » intervint Henri avec ironie.
De La Manche serra encore plus les dents, mais son sourire se transforma en haine totale envers l'homme qui était en train de se moquer de lui à l'instant même. Le chevalier de Belgrade et le fils adoptif du gouverneur de Palumpolum lui prirent les épaules chacun de leur côté et serrèrent de toutes leurs forces. Le général fit une horrible grimace, tandis que les compagnons de Lightning et la reine de Lindblum commencèrent à se moquer de lui. Soudain, le son de deux trompettes retentirent et la reine des Chevaliers dragons comprit alors de quoi il s'agissait.
« Je crois que c'est l'heure de mon discours, dit-elle. Tous les mondes, sauf Pulse et Cocoon, vont pouvoir assister à cela. Je dois vous laisser, je ne peux pas me permettre de ne pas respecter ce que j'ai promis. J'en avais parlé avec la déesse de l'harmonie qui est en ce moment dans le Sanctuaire de l'Ordre et elle m'a très bien comprise. A toute à l'heure. »
Sur ces mots, elle se retourna vers la porte et sortit de la pièce avec lenteur, comme si elle avait peur de quelque chose. L'ancien mercenaire s'en rendit compte et se dirigea vers elle. Il s'arrêta devant la reine et la fixa avec beaucoup d'intérêt, sous les yeux à la fois étonnés et méfiants de Lightning. Après quelques secondes, il se décida à parler.
« J'accepte la proposition, dit-il, les larmes aux yeux. Je ne peux pas me permettre de vous laisser dans de telles situations alors que vous êtes devenue reine à l'âge de dix-sept ans. C'est jeune, tout de même... Qu'est-ce qui peut vous...? »
Tout d'un coup, il fut interrompu. Par un baiser sur la bouche de la part de Louhane. Cette dernière lui montrait sa gratitude et Cloud se rendit compte qu'elle embrassait de la même manière que la déesse Gaïa. Une question se mit à inonder son esprit : Louhane et Gaïa pouvaient être une seule et même personne ? La dernière fille du légendaire chevalier dragon d'Antioche était devenue la réincarnation de la déesse-mère, il le savait depuis peu, et il pensait que c'était tout à fait probable d'avancer cet argument. Mais un problème se présentait : les deux personnes ne se ressemblaient guère et si il disait cela aux autres, il y aurait beaucoup de problèmes... Déjà ce baiser ! Après quelques secondes, Louhane s'arrêta, adressa un petit sourire et s'en alla, fermant la porte derrière elle. Christian, Djidane, Henrik et Lightning semblaient très perturbés par son attitude envers Cloud, tandis que Alexis, James, Philippe et Sophie ne présentaient aucune réaction, à en croire qu'ils avaient eu l'habitude de voir la jeune prêtresse avec cette attitude, depuis son plus jeune âge. Une grande incertitude se lisait dans les yeux de l'ancien mercenaire, face à la réaction de la jeune reine. Essuyant ses yeux de façon brutale, il grogna et se mit à la rejoindre, d'un air décidé. Les autres, ainsi que les souverains de Lindblum, le conseiller et le gouverneur, le suivirent. L'ancienne soldate accourut vers son allié en criant :
« Qu'est-ce que tu fais, bon sang ? Tu ne vas quand même pas...?
-Je suis bien décidé à ne pas me laisser faire ! s'écria l'ex-SOLDAT. Je n'ai pas envie que Marguerite prenne le dessus sur nous, telle que la peste noire !! Tu le sais très bien !! »
Une grande détermination se mit à inonder l'esprit de Cloud... Une détermination très forte, que ses poings se mirent à serrer de plus en plus, ainsi que son air décidé. Décidé à entrer dans la nouvelle phase de la guerre de deux siècles.
« Une nouvelle ère se forme de jour en jour, et je suis bien décidé à me battre jusqu'au bout, jusqu'à donner ma vie pour Gaïa... Il faut que nos descendants vivent dans un univers où la peur et les larmes cessent, pour pouvoir vivre en pleine harmonie, même si certains obstacles se dessinent devant nous... devant les chemins menant à nos rêves les plus profonds qu'ils soient... »
« Ce n'est pas en restant spectateur que l'on peut être un artisan de l'avenir, ni le défenseur de quoi que ce soit. »

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V-Divine Fist
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Messagepar V-Divine Fist » 04 juil. 2011 18:14

Bravo pour l'imagination que tu a eu meme si l'histoire ne ma pas trop intéressé bref felicitation!
Je ne savais pas qu'il y avait une personne qui écriver des scénario, histoire dans Finaland.
Figure toi que tu n'es pas la seule moi meme je suis entrain de travailler un scénario avec des personnage de Final Fantasy et d'autre mais par contre comparer a toi se ne sera pas que de l'ecriture, ce sera de l'ecriture en premier temps mais aussi de la cinematique que je realiserais sur mon propre PC au meme niveau de rendu que FF13Versus sa va etre trés trés long mais ça vos le coup de le faire!
Je signal qu'il y aura beaucoup d'action comme des combat du meme style mais pas du meme environnement que FF13versus, il y aura aussi de l'amour.

Si tu es intéressé de savoir quel personnage je vais faire je t'invite a voir dans le (qui es tu) dans ma présentation, j'ai fait une liste de mes personnage préféré que je vais faire, par contre il y aura une MàJ dans peu de temps donc voila il risque d'y avoir des nouveaux.

Le graphisme et la 3D c'est toute ma vie ! (*.*)
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Messagepar Frank 974 » 10 juil. 2011 5:37

Chpurée Louha c'est trop fort , moi aussi j'ecrit une fics mais j'arriverais jamais a ton niveau
c'est trés bien !
Ypyhtuhha, di yc tézà banti.

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Messagepar Louha » 10 juil. 2011 12:45

@ V-Divine Fist : L'imagination m'est très importante pour écrire une histoire, puisque cela peut m'apporter plusieurs idées pour la fan fic. Par l'intermédiaire d'une musique, par exemple : en écoutant Voyage de Risa Ohki, j'ai pu imaginer le chapitre où Marguerite est en plein "délire", rien qu'en voyant la petite fille qui lui fait des reproches ou lorsqu'elle discute, alors endormie, avec Garland et Chaos... Ou par quelques idées qui me sont venues bien avant la rédaction de cette histoire, notamment quelques personnages. Puis, je ne suis pas la seule à faire des histoires mélangeant FF et des personnages "normaux" (comme nous, quoi). Il y en a plein d'autres :wink:
Par contre, je suis bien intéressée par ton idée, donc j'irai voir dès que j'aurais un peu plus de temps :D

@ Frank 974 : Oui, j'ai vu que tu avais commencé une fan fic :wink: Mais, il ne faut jamais dire que tu ne seras pas au même niveau que moi, il faut avoir la volonté de se dépasser, toujours se dépasser pour pouvoir faire une histoire et surtout... de l'imagination !! :)
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Messagepar LePetitChocobo » 10 juil. 2011 13:22

Louha ne voudrais - tu pas faire un livre de cette fic ? :lol:
Un jour, je retrouverais mon pays natal...
Choco, Final Fantasy IX (Texte traduit de la langue chocobo)


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